El País - Espagne | mercredi, 16. juillet 2008
Un avion sans piste d'aterrissage
Le sociologue allemand Ulrich Beck commente dans le quotidien El País les débats sur un retour à l'énergie nucléaire : "Une satyre à la fois amusante et terrible vient de commencer. Sa thèse est la suivante : les catastrophes climatiques et les crises pétrolières font disparaître les dangers de l'énergie nucléaire. … Les acteurs devant garantir la sécurité et la rationalité (Etat, science, industrie) jouent désormais un rôle très ambivalent. Ce ne sont plus des gardiens mais plutôt des suspects ; ils ne sont plus des gestionnaires du risque mais responsables de celui-ci. Ils exigent de la population qu'elle monte dans un avion pour lequel il n'existe pas encore de piste d'atterrissage. … Qu'arriverait-il si la radioactivité provoquait des démangeaisons ? … Des explications seraient certainement rapidement avancées pour designer des causes autres que le nucléaire à ces irritations cutanées. Nous pouvons supposer que ce type d'explications n'aurait que peu de chances de se maintenir si les gens … en venaient à se gratter en permanence. La politique et la société se trouveraient alors dans un rapport totalement nouveau face aux risques modernes importants. Et plus tard, nous nous rendrions compte en termes culturels de ce sur quoi nous sommes en train de discuter et de débattre."
» article intégral (lien externe, espagnol)
Pour en savoir plus sur les thèmes de la revue de presse » Santé, » Environnement, » Énergie, » Mouvements Sociaux, » Europe, » USA, » Mondial
Tous les textes disponibles de » Ulrich Beck
» Ensemble de la revue de presse de mercredi, 16. juillet 2008