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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 18.03.2010

 

À LA UNE

Merkel veut permettre l'exclusion de la zone euro

 

La chancelière allemande Angela Merkel a proposé mercredi de pouvoir en dernier recours exclure durablement de la zone euro les Etats en crise. Pour la presse, ce serait la fin de l'idée européenne.

Les Echos - France

La proposition allemande est antieuropéenne

En proposant la possibilité d'exclure des pays de la zone euro, la chancelière allemande Angela Merkel va à l'encontre de l'idée de l'unification européenne, estime le journal économique Les Echos. Procéder ainsi serait "une action particulièrement violente dans une construction politique fondée depuis un demi-siècle sur l'envie de participer à une aventure collective. Bien sûr, la chancelière parlait non devant le Parlement européen mais devant des députés allemands très remontés à l'idée d'un soutien de Berlin à Athènes. Son propos marque néanmoins un moment décisif. L'euro devait être un début. Une monnaie unique devait engendrer un rapprochement des politiques budgétaires. Mais, depuis, rien n'a été fait. Et, comme l'avaient dit les économistes, le grand écart entre le monétaire et le budgétaire pose un problème vital en temps de crise. La question est posée. Il n'y a que deux réponses possibles : l'avancée ou l'explosion." (18.03.2010)

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Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

Les menaces inconsidérées de la chancelière

La chancelière allemande Angela Merkel est actuellement contestée de toutes parts suite à sa proposition de pouvoir exclure des pays de la zone euro, constate le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung : "Avec sa réflexion - pour ne pas dire sa menace - 'd'exclure en dernier recours un pays de la zone euro', la chancelière n'a pas été à la hauteur. Si l'on réfléchit ainsi publiquement, il faut en même temps dire clairement si le pays doit également être exclu de l'UE ou si par mesure de redressement il peut rester un pays membre pleinement autorisé ou être mis sous tutelle. N'était-ce pas l'idée originelle de l'unification européenne de parvenir à une communauté de destins et donc de solidarité des peuples d'Europe ?" (18.03.2010)

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Eleftherotypia - Grèce

L'idée européenne est bafouée

Au refus de l'Allemagne d'apporter à la Grèce une aide financière, la chancelière Angela Merkel se désolidarise complètement de ses homologues, estime le quotidien progressiste de gauche Eleftherotypia : "Berlin attend donc que la Grèce ait été vampirisée par les spéculations des prêteurs, qu'elle se trouve au bord du gouffre, pour que Mme Merkel s'intéresse enfin au sort de son malheureux partenaire. Voilà ce que l'on appelle solidarité communautaire ! … L'Allemagne veut même désormais que les pays en crise plongent dans le gouffre, et donc qu'ils soient exclus de la zone euro. Mais avec de telles positions, qui révèlent l'immense vide démocratique institutionnel, on ne peut construire une union d'Etats égaux, comme l'envisageaient les fondateurs de l'Union européenne. Cette vision, celle d'une famille européenne basée sur la convergence, les peuples d'Europe y croyaient. Auraient-ils été trompés ?" (17.03.2010)

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Corriere della Sera - Italie

L'Allemagne doit garder un rôle-clé dans l'UE

La demande de la chancelière allemande Angela Merkel de pouvoir exclure de la zone euro les pays déficitaires rétifs aux réformes constitue un mauvais propos au mauvais moment, selon le quotidien conservateur Corriere della Sera : "Cette déclaration de Merkel pourrait ouvrir des scénarios nouveaux et préoccupants non seulement pour la Grèce, mais surtout pour la zone euro. Car si d'un côté la prise de position de la chancelière semble tournée vers l'opinion publique et les parlementaires allemands, ses propos constituent de l'autre, au cœur d'une crise financière internationale qui a aussi touché les comptes publics de l'Allemagne et ceux de ses banques, une déclaration trop forte de par le ton et le moment choisi. … Le problème grec reste en soit un problème limité qui pourrait bien être résolu au final. Ce qui serait bien plus préoccupant, ce serait d'avoir une Europe où l'Allemagne cesse de jouer le rôle historique crucial qu'elle a eu dans la construction européenne." (18.03.2010)

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POLITIQUE

Sme - Slovaquie

La Hongrie attise la querelle linguistique avec la Slovaquie

Le gouvernement à Bratislava veut davantage contrôler les aptitudes linguistiques présumées insuffisantes en slovaque des élèves issus de la minorité hongroise. La Slovaquie réagit ainsi à une attaque du président hongrois László Sólyom, qui avait demandé que les enfants des minorités hongroises à l'étranger apprennent le hongrois comme première langue. Le quotidien progressiste Sme se montre irrité de cette nouvelle querelle linguistique : "Le litige relatif à l'éducation dans la langue de la majorité pour les enfants d'une minorité, est un exemple typique de la façon dont les politiques suscitent des conflits qui, sans eux, n'auraient jamais existé. … Le président hongrois n'a aucune idée de la question. S'il souhaite une amélioration, alors il peut la proposer dans le cadre de la commission commune compétente, et non lors d'une cérémonie en Voïvodine [province du nord de la Serbie]. Cela ne pouvait manquer de provoquer la réponse acerbe d'un Premier ministre slovaque [Robert Fico] enclin à la psychose. … L'actuel 'renforcement' des inspections scolaires ne sera qu'un calvaire pour les élèves hongrois et les enseignants. Voilà ce à quoi Sólyom est parvenu." (18.03.2010)

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Der Standard - Autriche

La fin de la Carinthie bilingue

Il y a 90 ans, les Slovènes de Carinthie avaient voté en faveur du maintien de la Carinthie du Sud en Autriche. Il faudrait vraiment que les panneaux de lieu bilingues soient enfin mis en place par le land de Carinthie, demande la quotidien Der Standard, mais "une fois de plus, il n'en ressortira rien, parce que la politique de l'Etat fédéral … est trop lâche pour s'opposer à ceux qui fustigent les Slovènes, notamment dans le camp libéral, et à la presse populaire. De l'autre côté, c'est une image de détresse qui domine. Le Conseil des Slovènes de Carinthie menace en effet de s'auto-dissoudre en raison de l'échec de la politique en faveur des groupes ethniques. Il préconise une nouvelle organisation représentante commune, ce qui serait judicieux, mais accuse en même temps les autres associations de Slovènes de trahison parce qu'elles tentent de trouver une solution politique sur la question des panneaux avec les autorités 'réactionnaires' du pays. C'est véritablement un mauvais service que le Conseil rend à la minorité, dont les membres en ont assez de voir leurs fonctionnaires chercher uniquement leur promotion personnelle et craignent que la Carinthie bilingue disparaisse lentement, mais sûrement." (18.03.2010)

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RÉFLEXIONS

Kritika - Hongrie

Pál Tamás sur le développement de la social-démocratie en Europe de l'Est

Dans le journal mensuel de culture et de théorie sociale Kritika, le sociologue Pál Tamás s'interroge sur l'état de la social-démocratie en Europe centrale et orientale : "Les sociaux-démocrates d'Europe centrale et orientale, qui dans la plupart des cas sont les héritiers des organisations des partis communistes d'Etat, ont été contraints après la transition de prouver sans cesse leur orientation démocratique et leur engagement à l'égard du marché libre à l'Occident, notamment aux Etats-Unis. En premier lieu, ils ont dû être les fervents partisans de l'économie de marché. Ils ont dû saluer l'expansion du capital international et limiter leur discours sur la solidarité sociale. … Au cours des 20 dernières années, ils ont par ailleurs dû s'engager - du moins verbalement - à mettre des réformes en œuvre. … Je ne veux pas dire par là que les sociaux démocrates de l'Est ne souhaitaient aucune réforme de marché ni qu'ils ont refusé la modernisation de l'Etat. Mais qu'ils ont dû satisfaire les attentes extérieures sur le plan rhétorique et intérioriser en apparence du moins le 'libéralisme forcé' imposé par l'Occident. Dans certains pays d'Europe centrale et orientale, cela est devenu un obstacle à un renouvellement honnête de la social-démocratie." (18.03.2010)

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ÉCONOMIE

Cinco Días - Espagne

Bruxelles critique les programmes d'austérité dans l'UE

La Commission européenne reproche à de nombreux pays européens d'avoir maquillé leur comptabilité et de ne pas faire assez d'efforts pour réduire leurs dettes. Le journal économique Cinco Días se réjouit que l'Espagne ne soit plus la seule à être stigmatisée : "La Commission européenne a exprimé hier de sérieux doutes sur les programmes visant la stabilité des 14 pays examinés, parmi lesquels l'Allemagne, la France, l'Italie, les Pays-Bas et l'Espagne. … Bruxelles met en garde contre le risque que la majorité de ces pays ne soient pas en mesure de ramener à trois pour cent du PIB leur déficit budgétaire dans les délais prévus, soit de trois à quatre ans. C'est un retour violent et très vraisemblablement justifié à la réalité, même si l'on contestera ces remarques dans de nombreuses capitales européennes, afin de défendre les prévisions devant la Commission. Mais c'est surtout une douche froide pour certains responsables des grandes économies nationales, qui se sont trop rapidement habitués à prendre de haut l'économie espagnole." (18.03.2010)

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Világgazdaság - Hongrie

Les problèmes de l'euro audacieux

La déstabilisation de l'euro n'est pas due uniquement aux problèmes de la Grèce, estime Harold James, professeur d'histoire à l'université de Princeton, dans le journal économique Világgazdaság : "L'euro est ... une expérimentation audacieuse : une devise qui n'est pas rattachée à un Etat mais qui découle plutôt de règles et de traités internationaux. … Mais au lendemain d'une crise, les pays préfèrent défendre les intérêts nationaux plutôt que de respecter les règles internationales. … Mais la réponse apportée au problème était en partie faussée. Car la France et l'Allemagne, les principaux protagonistes du drame de l'intégration monétaire, divergeaient sur la solution à envisager. Les Allemands préconisaient des règles budgétaires clairement établies alors que d'autres pays préféraient préserver une plus grande marge de manœuvre. Les Français pour leur part étaient en faveur d'une gouvernance économique européenne au côté de l'Union européenne. … Les réponses à un problème global de ce genre ne peuvent pas se trouver à un niveau européen. Une combinaison entre une coordination globale des politiques monétaires et une forme de gouvernance économique globale sera nécessaire. L'Europe a tenté cette combinaison mais a découvert qu'elle n'était pas totalement applicable même dans un contexte régional." (18.03.2010)

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Finance - Slovénie

Le cumul d'emplois nuit aux Slovènes

D'après une étude de l'UE, ce sont les Slovènes qui sont le plus souvent malades en Europe. Cela est dû aux mauvaises conditions de travail et aux peurs existentielles des travailleurs en Slovénie, estime Urban Vehovar, professeur à la faculté pédagogique de Koper, dans le journal économique Finance : "Exercer une seule activité professionnelle n'a jamais suffi aux agriculteurs et travailleurs slovènes pour survivre. Ils ont toujours dû chercher des sources de revenus complémentaires en ayant recours au travail saisonnier, ou à un travail en forêt ou dans les mines. … Le problème de cette stratégie de survie, c'est qu'elle sape considérablement les forces physiques et psychiques. Cela entraîne en même temps des coûts sociaux élevés. Le nombre de maladies ne diminuera que lorsque la détresse existentielle n'aura plus d'influence sur la stratégie de survie. Cela ne changera que lorsque le modèle existant aura été modifié." (18.03.2010)

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SOCIÉTÉ

Joop.nl - Pays-Bas

Ayaan Hirsi Ali aussi responsable de l'enlisement du débat sur l'islam

La détractrice de l'islam d'origine somalienne, Ayaan Hirsi Ali, a critiqué l'enlisement du débat sur l'islam aux Pays-Bas. Le politique écologiste Tofik Dibi, lui-même musulman, estime que l'ancienne politique en porte une part de responsabilité, et s'adresse à elle dans une lettre ouverte sur le forum Internet joop.nl. De nombreuses études "attestent que le comportement religieux des nouvelles générations de musulmans néerlandais a beaucoup changé, …de plus en plus de jeunes musulmans tiennent à avoir leur propre interprétation religieuse et observent une attitude critique envers leur religion. … Chère Ayaan, lorsque je t'entends parler ou lorsque je lis tes livres, je constate que tu contribues également à l'immobilisme du débat sur l'islam. Tu appartiens aux détracteurs de l'islam qui se fourvoient dans l'islam radical. Je pense qu'il est important que celui-ci soit sévèrement critiqué, mais il est tout aussi important d'accorder un place dans le débat public au grand groupe que constituent les musulmans libres. Lorsque l'on lutte pour la liberté individuelle, il ne faut pas enfermer les autres dans une camisole." (18.03.2010)

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The Guardian - Royaume-Uni

Les ecclésiastiques coupables doivent démissionner

Le chef de l'Eglise catholique d'Irlande, le cardinal Seán Brady, sévèrement critiqué ces derniers temps, ne veut démissionner que sur demande du pape. En 1975, il avait obligé deux enfants abusés par un prêtre à faire vœu de silence. Mais le cardinal doit se montrer responsable, demande le quotidien The Guardian : "L'Eglise elle-même a subi un dommage moral et politique important par sa position selon laquelle il ne revenait pas à la société laïque de juger les actes des prêtres. C'est cette même position qui avait incité un tribunal religieux [en 1975] à traiter ces incidents comme une affaire interne, ce qui a longtemps laissé des traces au Vatican. … L'Eglise doit effectuer un désaveu public, ferme et irrévocable de cette position, et Brady est en mesure de le faire." (18.03.2010)

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MÉDIAS

Voxpublica - Roumanie

Des journalistes roumains sans talent

Depuis le début de l'année, la presse roumaine est en crise : des journaux disparaissent, des journalistes sont licenciés. Ce n'est toutefois pas la crise mondiale qui en est responsable mais les rédactions elles-mêmes, critique le blog Voxpublica : "Après 1989, la presse est devenue un lieu de refuge pour les personnes secondaires. Un salon pour les rejetés, un club pour ceux qui n'avaient pas réussi ailleurs. Non seulement les enthousiastes de seconde main s'y sont rassemblés, mais également les fainéants et les personnes futiles de la société. Je sais de quoi je parle, j'en fais partie. … Je ne veux attaquer personne, mais la situation ressemble quelque peu au drame des auteurs roumains pendant la période communiste : plein de talent pour les allusions, ils ne pouvaient publier leurs œuvres et le monde attendait la mort du dictateur pour que toute la littérature entassée dans les tiroirs ressorte. Le monde était prêt à tout mais qu'a-t-il vu ? Aucun chef-d'œuvre n'est apparu." (18.03.2010)

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De Volkskrant - Pays-Bas

Le meurtre d'une jeune fille entraîne un buzz médiatique

Le meurtre d'une jeune fille de douze ans par un policier aux Pays-Bas a été repris en boucle à la radio et à la télévision. Ce meurtre fait du buzz, critique le quotidien progressiste de gauche De Volkskrant : "Des milliers d'années de civilisation et nous n'avons pas avancé d'un poil. Il faut pleurer et prier publiquement pour conjurer les démons. Le mal est partout. … Dans les rituels incantatoires, il est devenu normal que les journalistes rivalisent entre eux pour être les premiers à déclarer la mort de Milly. Et si l'on condamne cela, on est alors conspué sur Internet. … Voilà comment chacun a profité du meurtre d'une jeune fille." (18.03.2010)

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COULEURS LOCALES

Dagens Nyheter - Suède

Stockholm doit mettre fin à la ségrégation

La capitale de la Suède, Stockholm, est considérée comme l'une des villes d'Europe où la ségrégation ethnique et salariale est la plus marquée. Le quotidien Dagens Nyheter plaide pour une nouvelle manière de penser l'urbanisme : "En reliant les banlieues et en laissant grandir le centre-ville, on pourrait créer un milieu urbain attractif capable de contrer la ségrégation, au bénéfice de tous les habitants de Stockholm. Il y a une représentation stéréotypée selon laquelle la ségrégation est avant tout un problème pour les banlieues. Mais contrairement à Londres ou Manhattan, par exemple, où des personnes de milieux ethniques et sociaux différents vivent côte à côte, le centre-ville de Stockholm est devenu une enclave ethniquement aseptisée et destinée à une élite fortunée. Cela rend la ville uniforme, ennuyeuse et provinciale. … Si Stockholm veut devenir une véritable grande ville, elle doit mettre fin à la ségrégation." (17.03.2010)

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