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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 04.03.2008

 

À LA UNE

L'Espagne en route vers le bipartisme ?

L'Espagne en route vers le bipartisme ?

 

A quelques jours des élections législatives du 9 mars, la presse européenne constate que le paysage politique espagnol se polarise entre le PSOE (parti socialiste espagnol) du Premier ministre José Luis Rodríguez Zapatero et le PP (Parti populaire, droite) de Mariano Rajoy. » suite

Extraits des publications suivantes:
El Correo - Espagne, Financial Times - Royaume-Uni, Público - Portugal, Neue Zürcher Zeitung - Suisse

El Correo - Espagne

Le quotidien considère que "le débat télévisé qui s'est déroulé lundi 3 mars entre Zapatero et Rajoy constitue le moment le plus décisif de la campagne électorale. (...) La lutte continuelle entre les deux grandes formations, loin de favoriser l'émergence des petits partis, a renforcé le bipartisme. De sorte que l'on pourrait bien se retrouver face au paradoxe que la confrontation implacable à laquelle ont assisté hier des millions d'Espagnols facilite les choses au vainqueur des urnes. Simplement parce que si la somme des sièges gagnés par le PSOE et le PP dépasse le nombre atteint par les deux principaux partis lors des élections précédentes en 2004, l'affaiblissement des partis mineurs donnera au gagnant une marge de manoeuvre dont le gouvernement socialiste n'a pas joui ces quatre dernières années." (04.03.2008)

Financial Times - Royaume-Uni

"La campagne électorale espagnole, qui touche à sa fin, s'est avérée un spectacle démoralisant", regrette le quotidien. "Alors que les problèmes d'une économie affaiblie par la fin des crédits faciles et un redressement abrupt du marché de la propriété sont occultés, les candidats semblent vouloir acheter les électeurs espagnols ou leur faire peur. C'est plutôt étrange. L'Espagne est devenue en 30 ans une démocratie prospère et confiante. (...) Si vous vous contentez d'écouter les responsables politiques espagnols, vous ne le croiriez pas. Le débat public espagnol est devenu très polarisé. L'opposition de droite, le Parti populaire (PP), qui n'a connu le pouvoir que pendant huit ans après 14 ans de règne socialiste, est toujours frustré d'avoir perdu la dernière élection. (...) Plutôt que de remplir son rôle d'opposition parlementaire, le PP a tenté de mettre en doute la constitutionalité des initiatives les plus importantes des socialistes, dans l'objectif de paralyser le gouvernement." (03.03.2008)

Público - Portugal

Pedro Magalhães constate l'absence de tout consensus dans le paysage politique espagnol. "Le consensus n'est pas une vertu en soi. Mais l'absence de bases pour un consensus entre les deux principaux partis espagnols sur des thèmes aussi cruciaux que la défense et la politique étrangère, la lutte contre le terrorisme, les pouvoirs et les compétences des communautés autonomes ou la justice, est forcément perturbante. Il est également vrai que rien n'est définitif et que les clivages politiques, même les plus profonds, peuvent être renforcés, mais aussi atténués lors des élections. Néanmoins, les sondages ne vont pas dans ce sens. S'il y a victoire du PSOE, elle le sera avec une marge minime, pouvant ainsi être insuffisante pour délégitimer les actuels dirigeants du PP et rendant difficile la tâche des modérés au sein de la droite. Et une victoire du PP serait pour les conservateurs la preuve définitive que la confrontation et la polarisation paient.” (03.03.2008)

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Même si l'Espagne semble se focaliser sur la rivalité entre conservateurs et socialistes, les partis plus modestes et régionaux vont jouer un rôle pour obtenir une majorité. Peter Gaupp cite un nouveau parti, l'UPD (Union Progrès et Démocratie), crée en septembre 2007 par des membres de l'association citoyenne 'Basta Ya !', notamment la députée européenne Rosa Díez et l'intellectuel Fernando Savater. "Le parti se définit comme 'national, constitutionnel, laïciste et progressiste'. Il veut raviver l'esprit d'éveil qui régnait pendant la transition entre la dictature de Franco et la démocratie. L'UPD considère que le séparatisme régional et le nationalisme sont insatiables, non démocratiques et incapables de s'intégrer dans une coalition. (...) La capacité de l'UPD à rallier les électeurs dans cette élection reste inconnue. Affichant leur mépris, le Parti socialiste espagnol (PSOE) et le Parti populaire (PP) souhaitent punir l'importun. Cependant, le groupe a réussi à présenter des candidats dans toute l'Espagne. Avec des ressources limitées, il mène une campagne originale, avec par exemple des groupes de discussion en plein air." (04.03.2008)

RÉFLEXIONS

La Vanguardia - Espagne

Pour Gary Shteyngart, la Russie est un pays mort

L'écrivain américain d'origine russe Gary Shteyngart vient de publier 'Absurdistan', un roman satirique sur la Russie. Interrogé par Antonio Lozano, il porte un regard pessimiste sur ce pays. "Aujourd'hui, la Russie n'est qu'un gigantesque fournisseur de gaz naturel et de pétrole. C'est un pays mort, à commencer par son taux de natalité très faible. Pourtant, il possède la meilleure prose du XIXe siècle, sans laquelle la littérature contemporaine ne pourrait pas être comprise. (...) Quand 'Absurdistan' est paru en Russie, on m'a désigné comme un traître à la patrie ou comme étant à la solde des Etats-Unis, mais en même temps plusieurs critiques ont affirmé : 'nous vivons en Absurdistan !' (...) [La satire] a toujours été la meilleure arme politique, depuis Jonathan Swift, et ensuite Gogol, ma référence. Et elle continue à l'être, avec Vladimir Sorokin en Russie et avec George Saunders et d'autres aux-Etats-Unis." (04.03.2008)

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Frankfurter Rundschau - Allemagne

Selon Sonja Margolina, l'oligarchie règne en Russie

La journaliste russe Sonja Margolina redoute que le nouveau président russe Dmitri Medvedev ne connaisse même pas sa propre marge de manoeuvre politique. "Vladimir Poutine a mis en place un capitalisme oligarchique, dans lequel un petit cercle de personnes de confiance, la plupart membres des services secrets, contrôle la majeure partie des flux financiers. L'Etat est devenu la proie d'intérêts particuliers. (...) Les recettes énormes, engrangées par l'Etat ces dernières années, ont été utilisées dans une optique de consolidation du pouvoir au Kremlin et d'enrichissement personnel, et non pour moderniser l'Etat antédiluvien, dont la stabilité est étroitement liée à la hausse du cours des matières premières. Seule cette manne permettra la subsistance de cette combinaison de féodalisme et d'oligarchie des services secrets. Désormais, la récession aux Etats-Unis et d'autres facteurs externes détermineront si cette période d'abondance va se poursuivre. Sans institutions opérationnelles, le système corrompu n'est pas armé pour faire face aux périodes de vaches maigres." (04.03.2008)

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POLITIQUE

The Guardian - Royaume-Uni

Le Traité de Lisbonne fait toujours débat à Londres

Mercredi 5 mars, les parlementaires britanniques devront voter un amendement, proposé par les conservateurs, au projet de loi sur la ratification du Traité de Lisbonne. Si cet amendement est accepté, un référendum pourrait avoir lieu. David Clark, un ancien conseiller du gouvernement Blair, commente. "La véritable erreur dans ce dossier était de promettre la tenue d'un référendum, car le Traité de Lisbonne était un document minimaliste et aurait dû être traité comme tel. (...) Qui y a-t-il de mal à demander son avis au peuple ? Sans doute le gouvernement a-t-il changé d'avis [depuis les promesses de Tony Blair de tenir un référendum] car il est certain de perdre ? En vérité, il n'y a rien de démocratique à permettre à un ou deux membres d'un club rassemblant 27 pays de bloquer des changements que les autres souhaitent. Ce que les opposants au Traité de Lisbonne réclament n'est pas la démocratie, mais le droit pour un seul pays de frustrer la volonté générale. Il est compréhensible qu'ils agissent ainsi dans la mesure où tout système véritablement démocratique aurait déjà adopté l'ancienne Constitution européenne, sans avoir à en passer par le Traité de Lisbonne." (04.03.2008)

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Dziennik Gazeta Prawna - Pologne

Geremek refuse à nouveau de se soumettre à la loi de lustration

Le député européen et ancien ministre polonais des Affaires étrangères Bronislaw Geremek a de nouveau refusé à se soumettre à une 'déclaration de lustration', qui impose aux personnalités publiques de déclarer leur éventuelle collaboration avec l'ancienne police secrète communiste. L'année dernière, il avait failli perdre son siège en raison de son refus. Au cours d'un entretien avec Kamila Wronowska, Andrzej Zoll, professeur de droit à Cracovie et ancien président de la cour constitutionnelle, critique la position de Bronislaw Geremek. "Lorsque Geremek a refusé une première fois de se conformer à cette déclaration, cette attitude était compréhensible. A l'époque, il disait qu'il ne ferait aucune déclaration avant la décision de la Cour constitutionnelle. Désormais, la Cour a pris sa décision et chaque député européen doit s'y conformer. Evidemment, Bronislaw Geremek doit décider de respecter ou non la loi, mais il doit en assumer les conséquences. (...) Les électeurs doivent tirer leurs propres conclusions des événements." (04.03.2008)

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Die Presse - Autriche

La grande coalition autrichienne mise à mal

Martina Salomon envisage l'éventualité de la tenue d'élections anticipées en Autriche après l'ouverture d'une enquête parlementaire sur les soupçons de corruption pesant contre l'ÖVP, Parti populaire, conservateur, membre de la coalition gouvernementale. Cette enquête a été votée par les socialistes du SPÖ, également membres de cette alliance au pouvoir. "La conduite autodestructrice des politiciens autrichiens a atteint un tel point que les nouvelles élections ressembleront à une partie de roulette russe pour le chancelier socialiste. Le très fort développement du 'parti' des abstentionnistes et des personnes qui votent blanc compliquent toute prévision du résultat. En dépit de sa machinerie électorale parfaitement huilée, le SPÖ court le danger d'arriver à la seconde place. Comme les grands partis perdent du terrain, une alternative à la grande coalition a peu de chances d'aboutir." (04.03.2008)

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Dnevnik - Bulgarie

La Bulgarie incertaine face à l'indépendance du Kosovo

La Bulgarie n'a pas encore communiqué sa position sur l'indépendance du Kosovo. Si la classe politique bulgare y voit là une marque de prudence, Edvin Sugarev trouve que cette position est pitoyable. "En refusant d'adopter une position claire et en refusant de prendre ses responsabilités, la Bulgarie cherche à ménager le Kremlin et à ne pas irriter Bruxelles. Cependant, cette conduite traduit un manque de loyauté envers ses alliés et ses valeurs. Personne n'exclurait la Grèce de l'OTAN ou la Roumanie de l'UE si ces pays se déclaraient opposés à l'indépendance du Kosovo. Chacun sait qu'ils la rejetteraient pour des raisons égoïstes, mais en suivant une logique compréhensible et opportuniste. L'autre logique est celle des valeurs. D'après elle, la Serbie a perdu le droit moral de considérer le Kosovo comme son territoire à cause de son 'épuration ethnique'. Il n'existe pas vraiment de troisième logique. Il s'agit uniquement du raisonnement du lâche qui ne veut pas se retrouver entre deux fronts." (04.03.2008)

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ÉCONOMIE

Dala-Demokraten - Suède

Volkswagen devient majoritaire chez Scania

En rachetant les parts des grands actionnaires de la famille Wallenberg, l'une des plus riches de Suède, le groupe allemand Volkswagen est devenu l'actionnaire majoritaire de Scania, le fabricant suédois de poids lourds. Le constructeur allemand a affirmé que le site suédois de Södertälje poursuivrait son activité, rassurant ainsi le syndicat de l'entreprise suédoise. Göran Greider craint néanmoins que "le syndicat [ait] fait preuve de naïveté. En 2000, Volvo et Scania envisageaient une fusion, mais la Commission européenne avait opposé son veto. La concentration aurait été trop importante. Dans la pratique, cela signifie que l'UE bloque les grandes entreprises de petits pays, alors que la réunion d'entreprises de même taille, avec des parts de marché équivalentes et issues de grands pays comme l'Allemagne est acceptable. Le capital national, dans ce cas celui de la famille Wallenberg, n'est plus national et ne s'intéresse plus à la production comme par le passé : les profits passent avant la fabrication." (04.03.2008)

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La Tribune - France

Vague de records sur les marchés mondiaux

Erik Izraelewicz note que "les sommets atteints [lundi 3 mars] par l'euro, l'or et le pétrole comme ceux franchis par le blé, le lait ou l'acier étaient à peine imaginables il y a encore quelques semaines. La devise européenne au-dessus de 1,50 dollar, l'once de métal jaune proche des 1.000 dollars, le prix du baril exprimé désormais par trois chiffres (…). Ces pics font désormais partie de notre paysage. (...) Ces records en série sont en réalité les symptômes des difficultés de notre monde : ils sont l'expression des déséquilibres actuels de l'économie mondiale, des déséquilibres profonds qui n'ont fait que s'aggraver au cours des années récentes. Déséquilibres entre un monde riche qui consomme à crédit et un monde pauvre qui épargne. (...) Les thérapies proposées au niveau global sont, pour l'instant, d'une extrême indigence. Les symptômes risquent de perdurer, voire de s'aggraver. Avec eux, le défilé des records de se poursuivre." (04.03.2008)

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CULTURE

Corriere della Sera - Italie

Les écrivains israéliens seront-ils présents à la Foire du livre de Turin ?

Après la Syrie, la Jordanie et l'Arabie Saoudite, l'Iran vient d'annoncer à son tour son intention de boycotter la Foire du livre de Turin, en mai prochain, et le Salon du livre de Paris, du 14 au 19 mars prochain. Les deux manifestations ont les écrivains israéliens pour invités d'honneur. Pour Pierluigi Battista, "le spectre du boycott revient de façon menaçante et paradoxalement triomphalement. La culture a certes riposté aux hurlements des censeurs, qui ne voulaient pas donner la parole aux écrivains israéliens dans les deux salons. Mais des rumeurs de défection des plus grands écrivains israéliens ont suivi et n'ont pas été totalement démenties. Les différents appels au boycott auront atteints leur objectif si la Foire du livre est désertée par Abraham Yehoshua, David Grossman ou Amos Oz, les trois écrivains les plus représentatifs d'Israël." (04.03.2008)

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Népszabadság - Hongrie

L'esthétique osée de l'artiste polonais Artur Zmijewski

Le spécialiste des médias Peter Gyorgy brosse le portrait de l'artiste polonais Artur Zmijewski, dont les oeuvres font actuellement l'objet d'une exposition à Budapest. On y trouve notamment la vidéo '80064', dans laquelle un survivant d'Auschwitz se refait tatouer son numéro de prisonnier. "Toutes les provocations de Zmijewski, ses oeuvres complexes, fruit d'une réflexion poussée, ciblent la société polonaise, qui se considère comme la victime d'une guerre horrible. Cette attitude défensive et marquée par le refoulement du passé ne peut être dépassée par une pédagogie humaniste. (...) Des films tels que 'Etre sans destin' ou 'Le Pianiste' sont de parfaits exemples de l'échec de cette pédagogie, qui promet la rédemption et la catharsis, même sans raison. L'esthétique incroyablement complexe et osée d'Artur Zmijewski, qui crée de nouvelles connexions et de nouveaux horizons avec ses oeuvres, nous force à reconnaître nos défauts. Elle ne nous apaise pas ; bien au contraire, elle provoque la confusion et nous déconcerte." (04.03.2008)

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Pražský deník - République tchèque

Des gratte-ciels vont-ils défigurer Prague ?

Une délégation de l'UNESCO vient de se rendre à Prague pour déterminer si la construction de gratte-ciels pouvait compromettre le classement de la ville au patrimoine mondial. Selon ses conclusions, ce projet ne constitue pas pour l'instant une menace directe, mais le projet doit être examiné de plus près. David Jares commente cette décision. "Il est regrettable que l'UNESCO ait caressé l'idée de rayer Prague de la liste du patrimoine mondial. Néanmoins, il est très difficile d'admettre que le parti conservateur, qui a été aux commandes de la ville pendant presque 20 ans, ait laissé les choses aller si loin. Existe-t-il quelque chose de plus conservateur que la préservation de l'héritage de ses ancêtres ?" David Jares estime également que les critères de l'UNESCO sont douteux. "L'organisation a interdit l'installation de fenêtres en plastique dans un quartier de banlieue, tout en autorisant les toits dans le joli quartier de Mala Strana, qui modifieront irrémédiablement le panorama." (04.03.2008)

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