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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 13.07.2010

 

À LA UNE

Polanski s'en sort

 

La Suisse n'extradera pas finalement le réalisateur Roman Polanski vers les Etats-Unis. Le lauréat des Oscars est pourtant accusé d'avoir violé une jeune fille de 13 ans en 1977. La presse européenne déplore une ingérence de la politique dans cette décision et redoute un précédent néfaste pour d'autres célébrités.

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

La politique s'en mêle

Dans l'affaire Polanski, les autorités ont revendiqué au début le principe d'égalité de traitement sans considération de la personne, mais l'acquittement prononcé raconte une tout autre histoire, estime le quotidien conservateur Neue Zürcher Zeitung : "L'acte final du drame Polanski est totalement politique - le fait que la ministre de la Justice ait personnellement communiqué la non-extradition suffit pour le prouver. Et les arguments également avancés semblent aujourd'hui être tout sauf strictement juridiques : il est question d'un protocole demandé aux Etats-Unis mais non-fourni par ces derniers - protocole récemment encore qualifié de non-pertinent par l'Office fédéral de la justice lui-même. … De tels arguments auraient en fait dû inciter à renoncer à une arrestation de Polanski en septembre dernier avec une certaine clairvoyance politique. La politique n'aurait pas eu alors à intervenir ensuite dans une commission rogatoire en cours : la politique s'en est mêlée avec de bons arguments au mauvais moment." (13.07.2010)

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Wprost Online - Pologne

Les stars sont au-dessus de la loi

La libération de Roman Polanski est un signal erroné, critique Artur Bartkiewicz dans l'édition en ligne du magazine d'information Wprost. Les stars ne doivent pas avoir plus de droits que les citoyens lambda, sinon d'autres artistes s'en prendront également à des mineurs : "Polanski se prend pour la victime de petites gens qui ont fomenté une vilaine intrigue, en vue de le faire chuter de son piédestal, parce qu'ils sont jaloux de son succès. Cela voudrait dire qu'il a plus de droits que les autres. Pourtant Polanski n'est pas ici le personnage le plus important. Après le jugement rendu par le tribunal suisse, je pense à toutes les stars et à toutes les petites étoiles de la culture pop qui croisent sur leur chemin professionnel d'autres Samantha Gaileys [la victime de Polanski] âgées de 13 ans. Qu'est-ce qui les retiendra à présent qu'ils savent que les grands ont plus de droits que les autres?" (13.07.2010)

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The Independent - Royaume-Uni

Les Suisses pragmatiques aident les criminels

Le refus de la Suisse d'extrader Roman Polanski irrite l'auteur suisse Johann Hari dans le quotidien progressiste The Independent : "Roman Polanski a reconnu son crime avant de fuir ; en exil, il s'était même vanté pendant des années que chaque homme rêvait de faire ce qu'il avait fait. … Mais cela semble insuffisant au gouvernement suisse pour l'extrader aux Etats-Unis afin qu'il comparaisse devant un tribunal. Il a trouvé un vide juridique lui permettant de le laisser filer, en admettant que des intérêts nationaux pouvaient constituer un facteur explicatif. Cela pourrait être une preuve de la pression exercée par la France voisine, désireuse de voir libérer son ressortissant. En tant que citoyen suisse, je peux dire sans offenser que nous sommes tous au courant des accords auxquels la Suisse a consenti par le passé pour préserver ses intérêts nationaux. Tout cela s'inscrit dans la longue tradition consistant à aider les criminels et à faire passer cela pour du pragmatisme suisse." (13.07.2010)

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El Periódico de Catalunya - Espagne

Pas d'amnistie générale pour les artistes

La libération de Roman Polanski est justifiée, estime le quotidien El Periódico de Catalunya, qui met toutefois en garde contre un acquittement de principe pour les artistes : "La décision suisse est probablement la meilleure qui pouvait être prise après que Polanski a passé deux mois en prison et sept en résidence surveillée. Le délit a été commis il y a trop longtemps et la victime avait même déjà pardonné au cinéaste. Mais la personnalité de Polanski a déchaîné en France des réactions corporatistes dans les milieux culturels qui semblaient excuser le cinéaste uniquement en raison de sa condition d'artiste. Ces réactions contrastaient par leur incohérence avec les condamnations unanimes d'autres cas récents d'abus sur mineurs. Polanski ne méritait pas de retourner en prison, mais pas non plus d'être sanctifié." (13.07.2010)

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POLITIQUE

The Guardian - Royaume-Uni

La Somalie a besoin de stabilité contre le terrorisme

Des kamikazes islamistes venus de Somalie ont tué au moins 74 personnes dimanche à Kampala, la capitale de l'Ouganda, lors d'une retransmission publique de la finale du Mondial. Le quotidien de centre-gauche The Guardian redoute de nouvelles attaques si la Somalie ne parvient à se doter d'un gouvernement stable : "La Somalie dépend de 5.000 soldats ougandais et burundais qui soutiennent un gouvernement très faible et sont reclus dans une citadelle à l'intérieur de Mogadiscio. La stratégie à leur disposition est celle du 'fais feu quand on t'attaque' et efforce toi de tenir le bastion en attendant que le reste du monde vienne à la rescousse. Quatre ans après leur arrivée, ils tiennent toujours leur position sans aucun signe d'assistance du reste du monde. Les Somalis ont besoin d'un gouvernement viable et capable plus que de toute autre chose. Ils ont été incapables d'en établir un au cours des 20 dernières années. Ils ont besoin d'un soutien durable, tout comme en ont besoin leurs amis africains venus aider la Somalie." (13.07.2010)

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Corriere della Sera - Italie

Sarkozy parle de conspiration

Le président français Nicolas Sarkozy a rejeté lundi, lors d'un entretien télévisé, l'ensemble des reproches de fraude fiscale et de financement illégal de parti en lien avec l'affaire Bettencourt. Il s'agit selon lui d'une campagne mensongère menée par ses opposants politiques. Cette version n'est pas invraisemblable, écrit le quotidien libéral-conservateur Corriere della Sera : "La prochaine campagne présidentielle autorise les théories du complot, dont les fils auraient aussi pu être tissés dans son propre camp. L'histoire des conservateurs français ne l'exclut pas. … L'éclat de temps révolus ne peut être rétabli lors d'une pesante soirée estivale sur la terrasse du palais présidentiel, mais Sarkozy a souvent donné le meilleur de lui-même quand il se trouvait acculé de toutes parts dans le ravin. Si ces soupçons devaient définitivement s'avérer erronés, l'affaire Bettencourt pourrait constituer un effet boomerang pour le site Internet qui l'a publiée, et pour la presse qui l'a diffusée." (13.07.2010)

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Frankfurter Rundschau - Allemagne

L'Espagne déchirée devrait être plus sereine

Jamais autant de drapeaux espagnols n'avaient flotté au vent en Catalogne que lors de la Coupe du monde de football. Pourtant, le titre de champion du monde ne changera rien à la déchirure espagnole, estime le quotidien de centre-gauche Frankfurter Rundschau : "La veille du triomphe, samedi, des dizaines de milliers, voire selon d'autres estimations des centaines de milliers de personnes ont manifesté dans la rue pour montrer au monde entier leur attachement à leur identité catalane. … Le motif à l'origine de cette manifestation était dérisoire. Récemment, la Cour constitutionnelle espagnole avait décidé de déclarer certaines parties des nouveaux statuts régionaux catalans comme contraires à la Constitution. Certes, cette décision n'entraînera pas la disparition de la Catalogne, mais les politiques nationalistes catalans et malheureusement aussi les socialistes catalans font de leur confrontation permanente avec le reste du pays leur gagne-pain. Ils trouvent un écho chez les ultra-nationalistes partisans de l'Etat qui ressentent toute aspiration à l'autonomie des régions comme une trahison de la nation espagnole sacrée. Un peu plus de sérénité ferait du bien aux deux camps." (13.07.2010)

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Sme - Slovaquie

La Slovaquie doit soutenir le fonds de sauvetage de l'UE

Les ministres des Finances de la zone euro ont accru lundi la pression exercée sur le nouveau gouvernement de Bratislava. La Slovaquie refuse toujours de soutenir le bouclier de protection de 750 milliards d'euros visant à garantir la solvabilité des pays en crise dans la zone euro. Le quotidien progressiste Sme recommande au gouvernement d'adopter une attitude conciliante : "Le fond de stabilité n'est pas un terrain d'entraînement approprié pour le nouvel euroréalisme slovaque. Il s'agit ici d'une obligation d'Etat dont nous pouvons penser ce que nous voulons, mais que nous ne pouvons pas rejeter. Il est acceptable que [le ministre des Finances] Mikloš formule des critiques importantes à l'UE concernant la question de la Grèce et du fonds de sauvetage. Il ne doit toutefois pas croire pouvoir être le premier à créer des failles dans le mur de protection. Au contraire, il ferait bien de réfléchir à la situation des intérêts slovaques dans ce jeu. Il n'y a par exemple aucun intérêt à se heurter à l'Allemagne." (13.07.2010)

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De Volkskrant - Pays-Bas

Les Pays-Bas refoulent Srebrenica

Suite aux commémorations du 15e anniversaire du génocide de Srebrenica dimanche, l'historien de la culture Thomas van der Dunk réfléchit à la gestion néerlandaise des engagements militaires dans son blog pour le quotidien De Volkskrant : "On n'ose pas reconnaître ouvertement que la guerre est une affaire particulièrement sale dans laquelle 'nos jeunes' prennent de gros risques. … Ce qui compte sans cesse par-dessus tout, ce sont nos bonnes intentions, pas le résultat. … Nous projetons bien volontiers sur les autres notre propre image de gens bien intentionnés pour étouffer le caractère vain de certaines entreprises. Pouvons-nous cependant laisser ces gens en plan au final ? C'est … aussi de nouveau l'argument pour le prolongement de l'engagement en Afghanistan. Mais le fait douloureux, c'est qu'on ne peut pas toujours aider ou que cela a un prix - un contingent plus important et la mort de plus de soldats - que nous ne voulons pas payer." (12.07.2010)

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ÉCONOMIE

Die Presse - Autriche

Le retrait de RWE peut menacer Nabucco

Le groupe énergétique allemand RWE envisage un retrait du projet de gazoduc Nabucco pour privilégier une participation au projet russe South Stream. Le quotidien Die Presse y voit des raisons politiques : "Un motif de satisfaction pour l'ancien chancelier Gerhard Schröder qui aurait négocié cet accord en tant qu'ambassadeur européen de Gazprom. La clique politique active risque par contre de s'indigner si RWE fait réllement ce choix. Mais les politiques ne seraient pas complètement innocents dans cette situation. Car c'est le secteur publique qui, au titre d'un des propriétaires principaux, a encore son important mot à dire au sein de RWE. Ou bien les arguments économiques sont-ils venus à bout des arguments politiques sur ce point ? … Aucunement. Participer à South Stream ne profiterait pas vraiment à RWE. Le gazoduc est presque deux fois plus cher que Nabucco, et RWE a déjà accès depuis longtemps aux réserves russes. Ni le groupe ni ses propriétaires en politique ne peuvent donc se permettre de sacrifier ainsi la politique énergétique commune de l'UE, si souvent conjurée." (13.07.2010)

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Rzeczpospolita - Pologne

La Russie a besoin de réformes économiques

L'économie nationale russe est totalement dépendante du secteur des matières premières et de l'énergie. Parmi les 20 entreprises les plus rentables du pays, douze d'entre elles appartiennent à ces secteurs, rapporte le magazine économique russe Finans. Il est grand temps que la Russie gère autrement son économie, met en garde le quotidien conservateur Rzeczpospolita : "Pendant la crise, le Brésil, la Chine et l'Inde ont prouvé qu'ils étaient capables de mener des reformes y compris dans les conditions les plus difficiles. Ils se sont servis de la crise pour moderniser leur économie parce qu'en période de déclin économique, tout est moins cher. Les Russes n'ont pour leur part pas changé de modèle en ce qui concerne les matières premières, dans l'espoir que la prochaine reprise relancerait également la demande de matières premières. Mais un tel modèle économique est trop peu ambitieux. Ne serait-ce que parce que Moscou utilise ses matières premières comme arme politique avec la résistance d'un fou." (13.07.2010)

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Jornal de Negócios - Portugal

Les Portugais tremblent pour une banque privée

D'après des rumeurs non confirmées, la plus grande banque privée portugaise, la BCP, est au bord de la faillite. Dans le journal économique Jornal de Negócios, Pedro Santos Guerreiro fait part de son incompréhension sur tant d'alarmisme : "Ecoutez tous : cette rumeur est fausse. Allez à la fenêtre, regardez dans la rue les portes ouverte de la BCP du coin. C'est lundi et Nostradamus s'est encore trompé avec sa prophétie de fin du monde. Le système bancaire est-il saint et sauf ? Sauf oui, sain non. … Les banques ne se prêtent pas d'argent entre elles. Ce n'est ni un problème de la BCP, ni un problème portugais, mais bien un problème européen. … La Banque centrale européenne est notre salut. Elle prête de l'argent aux banques, sans quoi l'économie serait figée depuis des mois. La pertinence du système garantit qu'aucune banque importante ne fasse faillite. Même si la prochaine vague de la crise financière devait arriver. Qu'elle arrive. Il n'y a qu'un seul moyen de lutter contre la peur et la rumeur : l'information. Vous rappelez-vous ? La grippe porcine, c'était il n'y a pas si longtemps." (12.07.2010)

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Göteborgs-Posten - Suède

Les banquiers remettent les bonus en question

Le Parlement européen a décidé la semaine dernière de renforcer les règles pour les bonus bancaires. Ils ont ainsi pu enfoncer des portes ouvertes, estime le quotidien Göteborgs-Posten qui se base sur le sondage d'un syndicat de directeurs de banques : "Presque la moitié des personnes interrogées s'est montrée inquiète par le fait que les bonus soutiennent exclusivement des objectifs à courts termes qui sont mis en avant dans le rapport d'activité. Il existe également dans le monde de l'entreprise un scepticisme à l'égard de l'effectivité du système des bonus. Il est cependant dommage que cette question ne fasse pas l'objet d'un débat public. Aujourd'hui, ce sont les chercheurs, les politiciens ou les banquiers à la retraite qui y prennent part et qui ont une opinion. Les représentants de l'économie devraient enfin sortir de leurs tranchées." (13.07.2010)

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MÉDIAS

Blog Ivo Indjev - Bulgarie

Les médias bulgares se contraignent au silence

Le scientifique nucléaire Georgi Kotev a entamé lundi une grève de la faim devant la Commission européenne à Bruxelles. L'ex-collaborateur de la centrale nucléaire bulgare de Kozlodouï proteste contre l'utilisation illégale présumée de combustible nucléaire recyclé en provenance de Russie dans ce réacteur nucléaire, une situation tolérée par les autorités bulgares. Ivo Indjev s'indigne dans son blog sur le silence des médias sur cette affaire : "Entamer une grève de la faim représente pour Kotev le dernier moyen dont il dispose pour protester contre un énorme crime qui n'est pas seulement protégé contre toute enquête judiciaire, mais aussi camouflé et qui continue d'être commis. … Les médias ont-ils traité ce sujet ? En Bulgarie, le silence est une arme du mal. C'est un moyen avéré pour étouffer insidieusement la critique et les critiques. Obéissants et fraternels, les médias de masse se plient aux ordres silencieux de l'Etat qui leur demande de ne pas parler de ceux qui pensent autrement. En revanche, ils peuvent bavasser sur la Coupe du monde. Celle-ci est à présent terminée. Ce qui nous reste, c'est le championnat régional qui consiste à 'parier sur celui qui sait le mieux se taire'." (13.07.2010)

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SPORT

Helsingin Sanomat - Finlande

L'Afrique du Sud profite de la Coupe du Monde

Alors que le Mondial vient de s'achever en Afrique du Sud, le quotidien Helsingin Sanomat estime que le pays organisateur tire des avantages à long terme de cet évènement sportif : "Une compétition ne peut pas soulager les problèmes de l'Afrique du Sud et encore moins ceux de l'Afrique. Pourtant, on peut dire qu'il reste beaucoup au pays organisateur grâce à cette compétition. Les signes durables sont un réseau routier amélioré, des aéroports flambant neufs et un meilleur fonctionnement des transports en commun. L'organisation réussie a amélioré la réputation du pays, ce qui pourrait attirer investisseurs et touristes. La plus grande victoire a été la cohésion nationale à laquelle le pays est parvenue pendant la compétition. Tous les groupes ethniques se sont joyeusement mélangés parmi les supporters, indépendamment de la couleur de peau. L'Afrique du Sud paraissait plus unie que pendant les premières élections démocratiques en 1994. D'après l'ancien Président Nelson Mandela, 'le sport peut réveiller l'espoir quand il n'y a pourtant que désespoir tout autour'. Le succès de l'Afrique du Sud a rendu à tout le continent un espoir fondé pour les Jeux Olympiques d'été." (13.07.2010)

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