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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 10.10.2006

 

À LA UNE

Quelle stratégie européenne face à la Russie ?

L'assassinat à Moscou de la journaliste russe Anna Politkovskaïa montre une nouvelle fois à quel point la liberté de la presse et les droits de l'Homme sont malmenés par la Russie de Vladimir Poutine. Le président russe rend visite ce mardi 10 octobre à la chancelière allemande Angela Merkel. L'Europe doit-elle reconsidérer ses relations avec la Russie ? » suite

Extraits des publications suivantes:
El País - Espagne, Der Standard - Autriche, Le Soir - Belgique, Svenska Dagbladet - Suède, Postimees - Estonie, Die Welt - Allemagne

El País - Espagne

Le journaliste et essayiste espagnol Josep Ramoneda déplore la mansuétude affichée par les puissances occidentales à l'égard de Moscou. "Après l'assassinat de Politkovskaïa, est-ce que tout va continuer de la même façon ? Je crains que ce soit le cas, et que les choses n'iront pas plus loin que les protestations diplomatiques rituelles et les déclarations de confiance envers la justice russe. Du pur sarcasme. Pourquoi une telle peur de Poutine ? La raison a priori objective que m'ont donnée en privé des dirigeants de la droite et de la gauche européennes est la peur de la Russie. L'Union soviétique était une bombe à retardement dont l'explosion aurait pu faire sauter le monde entier. Poutine a été capable de mettre de l'ordre et d'éviter le chaos. Nos dirigeants démocrates ne voient pas d'un mauvais oeil les dirigeants autoritaires lorsqu'il s'agit de résoudre des conflits sur des territoires étrangers." (10.10.2006)

Der Standard - Autriche

Dans un texte diffusé par l'association Project Syndicate et repris par différents journaux européens, la politologue Nina Khrouchtcheva appelle l'Occident à ne plus se contenter de regarder les bras croisés comment le président Poutine "ramène la Russie au pays des ombres". "Le meurtre d'Anna Politkovskaïa, l'une des meilleures et des plus courageuses journalistes de Russie, une femme qui a osé mettre à jour les assassinats brutaux commis par les troupes russes en Tchétchénie, est l'ultime preuve que le président Poutine n'a rien créé d'autre qu'une dictature banale, faisant preuve d'un ordinaire mépris à l'égard de la loi. Il est temps pour le reste du monde de le reconnaître, particulièrement pour l'Europe. Le ministère allemand des Affaires étrangères prépare une politique russe qui élève au rang d'intérêt national l'indifférence face au mépris de la loi manifesté par Poutine. Mais l'indifférence confine à la complaisance lorsqu'elle encourage Poutine à appliquer ses méthodes hors-la-loi dans l'arène internationale (...)". (10.10.2006)

Le Soir - Belgique

Un groupe de quatre chercheurs et journalistes belges appelle les dirigeants européens à faire preuve d'une plus grande fermeté avec la Russie. "Dictée par des intérêts géopolitiques et économiques à courte vue, la politique européenne vis-à-vis de la Russie disparaît au profit d'une diplomatie unilatérale de ses membres. Atone et affaiblie, l'Union conforte le président Vladimir Poutine dans la consolidation de son système, et, ce faisant, rend plus difficile encore le rétablissement en Russie des règles fondamentales de la démocratie. L'assassinat d'Anna Politkovskaïa montre à quel point l'indifférence, mêlée de Realpolitik, de la part des chancelleries européennes s'apparente à de la complicité (...) Nous demandons à nos dirigeants de tenir avec leurs homologues russes des paroles de fermeté et de vérité, afin de mettre un terme à cette impunité". (10.10.2006)

Svenska Dagbladet - Suède

Après l'assassinat de la journaliste russe Anna Politkovskaïa, il convient que l'Occident, et plus particulièrement l'UE, reconsidèrent leurs rapports avec la Russie, estime Anna Jonsson, spécialiste des questions russes. "Les valeurs telles que les droits de l'Homme, la démocratie et la liberté d'expression, ont trop souvent été reléguées derrière des objectifs plus pragmatiques. Accepter la Russie telle qu'elle est aujourd'hui revient à balayer les valeurs sur lesquelles reposent nos sociétés libres - et donc à nous perdre. Par ailleurs, cela nous amène à trahir les gens qui, en Russie, se battent pour l'ouverture, le respect du droit et la tolérance, ces hommes et ces femmes qui refusent de se soumettre à l'autocensure et, de ce fait, risquent leur vie. Anna Politkovskaïa n'était pas naïve. Elle savait que ses articles ne changeraient pas les rapports que le monde entretient avec la Russie. C'est pourtant ce qu'ils auraient dû faire". (10.10.2006)

Postimees - Estonie

Pour Erkki Bahovski, la liberté de la presse ne veut plus dire grand chose en Russie, comme les concepts de 'Constitution' ou de 'démocratie' sous l'ère soviétique. "L'Occident doit comprendre une fois pour toutes qu'il ne peut adopter avec la Russie une politique du deux poids deux mesures, en commerçant avec Moscou tout en critiquant à demi-mot les atteintes aux droits de l'Homme et à la liberté d'expression. Même si la plupart des pays européens sont dépendants de l'énergie russe, l'UE doit parler sans détours à Moscou. Après tout, la Russie a besoin de l'Europe et ne pourra pas changer de client du jour au lendemain. Lorsque l'Allemagne prendra la présidence de l'UE l'année prochaine, le rapprochement russo-européen sera à l'ordre du jour, mais pas la question des droits de l'Homme. Pourquoi ?" (10.10.2006)

Die Welt - Allemagne

Le journal reproduit un texte d'Anne Applebaum, chroniqueuse du 'Washington Post', qui porte sur l'assassinat d'Anna Politkovskaïa. "Les hommes d'affaires locaux n'avaient aucune raison de la tuer. L'armée, la police, et même le Kremlin avaient en revanche un mobile (...). L'histoire de la Russie et de l'Europe de l'Est montre qu'il n'est pas nécessaire de tuer des millions de gens pour semer la peur. D'ordinaire, quelques assassinats ciblés, perpétrés au moment opportun et au bon endroit, suffisent. Depuis l'incarcération du magnat du pétrole Mikhaïl Khodorkovski en 2003, aucun oligarque russe n'a osé montrer de signe d'insoumission, ne serait-ce que politique. Après l'assassinat d'Anna Politkovskaïa, il est peu probable qu'un journaliste ait l'audace de marcher sur ses traces à Grozny". (10.10.2006)

RÉFLEXIONS

Hospodářské noviny - République tchèque

Bronislaw Geremek et le malaise de l'Europe de l'Est

Pour l'historien Bronislaw Geremek, ex-ministre polonais des Affaires étrangères, chacun des quatre pays du groupe de Visegrad (la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie et la Hongrie) traverse une crise politique. Il explique dans une interview conduite par Martin Ehl que "l'Europe regarde l'Est avec une grande inquiétude. Nos pays sont en train de perdre la renommée qu'ils avaient acquise dans leur combat pour la liberté. J'espère que cette crise n'est que passagère. Il ne s'agit pas d'une crise économique mais d'une crise politique dans un environnement politique fragile". Pour Bronislaw Geremek, la situation actuelle ne doit pas être interprétée comme une forme de gueule de bois consécutive à l'entrée dans l'UE. "Notre adhésion a été une réussite, pour nous comme pour l'UE. Cependant nous avons le sentiment que les Européens ne nous comprennent pas. Nous voyons bien qu'ils cherchent à prendre leurs distances (...). Nos détracteurs prétendent que nous avons un penchant pour l'anarchie slave. J'espère que cette tendance ne durera pas". (10.10.2006)

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Le Temps - Suisse

Christophe Solioz et le statut du Kosovo

Alors que les discussions sur le statut du Kosovo entrent dans une phase cruciale, Christophe Solioz, directeur exécutif du Center for European Integration Strategies (CEIS), juge que "le moment est venu de chercher une solution originale et innovante : décréter le Kosovo région européenne. Une telle entité - basée sur la législation de l'UE, bénéficiant d'un statut de partenaire du Conseil de l'Europe et de l'UE - serait en droit de délivrer ses propres passeports, d'adopter l'euro comme monnaie, d'avoir un drapeau et un hymne. Une telle approche constituerait un réel compromis : les aspirations des Kosovars seraient globalement prises en compte et le découplage des notions d'Etat, de souveraineté et de nation ménagerait quelque peu les susceptibilités belgradoises. Un nationalisme fleurant bon le XIXe ferait place à une approche régionale dynamique qui prendrait place dans un processus d'intégration européenne à confirmer." (10.10.2006)

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Open Democracy - Royaume-Uni

Anthony Barnett pour un débat européen nationalisé

"Existe-t-il une Europe qui vit et qui respire ? Une Europe qui va au-delà d'un simple idéal abstrait ?", se demande Anthony Barnett, rédacteur en chef et cofondateur de la publication en ligne 'openDemocracy'. "La tenue à Bruxelles les 7 et 8 octobre des Consultations citoyennes européennes (EEC) peut être la première étape d'une dynamique européenne différente. De ce que doit être l'Europe. (...) Les organisateurs pensent que les discussions qui comptent pour le futur de l'Europe ne sont pas celles qui se déroulent à Bruxelles mais celles qui ont lieu dans les différentes nations. Selon cette approche, l'Europe ne retrouvera de la vie qu'avec la nationalisation du débat européen. (...) Les participants sont des citoyens lambdas, et non des spécialistes ou des partisans qui ont tendance à monopoliser le débat au détriment des autres. Et les réunions au niveau national devraient constituer un apport encore plus profond et plus représentatif". (10.10.2006)

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POLITIQUE

The Independent - Royaume-Uni

Pourquoi l'Europe dérive à droite

L'éditorialiste Mary Dejevsky relève que "nous avons eu [en Europe] trois élections dont le principal bénéficiaire a été l'extrême droite". Faisant référence à la Belgique, l'Autriche et la Suède, elle note que le "rejet d'un statu quo centriste s'est exprimé par un virage très net à droite. (...) Voilà trois élections dont les résultats ont été sensiblement différents mais qui ont un point commun : les partis d'extrême droite ont été les grands gagnants. Et, pour éviter toute confusion, il faut bien dire que leur succès provient d'une seule chose, leur hostilité envers l'immigration. (...) On peut se consoler en se disant que l'extrême droite reste à la marge et que les systèmes démocratiques européens ont jusque-là été capables de faire avec. Il y a pourtant un message inquiétant. C'est que les questions de l'immigration, de l'islam et des différences culturelles sont celles sur lesquelles les électeurs se décideront, même s'ils s'en défendent auprès des sondeurs." (10.10.2006)

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ÉCONOMIE

La Tribune - France

La démission du président d'Airbus

L'éditorialiste Pascal Aubert revient sur la démission, lundi 9 octobre, de Christian Streiff, qui avait pris il y a trois mois seulement la présidence d'Airbus. "La thérapie de choc qu'il proposait pour remettre le constructeur aéronautique sur pied était rude mais, dans le fond, guère différente de celles qu'il est d'usage de prescrire aux entreprises malades. A cette différence notable qu'Airbus est avant tout une création politique née de la volonté de deux pays [la France et l'Allemagne] de se doter d'une industrie aéronautique civile face à un risque d'hégémonie américaine. Et, pour cette raison, tout remède visant à sortir Airbus de ses difficultés se devait de prendre en compte cette dimension particulière. En prétendant faire abstraction de l'identité génétique de son entreprise, le président démissionnaire d'Airbus a commis une erreur de pilotage fatale." (10.10.2006)

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Der Tagesspiegel - Allemagne

Le gouvernement allemand entrera-t-il dans le capital d'EADS ?

Le gouvernement allemand tente d'établir un plan secret pour sortir le groupe aéronautique franco-allemand EADS de la crise. D'après le journal, le groupe bancaire KFW est chargé d'étudier la possibilité d'un rachat d'actions limité dans le temps. Ursula Weidenfeld commente. "Par le passé, l'Etat ne s'est pas montré particulièrement efficace dans les rôles d'entrepreneur et d'actionnaire. Les entreprises d'Etat ou celles ayant bénéficié de l'aide de l'Etat se sont rarement remises aussi vite qu'on l'espérait. Le fait qu'après l'Etat français, l'Etat allemand s'immisce à tour dans les affaires industrielles ne devrait pas faire le bonheur d'Airbus non plus (...). La meilleure solution serait encore que les actions, qui appartiennent actuellement à Daimler-Chrysler soient reprises par un nouvel actionnaire éloigné des enjeux politiques, qui assainirait l'ensemble de l'entreprise". (10.10.2006)

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CULTURE

Dagbladet Information - Danemark

Un nouveau programme d'aide au cinéma danois

Le ministre danois de la Culture, Brian Mikkelsen, vient de présenter son programme d'aide à la production cinématographique. Seront soutenus en priorité au cours des quatre années à venir les projets s'adressant à un large public. Le critique de cinéma Christian Monggard est inquiet. "Au lieu de soutenir le cinéma grand public, il conviendrait plutôt d'encourager la créativité et la volonté artistique des cinéastes. Les premiers films d'un réalisateur novateur comme Lars von Trier n'ont pas rencontré de succès public. Pourtant, peu à peu, il a trouvé un style et un ton qui lui ont permis de s'adresser à un public plus large. En réformant le système d'aide à la production cinématographique, on risque de réduire les moyens des cinéastes qui cherchent à ouvrir de nouvelles voies". (10.10.2006)

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La Libre Belgique - Belgique

La Louvière expose l'art des affichistes cubains

"Pourquoi l'art des affiches des pays communistes a-t-il si souvent marqué les consciences", s'interroge Roger Pierre Turine, qui s'est rendu au Centre de la Gravure et de l'Image imprimée de La Louvière. "La propagande n'est pas en soi une marque de valeur. Et pourtant ! L'exposition cubaine en cours à la Louvière nous dévoile un choix de 130 images sur le demi-millier que compte la collection réunie par le Liégeois José Lambert. Entamée en 1995 à la faveur d'une opportunité exceptionnelle, elle rassemble de passionnants feuillets des meilleurs affichistes de l'ère Castro. (...) A Cuba, on sut y faire avec un talent fou ! Très diversifiés, les styles en présence éclatent de bonheurs chromatiques, jouent avec lignes et contrastes, donnent des films qu'ils supportent une idée subtilement convaincante. Or, n'est-ce pas là, exactement, ce que l'on attend d'une affiche, quelle qu'elle soit ?" (10.10.2006)

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Woxx - Luxembourg

Le triste héritage de Solidarnosc

Luc Caregari s'intéresse à une installation de deux artistes d'origine polonaise, Lidia Marciewicz et son fils Filipe, proposée par le kiosque MPK, un espace culturel situé dans le coeur de Luxembourg. "Les peintures de Lidia Marciewicz donnent à voir des symboles détournés du syndicat polonais contestataire Solidarnosc dans lequel elle s'était engagée à l'époque, ce qui a amené la famille à s'exiler au Luxembourg. Le fils reprend le fil de cette saga en montrant l'érosion de ce mouvement politique. La solidarité tant acclamée est devenue une coquille vide après la chute définitive du communisme. Filipe Marciewicz montre les symboles Solidarnosc en tant qu'objets pop art : lisses et vidés de tout contenu. Le capitalisme occidental a détruit la contre-culture comme un raz-de-marée, ce qui reste sont les 'veaux dorés' - symbolisés ici par une vieille Fiat repeinte en or." (06.10.2006)

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COULEURS LOCALES

Pravda - Slovaquie

Le tramway Vienne-Bratislava réhabilité ?

Entre 1914 et 1938, une ligne de tramway reliait Vienne à la ville slovaque de Presbourg (devenue Bratislava). Pour les Autrichiens et les Slovaques, ce tramway symbolise le "bon vieux temps", explique Radovan Krcmarik. "Depuis 1989, certaines voix ont appelé à la réhabilitation de la célèbre ligne de tram. Mais du côté slovaque, la présence d'une autoroute et de stations de captage d'eau potable rendait le projet irréalisable. Aujourd'hui, il est question d'étendre le réseau de transports de proximité de Bratislava à Wolfsthal, sur la frontière autrichienne, d'où il serait possible de prendre un train direct pour Vienne. L'entrée de la Slovaquie dans l'espace Schengen est cependant un préalable impératif afin de supprimer les contrôles enquiquinants à la frontière". (10.10.2006)

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