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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 19.06.2008

 

À LA UNE

Controverse sur la "directive retour" de l'UE

Controverse sur la "directive retour" de l'UE

 

Le Parlement européen vient d'adopter la "directive retour" sur l'expulsion des immigrés clandestins vers leurs pays. Elle établit pour la première fois des normes humanitaires minimales, notamment une durée de rétention maximale de six mois et un enseignement scolaire pour les mineurs. Elle est pourtant critiquée, en raison entre autres de l'interdiction de séjour futur dans l'UE pour les immigrés clandestins expulsés. » suite

Extraits des publications suivantes:
Trouw - Pays-Bas, Ta Nea - Grèce, Gazeta Wyborcza - Pologne, El País - Espagne

Trouw - Pays-Bas

Pour le quotidien Trouw, la nouvelle directive retour de l'UE marque un pas important vers une politique d'immigration commune : "Accorder le droit à l'alimentation, à l'hébergement et à une assistance juridique aux immigrés illégaux ; empêcher qu'ils soient placés en détention sans réserves et assurer à leurs enfants un enseignement scolaire. Dans les pays civilisés, garantir ces droits aux clandestins est une évidence. Et pourtant, c'est une bonne chose que le Parlement européen ait décidé hier à l'unanimité d'ancrer ces évidences dans une directive. … Il est tout aussi important que la réglementation européenne sur l'immigration illicite soit perçue comme un pas important vers une politique d'immigration européenne. Une disposition commune de cette nature est importante pour apporter une réponse efficace et humaine à la question sur l'immigration. Ce n'est pas une solution, si les pays font du chacun pour soi. L'Europe est une institution consistant avant tout à apporter des solutions aux questions transfrontalières telles que celle, absolument nécessaire, de la politique sur l'immigration." (19.06.2008)

Ta Nea - Grèce

Le quotidien athénien Ta Nea qualifie la décision du Parlement européen concernant les immigrants clandestins de mauvaise surprise. "Le pire c'est que l'Europe essaye de résoudre un problème humanitaire avec des moyens exclusivement policiers … et pense que créer des Guantánamos européens empêchera les immigrés clandestins de venir. … Comme si ces gens venaient pour faire du tourisme et non parce que leurs conditions de vie dans leur pays d'origine sont devenues désespérées. … Tant que les immigrants serviront les intérêts des pays riches comme main d'œuvre à bas coût, ils seront tolérés. Mais ceux qui ne seront pas utiles seront remis aux forces de l'ordre." (19.06.2008)

Gazeta Wyborcza - Pologne

Le quotidien de gauche Gazeta Wyborcza écrit : "La décision prise hier par le Parlement européen signifie que les pays de l'Union vont disposer pour la première fois d'une réglementation commune pour le traitement des immigrants et leur reconduite à la frontière. Les pays d'Europe occidentale comme la France et les Pays-Bas, qui sont les destinations les plus fréquentes des immigrants, aspiraient depuis longtemps à cela. En effet, l'absence de directives communes a fait en sorte que les immigrants se rendaient là où les dispositions juridiques leur étaient le plus favorables. … Les organisations de protection des droits de l'homme ont cependant qualifié de scandaleuse la décision d'hier : les nouvelles dispositions auraient pour conséquence que l'ensemble de l'UE accorderait un traitement moins humain aux arrivants." (19.06.2008)

El País - Espagne

Le quotidien espagnol El País revient sur l'adoption du projet de "directive retour" par le Parlement européen : "La facilité avec laquelle une majorité absolue est obtenue pour la restriction de l'immigration contraste avec la difficulté de convaincre les Européens de la nécessité d'augmenter les dépenses pour la défense, de maintenir les missions de paix à l'étranger, et de disposer de volonté et de moyens sur le terrain international. La limitation de l'immigration est populaire, l'augmentation du budget de la défense, non. Et [cela] est commun à la gauche comme à la droite. Il existe des démagogues de droite qui attisent la xénophobie mais ne sont pas prêts à dépenser le moindre centime pour la défense européenne. Et il y a des utopistes de gauche qui ne veulent utiliser l'armée que pour des missions de paix mais qui n'hésitent pas à soutenir la directive sur le retour." (19.06.2008)

POLITIQUE

Sme - Slovaquie

Scandale lié à l'introduction de l'euro en Slovaquie

Le ministre des Finances slovaque, Ján Počiatek, a séjourné à Monaco sur le yacht d'un groupe financier qui s'enrichit grâce aux spéculations sur les devises, et ce, juste avant une réévaluation de la couronne slovaque par la Banque centrale européenne en vue de l'introduction de l'euro. Le Premier ministre Robert Fico s'est contenté d'adresser un 'carton jaune' au ministre. Le quotidien libéral Sme "est estomaqué" par ce scandale. "La naïveté enfantine ou le manque d'expérience politique ne sont pas vraiment des traits que devrait avoir le ministre des finances. Certes, rien ne prouve qu'il servait d'informateur aux spéculateurs sur les cours. Mais les relations de confiance qu'il entretient avec eux sont évidentes. La bourse soupçonne le délit d'initié. Dans une meilleure démocratie, ce genre de délit serait condamné et pas seulement puni d'un simple 'carton jaune'." (19.06.2008)

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Le Figaro - France

Les Français las des grèves

Seuls peu de Français ont suivi l'appel de plusieurs syndicats à descendre dans la rue pour protester contre les réformes de Nicolas Sarkozy, a observé le quotidien Le Figaro - qui considère cela comme un bon signe : "Mais où sont les 'printemps chauds' d'antan ? Où sont les grandes grèves, où sont les voyageurs attendant, sur des quais bondés ? Ce mois de juin, on nous l'avait présenté comme celui de tous les dangers, la première grande épreuve de vérité pour Nicolas Sarkozy et pour toutes ses réformes. Au lendemain de la 'journée d'action' CGT-CFDT, force est de constater que le bilan est maigre pour les syndicats. … On retiendra surtout de cette journée qu'un appel à la grève … a été entendu par sept pour cent de cheminots et six pour cent de postiers. C'est spectaculairement peu. Et c'est surtout le signe que Nicolas Sarkozy a remporté une victoire psychologique majeure : montrer que la France n'est plus le pays irréformable qu'on nous décrit depuis trente ans." (18.06.2008)

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Phileleftheros - Chypre

Les bases militaires britanniques à Chypre

Le quotidien chypriote Phileleftheros commente la décision de garder les bases militaires britanniques à Chypre : "Il est clair que ces bases représentent un vestige du colonialisme britannique. Qu'elles constituent le plus grand centre d'espionnage du monde n'est un mystère pour personne. Bien-sûr, l'espionnage de nos propres intérêts fait certainement aussi partie des activités des Britanniques. … Ces bases menacent notre Etat et notre dignité ; notre résistance face à la politique expansionniste turque est affaiblie et notre pays n'est pas protégé d'une possible incursion militaire turque. Outre la dimension politique, l'intensité des radiations électromagnétiques émises par les bases doit être rendue publique, … afin que les gens puissent connaître les risques que celles-ci représentent pour leur santé." (18.06.2008)

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Postimees - Estonie

Loi de surveillance répressive en Suède

Le gouvernement suédois prépare une loi de surveillance des télécommunications. Le quotidien estonien Postimees s'indigne : "Est-ce que ça vous plairait d'être au téléphone avec Monsieur Karlsson en Suède tandis qu'un ministre suit la conversation ? Ou qu'un commissaire de police lise vos emails ? Pas particulièrement, non. Pourtant c'est ce qui arrivera, si la coalition à Stockholm parvient à convaincre les derniers sceptiques et à faire adopter la loi. Le gouvernement explique qu'il prépare cette mesure dans le but de protéger l'Etat face au terrorisme, mais vu de l'extérieur, on pense davantage à la Biélorussie, la Corée du Nord ou l'ex-Allemagne de l'Est. Bien sûr que toutes nos communications ne seront pas écoutées et lues, mais un seul petit mot clé suffira pour que vous vous retrouviez dans le collimateur des forces de sécurité suédoises." (19.06.2008)

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Večer - Slovénie

Israël ressemble à la Yougoslavie

Le quotidien Vecer compare le cessez-le-feu entre le Hamas et Israël aux innombrables armistices conclus au cours des guerres en ex-Yougoslavie. "[Le cessez-le-feu] a peu de chances d'être respecté. Mais contrairement aux 18 armistices signés lors de la guerre de Bosnie-Herzégovine, celui-ci dispose d'un parrain politique que la Bosnie-Herzégovine n'avait pas : le président américain George W. Bush. … George W. Bush - qui a déclenché deux guerres qui durent encore aujourd'hui, l'une en Afghanistan et l'autre encore pire en Irak - a le souhait maladif de voir inscrit au moins une victoire de la paix dans sa biographie. Israël est confronté ces jours-ci à une sérieuse crise de politique intérieure et reçoit par ailleurs chaque année une aide financière de plusieurs milliards de la part des Etats-Unis. En approuvant le cessez-le-feu avec le Hamas, Bush semble donner indéniablement l'impression d'avoir rendu celui-ci possible." (19.06.2008)

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RÉFLEXIONS

The Guardian - Royaume-Uni

Traité européen : prochaines étapes

L'historien et chroniqueur Timothy Garton Ash propose dans le quotidien The Guardian plusieurs étapes pour faire suite au rejet du traité de réforme européen : "Plutôt que de brimer les Irlandais, l'Europe ferait mieux d'élaborer un plan D - et un plan E. … Pour les autres Etats, un plan D consiste à continuer d'avancer et à ratifier le traité - ce qu'ont fait les Britanniques la nuit dernière à la Chambre des lords - puis viendra le tour du gouvernement irlandais, en octobre prochain, de proposer au Conseil européen un nouveau paquet susceptible de faire changer d'avis les électeurs irlandais. … Le plan E se compose en trois parties. La première étant qu'il faut continuer à travailler sur la base des traités existants. … La deuxième consiste à vérifier combien de modifications institutionnelles sont réellement nécessaires - pour mieux faire fonctionner une Europe élargie et la rendre plus efficace dans le monde - et à savoir comment réaliser cette Europe sans recourir à un nouveau traité important. La troisième partie est la plus importante de toutes. … Nous pourrions en effet continuer à nous intéresser aux thèmes qui nous tiennent tous à cœur en Europe et dans le monde. Quand le nouveau président des Etats-Unis sera élu cet automne, il devra trouver dans son courrier un memo venant d'Europe détaillant ce que nous tenons comme les plus grands défis pour le monde et les moyens de les mettre en œuvre." (19.06.2008)

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Die Zeit - Allemagne

Le terrorisme s'autodétruit

Josef Joffe, éditeur de l'hebdomadaire Die Zeit, commente le déclin du terrorisme international : "Comment va vraiment le terrorisme ? Pas bien du tout d'après une nouvelle étude de l'Université canadienne Simon-Fraser, et ce constat soigneusement établi pourrait bien, comble de l'ironie, réjouir les partisans de la ligne dure comme les libéraux. Les défenseurs de l'Etat, puisque la 'guerre mondiale contre le terrorisme' porte apparemment ses fruits, comme les défenseurs des droits du citoyen, puisque ces 56 pages fournissent des arguments apaisants contre le déferlement croissant de lois sur la sécurité. … Mais le … facteur déterminant a été le terrorisme comme pire ennemi terrorisme. Le groupe Al-Quaïda en Irak (AQI), cette troupe dépendante des sunnites a torturé et assassiné entre-temps des chiites 'dissidents', mais aussi des siens. En 2007, la récompense arrive. D'après un sondage, 100 (!) pour cent des personnes interrogées - chiites comme sunnites - ont qualifié 'd'inacceptables' les actes terroristes perpétrés contre les civils. … Conclusion de cette étude : l'augmentation des actes terroristes entraîne une baisse du nombre de sympathisants. … Nos défenseurs de l'Etat devraient lire l'étude de l'Université Simon-Fraser car elle incite à moins de craintes et à plus de confiance. Et entre les lignes, elle suggère d'avoir moins tendance à élaborer de nouvelles lois sécuritaires et de nouveaux dispositifs de surveillance." (19.06.2008)

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ÉCONOMIE

Le Monde - France

Berlin ne veut pas de Sagem

Le quotidien Le Monde reproche à l'Allemagne son patriotisme économique en ce qui concerne la vente d'entreprises nationales : "Une entreprise stratégique aux mains d'investisseurs étrangers : une telle idée est loin de susciter l'enthousiasme à Berlin. Mais le français Sagem fait peu de cas des réserves à peine voilées du gouvernement allemand : le groupe d'électronique et de télécommunications a des vues sur l'imprimerie nationale allemande. La Bundesdruckerei qui imprime billets de banque et passeports est à vendre. … Une solution 'nationale' est donc privilégiée dans les rangs politiques. Le cas de la Bundesdruckerei est symptomatique du patriotisme économique en vigueur aujourd'hui outre-Rhin. Berlin prépare une loi visant à protéger les entreprises locales des investisseurs étrangers. Pour autant, Berlin, au regard du droit européen de la concurrence, ne peut s'opposer formellement à une offre de Sagem." (19.06.2008)

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Gândul - Roumanie

La Hongrie nous fauche les Mercedes

La construction d'une nouvelle usine Mercedes est en projet en Hongrie. Le quotidien roumain Gandul écrit à ce propos : "La Hongrie nous a battus. Il ne s'agit ni de football ni de handball mais de la concurrence des économies nationales pour l'investissement de 800 millions d'euros dans la construction d'une nouvelle usine Mercedes en Europe. Le groupe Daimler a choisi le site de Kecskemet en Hongrie au détriment de Timisoara. Ils ont, pourrait-on presque dire, 'volé' non pas une, mais plusieurs centaines de milliers de Mercedes. … Les Allemands ont simplement dit qu'ils pensent avoir trouvé tout ce dont ils ont besoin en Hongrie. Ils n'ont pas explicité leur choix aux perdants de cette compétition à laquelle avaient également participé la Roumanie, la Pologne et la Serbie. … Une explication possible serait la faible infrastructure de la Roumanie." (19.06.2008)

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CULTURE

De Morgen - Belgique

Les critiques littéraires du 21ème siècle

Le plus important critique littéraire néerlandais, Kees Fens, est mort. A cette occasion, le quotidien De Morgen s'interroge sur l'avenir de la critique littéraire dans la presse. "Les suppléments littéraires changent radicalement de genre. Bien que le nombre de pages des analyses culturelles et médiatiques ne diminue pas, ce sont toujours moins d'articles critiques vrais et marquants qui paraissent. … Aujourd'hui des germanistes remplissent toujours de nombreuses colonnes de journaux mais le pouvoir réel reste souvent entre les mains de journalistes et de directeurs qui ont d'autres priorités. … Il est rare que la nostalgie apporte des solutions porteuses d'avenir. Le monde littéraire ferait peut-être donc mieux de changer sa stratégie. … Le critique du 21ème siècle ne se fera peut-être plus un nom via un journal mais par le biais d'Internet. Ce n'est pas pour autant la fin du monde. C'est simplement un nouveau départ." (19.06.2008)

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SPORT

La Repubblica - Italie

La politique sur le terrain

Le quotidien La Repubblica met en lumière la dimension politique du prochain quart de finale de l'Euro entre l'Espagne et l'Italie : "Le terrain de foot est en tout point le prolongement des rivalités entre les deux pays : la supériorité de l'Espagne en matière de PIB, l'ingérence de Zapatero (mais aussi sa fascination). … La dernière [victoire de l'Espagne] a eu lieu le 2 septembre 1920. Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. L'Espagne a longtemps été la petite soeur pauvre de l'Italie. L'Italie a généreusement envoyé son aide lors de la guerre civile. … Tout est bien différent aujourd'hui. Dans tout ce qu'ils font, les Espagnols sont meilleurs que les Italiens. Quand ils penchent à droite, ils deviennent l'élève modèle de la droite. Bush a beau apprécier Berlusconi, il a pourtant tenu le sommet précédant l'invasion de l'Irak chez Aznar. Quand ils penchent à gauche, les Espagnols deviennent l'idole de la gauche italienne qui crie 'Viva Zapatero'. Il n'est pas sûr que l'Italie puisse vaincre chaque adversaire, comme le prétend [l'entraîneur italien] Donadoni. Ce qui est sûr, c'est que l'Espagne peut perdre - au football - contre l'Italie en ayant la conscience tranquille." (19.06.2008)

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