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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 23.02.2012

 

À LA UNE

Al-Assad poursuit sa campagne meurtrière

Les Syriens manifestent aussi à l'étranger contre le régime, ici en Jordanie. (© AP)

 

Deux journalistes occidentaux, Marie Colvin et Rémi Ochlik, ont été tués dans une attaque d'artillerie menée mercredi par les troupes syriennes contre le bastion rebelle de Homs. Le dirigeant Bachar Al-Assad est responsable de la mort de 5.000 personnes depuis le début des manifestations. Les politiques occidentaux n'ont pourtant rien fait jusque-là, déplorent les commentateurs, qui rendent hommage au travail dangereux mais nécessaire des reporters de guerre.

The Guardian - Royaume-Uni

Marie Colvin sur l'importance de sa mission

La reporter de guerre américaine Marie Colvin tuée mercredi à Homs était convaincue de l'importance de son travail, comme l'indique le discours qu'elle avait tenu lors d'une messe pour invalides de guerre en novembre 2010 à Londres, reproduit par le quotidien de centre-gauche The Guardian  : "Couvrir une guerre signifie se rendre sur des lieux dévastés par le chaos, la destruction et la mort, et essayer de témoigner. Cela veut dire tenter de déceler la vérité dans une tempête de sable de propagande, quand armées, tribus ou terroristes s'affrontent. Oui, cela signifie aussi prendre des risques. … Notre mission est de relater les horreurs de la guerre avec exactitude et sans préjugés. Nous devons toujours nous demander si l'histoire en vaut le risque. Qu'est-ce que le courage et qu'est-ce ce que la bravade ? Les journalistes qui rapportent les combats portent une grande part de responsabilité et doivent parfois prendre des décisions difficiles. Ils en paient parfois le prix ultime." (23.02.2012)

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Libération - France

Le combat des journalistes contre la barbarie

La mort de ces reporters révèle l'importance des journalistes dans la lutte contre la répression dictatoriale, analyse le quotidien de centre-gauche Libération : "Il reste que la mort de Marie Colvin et de Rémi Ochlik à Homs ... révèle que le pouvoir menacé de Bachar al-Assad cible délibérément les témoins indépendants de sa sauvagerie. Les artilleurs du dictateur syrien ont visé le «centre de presse» improvisé qui servait à dire l'horreur des bombardements massifs des populations civiles. ... La mort de ces reporters rappelle aux contempteurs des médias ou à ceux qui croient que tout se trouve sur le Web que des hommes et des femmes sont prêts à risquer leur vie pour informer. Sans leurs témoignages, Al-Assad comme tant d'autres avant lui aurait pu continuer impunément à tuer et torturer son peuple. Leurs récits, leurs images peuvent sembler de faibles barrages à la barbarie. Ils en sont d'autant plus nécessaires." (23.02.2012)

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De Morgen - Belgique

L'Occident trop tendre avec la Syrie

Au moins 120 personnes, dont deux journalistes occidentaux, ont été tuées dans des attaques perpétrées contre la ville syrienne de Homs ces derniers jours. Le quotidien de centre-gauche De Morgen reproche à l'Occident sa passivité : "Les dirigeants politiques n'ont pas de mots assez durs pour condamner Al-Assad et regrettent la mort de civils. Ce n'est pourtant pas ainsi que l'on sauve des vies. Depuis l'échec de l'accord au Conseil de sécurité de l'ONU il y a près d'un mois, les politiques occidentaux ont pris peu d'initiatives voire aucune pour rompre le blocus. Chine et Russie sont des boucs émissaires derrière lesquels tout le monde peut se cacher. Les débats sont marqués par un manque de détermination et l'absence de tout sentiment d'urgence. On aurait pourtant pu s'attendre dans cette situation d'urgence à ce que toutes les mesures possibles soient envisagées pour lancer des actions concrètes : renégocier avec la Russie, s'activer sur le plan diplomatique, engager un dialogue direct avec Al-Assad, isoler Damas sur le plan militaire. Pourtant rien ne se passe." (23.02.2012)

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POLITIQUE

Dziennik Gazeta Prawna - Pologne

Bruxelles mène la Hongrie à la ruine

La Commission européenne a proposé mercredi de geler les 495 millions d'euros de fonds de développement que doit recevoir la Hongrie l'année prochaine, en raison du non-respect par celle-ci du pacte de stabilité. Mais bloquer ce fonds de cohésion est incompréhensible au vu de la situation économique actuelle, critique le quotidien conservateur Dziennik Gazeta Prawna : "Si les Hongrois veulent venir à bout de la crise, ils ont besoin d'une croissance économique au même titre que les pays d'Europe méridionale. Actuellement, les prévisions du PIB pour 2012 varient entre zéro et 0,3 pour cent. Comme si la Commission n'avait pas remarqué le rôle particulier que joue la politique de cohésion pour les pays relativement pauvres de la soit disant nouvelle Europe en matière de relance économique. Il est difficile de trouver judicieux le gel de versements de près d'un demi-milliard d'euros alors que Budapest est au bord de la récession." (23.02.2012)

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Stuttgarter Zeitung - Allemagne

L'ACTA réveille les politiques

Après le grand mouvement de protestation contre le traité anti-piraterie ACTA, la Commission européenne a annoncé mercredi vouloir faire examiner ce règlement par la Cour de justice européenne. C'est l'occasion pour les politiques de s'occuper enfin d'Internet, écrit le journal libéral Stuttgarter Zeitung : "Si l'on veut éviter la division de la société en numérique d'un côté et analogique de l'autre, la politique doit veiller à concilier ces deux mondes. Traiter les questions relatives à Internet constitue un champ d'action primordial que la politique ne doit céder ni à l'avant-garde numérique autoproclamée, ni aux prestataires commerciaux. Elle doit impliquer les participants et veiller à établir la transparence dans les procédures. Mais la politique doit surtout accroître ses compétences dans ce domaine. Les questions relatives à Internet ne constituent plus un simple créneau, elles sont sur le même plan que les domaines politiques classiques. C'est la raison pour laquelle, dans ce domaine aussi, les responsables politiques doivent, en vertu de leur propre autorité, fixer et faire respecter des normes. Quand Internet sème le chaos, ce n'est pas une solution d'esquiver de manière opportuniste ." (23.02.2012)

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NRC Handelsblad - Pays-Bas

La crise, filon électoral pour Wilders

Malgré les vives protestations suscitées par son site Internet jugé anti-Polonais, le Parti pour la liberté (PVV) du populiste d'extrême droite néerlandais Geert Wilders progresse dans les sondages. 20 à 25 pour cent des Néerlandais donneraient aujourd'hui leur voix au PVV. Wilders profite de la crise actuelle, estime le quotidien libéral NRC Handelsblad : "Le PVV bénéficie du climat social actuel. Sa politique repose en fait sur la xénophobie. On accuse ainsi les étrangers paresseux et inconvenants - qu'ils soient arabes ou polonais - de sucer le sang des Néerlandais travailleurs. … Avec la faillite imminente de la Grèce, on voit maintenant arriver les Grecs (fainéants eux-aussi). Le PVV peut exploiter ce climat social - crise, chômage en hausse, réduction des retraites. De ce point de vue, le parti dispose ici d'un véritable filon électoral." (23.02.2012)

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RÉFLEXIONS

Il Sole 24 Ore - Italie

Luigi Guiso et Helios Herrera demandent une réelle Union budgétaire

L'UE entend résoudre la crise de l'euro en instaurant la règle d'or budgétaire et en sanctionnant les pays régulièrement déficitaires. Il faut toutefois aller beaucoup plus loin si l'on veut mettre en place un véritable pacte budgétaire, estiment les économistes Helios Herrera et Luigi Guiso dans le journal économique Il Sole 24 Ore : "Il manque à l'Union monétaire un mécanisme de compensation entre excès et déficits de la balance des paiements. L'Union monétaire restera instable sur le long terme si elle n'incorpore pas une véritable Union budgétaire. Elle devra tôt ou tard se dissoudre si rien ne change. Pour empêcher cela, les pays doivent conclure une véritable Union budgétaire dans laquelle les ressources des pays affichant une balance des paiements excédentaire seront redistribuées aux pays dans lesquels celle-ci est déficitaire, de l'Allemagne à la Grèce. La récession mondiale et la crise de la dette n'ont fait qu'accentuer et souligner plus tôt que prévu l'absence d'Union budgétaire, un problème latent depuis la création de l'euro." (23.02.2012)

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Der Falter - Autriche

Pour Raimund Löw, l'UE s'effondre sous le poids de la crise

La crise grecque transforme l'UE et menace sérieusement sa cohésion, analyse le correspondant à Bruxelles Raimund Löw dans l'hebdomadaire de centre-gauche Der Falter : "L'intégration européenne, qui a apporté au continent une résolution pacifique des conflits, l'expansion économique et la suppression des frontières, est soudain responsable de la chute brutale du salaire minimum et de la réduction des retraites. Qui s'étonnera alors que le drapeau de l'UE brûle place Syntagma ? … La construction de l'UE, dans laquelle se trouvent des Etats très riches, fait du bras de fer relatif à l'octroi des fonds de crise un point de conflit entre les peuples. Les Etats-Unis ont une autre manière de gérer la crise : la faillite menace sans cesse. L'Etat fédéral est la meilleure protection dans de telles situations. … Les fonds européens ont épargné à la Grèce la faillite nationale, mais les Grecs ont tout perdu. Si l'on continue dans cette logique, les forces de résistance à l'effondrement de l'Europe perdront rapidement toute consistance." (23.02.2012)

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ÉCONOMIE

Les Echos - France

Peugeot et General Motors se rapprochent

Le constructeur automobile français PSA Peugeot Citroën négocie avec le fabricant de voitures américain General Motors pour forger un partenariat plus étroit, vient-on d'apprendre. Dans sa quête d'un modèle de coopération approprié, Peugeot devrait prendre exemple sur l'alliance entre Renault Nissan et Daimler, préconise le journal économique libéral Les Echos : "L'alliance conclue en 2010 avec l'allemand Daimler ne s'est soldée que par un très faible échange de capital, à peine 3 % de part et d'autre. Les coopérations industrielles qu'elle suscite semblent en revanche très prometteuses, au point que l'on évoque aujourd'hui le lancement d'un prochain modèle haut de gamme du groupe franco-japonais sur une plate-forme Mercedes. De la gigantesque fusion à la coopération ponctuelle, la palette est large. La famille Peugeot, puisque c'est elle qui, in fine, décidera, devra choisir les bonnes couleurs." (23.02.2012)

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Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Les banques suisses auxiliaires du fisc

Le Conseil fédéral suisse a présenté mercredi un document de travail prévoyant de durcir la loi sur le blanchiment d'argent. Cela contraindrait à l'avenir les investisseurs étrangers à confirmer qu'ils se sont bien acquitté de leurs obligations fiscales dans leur pays d'origine. Une telle initiative met les banques au service des autorités fiscales, estime le quotidien libéral-conservateur Neue Zürcher Zeitung : "Le citoyen, innocent jusqu'à preuve du contraire, ne sera dorénavant plus prioritaire. C'est le fisc, alimentant des doutes sur la sincérité fiscale de ce dernier, qui aura le dessus. Il appartenait jusque-là clairement à chaque citoyen et citoyenne, et même aux clients étrangers, de remplir eux-mêmes correctement leur déclaration d'impôts. Si les banques sont en quelque sorte contraintes d'assumer le rôle de shérif-adjoint des autorités fiscales étrangères, cela implique des questions inédites. Une banque peut-elle être poursuivie si un client lui ment ? Jusqu'où pousser le zèle inquisiteur ? Les Suisses devront-ils aussi à l'avenir, pour ouvrir un compte en banque (et par la suite), fournir une attestation fiscale notariée ?" (23.02.2012)

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SOCIÉTÉ

La Vanguardia - Espagne

Les Espagnols aussi pauvres qu'à l'Est

Le Secours catholique espagnol Caritas a présenté mercredi un rapport sur l'augmentation de la pauvreté dans le pays. Environ un cinquième des Espagnols vit en dessous du seuil de pauvreté et un autre quart risque d'y basculer. La politique d'austérité pourrait coûter beaucoup plus à l'Espagne, met en garde le quotidien La Vanguardia : "Le rapport de Caritas sur l'augmentation de la pauvreté en Espagne et le fossé croissant entre riches et pauvres est aussi bouleversant qu'il était prévisible après quatre années de crise grave, au cours de laquelle le taux de chômage a grimpé à 23 pour cent. … L'Espagne est déjà l'un des pays européens avec le taux de pauvreté le plus élevé, avec la Roumanie et la Lettonie. … Les prestations sociales et les investissements destinés à ceux qui sont le plus durement touchés par la crise ont été rognés, car l'Espagne a été contrainte d'assainir son budget. Ces coupes pourraient néanmoins avoir sur la société espagnole des répercussions indésirables qui pourraient nous coûter beaucoup plus cher à long terme." (23.02.2012)

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Trud - Bulgarie

La justice corrompue ne punit pas

En Bulgarie, les automobilistes qui renversent quelqu'un alors qu'ils sont en état d'ébriété, entraînant sa mort, s'en sortent la plupart du temps avec des peines avec sursis, déplorent les proches de victimes d'accidents de la circulation qui se sont adressés mardi au Parlement bulgare. Les députés ont assuré qu'ils allaient modifier la loi mais cela ne changera rien, critique le quotidien Trud : "Une abrogation de la loi pénale aura du mal à satisfaire les proches en deuil car actuellement déjà des sanctions allant jusqu'à 15 ans de rétention pour les meurtriers de la route irresponsables y sont prévues. Elle interdit en outre aux juges d'accepter tout accord avec le parquet 'contraire à la loi et à la morale'. L'amère réalité toutefois, c'est que de nombreux coupables négocient avec la police et le parquet non pas conformément aux articles de loi mais selon les règles du libre marché et ils s'en sortent bien de cette manière. C'est là que se trouve le cœur du problème et non pas dans la loi pénale." (22.02.2012)

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COULEURS LOCALES

Adevărul - Roumanie

Le leader de l'opposition sèche le Parlement

Une étude de l'Institut de politique publique (IPP) présentée mardi révèle l'absentéisme au Parlement des députés roumains entre septembre et décembre 2011. Le leader des libéraux de l'opposition, Crin Antonescu, n'a pas assisté à une seule des 218 délibérations. Il se retrouve ainsi dans le collimateur du quotidien Adevărul : "Depuis quelques années déjà, Crin Antonescu est le premier sur la liste des absents dans les statistiques de l'IPP. On peut même dire qu'il est le grand champion de cette catégorie. … Dans une émission télévisée mardi soir, une jeune député libérale a justifié l'absence de son collègue par la nécessité de ce dernier à rester chez lui élever son enfant. Une autre a pris son congé parental pendant une session parlementaire. Nos meilleurs vœux aux enfants et aux mamans ! On peut toutefois se demander pourquoi les mères étaient présentes dans 30 à 40 pour cent des délibérations, alors que Crin Antonescu n'y a jamais assisté. Qu'a-t-il donc vécu d'exceptionnel ? A-t-il eu un enfant à chaque délibération ? Nous serions ravis de cet exploit héroïque  !" (23.02.2012)

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Hospodářské noviny - République tchèque

Les juges tchèques dépourvus d'humour

L'artiste tchèque Roman Týc doit purger vendredi une peine de détention suite à son refus de payer une amende équivalente à 2.400 euros. Týc et son groupe d'artistes ont dénaturé des dizaines de feux pour piétons, pour la plus grande joie des habitants de Prague. Les petits personnages à l'arrêt ou en marche ont été remplacés par des personnages buvant, urinant ou se promenant avec leur chien. Le quotidien économique Hospodářské noviny estime que les juges ne font preuve d'aucun humour : "Cette action sur les feux tricolores a été l'une des plus réussies de ces dernières années. Týc et ses amis font régulièrement de la provocation et sont vraisemblablement ravis que l'Etat fasse aussi régulièrement de la répression contre leur art. Même si l'on ne partage pas l'avis de Týc, pour qui l'art permet tout, on se demande ce qui est vraiment répréhensible ici. Týc n'est certainement pas un prisonnier politique mais le symbole de la grande bêtise du pouvoir." (22.02.2012)

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