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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 30.03.2012

 

À LA UNE

Grève générale en Espagne

Les syndicats espagnols ont agité la menace de nouvelles mobilisations. (© AP/dapd)

 

Des centaines de milliers d'Espagnols ont protesté jeudi conte la réforme du marché du travail du Premier ministre conservateur Mariano Rajoy en suivant une grève générale de 24 heures. Pour certains commentateurs, le gouvernement espagnol ne fait que suivre ce que d'autres pays ont fait avant lui, tandis que d'autres appellent Rajoy à prendre ses distances des consignes de l'UE.

Der Standard - Autriche

Une réforme nécessaire du marché du travail

Les syndicats espagnols aspirent à une politique dépassée pour le marché du travail, estime le quotidien de centre-gauche Der Standard, qui recommande à l'Espagne et à l'Italie de prendre exemple sur l'Autriche : "Un individu qui perd son emploi ici profitera certes d'une meilleure protection, mais une réglementation telle qu'elle existe en Autriche est une chance pour l'ensemble des salariés - et les obstacles considérables au licenciement que l'on trouve en Italie et en Espagne sont catastrophiques. Le fait que les syndicats voient les choses autrement tient principalement à ce qu'ils ne représentent plus qu'une petite partie des salariés : le groupe privilégié, généralement plus âgé, qui a un emploi et ne doit pas craindre de le perdre. Leur opposition massive, parfois violente, a déjà fait échouer plusieurs réformes du marché du travail. Mais cette fois, l'enjeu est trop important. Si Monti et Rajoy n'imposent pas leurs souhaits plutôt modérés, c'est l'ensemble de la gestion de crise de la zone euro qui vacillera, et la monnaie unique avec elle." (30.03.2012)

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El País - Espagne

Rajoy ne doit pas écouter l'UE

Après la grève générale de jeudi, c'est maintenant l'heure de vérité pour le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy. Celui-ci ne doit pas suivre les contraintes de l'UE et plutôt s'occuper du chômage, conseillent Jonathan Portes et Ana Rincón-Aznar, du National Institute of Economic and Social Research britannique, dans le quotidien de centre-gauche El País : "Peu après les élections en Grande-Bretagne, Mariano Rajoy avait déclaré : 'Le projet de Cameron donne confiance, je ferais la même chose en Espagne.' Mais heureusement pour lui, les élections en Espagne ont eu lieu un an après les nôtres, il a ainsi pu observer la situation, en Espagne comme au Royaume-Uni. … Il doit maintenant se décider. Il peut suivre la voie empruntée par le Premier ministre Cameron, réduire les dépenses de manière drastique pour 'redonner confiance aux marchés' et appliquer en Espagne les conseils peu avisés de la Commission européenne. Il serait pourtant plus indiqué de se concentrer sur le véritable problème de l'Espagne : créer des emplois et rétablir la croissance." (30.03.2012)

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Diário de Notícias - Portugal

Les grèves ne sont pas une solution

Si la grogne grandit face à la politique d'austérité et au chômage élevé, les grèves ne résoudront pourtant pas le problème, estime le quotidien Diário de Notícias : "La participation est proportionnelle à l'ampleur de la crise : en 2012, plus de 600.000 emplois seront supprimés et le taux de chômage dépassera les 24 pour cent, prévoit lui-même le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy. Celui-ci se sent obligé de suivre une politique contestée par les syndicats, qui annoncent déjà de nouvelles mobilisations. Mais les grèves ne résoudront pas la crise. … La pression et certains conflits sont normaux dans une démocratie et ne doivent pas troubler la perception de la réalité. Et cette réalité montre qu'il est devenu indispensable de revenir à des conditions qui soient à la fois économiques et sociales - et pas seulement sur le marché du travail. La politique et les syndicats devraient voir ce défi comme une tâche commune." (30.03.2012)

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Capital - Roumanie

L'Europe de l'Ouest sur la mauvaise voie

En 2011, 840.682 Roumains vivaient en Espagne, constituant ainsi le premier groupe d'immigrés. Vu les manifestations contre la politique de crise du gouvernement espagnol, ceux qui n'ont pas émigré peuvent s'estimer heureux, écrit l'hebdomadaire économique Capital : "La crise a détruit tout ce que les Européens de l'Est pensaient de l'Ouest. Elle a démenti l'idée selon laquelle l'Ouest était le paradis sur Terre. Mais un pays où en 2000, un pauvre immigré pouvait encore acheter une maison criblée d'hypothèques sans avancer d'argent n'était pas sur la bonne voie. … La crise n'a pas forcément démontré que l'Est va dans la mauvaise direction, mais plutôt l'Ouest. … Les habitants des pays pauvres rêvaient que le système capitaliste les enrichisse. Ce n'est maintenant plus le cas. Les Européens de l'Ouest ont sombré dans la pauvreté après avoir simulé la prospérité à grand renfort de crédits. Les Européens de l'Est ont un avantage : ils sont habitués à la pauvreté." (30.03.2012)

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POLITIQUE

Delo - Slovénie

Les BRICS misent sur la coopération

Les chefs d'Etat et de gouvernement des BRICS se sont prononcés pour la création de leur propre banque jeudi, lors de leur sommet à New Delhi. Le quotidien Delo y voit de bonnes intentions dans la collaboration entre BRICS, mais doute de l'efficacité de cette initiative : "On ne peut pas nier que le groupe des BRICS a été créé avec des intentions louables, et même honorables. On doit permettre aux pays en développement et aux peuples qui commencent tout juste à lutter contre la pauvreté dans leur pays de décider eux-mêmes de leur sort. Mais peut-on vraiment affirmer que l'entrée de plusieurs millions de travailleurs bon marché dans le cercle infernal de la mondialisation a atténué les anciennes inégalités, contre lesquelles les pays non alignés avaient déjà uni leurs forces ? Nous n'avons pas encore atteint cet objectif. Depuis que notre planète est plus équilibrée sur le plan économique et politique, chaque pays dispose de son propre Sud (pauvre) et l'inaccessible richesse du Nord plane au-dessus de nous." (30.03.2012)

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De Volkskrant - Pays-Bas

L'Europe ne veut pas voir les réfugiés

Le Conseil de l'Europe a publié jeudi un rapport accusant l'Italie, l'OTAN et la Libye d'être responsables de la mort de 63 réfugiés sur leur embarcation en Méditerranée en mars 2011. L'Europe ne veut pas aider, critique la chroniqueuse Sheila Sitalsing dans le quotidien de centre-gauche De Volkskrant : "Le caractère particulier de cette histoire, c'est qu'elle a pu être documentée. Elle n'a rien d'exceptionnel. En 2011, 1.500 immigrés clandestins ont vraisemblablement péri en Méditerranée. Il faut bien que certains aient été vus. Ce sont les acteurs d'un jeu désespéré. L'Europe ne veut pas et ne peut pas les héberger. Quelques jours seulement après le drame de ce bateau abandonné à lui-même, Berlusconi et Sarkozy se crêpaient le chignon au sujet des nombreux Maghrébins qui affluaient à Paris via la passoire frontalière italienne. Le printemps arabe a été super sur Facebook, mais lorsqu'il a généré des foules de réfugiés en quête eux aussi d'une vie à Berlin et à Amsterdam, la fête a vite été finie." (30.03.2012)

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Dagens Nyheter - Suède

Pas d'armes pour les dictatures

Le ministre suédois de la Défense, Sten Tolgfors, a démissionné jeudi en raison d'une affaire de vente d'armes à l'Arabie Saoudite. Ce départ doit être l'occasion pour le pays de changer ses critères de référence pour les ventes d'armes, exhorte le quotidien libéral Dagens Nyheter : "Deux choses sont apparues clairement ces dernières semaines. Premièrement, la Suède ne doit pas livrer d'armes à des régimes qui violent explicitement les droits de l'homme. Ce sont des agissements erronés qui ne trouvent aucun soutien parmi la population. Il faut donc introduire un critère démocratique. Deuxièmement, il est nécessaire d'établir davantage de transparence et de ménager des possibilités de tirer la sonnette d'alarme. Le système actuel, fonctionnant avec une commission de contrôle des exportations dont les membres peuvent être muselés, est insuffisant. L'ère de Sten Tolgfors au ministère de la Défense est révolue. L'enquête sur l'affaire saoudienne et le débat sur les exportations d'armes de la Suède, par contre, se poursuivent." (30.03.2012)

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Gazeta Wyborcza - Pologne

Un bon compromis sur les retraites en Pologne

La coalition gouvernementale polonaise a conclu mercredi un compromis sur la question des retraites. L'âge de départ à la retraite devrait être de 67 ans pour tous. Hommes et femmes pourront toutefois partir en retraite anticipée, respectivement à l'âge de 65 ans et 62 ans, contre des pensions plus faibles. Le quotidien libéral Gazeta Wyborcza se réjouit de cette solution : "On pourra même associer de telles prestations à des emplois à temps plein. En même temps, le principe selon lequel les retraites seront payées à hauteur de 50 pour cent et non de 80 pour cent, comme le souhaitait le [petit partenaire de coalition] PSL, incitera à travailler vraiment plus longtemps. … Cet accord garantit en outre les intérêts budgétaires : ce que la [caisse de retraite] ZUS dépense aujourd'hui pour les retraites flexibles sera épargné grâce au versement de prestations moins importantes. Cet accord relève de l'essence des compromis : pour les uns, le gouvernement est un nuisible qui contraint les gens à travailler trop. Pour les autres, c'est un conformiste qui édulcore les réformes. S'il est vrai que ce compromis n'est pas un grand bond en avant, c'est toujours un pas dans la bonne direction." (30.03.2012)

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Blog Mädchenmannschaft - Allemagne

Le gouvernement se fiche des femmes

Le parti libéral allemand FDP, membre du gouvernement, a empêché le reclassement des 11.000 employés de la chaîne de drogueries en faillite Schlecker, principalement des femmes. Merdith Haaf s'en indigne dans le blog féministe Mädchenmannschaft : "Il est apparu clairement qu'un minuscule parti (le FDP, quatre pour cent dans tout le pays) a pu s'imposer contre ce qui aurait été juste ou du moins humain. … Une chose est sûre : les femmes ont toujours moins de valeur dans ce pays, et plus elles sont pauvres, plus leur situation est précaire, et plus la coalition au pouvoir s'en fiche. Dans ce pays, la condition des femmes doit manifestement servir aux politiques à affirmer la fidélité à leurs principes. Le FDP n'a pas pu s'imposer sur la question de l'euro, ni sur la moindre mesure de sauvetage coûteuse lancée par le gouvernement fédéral ces trois dernières années. Mais quand il s'agit de sauver quelques milliers de femmes, qui étaient déjà systématiquement exploitées par leur employeur, ce petit parti qui n'intéresse personne parvient à s'imposer." (30.03.2012)

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Népszava - Hongrie

Le plagiat du président Schmitt : un symbole

Suite à des accusations de plagiat, le président hongrois Pál Schmitt a été déchu jeudi de son titre de doctorat par le Sénat de l'Université Semmelweis de Budapest. Le quotidien de gauche Népszava critique Schmitt, qu'il considère comme le symbole du fonctionnement du gouvernement ultraconservateur de Viktor Orbán : "Le docteur Schmitt, petit voleur et président d'une dictature naissante, est un élément indispensable de la domination orbánesque. Le docteur Orbán a depuis longtemps déjà repris à son compte une règle fondamentale des empereurs de l'antiquité : du pain et des jeux pour le peuple. Et s'il n'y a pas des masses de pain, alors autant miser sur les jeux. … Schmitt le voleur est en réalité indispensable. Notamment parce qu'il est sincèrement stupide. Les idioties jaillissent de lui de telle sorte qu'il est fréquemment sous le feu des projecteurs. Au titre de chef de l'Etat, Schmitt le voleur profite aussi beaucoup à l'opposition. Son exemple est en effet révélateur du fonctionnement de la dictature d'Orbán. La soumission au chef garantit la liberté de faire n'importe quoi." (30.03.2012)

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ÉCONOMIE

Les Echos - France

Le caractère symbolique du MES

Le ministre français des Finances, François Baroin, s'est prononcé jeudi pour un accroissement massif de la dotation du fonds de secours de l'euro à 1.000 milliards d'euros, s'associant ainsi à une proposition de l'OCDE. L'Europe doit avant tout miser sur plus de croissance, estime le journal économique Les Echos : "[L]es fonctionnaires qui ont travaillé sur le projet expliquent que le pare-feu ne dépassera jamais les 700 milliards. ... Au fond, peu importe, car il s'agit d'abord d'un symbole. Le but est d'envoyer aux spéculateurs le message que leurs flammes ne viendront pas à bout de l'édifice. ... Mais pendant ce temps-là, les braises continuent de rougeoyer sous la cendre. En ce moment, elles deviennent visibles en Espagne. ... Tous les pompiers le confirmeront : dans une région inflammable, les pare-feu sont précieux. Mais la mesure la plus efficace contre les incendies consiste à éviter leur déclenchement. En Europe, cela signifie renouer avec la croissance." (30.03.2012)

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Financial Times Deutschland - Allemagne

Sortir du nucléaire, une opportunité commerciale

Après la sortie du nucléaire imposée politiquement en Allemagne, les groupes nucléaires RWE et Eon ont abandonné leurs projets internationaux de construction de nouvelles centrales et vendent leur filiale britannique commune Horizon Nuclear Power. Pour le journal économique libéral Financial Times Deutschland, cette décision comporte davantage d'opportunités que de risques : "Elle apporte d'abord à RWE et Eon, deux dinosaures critiqués du nucléaire, un gain de crédibilité dans le tournant énergétique. Les deux entreprises redorent aujourd'hui leur blason, pas seulement comme le fait soi-disant Eon en changeant la couleur du logo. Cette nouvelle priorité donnée aux énergies renouvelables, à la production décentralisée et à l'efficacité énergétique peut s'avérer être un avantage concurrentiel - même en Grande-Bretagne, le pays de l'électricité nucléaire. Car même là-bas apparaissent des projets ambitieux de restructuration du secteur énergétique, en ce qui concerne par exemple la part des énergies renouvelables. Cela pourrait devenir davantage qu'une simple niche pour RWE et Eon." (30.03.2012)

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SOCIÉTÉ

La Repubblica - Italie

La crise pousse les gens au suicide

Le suicide par le feu de deux hommes désespérés a suscité l'indignation en Italie. Mercredi, un petit entrepreneur de 58 ans s'est immolé par le feu dans sa voiture à Bologne, et jeudi, un ouvrier marocain a fait de même en pleine rue à Vérone. Poussés au désespoir par la crise économique, le suicide constitue pour de nombreux individus l'ultime moyen de ne pas perdre sa dignité en plus de son emploi et de sa position sociale, déplore le quotidien de centre-gauche La Repubblica : "Cette vague de suicides est indubitablement un signe de résignation et de solitude, mais pas seulement. C'est une revendication extrême de dignité. Elle rappelle ce concept d'honorabilité bourgeoise qui semblait avoir disparu. Cette ancienne forme de dignité semble être revenue chez les ouvriers qui ont perdu leur emploi, chez les chefs d'entreprise qui se sentent responsables de leurs employés et chez les immigrés qui sont de nouveaux précipités dans l'abîme." (30.03.2012)

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Eesti Päevaleht - Estonie

Repenser la politique des transports à Tallinn

Après que les habitants de Tallin se sont prononcés dimanche dernier dans un référendum pour la gratuité des transports publics, le quotidien libéral Eesti Päevaleht appelle à repenser la politique des transports, qui favorise jusque-là le trafic automobile : "Il faut changer la gestion des transports et améliorer l'accès aux piétons. … Là où il n'y a pas de place dans le centre-ville pour les piétons et les voies réservées aux transports en commun, il faut créer un espace aux dépens du trafic automobile. Comme cela a déjà été fait dans de nombreuses villes, de New York à Helsinki. Ce n'est pas pour embêter les automobilistes mais pour que les utilisateurs des différents modes de transport ne se gênent pas les uns les autres. Si la majorité de ces utilisateurs ont recours à la voiture, de tels travaux ne doivent donc pas les gêner, au contraire : actuellement, beaucoup se déplacent sur les mêmes voies alors qu'un large espace public n'est pas utilisé pour un réaménagement attractif." (30.03.2012)

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