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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 15.03.2011

 

À LA UNE

Fukushima : un tournant pour le nucléaire

 

La catastrophe nucléaire au Japon a poussé de nombreux pays à remettre en cause leurs programmes atomiques. L'UE convoque un sommet sur la question, l'Allemagne a suspendu la prolongation de la durée de vie de ses réacteurs et l'Italie débat de la réintroduction prévue de l'atome. Difficile de dissiper les doutes et les craintes, estime la presse, qui demande l'abandon du nucléaire.

Berliner Zeitung - Allemagne

Sortir maintenant du nucléaire

En raison de la catastrophe nucléaire au Japon, la chancelière allemande Angela Merkel vient de suspendre pour trois mois la décision de prolonger la durée de vie des réacteurs allemands. Le temps est enfin venu de sortir du nucléaire, estime le quotidien de centre-gauche Berliner Zeitung : "Que nous révèle la terrible catastrophe au Japon que nous ne sachions pas déjà depuis Tchernobyl ? L'énergie nucléaire n'est pas maîtrisable, quelle que soit l'ampleur des différences de normes de sécurité. … La politique nucléaire de la coalition jaune-noire est terminée, et la chancelière a entièrement raison sur un point : rien ne sera plus comme avant après le moratoire. Après trois jours de télévision et d'Internet, les citoyens savent tout ce qu'il est possible de savoir sur les systèmes de refroidissement, la fusion du cœur d'un réacteur nucléaire et les nuages radioactifs. Le Japon est en outre plus proche de l'Allemagne aujourd'hui que ne l'était la Russie à l'époque - c'est là que réside la différence avec la catastrophe de Tchernobyl il y a 25 ans. … Pour tous ceux qui espèrent sérieusement un abandon rapide du nucléaire, un créneau s'ouvre dans la dynamique actuelle." (15.03.2011)

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Hospodářské noviny - République tchèque

La réaction en chaîne de la peur

En raison de la catastrophe nucléaire au Japon, les politiques commencent à réagir dans le monde entier face à la peur du nucléaire qu'éprouvent les gens, constate le journal économique Hospodářské noviny : "Le gouvernement allemand est revenu hier sur sa décision de prolonger la durée de vie des centrales nucléaires du pays. L'Autriche demande que l'on opère un test de résistance des réacteurs atomiques européens et des experts doivent également délibérer cette semaine à Bruxelles. … La renaissance nucléaire américaine pourrait également être très rapidement abandonnée. … Le Japon pourra un jour ou l'autre évaluer le triste nombre des victimes et les conséquences pour son économie. Il est difficile d'évaluer exactement le revirement spectaculaire dans la position relative à l'énergie nucléaire. La psychologie des sociétés qui utilisent l'atome est aussi instable que celui-ci. Il suffit d'un neutron d'incertitude pour que la réaction en chaîne du doute et de la peur devienne difficile à contenir." (15.03.2011)

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La Repubblica - Italie

Rome agit de manière irresponsable

Le moratoire allemand sur la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires devrait servir d'exemple à l'Italie, préconise le quotidien de centre-gauche La Repubblica, pour lequel le débat italien sur le nucléaire emprunte toutefois une voie totalement erronée : "L'Allemagne agit au nom de la sécurité, c'est-à-dire de la santé et de la survie de la communauté. Il est en revanche surprenant et consternant de voir que la ministre italienne de l'Environnement, Stefania Prestigiacomo, méprise l'exigence de prudence et de responsabilité et annonce sur un ton quasi défiant que Rome maintiendra son programme nucléaire. On peut redouter qu'en raison du nucléaire civil (sur l'usage duquel un référendum est prévu), le gouvernement italien envisage de mener une croisade susceptible de créer de nouvelles tensions et de nouvelles ruptures." (15.03.2011)

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De Standaard - Belgique

Les déchets : le risque principal

La catastrophe au Japon a attisé le débat sur le nucléaire dans le monde. Il n'en va pas seulement de la sécurité des centrales, met en garde le quotidien De Standaard : "Presque chaque gouvernement promet désormais qu'il tirera les leçons des événements japonais. C'est très bien et tout à fait compréhensible. Mais avec la catastrophe japonaise, le débat sur l'atome risque d'être restreint à des dégâts provoqués par des 'incidents' tels que des catastrophes naturelles, des crashs aérien ou des attaques terroristes. Des incidents provoquant potentiellement des conséquences graves sont peu probables. Ce n'est pas là que réside le principal risque de l'énergie nucléaire, mais dans les déchets qu'elle produit. Les rebuts radioactifs sont une réalité, pas une probabilité. Et plus d'un demi-siècle après la mise en service du premier réacteur, nous ne savons toujours pas quoi en faire." (15.03.2011)

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POLITIQUE

De Volkskrant - Pays-Bas

Le monde doit aider maintenant la Libye

Alors que les troupes du dictateur libyen Mouammar Kadhafi continuent à progresser vers l'Est du pays, la communauté internationale hésite à intervenir. Mais le temps presse, rappelle le quotidien de gauche De Volkskrant : "On peut comprendre que la communauté internationale hésite à établir une zone d'exclusion aérienne. Que l'on tourne la situation dans un sens ou dans l'autre, il s'agit bien d'une intervention qui n'exclut pas une escalade. Mais que faire si l'interdiction de survol n'a qu'un effet limité et si les troupes de Kadhafi ont recours à d'autres armes de destruction ? Les combats ont désormais atteint un point où le risque d'une opération aérienne militaire paraît bien faible par rapport aux conséquences négatives de l'expectative. … Deux scénarios catastrophes menacent désormais. Soit Kadhafi restaure son autorité sur le pays et anéantit l'opposition, … soit la Libye se scinde en deux, générant sur le plan international un nouvel Etat failli où une guerre civile peut reprendre à tout moment." (15.03.2011)

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Corriere della Sera - Italie

Les Saoudiens interviennent à Bahreïn 

Le Conseil de coopération du Golfe (CCG) a envoyé plus de 1.000 soldats d'Arabie Saoudite à Bahreïn, à la demande de ce dernier. Plusieurs affrontements violents entre les forces de l'ordre de la maison royale sunnite et les membres de la majorité chiite ont eu lieu ces derniers jours et ces dernières semaines. Cette intervention dissimule la peur des Etats du Golfe d'une contagion révolutionnaire et d'une extension du conflit entre chiites et sunnites dans la région, estime le quotidien libéral-conservateur Corriere della Sera : "Les alliés pétroliers redoutent que la révolte ne s'étende. Car non loin de là se trouve la province orientale d'Arabie Saoudite, riche en pétrole et peuplée d'insurgés chiites, les mêmes qui représentent à Bahreïn 70 pour cent de la population et la majeure partie des manifestants. Ils protestent contre la discrimination économique et politique, demandent une monarchie véritablement constitutionnelle et la destitution de la dynastie sunnite au pouvoir depuis 1783. … La rivalité avec l'Iran chiite pousse l'Arabie Saoudite à jouer la gardienne de l'ordre dans le Golfe. Riyad veut la stabilité, mais son ingérence risque de générer de nouvelles réactions." (15.03.2011)

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El País - Espagne

L'indic de Wikileaks n'intéresse personne

Le porte-parole du ministère américain des Affaires étrangères Philip J. Crowley a démissionné dimanche après avoir publiquement critiqué les conditions de détention du soldat Bradley Manning. Ce dernier est accusé d'avoir transmis une grande partie des documents confidentiels divulgués ensuite par Wikileaks. Le sort de Manning n'intéresse pratiquement personne, déplore le quotidien de centre-gauche El País : "Alors que le chef de Wikileaks, Julian Assange, attise les passions intellectuelles et s'empêtre dans d'autres passions plus profanes, le véritable héros croupit en prison. … Même s'il est difficile d'ignorer la menace d'extradition et d'emprisonnement d'Assange et de ne pas prendre partie, rares sont ceux qui portent la situation de Manning au grand jour : un comité de soutien, une page Facebook pour collecter des fonds pour payer l'avocat qui le défendra et le site Internet pacifique antiwar.com, selon lequel 'le jeune homme courageux et idéaliste' a réveillé le peuple nord-américain. Et peut-être d'autres." (15.03.2011)

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Delo - Slovénie

Le dalaï-lama montre la voie démocratique

Le dalaï-lama veut céder sa place de chef du gouvernement tibétain en exil à un dirigeant élu librement. Il conservera son rôle de chef spirituel des Tibétains. Le quotidien Delo trouve cette décision appropriée et moderne : "En faisant valoir son droit à la retraite, le dalaï-lama a montré qu'il était un moine moderne et visionnaire. Au moment où des luttes armées ont lieu contre les dictateurs au Proche-Orient, où les Européens des pays démocratiques descendent dans la rue et appellent au soutien de la démocratie et où Pékin ne cesse de répéter que les réformes politiques ne sont pas de mise, le dalaï-lama montre qu'une voie pacifique pour la démocratie et qu'une voie démocratique vers la liberté sont le seul véritable avenir de l'humanité. Le processus de démocratisation révélant toujours la volonté du peuple, le dalaï-lama montre ainsi que l'Eglise doit toujours être et rester séparée de l'Etat, et que le choix politique sera toujours complètement indépendant de la fois la plus profonde." (15.03.2011)

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Galamus - Hongrie

Pas de double-voix pour les mères hongroises

Le camp du gouvernement conservateur de droite réfléchit à l'octroi d'une double-voix aux mères hongroises pour les élections, en raison de leur contribution sociale. C'est un canular, estime le philosophe Ferenc L. Lendvai sur le portail d'opinion de centre-gauche Galamus : "Accorder une voix supplémentaire aux mères hongroises montre notamment que les initiateurs de cette proposition ne comprennent pas des concepts politico-philosophiques de base. La démocratie moderne s'organise généralement selon le principe d'égalité des voix de tous les citoyens, et ce quelle que soit l'ampleur de la contribution d'un individu à l'essor matériel et spirituel ou à la croissance démographique du pays. … Si les mères recevaient une voix de plus, alors le contribuable largement imposé ou le professeur d'université par exemple devraient avoir le même droit. … On peut vraiment qualifier d'ignorants ceux qui ont avancé cette proposition." (15.03.2011)

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ÉCONOMIE

Polityka Online - Pologne

La récession pire que le tsunami au Japon

La catastrophe au Japon a durement touché le pays mais elle a surtout ébranlé son économie, analyse l'édition en ligne du magazine d'information Polityka : "La catastrophe atteint un pays particulier qui est très riche, doté de citoyens au niveau de formation élevé et d'entreprises innovantes. Parallèlement, le pays se trouve depuis deux ans dans une période de stagnation ou les phases de récession succèdent à de courtes phases de croissance. A cause du tremblement de terre, le Japon mettra vraisemblablement plus de temps à se relever de la récession actuelle. Et ce bien qu'il ne manque pas d'optimistes convaincus que les efforts de reconstruction économique donneront une impulsion considérable. C'est toutefois trop peu pour sortir du cercle vicieux des faibles intérêts et de la chute des prix. Voilà la véritable catastrophe du pays des cerisiers en fleurs." (15.03.2011)

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Die Presse - Autriche

L'UE a toujours été une Union de transfert

Les chefs d'Etat et de gouvernement des 17 pays de la zone euro ont décidé lors de leur sommet vendredi dernier à Bruxelles d'accroître de plusieurs milliards la dotation du fonds de sauvetage de l'euro. Les critiques craignent que l'UE ne se transforme en Union de transfert. C'est pourtant ce qu'elle a toujours été, rappelle le quotidien libéral-conservateur Die Presse : "Quand le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble (CDU), déclare par exemple ces jours-ci que l'UE ne se transforme pas davantage en Union de transfert, malgré la consolidation de facto du fonds de sauvetage et malgré les responsabilités accrues pour des pays comme l'Allemagne et l'Autriche, c'est tout simplement inexact. … Le fonds sera doté de 440 milliards d'euros. Cela semble beaucoup, mais ce n'est pas un évènement unique. L'UE a redistribué 350 milliards d'euros entre 2007 et 2013 pour sa politique structurelle. Sur ce plan, l'argent afflue de manière bien réelle et avérée des régions riches vers les régions pauvres. … Quand la CSU bavaroise déplore bruyamment que l'UE s'est transformée en Union de transfert, c'est donc d'autant plus étrange. La vérité, c'est que l'UE l'a toujours été." (15.03.2011)

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Ta Nea - Grèce

La relance grecque à l'épreuve des faits

Le taux d'intérêt des crédits de l'UE à la Grèce sera revu à la baisse et leur durée sera prolongée. C'est ce qu'ont décidé les chefs d'Etat et de gouvernement des 17 pays de la zone euro lors du sommet européen de vendredi dernier à Bruxelles. Il ne faut pas se réjouir trop vite, estime toutefois le quotidien de centre-gauche Ta Nea : "Qu'avons-nous obtenu à Bruxelles ? Tout simplement ce que nous voulions - mais aussi ce que nous ne voulions pas. … Les nouvelles de Bruxelles sont claires. L'économie grecque doit d'abord montrer en pratique qu'elle s'adapte, la récompense viendra après. Pas de problèmes logistiques, mais cela fonctionnera-t-il sur le plan politique ? Peut-être que le gouvernement sera honnête cette fois-ci. Peut-être présentera-t-il un programme courageux avec un échéancier. Peut-être effectuera-t-il au moins cette fois une juste répartition des charges en taxant la richesse et en s'engageant à répartir équitablement les gains - s'il y en a. Mais il doit surtout inspirer et convaincre." (14.03.2011)

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SOCIÉTÉ

Politiken - Danemark

L'école primaire favorise les liens sociaux

L'origine sociale revêt au Danemark un rôle toujours plus prépondérant dans le cursus scolaire. C'est ce qui ressort de la dernière étude Pisa. Pour endiguer cette évolution, l'école primaire doit être renforcée écrit le quotidien de centre-gauche Politiken : "D'un point de vue historique, l'école primaire a toujours été une institution clé permettant de surmonter un mauvais héritage social. Dans sa salle de classe, l'enfant issu d'une famille d'ouvriers s'est ouvert au monde en compagnie de son camarade de parents diplômés. Les chercheurs parlent de l'effet des camarades de classe comme facteur décisif pour la mobilité sociale de la classe inférieure et la compréhension sociale pour la classe supérieure. Du moins jusqu'à présent. En effet, il est désolant de constater que l'école primaire danoise, considérée comme institution permettant de surmonter les barrières entre classes sociales, tombe en désuétude." (15.03.2011)

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Lapin Kansa - Finlande

Revoir les soins aux seniors en Finlande

Une étude récente a révélé qu'une personne âgée sur quatre en Finlande prend jusqu'à dix médicaments par jour. C'est une raison suffisante pour examiner à la loupe l'ensemble du système de soins, estime le quotidien libéral Lapin Kansa : "La prise de médicaments fait aussi partie de la discussion sur les conditions d'aide aux personnes âgées. On a même supposé que la surmédication pouvait faciliter les soins dans les services car il manque souvent du personnel soignant. Agir de la sorte est bien sûr condamnable. Il faudrait adapter le personnel soignant aux besoins. … Dans le milieu soignant, demander 'des mains supplémentaires' est aujourd'hui à la mode. Mais les mains à elles seules ne suffisent pas, on a besoin de soignants compétents, c'est-à-dire de vraies personnes. Le soin aux personnes âgées requiert de la convivialité et de la proximité. Si les soins ne se limitent qu'aux activités indispensables, il n'y a aucune raison de faire l'éloge de la qualité de ces soins. Le problème ne réside pas dans le manque de personnel soignant, c'est le système complet qui est vicié." (15.03.2011)

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