D'importants hommages ont été rendus en République tchèque à Gustave Mahler, compositeur autrichien natif de Bohême, à l'occasion du 150e anniversaire de sa naissance. Sur son site Internet, la chancellerie présidentielle a même fait de lui un chef d'orchestre et compositeur "tchèque" de renommée internationale. Cela ne peut être vraiment dit sérieusement, écrit l'essayiste Jiří Franěk dans le quotidien de gauche Právo, déplorant l'incapacité des Tchèques à appréhender leurs compatriotes célèbres mais non tchécophones : "Mahler dispose désormais de son monument. Les choses semblent bien pires pour l'un des auteurs les plus célébrés, Rainer Maria Rilke. Aux Etats-Unis, pays qui ne se distingue pas vraiment par la meilleure formation scolaire, tous les élèves le connaissent. En République tchèque, quasiment personne. Il est certes né dans la Heinrichsgasse de Prague, mais il écrivait en allemand. … Kafka connaîtrait le même sort aujourd'hui, si [le germaniste] Eduard Goldstücker ne l'avait pas fait connaître. Il ne s'agit pas de monuments, mais de ce que nous devons à nos compatriotes qui n'étaient pas complètement de sang tchèque, et même plus, de ce que nous nous devons à nous-mêmes. Il est embarrassant de ne pas savoir que l'individu né au coin de la rue est vénéré par le 'reste du monde'." (08.07.2010)
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