Lidové noviny - République tchèque | mardi, 14. juillet 2009
Ernest Hemingway est aux antipodes de Milan Kundera
L'écrivain américain Ernest Hemingway aurait été dans les années 1940 un agent des services secrets soviétiques, le KGB. "Cette information va-t-elle réécrire l'histoire, va-t-elle changer notre image de ce grand intellectuel de gauche ?", demande le quotidien conservateur Lidové Noviny. "Difficilement. Quiconque a ne serait-ce que touché un de ses livres sait qu'Hemingway était un anti-fasciste convaincu. Il a été journaliste et activiste pendant la guerre civile en Espagne. Serait-il étonnant qu'il ait pu refuser de voir uniquement le mal dans le KGB à une époque où officiellement, seule Moscou soutenait les républicains espagnols ? Qu'il ait tendu vers le KGB l'année où Hitler attaquait l'Union soviétique, alors que les Etats-Unis ne faisaient toujours rien ? ... En outre, autant que nous le sachions, il n'a nui à personne. En cela, il est d'une certaine manière aux antipodes de Milan Kundera. L'information sur sa possible trahison d'un opposant au communisme a placé son œuvre sous un autre jour. Dans quelle mesure la trahison qu'il décrit dans son livre 'Les propriétaires des clés' est-elle autobiographique ? Nous ne le savons pas, parce que Kundera s'est tu jusqu'à aujourd'hui."
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