Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung - Allemagne | dimanche, 28. août 2011
Honteuse politique libyenne de l'Allemagne
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, est sous le feu des critiques après avoir attribué la victoire des rebelles libyens aux sanctions auxquelles a contribué l'Allemagne contre le régime de Kadhafi plutôt qu'à l'intervention de l'OTAN à laquelle le pays a refusé de participer. Le journal conservateur Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung se demande avec sarcasme de quelles sanctions Westerwelle peut bien vouloir parler : "Pas du gel des avoirs ou de l'interdiction de voyages pour les représentants du régime, pas plus que de la suspension des paiements pour les livraisons d'énergie. En fait, seulement de l'embargo de l'ONU sur les armes. A l'instar de Paris, Rome et Londres, Berlin a en effet armé Kadhafi pendant des années. Cela n'était plus possible. Ce manque à gagner pourrait faire passer Westerwelle pour un héros. Mais l'embargo sur les armes a pu être imposé uniquement parce que les navires de guerre de l'OTAN croisaient en Méditerranée. L'Allemagne avait retiré ses bâtiments de cette flotte. … Westerwelle propose que l'Allemagne s'engage dans la reconstruction économique ; 'nous nous y connaissons beaucoup'. C'est vrai, les entreprises pétrolières allemandes étaient déjà bien implantées sous Kadhafi. … Cela fait toujours bonne impression quand un pays membre refuse de participer aux coûts d'une intervention militaire, mais souhaite a posteriori s'assurer les bénéfices de la paix."
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