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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 30.05.2012

 

À LA UNE

La présidentielle divise l'Egypte

De nombreux Egyptiens se sentent dépossédés de leur révolution. (© AP/dapd)

 

En Egypte, des milliers de manifestants ont protesté dans la nuit de lundi à mardi contre le résultat du premier tour des élections présidentielles. Au second tour figureront seulement le candidat des Frères musulmans et un homme de confiance de l'ancien président Moubarak. Pour certains analystes, l'élection ne se résume pas à un choix entre Etat policier et théocratie, d'autres en revanche n'ont pas confiance dans l'évolution démocratique du pays.

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Les Egyptiens croient au changement politique

Le résultat déroutant à première vue de la présidentielle est pourtant la preuve de la nouvelle liberté des Egyptiens, analyse le quotidien de centre-gauche Süddeutsche Zeitung : "Il y a aujourd'hui comme une grosse gueule de bois. … Dans le pire des cas, on pourrait dire que cela équivaut à choisir entre l'Etat policier et la théocratie. Beaucoup de gens voulaient autre chose. … Les deux candidats présents au second tour sont l'expression d'une confusion compréhensible dans un paysage politique qui commence juste à se former. Mais cela montre aussi que les individus croient en la possibilité d'une transition politique pacifique. Les candidats promettent déjà des alliances et des concessions politiques. Mais dans l'héritage de la dictature, la défaite politique implique presque toujours l'annihilation physique, la prison, l'exil voire même la mort. Plus que le nom du vainqueur, la question primordiale est de savoir si les Egyptiens se débarrasseront de lui s'il ne leur convient pas. Cette fois-ci sans révolution, dans l'idéal." (30.05.2012)

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Aamulehti - Finlande

L'évolution démocratique en danger

Le premier tour des élections présidentielles a déçu de nombreux Egyptiens, écrit le quotidien libéral Aamulehti, pour lequel l'évolution démocratique du pays est grandement menacée : "Dès le premier tour de la présidentielle, la participation électorale a été nettement en deçà de celle des législatives. C'est révélateur de la déception et de l'évolution démocratique en général, et de la désignation des candidats en particulier. C'est à maints égards un mauvais signe. Si les citoyens se sentent frustrés par le processus démocratique, un nouveau cercle vicieux de la violence pourrait se mettre en place. … Si la confrontation des deux candidats, qui divisent le peuple, mène à de nouveaux affrontements, cela pourrait dans le pire des cas inciter un individu à 'sauver' le pays du chaos en s'accaparant le pouvoir. Ce serait fatal au développement démocratique de l'Egypte et aux combattants de la liberté dans le monde arabe, qui prennent l'Egypte en exemple." (30.05.2012)

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Delfi - Lettonie

Révolution manquée en Egypte

De nombreux Egyptiens ne sont tout simplement pas prêts pour la démocratie, estime le portail en ligne Delfi : "Pour la majorité des activistes qui ont renversé le régime de Hosni Moubarak il y a un an, aucun des deux candidats n'est acceptable. Ahmed Chafik symbolise l'ancien régime, mais les conceptions d'Etat islamiste de Mohammed Morsi ne sont tout simplement pas conciliables avec un ordre démocratique et libéral. … Que reste-t-il aujourd'hui aux révolutionnaires de l'année dernière ? Le mieux est qu'ils comprennent que la majorité de la population n'est malheureusement pas prête pour la démocratie et le libéralisme, et qu'ils attendent de nouvelles élections. L'autre option est une nouvelle révolution qui déstabiliserait un peu plus le pays." (29.05.2012)

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Corriere della Sera - Italie

L'armée a le pays bien en main

Le sort de l'Egypte est surtout entre les mains des généraux, estime le quotidien libéral-conservateur Corriere della Sera : "C'est la junte des 20 généraux qui surveille le scrutin. Elle est menée par le maréchal Tantaoui et tient fermement les rênes du pouvoir depuis le 11 février 2011. … Peu d'Egyptiens pensent qu'elle cédera réellement le pouvoir en juillet, comme elle l'a promis. Ce ne sont que des suppositions, car les généraux parlent peu et peu de choses sont dites à leur sujet. … Un verdict modéré dans le procès Moubarak le 2 juin, une victoire électorale modérée d'Ahmed Chafik, une Constitution avec quelques concessions faites aux révolutionnaires et pour l'essentiel la consolidation de leur pouvoir : voilà vraisemblablement le plan des généraux. Et ils pourraient y parvenir, subrepticement." (30.05.2012)

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POLITIQUE

Le Temps - Suisse

Une intervention militaire trop risquée en Syrie

Après le massacre de Houla, le président français François Hollande n'exclut plus une intervention militaire contre la Syrie. Une initiative pourtant trop risquée, estime le quotidien de centre-gauche Le Temps : "Depuis quinze mois, le monde entier assiste, dépassé, à la gestation d'une guerre civile en Syrie. Le massacre de civils à Houla, dont Damas se disculpe en dépit des évidences, scelle quasi officiellement l'échec du plan de Kofi Annan. ... La voie d'une intervention extérieure appelée à cor et à cri par l'opposition, à l'image de celle de l'OTAN en Libye, reste barrée. Trop risquée: la Syrie est plus densément peuplée que la Libye, et son armée autrement plus redoutable. L'éventualité d'un approvisionnement des rebelles en armes continue de diviser; en rééquilibrant les forces, il précipiterait plus encore le pays dans la violence. ... Aucune solution ne semble pouvoir, aujourd'hui, prémunir la Syrie d'un conflit majeur et durable, porteur de déstabilisations dans toute la sous-région." (30.05.2012)

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Irish Independent - Irlande

Le pacte budgétaire, sujet trop complexe

Les Irlandais votent jeudi sur l'adhésion du pays au pacte budgétaire, mais le sujet est trop complexe pour la majeure partie des citoyens, redoute le quotidien conservateur Irish Independent : "La Constitution irlandaise a une grande valeur, mais son défaut est qu'elle permet à la population de décider de sujets pour lesquels elle n'est pas suffisamment informée et n'est pas en mesure de prendre des décisions avisées. Nous sommes influencés par les émotions et l'humeur générale, mais les faits concrets sont la dernière chose à laquelle nous accordons de l'importance. C'est pourquoi il règne une telle hystérie à l'égard du vote de jeudi, pas seulement en Irlande mais aussi en Europe. Le fait que les autres gouvernements européens ne soumettent pas de tels traités à leurs citoyens pour les voir réduits à néant à cause d'une mauvaise information est révélateur. Résultat : alors que les autres nations de l'UE se basent sur une analyse pondérée, l'Irlande décidera de sa relation future avec l'Europe en fonction de la colère ou de la peur que ressentiront la majorité d'entre nous jeudi. Quel que soit le résultat, c'est un fait regrettable." (30.05.2012)

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Delo - Slovénie

Le Premier ministre slovène dénigre les référendums

Les partis slovènes se sont entendus lundi soir pour rendre plus difficile la tenue de référendums. Ceux-ci ne doivent plus être utilisés abusivement par l'opposition dans un but politique, comme jusqu'à présent. Pourtant, c'est surtout le parti actuellement au gouvernement (SDS) qui en a fait un grand usage, quand il était dans l'opposition, pour faire sauter les réformes des retraites et du marché du travail proposées par les sociaux-démocrates, se souvient le quotidien de centre-gauche Delo : "Le fait est que l'opposition a refusé en masse cette réforme l'année dernière. Le chef du SDS Janez Janša a même déclaré à l'époque qu'il ne voyait aucune raison de changer la loi sur les référendums. Maintenant qu'il est au pouvoir et que les référendums représentent pour lui une menace, il change de discours. C'est le SDS qui dans cette histoire a fait le plus grand saut. Il faut reconnaître aux partis d'opposition de gauche Slovénie positive et aux sociaux-démocrates qu'ils restent sur leur position et ne soulignent pas les avantages de la loi actuelle sur les référendums." (30.05.2012)

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Sme - Slovaquie

Václav Klaus propose un rival pour lui succéder

Le président tchèque sortant Václav Klaus a proposé pour lui succéder en mars prochain son ancien rival, le social-démocrate Miloš Zeman. Ils avaient déjà conclu un pacte en 1998, lorsque Zeman était Premier ministre, et avaient ainsi gravement nuit au pays, écrit le quotidien libéral Sme : "Les deux politiques, autrefois les plus puissants, se sont à l'époque partagé la République tchèque comme l'auraient fait deux parrains de la mafia à Chicago avec leur sphère d'influence criminelle. L'opposition politique et le contrôle du gouvernement par le Parlement ne sont plus devenus qu'une formalité. … Nombre des problèmes actuels de la société tchèque viennent de cette époque, y compris le rejet de l'ensemble de l'élite politique et la montée en puissance de l'extrémisme. Klaus et son compère Zeman se souviennent les larmes aux yeux du système qu'ils ont créé ensemble. Pas étonnant que Klaus propose Zeman aux Tchèques pour lui succéder. Mais cela ferait beaucoup de bien à la République tchèque que les expériences issues de Klaus et Zeman ne soient bientôt plus qu'un souvenir." (30.05.2012)

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ÉCONOMIE

Gazeta Wyborcza - Pologne

Le dollar a fait son temps

Le Japon et la Chine entendent à partir de vendredi effectuer tous leurs échanges uniquement dans leur monnaie nationale et ne plus avoir recours au dollar en tant que monnaie commerciale. C'est ainsi la fin lente mais certaine du dollar en tant que monnaie de réserve, écrit Krzysztof Wańczyk, économiste auprès du prestataire financier international FTS Capital Group, dans une tribune au quotidien libéral Gazeta Wyborcza : "Les deux pays disposent respectivement de la deuxième et de la troisième économie de la planète. Il faut rappeler que jusque-là, 60 pour cent du commerce entre la Chine et le Japon s'effectuait à l'aide du dollar. Cette décision est le signe que le dollar ne cesse de perdre en importance. Les différents pays accélèrent le processus, n'accordant plus au billet vert la même importance qu'autrefois. Ils ne veulent pas que le système financier, qui repose sur celui-ci, s'effondre soudainement. Le dollar cesse lentement d'être la monnaie de réserve et de contrôle." (30.05.2012)

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El Mundo - Espagne

Rajoy fait sauter le chef de la Banque centrale

Le gouverneur de la Banque centrale espagnole, Miguel Ángel Fernández Ordóñez, a annoncé mardi vouloir démissionner dès le 10 juin, soit un mois avant la fin officielle de son mandat. Le Premier ministre Mariano Rajoy du Parti populaire (PP), conservateur, a imposé cette démission pour minimiser le rapport d'Ordóñez peu flatteur pour le gouvernement, estime le quotidien conservateur El Mundo, qui cite d'autres combines : "Quelques heures avant qu'Ordóñez ne jette l'éponge, le PP a recouru à sa majorité absolue pour veiller à ce que le gouverneur de la Banque centrale n'ait pas de comptes à rendre devant le Parlement, mais juste devant une commission confidentielle. … L'incident autour du chef de la Banque centrale est lié à la volonté du PP et du gouvernement de ne pas faire examiner par le Parlement la gestion exécrable de Bankia, qui a mené à sa nationalisation. Le Parti populaire a justement fait supprimer de l'ordre du jour une requête visant à établir une commission d'enquête." (30.05.2012)

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Libération - France

Les limitations de salaires justifiées de Hollande

Après avoir diminué les revenus du gouvernement français de 30 pour cent, François Hollande veut limiter la rémunération des cadres du service public à 20 fois le salaire d'un simple employé. Cette mesure est une réaction cohérente à la crise, salue le quotidien de centre-gauche Libération : "Les esprits chagrins verront dans la création de cette nouvelle norme - une limitation de 1 à 20 des écarts de salaires - un tropisme très français, aussi exotique qu'anachronique, confirmant l'aversion légendaire que ce peuple gaulois aurait pour l'argent et l'entreprise. ... Il faut le dire haut et fort, ces contempteurs se trompent lourdement. L'exhibition d'un symbole de gauche ne fait certes pas nécessairement une politique. Mais la profondeur, la durée et l'intensité de la crise qui frappe la France (et le monde occidental) imposent de nouvelles règles sans lesquelles il serait totalement vain de vouloir 'refaire société'. ... L'exemplarité et l'équité sont devenues des préalables, des conditions sine qua non pour affronter collectivement les temps difficiles." (30.05.2012)

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SOCIÉTÉ

La Stampa - Italie

L'Emilie-Romagne saura se reconstruire

15 personnes au moins sont mortes et 100 environ ont été blessées lors du nouveau séisme qui s'est produit mardi matin dans la région italienne d'Emilie-Romagne, selon les informations des autorités. La reconstruction pourra être effectuée même sans aide extérieure, affirme Alberto Mattioli, écrivain natif de la région, dans le quotidien libéral La Stampa : "Personne ne croit ici à l'Etat, aux aides, au dédommagement, à la reconstruction par les autres, bien que cette région d'Italie donne vraiment bien plus qu'elle ne reçoit, ce qui ne serait donc que justice. Mais tous croient fermement en eux-mêmes. C'est pour l'instant l'heure de la peine, du décompte des morts et des vivants, de ce que l'on a perdu et de ce qui reste. Mais donnez-nous du temps - peu à mon avis - et nous reconstruirons tout." (30.05.2012)

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Népszabadság - Hongrie

La pauvreté est héréditaire en Hongrie

D'après le dernier rapport de l'Unicef, près d'un tiers des enfants hongrois vivent dans la pauvreté. Le quotidien de centre-gauche Népszabadság attire l'attention sur le fait que les habitants de certaines régions de Hongrie, notamment au nord-est du pays, sont condamnés à la pauvreté : "Si un enfant hongrois ne naît pas au bon endroit dans ce pays, il n'a pas grand-chose à attendre de la vie. S'il voit le jour dans la région de Borsod-Abaúj-Zemplén, au nord-est du pays, son espérance de vie sera en moyenne 20 à 30 ans inférieure à celle des autres Hongrois. Et que fait le gouvernement ultraconservateur de Viktor Orbán contre cela ? Pas grand-chose. Au contraire. Pendant que les députés du parti minoritaire de la coalition gouvernementale, le Parti populaire chrétien-démocrate (KDNP), se plaignent de leur 'faible' rétribution parlementaire de 750.000 forints [environ 2.500 euros], ils réduisent l'aide sociale destinée aux chômeurs de longue durée de 28.500 à 22.800 forints [de 95 à 75 euros environ]. C'est avec cette somme que les pauvres parmi les pauvres sont censés survivre. Un destin similaire à celui de leurs parents attend les enfants qui grandissent dans de telles conditions." (30.05.2012)

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COULEURS LOCALES

News.bg - Bulgarie

Le déshonneur d'une culotte en bronze

Une statue du héros mythique Prométhée, érigée début mai devant le Parlement à Skopje pour embellir le centre-ville, a été recouverte lundi d'un cache-sexe en bronze. C'est une insulte aux Macédoniens, qui se considèrent comme un peuple antique, ironise le professeur d'histoire Bojidar Dimitrov sur le portail d'information news.bg : "Les héros de l'antiquité ont toujours été représentés nus, y compris les macédoniens. C'est pourquoi il faut voir cette culotte en bronze comme une atteinte sérieuse à l'identité nationale macédonienne. En tant qu'amis et voisins des Macédoniens en tout cas, nous ne trouvons pas ça normal - une identité macédonienne en slip. … Je propose donc de retirer sa culotte à Prométhée pour que son honneur macédonien, même s'il est petit (j'imagine qu'il est petit), puisse de nouveau briller dans toute sa splendeur." (29.05.2012)

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SPORT

De Volkskrant - Pays-Bas

L'Euro de foot aussi ennuyeux que l'Europe

L'Euro de football en Ukraine et en Pologne révélera les crispations européennes, car le football est le miroir de la société, estime le philosophe Hans Schnitzler dans sa chronique pour le quotidien de centre-gauche De Volkskrant : "Lors de la Coupe du monde en Afrique du Sud, l'esprit du temps avait déjà pu s'exprimer dans le football. Avec un football agressif, crispé et réactif, voulant seulement éliminer l'adversaire, à la manière du [parti populiste d'extrême droite] PVV, les Pays-Bas avaient atteint la finale. Van Bommel et consorts s'étaient figés dans leur manque de style. … L'absence d'un style footballistique susceptible de distinguer une équipe par rapport aux autres concerne toutes les puissances du foot européen. Un esprit du temps qui nivelle par le bas s'est emparé de l'âme footballistique européenne. L'Occident est par ailleurs éreinté et confus, sa vision du monde marquée par l'inertie et la crainte. Il n'y a pas de perspectives enthousiasmantes. L'obsession de la sécurité et de la santé et les excès d'une mentalité de petit comptable : voilà ce qui reste quand on veut oublier l'histoire. Je vous souhaite un championnat d'Europe agréable et ennuyeux à mourir." (30.05.2012)

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