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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 06.09.2010

 

À LA UNE

L'ETA déclare un nouveau cessez-le-feu

 

L'organisation clandestine basque ETA a annoncé un cessez-le-feu par l'intermédiaire d'une vidéo. Cette trêve doit permettre aux Basques de s'exprimer sur la question de l'indépendance dans le cadre d'un processus démocratique. Mais tant que l'organisation terroriste affaiblie ne déposera pas les armes, la presse craint qu'elle ne reprenne les attentats après une phase de repos.

La Stampa - Italie

Une nouvelle feinte

Le cessez-le-feu prononcé par l'ETA était prévisible et ne doit pas être pris au sérieux, estime le quotidien libéral La Stampa : "Comme on pouvait le prévoir depuis des mois, les terroristes basques de l'ETA ont unilatéralement déclaré un cessez-le-feu hier. … C'est l'habituel appel à l'imagination. Mais avec une surprise. Cette fois-ci, les terroristes n'ont ni indiqué la durée du cessez-le-feu, ni exigé de négociations directes avec les gouvernements espagnol et français, comme cela avait été le cas lors des 16 cessez-le-feu précédents. … L'annonce de ce cessez-le-feu intervient à un moment où l'ETA est plus affaiblie que jamais : 800 de ses assassins sont en prison et l'organisation est décapitée (huit de ses dirigeants ont été arrêtés rien qu'en 2009). Les précédent cessez-le-feu étaient utilisés par les terroristes pour se réorganiser et revenir ensuite aux meurtres. Il est bien possible qu'il s'agisse d'une nouvelle feinte." (06.09.2010)

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La Vanguardia - Espagne

Trop tôt pour négocier

Suite à la déclaration vidéo de l'ETA dans laquelle celle-ci annonce "ne plus vouloir mener d'actions armées", le quotidien libéral La Vanguardia réagit avec scepticisme. Celui-ci considère qu'il serait prématuré d'entamer des négociations avec l'organisation terroriste basque : "C'est la onzième fois depuis 1981que l'ETA annonce une trêve. Chaque fois, ce groupe a détruit les attentes de dialogue, comme ce fut le cas en 2006, lorsqu'elle fit exploser le parking du terminal quatre [de l'aéroport de Madrid] sans aucune déclaration préalable. Etant donné sa situation de faiblesse actuelle, son rejet par la majorité de la société basque ainsi que ses difficultés à maintenir une structure tant soit peu efficace, on pourrait présager que tôt ou tard elle finira par renoncer à la violence, ce qui constitue l'unique condition du dialogue. Cette condition n'est pas encore remplie." (06.09.2010)

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Berliner Zeitung - Allemagne

Séparatistes sans pouvoir

L'organisation terroriste basque ETA se trompe si elle pense avoir encore son mot à dire en politique, écrit le quotidien de centre-gauche Berliner Zeitung : "Elle ne veut pas reconnaître qu'elle est non seulement criminelle mais aussi superflue. La politique est légitimement faite ailleurs : au Parlement basque à Vitoria et au Parlement espagnol à Madrid. Les Basques envoient leurs représentants dans l'un comme dans l'autre pour décider du présent et de l'avenir du Pays basque. Le fait qu'une organisation dont l'activité consiste à commettre des meurtres et à faire du chantage demande un droit de regard dans ce débat est prétentieux et aberrant. … Les polices espagnole et française ont arrêté des dizaines de membres présumés de l'ETA ces derniers mois, et l'organisation est plus affaiblie que jamais. Ce que l'ETA ne dit pas, c'est ce qu'elle compte faire désormais ; si elle attache des conditions à son cessez-le-feu, et si elle entend déposer durablement les armes. La seule nouvelle avec laquelle l'ETA pourrait surprendre le monde, ce serait qu'elle déclare sa propre fin. Et comme toujours, elle est encore très loin de le faire." (06.09.2010)

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POLITIQUE

nrc.next - Pays-Bas

Wilders renonce à la responsabilité gouvernementale

Les négociations pour former un gouvernement minoritaire composé de chrétiens-démocrates et de libéraux de droite ont échoué aux Pays-Bas. Le populiste de droite Geert Wilders, dont le Parti pour la liberté (PVV) voulait tolérer le gouvernement, a rompu les négociations. Floris-Jan van Luyn fait part de sa déception dans le quotidien nrc.next : "J'aurais bien aimé que ce gouvernement soit formé. Non que j'en sois partisan, mais parce que, comme des millions de néerlandais, j'en ai assez du dénigrement et de la division prônés par ce parti. … Il est clair que le PVV continuera de grandir dans l'opposition et que les choses seront encore pire après les prochaines élections. Pour se débarrasser aussi vite que possible du PVV, leur responsabilité gouvernementale aurait constitué une option risquée mais vraisemblablement bonne. Car si cette politique inadaptée et asociale avait pu être exercée, elle aurait causé tant de tort à notre pays que la répétition de cette erreur aurait été très improbable." (06.09.2010)

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Mladá fronta Dnes - République tchèque

Sarkozy est lui-même un immigré

Le président français Nicolas Sarkozy a invité à participer ce lundi à un sommet sur l'immigration à Paris. L'un des thèmes principaux devrait être la question rom. Le quotidien libéral Mladá fronta Dnes considère comme une ironie du sort que la polémique autour des Roms soit justement déclenchée par Sarkozy : "Par un 'Hongrois' aux racines judéo-françaises dont le nom est courant chez les Roms. Ce patronyme est composé du mot 'sár' (boueux) et 'köz' (rue transversale) et désigne celui qui le porte comme un individu vivant dans un ghetto boueux, correspondant également à sa condition sociale. ... Dans la région de Žitný ostrov [dans le sud de la Slovaquie où vivent des membres de la minorité hongroise] on dit encore aujourd'hui : 'Quoi que tu fasses, tu resteras toujours un Sárközi' - une victime de ton environnement. Sarkozy est resté, du moins au sens moral du terme, un 'Sárközi'." (06.09.2010)

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Corriere del Ticino - Suisse

Fini ne changera pas l'Italie

Le président du Parlement italien Gianfranco Fini a annoncé la "fin" du parti au gouvernement PDL, qui l'avait exclu à l'issue d'une querelle. Il ne rompt pourtant pas avec le Premier ministre Silvio Berlusconi, auquel il a proposé un pacte jusqu'à la fin de la législature. Fini a ainsi laissé passer une opportunité importante, estime le quotidien libéral suisse Corriere del Ticino : "Dans son discours, Gianfranco Fini a uniquement fait allusion à sa propre exclusion et à son droit d'exercer des critiques à l'encontre de son parti, c'est-à-dire qu'il a uniquement abordé la question de méthode de la conduite d'un parti. … Fini n'aurait pas dû parler de la naissance d'un nouveau peuple de la liberté mais de la résurrection de l'Italie des ruines sous lesquelles elle est enfouie. … C'est un discours qui ne mènera vraisemblablement ni vers la rupture ni à une crise gouvernementale, et qui n'ouvrira pas non plus de nouvelle brèche dans la crise qui agite le berlusconisme et le pays tout entier. A la fin, ils finiront par trouver un compromis et tout redeviendra comme avant. Suivant ainsi la vieille méthode selon laquelle on annonce de grands changements pour que rien ne change." (06.09.2010)

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Vasárnapi Hírek - Hongrie

Le Fidesz sape la démocratie hongroise

Cela fait 100 jours que le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a pris ses fonctions. Son parti, le Fidesz, a ainsi commencé à saper la démocratie, estime Florence La Bruyère, la correspondante à l'étranger du quotidien français Libération, dans le journal dominical de centre-gauche Vasárnapi Hírek : "En dotant les postes principaux de l'appareil d'Etat de soldats du parti, Viktor Orbán a affaibli la démocratie. Qui peut bien croire que le nouveau président de la Cour des comptes, issu du parti conservateur de droite du Fidesz, sera neutre lorsqu'il sera question des affaires douteuses du financement de son parti ? … Au cours de ses 100 premiers jours, le gouvernement Orbán a rompu avec le droit coutumier de l'UE, dont le principe est le suivant : un parti ne doit pas se servir de sa victoire électorale - même si celle-ci est aussi nette - pour contribuer à l'affaiblissement de la démocratie. Les électeurs hongrois ont élu le parti du Fidesz pour avoir un gouvernement efficace et capable. Mais cela ne signifie pas qu'ils approuvent le démantèlement de la IIIe République." (05.09.2010)

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Rzeczpospolita - Pologne

La Russie doit se rapprocher de l'OTAN

L'institut scientifique Insor, proche du président russe Dmitri Medvedev, a publié des projets de rapprochement de la Russie de l'OTAN. C'est une bonne nouvelle, estime le quotidien conservateur et russo-sceptique Rzeczpospolita : "Le rapprochement de la Russie de l'OTAN et la possible adhésion de ce pays à la communauté semble certes être un pur fantasme. Mais les conseillers de Medvedev ont évalué sérieusement les différentes variantes de l'intégration dans l'OTAN. C'est une bonne nouvelle pour nous. Cela signifie en effet que la Russie a bel et bien changé, et ce dans une direction qui nous est favorable. Si l'on observe la situation internationale sans idée préconçue et avec lucidité, il est clair que l'OTAN n'est pas l'ennemie de la Russie. Le monde s'est tellement transformé que le réel danger pour Moscou ne vient plus de l'Ouest, mais du Sud et de l'Est. Mais la dimension émotionnelle joue toujours un rôle en politique. Et pour des millions de Russes, l'Alliance de l'Atlantique-Nord reste un ennemi." (06.09.2010)

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RÉFLEXIONS

To Vima Online - Grèce

Giannis Kartalis sur le nouveau climat gréco-turc

La Turquie et la Grèce se rapprochent prudemment l'une de l'autre, mais elles doivent encore surmonter le climat de défiance qui s'est formée dans l'opinion publique des deux pays, écrit Giannis Kartalis dans le quotidien de centre-gauche To Vima : "Il reste encore à savoir si le geste de bonne volonté du gouvernement turc, avec la récente autorisation de la messe dans le monastère de Sumela et la décision de la réouverture de l'école orthodoxe de Chalki [le séminaire situé sur l'île turque de Heybeliada avait été fermé en 1971], sera suivi par d'autres. Contrairement à ce qui a pu se produire par le passé, il est en tout cas encourageant désormais que de nombreux journalistes turcs progressistes demandent publiquement au [Premier ministre turc] Erdoğan de continuer dans cette voie. … On peut toutefois se demander s'il y aura aussi des journalistes en Grèce qui soutiendront tout aussi ouvertement la construction d'une mosquée pour les nombreux immigrés musulmans à Athènes." (06.09.2010)

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Libération - France

Eric Fassin sur le sens du virage à droite en France

Le sociologue français Eric Fassin analyse le virage à droite de la politique française d'immigration dans le quotidien de centre-gauche Libération : "Depuis les années 80, nous avons vécu en France sous le régime du 'seuil de tolérance'. L'idée s'est imposée, à gauche comme à droite, qu'il fallait prendre au sérieux le 'problème de l'immigration' - le Front national ne lui devait-il pas sa progression dans les urnes ? Certes, il ne s'agissait pas d'épouser les thèses de l'extrême droite, mais plutôt, pour reconquérir son électorat, d'apporter d'autres réponses aux mêmes questions. Pour combattre la tentation xénophobe, il convenait d'éviter tout 'angélisme', et de faire preuve de 'réalisme'. La France ne pouvait 'accueillir toute la misère du monde', sauf à buter, surtout dans les classes populaires, sur un seuil de tolérance." (06.09.2010)

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ÉCONOMIE

Handelsblatt - Allemagne

L'UE exerce un contrôle homogène sur les banques

Avec la décision de l'UE d'établir une instance de supervision financière européenne, les différents règlements relatifs aux prestations financières au sein de l'UE seront enfin centralisés, se réjouit le journal économique libéral Handelsblatt : "La Banque centrale allemande devrait aussi s'estimer heureuse que l'UE démêle enfin la pelote des lois nationales sur les marchés financiers et la file sur le même écheveau, d'autant que les législateurs nationaux produisent toujours de nouvelles contradictions. … La création d'une supervision financière européenne est notamment une bonne nouvelle pour les contribuables. Ceux-ci souffrent de la facture de plusieurs milliards liée aux énormes carences de la surveillance nationale qui ont été constatées pendant la crise financière. … Les instances de supervision bancaire européenne devront à l'avenir mettre un terme aux activités à risques lorsqu'une grande banque connaît des difficultés - et devront si nécessaire s'opposer à la volonté d'une autorité de surveillance nationale passive." (06.09.2010)

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Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Moins de prospérité en Europe

Les Etats industrialisés perdent constamment du poids face aux économies émergentes et l'Europe, les Etats-Unis et le Japon risquent de voir leur prospérité diminuer, écrit le quotidien libéral-conservateur Neue Zürcher Zeitung : "Au-delà des problèmes intra-européens non-résolus, les pays industrialisés sont confrontés non seulement à une concurrence de plus en plus forte des pays émergents, mais aussi à des problèmes démographiques sans précédent. Ces nations n'avaient encore jamais eu à gérer un tel vieillissement de la population jusque-là. De nombreux pays sont mal préparés à cela financièrement. Si lors des précédentes crises, les Etats-Unis et l'Europe avaient prêché aux pays en développement et aux pays émergents des vertus de gestion budgétaire, on a par la suite bien peu tenu compte de nos propres conseils. La situation budgétaire dans de nombreux Etats industrialisés est en tout cas largement plus mauvaise que dans la plupart des économies émergentes. L'Occident - également principal responsable de la récente crise financière - a ainsi perdu beaucoup de son ancien rôle de modèle économique." (05.09.2010)

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SOCIÉTÉ

Eesti Päevaleht - Estonie

L'Estonie submergée par les voitures

La motorisation de l'Estonie continue de croître. Il est grand temps d'élaborer une nouvelle politique des transports, écrit le quotidien Eesti Päevaleht : "A l'époque soviétique, les automobiles n'étaient pas des biens de consommation courante en Estonie, mais des produits de luxe. Il fallait attendre des années avant d'obtenir une autorisation d'achat et rares étaient ceux qui pouvaient s'offrir leur propre voiture. Pas étonnant donc que les automobiles soient devenues le symbole de la liberté occidentale et que leur nombre ait explosé après le rétablissement de l'indépendance. Alors que l'Estonie comptait 126.000 véhicules immatriculés en 1980, il y en a aujourd'hui quatre fois plus, soit 545.000. Mais avec les voitures sont également arrivés les problèmes : embouteillages, pollution de l'air, bruit et investissements de centaines de millions de couronnes pour construire de nouvelles routes. … Il serait intelligent de la part des autorités publiques de mettre un frein à ce développement, non par des sanctions, mais par des mesures positives comme le renforcement des transports publics." (06.09.2010)

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Público - Portugal

Les médias influencent la justice portugaise

Dans un procès portant sur des abus sexuels commis sur des enfants et qui dure depuis presque six ans, le tribunal vient de reconnaître coupables six des accusés. Il a été reproché à des personnalités médiatiques et politiques d'avoir abusé d'au moins 32 mineurs résidant au foyer Casa Pia. Le quotidien Público s'insurge de l'influence exercée par les médias : "Hier nous avons pu constater que l'époque où la justice pouvait se prononcer sur la culpabilité ou l'innocence en conformité avec la loi est révolue. A peine les motifs du verdict étaient-ils connus que la justice avait quitté le lieu dans lequel elle devrait être exercée et qu'elle s'est retrouvée sur la place publique, du fait des retransmissions télévisées en direct. … Ce qui est arrivé aujourd'hui ne semble pas garantir suffisamment la tranquillité de ceux qui, de par la loi, sont chargés de rendre la justice. Si on ne le comprend pas, on tolère l'idée d'une justice populaire ou celle du droit des plus forts. Ou encore pire, on admet définitivement que la justice est morte au Portugal." (06.09.2010)

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