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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 07.11.2007

 

À LA UNE

La politique d'élargissement de l'UE au point mort

La politique d'élargissement de l'UE au point mort

 

Mardi 6 novembre, le commissaire européen à l'Elargissement Olli Rehn a présenté son rapport annuel de suivi des pays candidats à l'adhésion. S'il fait l'éloge de la Croatie, ce rapport blâme la Turquie et le reste des pays de l'Ouest des Balkans. » suite

Extraits des publications suivantes:
Süddeutsche Zeitung - Allemagne, Der Standard - Autriche, Delo - Slovénie, The Independent - Royaume-Uni

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

"L'UE a détruit les espoirs d'une grande partie des population des Balkans qui comptaient sur une adhésion prochaine," écrit le journal à propos du "bilan impitoyable" dressé par la Commission européenne dans son dernier rapport. "Ce mauvais résultat trouve surtout sa source dans le conflit autour de l'avenir de la province serbe du Kosovo, qui paralyse toute la région. (...) Mais l'Europe ne devrait pas se laisser démoraliser par ces échecs. La perspective d'une intégration à l'UE est suffisamment stimulante pour inciter les pays des Balkans à préserver la paix et à mener les réformes nécessaires. La Croatie prouve bien que des progrès sont possibles. Les pressions exercées depuis plusieurs années par Bruxelles ont poussé le gouvernement à éloigner les nationalistes les plus radicaux de l'appareil de sécurité et à collaborer avec le Tribunal pénal international de la Haye. L'UE tente désormais d'appliquer la même stratégie avec la Serbie." (07.11.2007)

Der Standard - Autriche

Adelheid Wölf se penche sur les "mauvaises notes" attribuées par l'UE aux pays des Balkans. "L'Union européenne a rendu des rapports de suivi assez critiques sur certains pays de l'Ouest des Balkans. (...) La Macédoine, la Serbie et la Bosnie sont paralysées par la crise non résolue du statut du Kosovo. En effet, les critères ethniques freinent toujours la construction d'une identité politique dans ces pays, et le débat sur le Kosovo accentue encore cette 'ethnicisation'. C'est pourquoi les réformes sont à la traîne. Seule la Croatie a réussi à s'affranchir de ce complexe de l'après-guerre, bien que la situation des minorités ne soit pas non plus toute rose dans ce pays, qui embellit son propre passé." (07.11.2007)

Delo - Slovénie

Selon Bozo Masanovic, le rapport de l'UE révèle une certaine lassitude vis-à-vis de l'élargissement. "Bien que l'UE soit prête à ouvrir en grand les portes de Bruxelles si les candidats remplissent les conditions d'adhésion, il semble que la communauté mette de moins en moins d'ardeur dans la poursuite de l'élargissement. Et ce même si les pays membres ont conscience de l'importance d'un élargissement aux pays de l'Ouest des Balkans afin de stabiliser politiquement le point le plus chaud d'Europe. Jusqu'à présent, ce manque d'enthousiasme a été présenté comme étant la cause du ralentissement du processus d'élargissement. Et les problèmes posés par les Roumains en Italie ne vont certainement pas inciter les politiciens et l'opinion publique européenne à accueillir de nouveaux membres." (07.11.2007)

The Independent - Royaume-Uni

La dernière évaluation de la candidature d'adhésion de la Turquie à l'UE affirme que le pays a fait des progrès limités en matière de réformes. C'est une vision "paternaliste et inopportune", estime le quotidien. "Le pays reste hanté par la sombre présence de l'armée à l'arrière-plan et par la résurgence du terrorisme kurde au premier plan. Mais c'est précisément pour ces raisons que ce rapport paternaliste façon maître d'école est si déplacé. Quels que soient les critères adoptés, les progrès turcs sont réellement remarquables, en matière de réformes économiques comme de libéralisation ou d'efforts pour un meilleur traitement de la minorité kurde (...). Le Premier ministre turc a besoin de notre soutien dans ce moment difficile. Le vrai problème est que l'UE manifeste elle-même moins d'enthousiasme pour l'entrée de la Turquie dans l'UE. (...) Reprocher à la Turquie son rythme de réformes et sa réticence à abandonner le nord de Chypre sans un accord est devenu un prétexte pour remettre toute l'affaire aux calendes grecques." (07.11.2007)

RÉFLEXIONS

La Vanguardia - Espagne

Tahar Ben Jelloun et "l'instinct de mort" des kamikazes

L'écrivain franco-marocain Tahar Ben Jelloun revient sur le verdict rendu la semaine dernière par la justice espagnole dans le procès des attentats du 11 mars 2004 à Madrid. "Ceux qui se préparent pour exécuter des missions suicides et surtout meurtrières sont au-delà de tout ce qui a été dit dans ce tribunal. A la limite, ils ne reconnaissent même pas ces condamnés. Ce ne sont pas leurs frères de lutte. Ce sont des criminels parce qu'ils ont été pris. Ils ont perdu le précieux instinct de mort et sont redevenus des gens 'normaux'. La preuve, aucun ne s'est donné la mort en prison, et certains ont versé des larmes parce qu'ils ne comprennent pas ce qui leur arrive. L'instinct de mort ne supporte pas la défaite, le doute, la faillite. Il doit être réservé à des hommes supérieurs, pas à n'importe quel voyou. Il faut le mériter et aller jusqu'au bout de cette logique infernale qui consume tout ce qu'elle touche." (07.11.2007)

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România Liberă - Roumanie

Cristian Campeanu évoque l'échec du multiculturalisme

Suite au meurtre d'une Italienne par un Roumain d'origine Rom, l'Italie et la Roumanie débattent des questions d'immigration et d'expulsion. Pour le journaliste roumain Cristian Campeanu, cette affaire rappelle le débat qui a suivi le meurtre du réalisateur néerlandais Theo van Gogh en 2004. "Le meurtre de Theo Van Gogh a suscité aux Pays-Bas et dans toute l'Europe un débat sur les limites du multiculturalisme. Le multiculturalisme est une théorie selon laquelle toutes les cultures d'une société - sans considération d'ethnie, de langue, de religion - possèdent les mêmes droits. (...) En d'autres termes, il n'existe pas de valeurs universelles : elles sont définies par la culture, la race ou l'ethnie et ne peuvent être imposées par l'extérieur (...). Cette idéologie a des conséquences funestes : elle rend impossible le dialogue entre les cultures. Nous vivons côte à côte dans des mondes parallèles, avec des règles parallèles. Les minorités se réfugient dans des ghettos et la 'tolérance' est généralement synonyme d'ignorance mutuelle. Les problèmes surgissent dès lors que les frontières sont transgressées et que ces mondes parallèles se heurtent les uns aux autres. C'est ce qui s'est produit avec le meurtre de Theo van Gogh par un islamiste, à la suite de quoi des mosquées ont été incendiées. Et c'est ce qui se produit en ce moment, le meurtre d'une femme par un Rom ayant incité les Italiens à commencer à expulser les Roumains. Nous avons soudainement oublié que nous sommes des Européens cultivés et multiculturels." (07.11.2007)

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Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Reinhard Meier et la persistance du mythe de Lénine en Russie

Quatre-vingt dix ans après le début de la Révolution russe, le journaliste suisse Reinhard Meier estime que "rien ne symbolise mieux l'ambivalence de la Russie post-soviétique envers son passé soviétique que le fait que le corps embaumé de Lénine, père de la révolution, soit encore exposé sur la Place Rouge dans un mausolée de marbre qui tient lieu de sanctuaire national. Boris Eltsine, en tant que premier président élu démocratiquement en Russie, avait parfois évoqué la possibilité de porter enfin en terre l'illustre cadavre - comme Khrouchtchev en son temps qui avait fait retirer le corps de Staline du mausolée par une nuit brumeuse pour l'inhumer près du mur du Kremlin. Eltsine n'a pas eu le courage de briser le mythe Lénine, une initiative qui n'aurait pas été dénuée de risques mais qui aurait eu une valeur symbolique significative. Le président Poutine dispose sans aucun doute du pouvoir et du soutien populaire nécessaire pour prendre clairement ses distances avec l'héritage de la Révolution d'octobre. Mais ce n'est manifestement pas son intention." (07.11.2007)

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POLITIQUE

Die Welt - Allemagne

La vie privée des autres menacée en Allemagne

Thorsten Jungholt n'est pas totalement convaincu par le projet de loi du gouvernement sur la sauvegarde des données téléphoniques par les services de renseignement. "Tandis que les députés, les membres du clergé et les avocats spécialisés en droit pénal sont épargnés par les mesures de surveillance, les téléphones des médecins, des journalistes et des avocats peuvent être mis sur écoute. (...) Ces interventions doivent être soigneusement justifiées. Le projet de loi du gouvernement laisse parfois à désirer à cet égard. D'une part, il crée sans raison une division au sein de la société sur la base du secret professionnel. D'autre part, il élargit la rétention de données sous le couvert de l'application d'une directive européenne. Toutefois, une plainte a déjà été déposée contre cette directive devant la Cour européenne de justice. Pourquoi ne pas attendre que la Cour rende sa décision ?" (07.11.2007)

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The Guardian - Royaume-Uni

La stratégie de la peur du gouvernement britannique

Au lendemain du discours annuel de la Reine, qui donne les grandes lignes de l'agenda gouvernemental, Simon Jenkins critique les dirigeants du Royaume-Uni. "Voilà un gouvernement impopulaire et en difficulté sur la question du terrorisme. Les défenseurs des libertés civiles s'insurgent. Le chef du gouvernement [Gordon Brown] repousse les élections et arrête arbitrairement toute personne qui lui semble représenter un danger pour l'Etat. Il amadoue les militaires en leur promettant davantage d'armes nucléaires. Il annonce des changements dans la Constitution sans consultation préalable, il impose une gestion centralisée aux régions dissidentes et allonge la durée de détention sans procès. Pour adoucir l'opinion publique, il pousse même son chef de la sécurité à faire un discours à vous figer d'effroi dans lequel les enfants sont décrits comme des kamikazes potentiels. (...) Miser sur la peur comme tactique politique peut certes permettre de gagner quelques gros titres dans les journaux mais c'est une stratégie stupide. Cela pourrait consolider une nouvelle proposition de loi anti-terroriste, évoquée dans le discours de la reine, une loi [pour allonger le temps de garde à vue] sans doute voulue par le MI5 [les services de renseignement britanniques]. Mais cela ne peut que nuire à la liberté au Royaume-Uni à long terme." (07.11.2007)

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CULTURE

Ta Nea - Grèce

Le nouveau musée de l'Acropole a-t-il tous les droits ?

La direction du nouveau musée de l'Acropole, qui doit ouvrir ses portes d'ici la fin de l'année 2008 à Athènes, a demandé la destruction dans le centre d'Athènes d'un bâtiment Art déco et celle d'un autre immeuble appartenant au compositeur grec Vangelis au motif qu'ils gênent la vue. L'écrivain grec Takis Theodoropoulos ne cache pas sa colère. "La modernité ne peut pas être entachée d'obstacles. Ces deux maisons gâchent la vue du futur restaurant du nouveau musée. Il faudrait alors, selon la conception du ministère de la Culture, rayer une partie de notre histoire contemporaine pour laisser place au design de Bernard Tschumi [architecte du musée] et faire plaisir au touriste japonais. Et dire que ce musée a été construit pour mettre en valeur l'Antiquité! Et puisque la modernité peut tout faire, on pourrait aussi déplacer le Parthénon de quelques mètres..." (04.11.2007)

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Corriere della Sera - Italie

L'art contemporain n'intéresse pas les Italiens

"L'Italie est passéiste et ignore l'art contemporain", déplore Monique Veaute, nouvelle directrice du Palazzo Grassi de Venise, propriété de l'industriel français François Pinault. "Nous sommes un pays sans leadership même dans le domaine de l'art. (...) Il est clair que la conservation du patrimoine artistique est fondamentale. Mais on ne peut plus ignorer la contemporanéité. L'Italie se complait dans la glorification de son passé artistique. Elle n'expose pas ses artistes actuels qui doivent se rendre à Paris ou à New York pour se faire connaître (...). L'Italie d'aujourd'hui traverse une série de crises d'identité : outre la crise politique, elle vit une crise artistique où les galeristes se sont transformés en simples commerçants." (07.11.2007)

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MÉDIAS

La Croix - France

L'indépendance de la presse économique française en jeu

Le quotidien économique français 'Les Echos' a été racheté le 5 novembre par le géant du luxe LVMH. Le groupe est déjà propriétaire du quotidien économique 'La Tribune', qui devrait être à son tour vendu. Les rédactions protestent, et le quotidien 'Les Echos' n'est pas sorti en kiosque ces deux derniers jours. Pour Dominique Quinio, "la vulnérabilité de la presse écrite en France, notamment quotidienne, illustrée par ce rachat, n'est pas seulement une mauvaise nouvelle pour les journalistes des 'Echos'. Elle accroît les doutes sur l'indépendance de la presse à l'égard des pouvoirs politiques ou économiques (...). Bernard Arnault, directeur général de LVMH, a promis de laisser à l'équipe des 'Échos' son indépendance. L'intérêt bien compris de LVMH est que le quotidien garde sa qualité éditoriale, sa crédibilité. C'est aussi celui du monde économique, de la société tout entière. Qualité et crédibilité des médias, cela n'a pas de prix, pas même celui du luxe." (07.11.2007)

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Le Soir - Belgique

La liberté de la presse en péril au coeur de l'Europe

L'écrivain belge Thomas Gunzig revient sur la Journée européenne de la liberté de la presse célébrée cette semaine. "On aurait tendance à croire que la presse est terrorisée plutôt en Erythrée, en Corée du Nord ou au Turkménistan. (...) Mais, chez nous, les bonnes vieilles méthodes de la violence et de l'intimidation sont revenues. Il y a quelques jours, l'excellent blog 'Humeur allochtone' de Mehmet Koksal a fini par fermer. C'était pourtant du bon journalisme d'investigation : tenace, courageux, intelligent, libre. Rien que des qualités... Ou des défauts, selon le point de vue. Mehmet Koksal avait parlé de tout et de tout le monde, autant dire qu'il avait emmerdé pas mal de monde, toutes tendances confondues, mettant au jour les doubles discours, l'hypocrisie et le cynisme. (...) Il avait suivi les récentes manifestations de jeunes extrémistes turcs. Cela lui avait valu quelques coups de poing et de pied devant l'ambassade américaine de la capitale de l'Europe." (07.11.2007)

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COULEURS LOCALES

Respekt - République tchèque

Les immeubles soviétiques renaissent en République tchèque

Tristes reliques de l'époque soviétique, les barres d'habitation connaissent une renaissance en République tchèque, écrit Karolina Vitvarova-Vrankova. "Au début des années 1990, on avait prédit que les lotissements d'immeubles préfabriqués se délabreraient et sembleraient encore plus mornes qu'à l'époque socialiste. Mais ce n'est pas ce qui s'est produit, bien au contraire. Ces immeubles ont été plus ou moins bien rénovés et on a même réussi les transformer en habitations décentes et agréables à certains endroits (...) La réalisation d'une 'agglomération' de lotissements par le biais d'agrandissements et de constructions neuves doit préserver les quartiers de la déchéance sociale (...) En bref, ces constructions ont eu de la chance. En dépit de leur incontestable laideur et de leur pauvreté architecturale, malgré leur grisaille et leur atmosphère impersonnelle, ils ne sont pas uniquement des habitations réservées aux classes les plus pauvres." (07.11.2007)

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El País - Espagne

Les Espagnols ont besoin de dormir plus

Une récente étude universitaire américaine sur les méfaits dus au manque de sommeil inspire une réflexion amusée à la chroniqueuse espagnole Rosa Montero. "Je comprends enfin ce qui se passe dans ce pays : la mauvaise humeur, la férocité clairement primitive, le magma d'irrationalité qui nous étouffe, les insultes, la rouspétance et la colère permanente. Ce n'est pas à cause d'un héritage sociologique et culturel qui serait chargé de mauvaises intentions, c'est simplement parce que nous ne dormons pas assez. Tout le monde sait que les Espagnols sont fiers d'être insomniaques, de dîner à pas d'heure et de sortir toute la nuit. Contents de nous, nous rigolons de ces 'touristes' qui se demandent comment nous faisons pour dormir. Et bien nous avons maintenant la réponse : nous n'y arrivons pas. Et c'est pour cela que nous sommes un peuple excessif et rageur." (06.11.2007)

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