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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 12.05.2011

 

À LA UNE

Schengen menacé par l'esprit de clocher

 

Une dispute sur les contrôles aux frontières dans l'espace Schengen a éclaté avant le sommet des ministres européens de l'Intérieur ce jeudi. Par crainte des immigrés clandestins d'Europe de l'Est, le Danemark a décidé mercredi de restaurer les contrôles. La France et l'Italie redoutent des réfugiés d'Afrique du Nord. La presse défend la liberté de circulation et met en garde contre tout esprit de clocher.

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

La lâcheté des pro-européens

Malgré le traité de Schengen, le Danemark effectue à nouveau des contrôles aux frontières avec l'Allemagne et la Suède. Il existe pourtant au Danemark beaucoup de partisans de l'idée européenne mais ils sont trop lâches, estime le quotidien de centre-gauche Süddeutsche Zeitung : "Le Parti populaire a montré combien il était facile de détourner les valeurs européennes comme la libre circulation pour des magouilles de politique interne. Le gouvernement libéral-conservateur s'est empressé de concéder aux populistes une victoire de communication au détriment de l'Europe - afin de s'acheter leur clémence en vue d'une réforme des retraites. L'opposition ne s'est pas non plus opposée à ces contrôles - probablement pour éviter un débat désagréable. La plupart des partis danois sont pourtant pro-européens et ne songeraient jamais à remettre vraiment en cause la liberté de circulation. Mais ils ne veulent pas non plus défendre cet acquis. Le problème de l'UE, ce ne sont pas ses opposants comme le Parti populaire. Le problème, c'est la lâcheté de ses partisans." (12.05.2011)

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Postimees - Estonie

Le passéisme malsain des Européens

Le quotidien Postimees critique les nouveaux contrôles aux frontières en Europe et la tendance à l'esprit de clocher : "Le fait que de plus en plus d'Européens s'isolent est plus qu'une simple réaction à des conflits culturels ou à une xénophobie croissante. Les opposants à Schengen ne se soucient guère des spécificités culturelles ou politiques, ils veulent simplement que ce monde en pleine ouverture se rétrécisse, se referme et redevienne soi-disant plus sûr. … En Finlande, les Vrai Finlandais sont perçus comme des rénovateurs radicaux, dans le sens où leur nouvelle force remet en cause la politique du consensus en usage jusque-là. Mais leur politique n'apporte en réalité rien de nouveau ni de radical, au contraire : il s'agit de la nostalgie d'un passé et d'une exiguïté qui doivent protéger de l'Europe et de l'économie mondialisée, mais surtout de l'art décadent, de la confusion babylonienne des langues et des termes compliqués." (12.05.2011)

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Libération - France

Défendre la liberté de circulation

La France mène déjà des contrôles sur sa frontière avec l'Italie pour accepter moins de réfugiés maghrébins. Cela doit rester une exception bien définie au sein de l'espace Schengen, demande la commissaire européenne à la Justice,Viviane Reding, dans le quotidien de centre-gauche Libération : "Il faut éviter que des gouvernements définissent eux-mêmes les conditions de réinstauration des contrôles aux frontières. Une telle décision, parce qu'elle nous affecterait tous, devrait nécessairement être approuvée par les institutions européennes. Il en va, en effet, du respect des règles de l'Union européenne et de la préservation des droits que nous avons acquis de haute lutte. A cet égard, la Commission européenne a récemment proposé de renforcer l'intégrité des règles de Schengen et de protéger la plus grande réalisation de l'Union européenne : la libre circulation. Après deux guerres mondiales dévastatrices, de nombreuses années ont été nécessaires pour parvenir à supprimer les frontières et à créer un climat de confiance. Aujourd'hui, la libre circulation à l'intérieur de l'Europe raccourcit les distances et est un facteur d'unité. Il nous faut exercer ce droit et en prendre soin." (12.05.2011)

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Sme - Slovaquie

Ne pas sacrifier Schengen

Les demandes de l'Italie et de la France notamment, pour une restriction de la liberté de circulation en raison des réfugiés d'Afrique du Nord sont déplacées, estime le quotidien libéral Sme : "Si l'Italie et la France se retrouvaient un jour dans la situation d'une véritable vague de réfugiés, alors les autres pays européens devraient apporter leur aide. Mais cette situation ne s'est pas présentée pour le moment. Les réfugiés sont effectivement plus nombreux à arriver en Italie, mais il s'agit seulement de quelques dizaines de milliers de personnes. Si l'Italie ne parvient pas à gérer le problème, ce n'est pas le résultat d'une apocalypse imminente mais un nouvel échec de ce pays, de sa politique et de ses autorités. … La solution ne réside certainement pas dans la remise en question de la liberté de circulation au sein de l'Union, et donc au renoncement à l'un des avantages fondamentaux de l'intégration. … Cela ne veut pas dire que l'Union ne doit pas aider certains pays comme l'Italie ou Malte. L'Union doit en même temps veiller à faire quelque chose pour les pays dont sont originaires les réfugiés, afin que ces derniers restent chez eux." (12.05.2011)

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POLITIQUE

Expressen - Suède

L'Acropole à vendre

27 personnes au moins ont été blessées en Grèce dans les violents affrontements qui ont émaillé la manifestation contre les nouvelles mesures d'austérité du gouvernement. Les syndicats avaient appelé à une grève générale de 24 heures dans le pays menacé de faillite. Le journal libéral à sensation Expressen se demande si les Grecs connaissent le concept de responsabilité : "Ce n'est pas l'adhésion à la zone euro qui a provoqué la crise grecque. Peut-on s'imaginer la situation misérable dans laquelle se trouverait aujourd'hui cette nation endettée si elle disposait encore de la drachme pendant la crise financière ? Bien sûr, on n'aurait jamais dû autoriser l'entrée de la Grèce dans la zone euro. Les autres pays de l'euro doivent désormais assumer et garantir une nouvelle fois sa solvabilité. Comme la Grèce manque manifestement autant d'argent que de sens des responsabilités, les ministres des Finances devraient exiger du gouvernement grec la parution d'une annonce d'une page dans le Financial Times, avec en titre 'l'Acropole à vendre'. Peut-être qu'alors tel ou tel leader syndical comprendrait le sérieux de la situation." (12.05.2011)

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Aamulehti - Finlande

Les Vrais Finlandais dans l'opposition

La Finlande entend finalement participer au programme de sauvetage du Portugal fortement endetté. Le chef des conservateurs et Premier ministre désigné Jyrki Katainen s'est assuré mercredi le soutien des sociaux-démocrates, sceptiques jusque-là. Les populistes de droite, les Vrais Finlandais menés par Timo Soini, maintiennent leur refus et ne devraient donc pas entrer au gouvernement, demande le quotidien libéral Aamulehti : "Malgré son éclatante victoire électorale, il est impensable que Soini, s'il entre au gouvernement, sape la ligne finlandaise dans des domaines politiques clés avec moins de 20 pour cent au Parlement. Katainen doit être conscient de ce refus douloureux, même s'il continue à garantir qu'il formera un gouvernement conservateur avec les sociaux-démocrates et les Vrais Finlandais. S'il n'a pas le courage d'évincer le grand vainqueur des élections, l'acte décisif pourrait venir des sociaux-démocrates. [Leur chef] Jutta Urpilainen pourrait peut-être ne pas participer à un gouvernement condamné d'avance." (12.05.2011)

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Magyar Nemzet - Hongrie

Gyurcsány, fossoyeur des socialistes

Tout porte à croire que l'ex-Premier ministre hongrois Ferenc Gyurcsány et ses partisans quitteraient le parti socialiste de l'opposition (MSZP) pour former un parti de centre-gauche qu'ils nommeraient Parti démocratique. Le quotidien conservateur pro-gouvernemental Magyar Nemzet considère déjà Gyurcsány comme le fossoyeur du MSZP : "Si le chef du MSZP Attila Mesterházy a bien la vieille élite du parti derrière lui, son action est néanmoins tout aussi maladroite et stérile. … Gyurcsány se représente en tout cas l'avenir 'démocratique' de centre-gauche sans la direction actuelle du parti et sans le nom de MSZP. C'est une déclaration de guerre évidente. Entre Gyurcsány l'agité et la tête du parti autour de Mesterházy, il n'y aura jamais de paix durable, tout au plus un compromis provisoire et hypocrite. Il est difficile d'imaginer que cette lutte de pouvoir se termine par la victoire d'un camp. … Gyurcsány semble toutefois encore avoir la force d'enterrer le MSZP." (12.05.2011)

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RÉFLEXIONS

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Thomas Maissen sur le dilemme des doctorants

Suite aux différentes affaires de plagiat en Allemagne, l'historien Thomas Maissen demande dans le quotidien libéral-conservateur Neue Zürcher Zeitung à ce que l'indépendance scientifique des doctorants soit renforcée : "Dans l'Occident post-industriel, la stratégie n'est-elle pas de relever le défi des économies émergentes en misant sur la créativité de l'éducation ? Grâce à un recensement systématique, un soutien ciblé et un suivi intensif, les étudiants doués de fin de cycle devraient être plus nombreux à rédiger leur thèse et à passer leur doctorat pour devenir cadres dans les sciences, l'économie et l'administration. De telles mesures d'encouragement comportent toutefois inévitablement un dilemme. Plus un doctorant est accompagné, moins il s'entraîne à obtenir son autonomie scientifique, qui constitue l'objectif principal de sa thèse. Ce ne sont pas les doctorants eux-mêmes, mais souvent leurs professeurs qui ébauchent les thèmes concrets de recherche pour lesquels ils reçoivent des fonds extérieurs (de fondations par exemple), qui leur permettront d'embaucher ces doctorants dont la thèse est le travail de recherche." (12.05.2011)

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ÉCONOMIE

Lidové noviny - République tchèque

BCE : un nouveau chef pro-allemand

La chancelière allemande Angela Merkel a donné son accord mercredi à la nomination de l'italien Mario Draghi comme nouveau président de la Banque centrale européenne (BCE). Le quotidien conservateur Lidové noviny y voit une manœuvre habile : "Les Allemands auraient bien sûr préféré remplacer le Français Trichet par leur propre candidat. L'ancien chef de la Banque centrale allemande, Axel Weber, longtemps pressenti pour ce poste, avait jeté l'éponge en février lorsqu'il avait constaté que son avis n'était pas majoritaire. L'Allemagne cherchait ainsi un responsable qui partagerait les idées allemandes sans en avoir la nationalité. Mario Draghi a des intuitions allemandes, il s'engage pour une politique financière stricte et une inflation faible. Cela lui sera profitable dans les temps difficiles qui attendent la BCE. … Il est impossible d'établir dans la zone euro une harmonie qui satisfasse tout le monde. Les décisions prises lèseront toujours quelqu'un. Mais ce ne sera pas l'Allemagne." (12.05.2011)

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Expansión - Espagne

L'inévitable rigueur de Zapatero

Il y a un an jour pour jour, le Premier ministre espagnol José Luis Rodríguez Zapatero engageait une grande politique de rigueur. Celle-ci a pour l'instant permis à l'Espagne d'éviter de solliciter le Fonds européen de stabilité financière, estime le journal économique Expansión : "Une année s'est écoulée depuis le mémorable 12 mai dernier, date à laquelle Zapatero, sous la pression de ses partenaires européens et d'Obama, était contraint de renoncer à ses principes et présentait au Congrès un grand programme d'austérité pour endiguer le déficit et calmer les marchés. … Au cours de cette année, les marchés ont accordé une pause à l'économie espagnole. C'est le fruit des sacrifices des fonctionnaires qui ont dû accepter des réductions salariales, des retraités dont les pensions ont été gelées, ainsi que d'autres coupes drastiques. Zapatero traite de crapule celui qui l'accuse d'avoir pratiqué des coupes dans l'Etat-providence. Mais celles-ci étaient manifestes et nécessaires. Sans elles, nous serions vraisemblablement sur la même voie que la Grèce, l'Irlande ou le Portugal." (12.05.2011)

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SOCIÉTÉ

Dilema Veche - Roumanie

Un bébé homosexuel n'apporte rien

Une campagne d'affichage pour plus de tolérance vis-à-vis des homosexuels suscite les critiques à Bucarest. Elle montre un bébé portant un bracelet sur lequel est écrit "homosexuel". L'hebdomadaire Dilema Veche trouve cette affiche déplacée : "Depuis que l'on effectue des recherches sur la génétique humaine et le comportement, on n'a toujours pas trouvé de preuves sur l'origine de l'homosexualité. Qualifier un enfant âgé de deux mois seulement d'homosexuel ne peut provoquer qu'un tollé. C'est en outre une mauvaise stratégie, car manipuler l'image d'un enfant n'a jamais généré plus de tolérance pour les droits des homosexuels. Les bébés servent déjà actuellement dans de multiples campagnes : contre le sida, pour les bonnes écoles ... . Nous ne devrions donc pas les accabler davantage. Il y a de part et d'autre des personnes correctes : des chrétiens qui ne condamnent pas instantanément un comportement sur lequel ils ne sont pas d'accord ; des homosexuels qui souhaitent mener une vie normale. … Ce sont malheureusement les partisans véhéments d'un camp ou de l'autre qui causent le plus de mal." (12.05.2011)

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Blog A Vida de Saltos Altos - Portugal

Incompréhensible obsession de la minceur

Selon une étude de l'université d'Arizona, certaines femmes préféreraient être alcooliques, dépressives ou aveugles que grosses. Dans le blog A Vida de Saltos Alto hébergé par l'hebdomadaire Expresso, Paula Cosme Pinto fait part de son incompréhension : "J'avais espéré lors de la lecture qu'il s'agirait d'une blague, mais certaines des 100 femmes interrogées ont donné précisément cette réponse. Sont-elles donc folles ?! Et suis-je la seule à me poser la question ? Je peux comprendre que l'on passe des heures dans les salles de gym pour recouvrer sa forme corporelle et mentale (!). Que l'on se limite aux salades parce que la mission 'petite sirène 2011' approche avec l'arrivée de la saison des plages et des bikinis. … Mais tout de même, mesdames, il y a des limites. … On ne joue pas avec la santé. Et le caractère irrationnel de certaines décisions, comme le montre cette étude, me retourne l'estomac. … Le but de l'histoire n'est pas de devenir esclave de son régime pour devenir belle." (11.05.2011)

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MÉDIAS

Zeit Online - Allemagne

Une fausse nouvelle constructive

Vendredi dernier, le site d'information allemand Spiegel Online annonçait que la Grèce envisageait de sortir de la zone euro. Sur le portail d'information libéral Zeit Online, l'économiste Yanis Varoufakis estime que cela a constitué un signal pour que la classe politique présente enfin de nouvelles approches pour résoudre la crise de l'euro : "La question déterminante est désormais de savoir pourquoi le Spiegel Online a publié cette information alors que les journalistes savaient que celle-ci était au moins partiellement erronée ? Voici peut-être la réponse : Le Spiegel, qui bénéficie des meilleurs réseaux dans la classe politique allemande, a probablement voulu, conjointement avec certains cercles du gouvernement allemand - notamment le ministère des Finances - envoyer un signal à la chancellerie et au Premier ministre grec. Ce message, c'est la nécessité en Europe de lancer un débat que l'on parvient à éviter avec succès depuis un an. Un débat sur de nouvelles approches de résolution de la crise de l'euro, car celles effectuées jusque-là sont inefficaces. Si cela a vraiment été l'intention du Spiegel, on peut dire que le magazine a en partie réussi." (11.05.2011)

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COULEURS LOCALES

La Repubblica - Italie

La Chine censure le jasmin

Le régime chinois redoute tellement la propagation de la révolution du Jasmin à son pays qu'il intervient même contre les dissidents botaniques, note le quotidien de centre-gauche La Repubblica : "La répression chinoise a identifié son ultime ennemi : le jasmin. Ces derniers jours s'est ajouté aux arrestations de dissidents un nouvel ordre de la police : éliminer les cultures de cette fleur-symbole de la nation et interdire le commerce d'une plante qui évoque en Chine l'harmonie et la prospérité. Début mars, les fonctionnaires des services secrets ont fait le tour des pépinières et des marchés horticoles pour prévenir que le jasmin devait disparaître de la circulation : ne pouvant arrêter ou 'rééduquer' une fleur, la Chine a tout simplement décidé de l'abolir. La charge persuasive a été telle que le jasmin a véritablement disparu et que son prix, au désarroi général, s'est effondré sur le marché noir des villages de campagne." (12.05.2011)

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