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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 21.12.2011

 

À LA UNE

Les juges hongrois élaguent la loi sur les médias

La Cour a préservé la liberté de la presse, comme l'espéraient les manifestants. (©AP)

 

La Cour constitutionnelle hongroise a déclaré lundi l'invalidité de certaines parties de la loi controversée sur les médias. L'obligation de révéler les sources journalistiques à entre autres été jugée anticonstitutionnelle. C'est pour certains commentateurs la preuve que l'Etat de droit hongrois fonctionne encore, tandis que d'autres y voient un jugement éphémère.

Wiener Zeitung - Autriche

La démocratie hongroise vit encore

Le verdict montre que l'Etat de droit hongrois fonctionne encore, estime le journal publique d'obédience libérale Wiener Zeitung, qui salue notamment le courage du président de la Cour constitutionnelle, Peter Paczolay : "Il n'est pas suffisant de qualifier la décision de la Cour de dernier soubresaut d'un Etat de droit qui n'existera bientôt plus. Au contraire, les juges, Paczolay en tête, ont prouvé qu'ils prennent leur indépendance au sérieux et qu'ils entendent continuer ainsi, d'autant qu'ils ont critiqué ouvertement le style de travail du gouvernement Orbán, qui fait passer les lois à la va-vite au Parlement. Pour les Hongrois, et notamment ceux qui sont régulièrement descendus dans la rue au cours des derniers mois pour réclamer un changement de cap politique - ils pourraient bien avoir été plus de 100.000 - cela ne peut être qu'une incitation à ne pas considérer la démocratie comme perdue." (21.12.2011)

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Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Un verdict bientôt caduc

Les juges de la Cour constitutionnelle hongroise ont déclaré entre autres anticonstitutionnelles les atteintes relatives au contenu des médias papier ainsi que la violation de la protection des sources. Ce verdict des juges n'aura probablement aucun effet au niveau légal, redoute le quotidien de centre-gauche Süddeutsche Zeitung : "Car les jours de la Cour sont comptés. Au 1er janvier entre en vigueur une nouvelle Constitution faite de nationalisme confus et de cléricalisme boursouflé. Elle transforme bien trop d'éléments légaux selon l'appréciation et le bon vouloir de la majorité parlementaire et du gouvernement. La Cour constitutionnelle se voit privée de compétences et réaménagée. … Il apparaît certain que l'on fera sauter par la suite ce verdict. On ne peut supposer que le gouvernement et la majorité se contenteront d'ignorer le jugement. Il leur suffit de faire passer une nouvelle fois la loi quasiment inchangée devant le Parlement, une nouvelle plainte étant assurée d'échouer dans les nouvelles conditions. Même un verdict sain n'est donc pas en mesure aujourd'hui de rééquilibrer les choses dans un pays où l'on a faussé l'Etat de droit et bâti une politique hégémonique." (21.12.2011)

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Népszava - Hongrie

Les juges constitutionnels bientôt muselés

Le verdict sur le désamorçage de la loi hongroise sur les médias constitue probablement la dernière grande décision de la Cour constitutionnelle, juge le quotidien de gauche Népszava : "Notamment parce que les compétences de la Cour seront considérablement réduites à partir de l'année prochaine, et parce qu'il n'y aura plus de décisions de cette portée pendant un certain temps. … Il convient de saluer le rejet de plusieurs éléments de cette loi sur les médias. La règle par exemple selon laquelle les journalistes sont contraints de dévoiler leurs sources constitue selon la Cour constitutionnelle une atteinte à la liberté de la presse. … De belles paroles, dans la mesure où l'on est disposé à les croire. … Mais réjouissons-nous tant que nous le pouvons. Quand la nouvelle Constitution hongroise entrera en vigueur en janvier, la Cour constitutionnelle ne pourra de toute façon plus dire grand-chose." (20.12.2011)

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POLITIQUE

Savon Sanomat - Finlande

Export d'armes irresponsable en Arabie Saoudite

Le gouvernement finlandais a approuvé à la majorité l'export de 36 mortiers vers l'Arabie Saoudite, une des ventes d'armes les plus conséquentes pour la Finlande depuis dix ans. Dans cette décision sur une affaire de plus de 150 millions d'euros, le gouvernement n'aurait pas dû considérer uniquement les emplois nationaux mais aussi la répression de la démocratie qui touche le pays, critique le quotidien libéral Savon Sanomat : "Ce qui est problématique dans cette affaire, c'est que l'Arabie Saoudite est une dictature. Aucun parti politique n'est autorisé dans le pays, il n'y a aucune liberté de rassemblement, sans parler de la liberté de religion. La torture et la peine de mort y sont courantes. Le printemps arabe n'a pas adouci le joug de la dictature. … Il serait bien sûr exagéré d'affirmer que la Finlande soutient par cette vente d'armes la dictature et la violation des droits de l'homme. … Même cette décision n'en reste pas moins irresponsable. Car elle signifie concrètement que les armes vendues par l'Etat finlandais - actionnaire majoritaire du fabricant - serviront en Arabie Saoudite à réprimer les mouvements démocratiques." (21.12.2011)

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Expansión - Espagne

Rajoy va épargner comme Cameron

Un mois après la victoire électorale des conservateurs espagnols, le Parlement a élu mardi Mariano Rajoy nouveau Premier ministre. Au niveau des coupes dans les dépenses publiques, il s'orientera surtout sur la politique de son homologue britannique, David Cameron, estime le journal économique Expansión : "La réduction du nombre des entreprises, établissements et fondations publics seront les premières mesures que le nouveau gouvernement adoptera dans les prochains jours. Juste après suivront des décisions similaires pour les régions autonomes, notamment celles ayant les dettes les plus élevées. Mais pour que les coupes se rapprochent de la somme de 16,5 milliards d'euros promise par Rajoy pour 2012, il faudra sensiblement réduire les revenus des employés du service public. C'est la raison pour laquelle les politiques du Parti populaire se penchent précisément sur les mesures entreprises par David Cameron en Grande-Bretagne." (21.12.2011)

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Berlingske - Danemark

Les criminels ne peuvent pas devenir danois

Le Parlement danois a décidé mardi d'accorder la citoyenneté danoise à plus de 1.700 jeunes apatrides, majoritairement originaires de Palestine. Le fondement de ces naturalisations réside dans une convention signée en 1961 et visant à réduire le nombre d'apatrides. Parmi ces Danois fraîchement naturalisés se trouvent plusieurs criminels condamnés et un individu qui constitue, d'après les services secrets, un risque pour la sécurité du pays. Le quotidien conservateur Berlingske appelle à montrer un plus grand sens des réalités : "Le Parlement doit tenir compte ici de deux choses importantes. Cela concerne d'une part une grande majorité des candidats qui remplissent les conditions pour acquérir la citoyenneté et doivent être chaleureusement acceptés. Mais il faut d'autre part tenir compte des citoyens du pays et du respect de la loi. Si l'on veut éviter que la citoyenneté devienne à l'avenir une zone de conflit dans la politique à l'égard des étrangers, le gouvernement doit à l'instar d'autres pays tenter de trouver de nouvelles interprétations de la convention, ou bien veiller à la modifier. La citoyenneté n'est pas un droit mais un cadeau que seul le Parlement est à même d'accorder. Et cela présuppose un débat ouvert." (21.12.2011)

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RÉFLEXIONS

Hospodářské noviny - République tchèque

Adam Černý sur Václav Havel, la Russie et la Chine

En République tchèque débute ce mercredi le deuil national de trois jours décrété après la mort de l'ancien président Václav Havel. Tandis que les hommages à Havel se multiplient dans le monde, aucun message de condoléances n'est encore venu de Chine, et la Russie n'a fait qu'envoyer un télégramme laconique. Il est manifestement avéré que s'engager pour les droits de l'homme a un prix, analyse le chroniqueur Adam Černý dans le journal économique Hospodářské noviny : "Les petits Etats ont toujours du mal à exister face aux grands, déclarent les tenants de la Realpolitik. Pour la République tchèque, cela revient à dire que critiquer la politique des droits de l'homme en Russie et en Chine nous fait perdre des affaires juteuses. L'expérience nous enseigne cependant que si l'on met les critiques en sourdine, on ne retire aucun avantage de cette retenue. … L'attitude de la Chine et de la Russie ne laisse pas de place au doute. Pour la République tchèque, il est clair néanmoins que si à l'avenir nous taisons nos critiques quant à la violation des droits de l'homme, cela contredira nos valeurs et ira à l'encontre de nos intérêts." (21.12.2011)

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ÉCONOMIE

Corriere della Sera - Italie

Les crédits à taux réduit de la BCE : pas la panacée

La Banque centrale européenne (BCE) a engagé ce mercredi la première de deux procédures de refinancement. Les banques pourront alors contracter des crédits d'une durée de trois ans au faible taux de un pour cent. Mais cette manne monétaire ne résoudra pas le véritable problème des banques qui disposent d'un capital propre insuffisant, estime le quotidien libéral-conservateur Corriere della Sera : "L'opération de la BCE ne sera pas la panacée, ni pour les entreprises, ni pour le ministère des Finances, en tout cas pour l'Italie. Pour garantir des crédits aux clients ou acheter des emprunts d'Etat, une banque n'a pas seulement besoin des liquidités nécessaires, elle doit aussi disposer de suffisamment de capital. C'est-à-dire de plus de capital qu'elle a déjà dépensé sous forme de crédits. Car chaque nouveau crédit comporte des risques. Pour en tenir compte, la banque a besoin de capital 'libre'. Si ce n'est pas le cas, les liquidités ne servent pas à grand-chose. … La BCE peut contribuer à freiner la récession. Il est cependant illusoire de croire que Francfort résoudra nos problèmes. Nous avons besoin de mesures qui stimulent la croissance, et ce le plus rapidement possible." (21.12.2011)

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euinside - Bulgarie

La Bulgarie ne veut pas sauver l'euro

Le ministre bulgare des Finances, Simeon Djankov, a refusé que le pays participe au fonds du FMI pour sauver l'euro. Il a déclaré lundi ne pas comprendre pourquoi un pays pauvre et discipliné sur le plan financier devrait aider les Etats endettés. Le site euinside déplore le manque de solidarité du gouvernement : "La position bulgare ne reflète pas seulement l'absence de ressources budgétaires, mais aussi le rapport déficient du gouvernement vis-à-vis de l'Europe et de l'UE, sans parler du fonds de secours. Si le parti au gouvernement Gerb soutient des positions au niveau européen, c'est seulement sur l'ordre de la centrale du Parti populaire européen [conservateur]. On présente à l'opinion publique bulgare des thèses populistes et europhobes faciles, censées plaire aux retraités et aux chômeurs. ... Epargner l'argent des impôts est certes exemplaire, mais songe-t-on aux entreprises bulgares qui travaillent au sein de la zone euro ? Epargne-t-on par ailleurs réellement les ressources fiscales ? Qu'est-ce qui est préférable : verser de l'argent au FMI pour sauver l'euro ou bien affecter ces fonds au budget hypertrophié de la police ?" (20.12.2011)

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CULTURE

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

L'ère des chanteurs contestataires est révolue

Avec la mort en novembre de l'auteur-compositeur allemand Franz Josef Degenhardt et des Autrichiens Georg Kreisler et Ludwig Hirsch ont disparu trois chanteurs contestataires de la vieille école. S'il y a aujourd'hui de nouveaux groupes de musique contestataire, l'époque des chanteurs engagés est révolue, estime le journal libéral-conservateur Neue Zürcher Zeitung : "Les textes ont pris une autre couleur, sont plus égocentriques, et musicalement aussi il y a eu un changement, car depuis des groupes tels que 'Ton Steine Scherben', le rock joue aussi dans la politique. Les chansons politiques germanophones sont tout aussi élégiaques que le rap, le reggae ou le ska, la mélodie et le rythme sont lourds, et l'engagement primaire des auditeurs consiste à danser. La chanson politique n'est plus du domaine de la gauche. La chanson de Degenhardt sur les 'Wölfe mitten im Mai' [Les loups du mois de mai], adressée en 1965 à la montée du NPD  [parti néonazi allemand], devrait aujourd'hui inclure les meurtres commis par le milieu néonazi et concurrencer le rock punk d'extrême droite. Modifier le texte ne suffirait pas. La chanson devrait aussi sonner différemment." (21.12.2011)

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SOCIÉTÉ

The Guardian - Royaume-Uni

Le lavage de cerveau des Nord-Coréens

Après la mort du dictateur Kim Jong-il, les images de Nord-Coréens hystériques en pleurs ont fait le tour du monde. Ce deuil est probablement le résultat d'un lavage de cerveau, estime le quotidien de centre-gauche The Guardian : "L'intense pression sociale fait de l'acceptation - du moins de l'apparente acceptation - de nouvelles croyances l'option la plus simple. Les croyants ont toujours des raisons, même si celles-ci peuvent nous paraître étranges. Les cinq techniques fondamentales [du lavage de cerveau] sont l'isolement, le contrôle, l'incertitude, la répétition et l'émotion. … Accumulées au cours des années, elles exercent une énorme influence. Mais même le contrôle coréen est loin d'être total. Plus un régime est perçu comme source d'incertitude et de souffrance, plus il est à même de s'effondrer. Cet effondrement pourrait se produire très rapidement. Toutes les larmes ne sont pas réelles, même si certaines sont sincères. Kim Jong-il a offert la stabilité. Quelle que soit la durée pendant laquelle il a abusé de son peuple souffrant, la peur qu'il ressent désormais est certainement réelle." (21.12.2011)

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Correio da Manhã - Portugal

Le PM portugais ne pousse personne à émigrer

Le Premier ministre portugais, Pedro Passos Coelho, a déclenché une vague d'indignation après avoir proposé dans une interview que professeurs et instituteurs au chômage partent travailler dans des pays lusitanophones comme l'Angola et le Brésil. Le journal à sensation Correio da Manhã tente de calmer les esprits : "Si Passos Coelho était un vendeur de voitures d'occasion, il mettrait en garde contre les coûts d'usure et d'entretien d'un véhicule qui affiche 200.000 km au compteur. Son prédécesseur [José Sócrates] avait un tout autre style et aurait prétendu que ce véhicule était une pièce de collection. Il la revendrait en outre plus cher qu'une voiture neuve de la même marque. Les déclarations de Passos sur les professeurs et les instituteurs ont déclenché une vague de critiques injustifiées. Il a uniquement répondu à une question portant sur le manque de 15.000 maîtres de conférences en Angola. Il a confirmé avoir discuté avec [le président angolais] Jose Eduardo dos Santos et a déclaré également que [la présidente brésilienne] Dilma Roussef avait aussi besoin d'enseignants au Brésil. Pour ceux qui cherchent du travail, c'est une opportunité. Mais ce n'est pas une contrainte à l'émigration." (20.12.2011)

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Libération - France

Qui paiera 30.000 nouveaux implants mammaires ?

Après plusieurs cas de cancer liés à des implants mammaires de la société PIP, le ministère français de la Santé prépare une recommandation officielle pour appeler les femmes à se faire retirer leurs implants. Il faut redessiner la frontière entre public et privé, préconise le quotidien de centre-gauche Libération : "L'affaire des prothèses mammaires défectueuses PIP est l'occasion de s'interroger sur l'intrusion de l'intimité dans les affaires de l'Etat. ... Les soupçons de liens entre les prothèses PIP et des risques de pathologies, notamment de cancers, font passer de la chambre à coucher au guichet de la sécurité sociale. De l'intimité de chacun à la définition du rôle de l'Etat. ... Les structures de veille, dans cette affaire, ont prouvé leur efficacité. L'Etat préventif s'apprête ... à prendre ses responsabilités en recommandant aux femmes concernées de se faire 'explanter' les prothèses sans frais. Nul doute que la question du remboursement de nouvelles implantations se posera et, partant, la fonction réparatrice de l'Etat." (21.12.2011)

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Adevărul - Roumanie

Les Roumains n'ont pas de fierté nationale

A l'occasion de l'Euro Ice Hockey Challenge vendredi, la majorité des joueurs de l'équipe roumaine ont aussi chanté lorsqu'a retenti l'hymne national de leurs adversaires hongrois. L'équipe est composée en grande partie de Roumains magyarophones. Des sportifs roumains de haut niveau demandent désormais que des sanctions soient appliquées. Le quotidien Adevărul estime quant à lui qu'il faudrait prendre exemple sur la fierté des Hongrois : "Plus de 1,4 million de Hongrois vivent en Roumanie et vous en trouverez difficilement qui voient les Hongrois comme un peuple horrible. … Combien de Roumains en revanche disent cela de leur propre peuple ? Si nous n'avons pas d'amour-propre, comment peut-on demander aux autres d'en avoir ? … Il faut dire la vérité, aussi dure soit-elle pour les Roumains : depuis 22 ans, les Hongrois nous montrent ce que sont le patriotisme et la fierté nationale. Nous ne parlons pas ici de l'extrémisme exagéré de certains, mais d'un peuple fier de son histoire et de son pays. On le constate partout lorsque l'on traverse la Hongrie. Dans la propreté des villages, les infrastructures, même dans les monuments, on voit à quel point ils estiment leur histoire." (21.12.2011)

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