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À la une de mardi, 14. février 2012


La volonté de réforme des Grecs en question

Olli Rehn veut être sûr que les partis grecs s'engagent pour une austérité durable. (© AP/dapd)

Avant la rencontre de mercredi des ministres des Finances de la zone euro, la Grèce doit satisfaire de nouvelles conditions pour le deuxième programme d'aide de plus de 130 milliards d'euros. C'est ce qu'a rappelé lundi le commissaire européen à l'Economie, Olli Rehn. Si certains commentateurs préconisent une adoption rapide et autonome des objectifs d'austérité en Grèce pour éviter la faillite, d'autres doutent de la capacité des Grecs.


Ta Nea - Grèce

L'adoption dans la douleur du programme d'austérité au Parlement grec a stimulé les marchés lundi matin. Mais contrairement à la chancelière allemande, Angela Merkel, le vice-chancelier, Philipp Rösler, et le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, continuent d'évoquer ouvertement une faillite éventuelle de la Grèce voire une sortie du pays de la zone euro. C'est la raison pour laquelle les réformes adoptées doivent être rapidement mises en œuvre pour éviter la faillite, demande le quotidien de centre-gauche Ta Nea : "Rien n'est encore définitif. Nous avons encore un long chemin devant nous avec de nouveaux sacrifices, encore plus douloureux que ceux consentis jusque-là. Il y a toutefois un espoir de réussite. Nous devons regarder devant nous tout en apprenant des erreurs de ces deux dernières années : en finir avec les revers comme ce fut le cas lors du premier programme d'austérité. Les grandes réformes doivent être mises en œuvre pour envoyer le message nécessaire à la communauté internationale. Le plus important, c'est que l'on prenne enfin les mesures drastiques contre la fraude fiscale. … Les citoyens ne sont pas opposés aux sacrifices, mais ils réclament justice." (13.02.2012)


Neue Zürcher Zeitung - Suisse

L'adoption par les députés grecs du plan d'austérité a été imposé et ne correspond pas à la conviction intime de la plupart d'entre eux, estime le quotidien libéral-conservateur Neue Zürcher Zeitung. Le journal doute que les réformes puissent ainsi passer : "Au sein des deux principaux partis, PASOK et Nea Dimokratia, il n'y a même pas - malgré l'adoption du plan de rigueur - de consensus minimum sur ce qui doit être fait pour sauver le pays. Cela suffit à rendre inefficaces les mesures ordonnées par les créancier. La mise en place d'un commissaire budgétaire étranger et d'un compte bloqué destinés au paiement de la dette ne serviront pas à grand-chose. En outre, ces mesures d'austérité sont avant tout ressenties comme un diktat étranger et les politiques peuvent facilement reporter la responsabilité de leurs erreurs et de leurs omissions sur d'autres. La motivation pour un changement profond doit finalement venir de l'intérieur et être aussi soutenue par la population. On est toutefois loin de ce grand effort national en Grèce." (14.02.2012)


Sme - Slovaquie

Ce n'est pas la contestation violente contre la politique d'austérité à Athènes qui constitue le danger principal pour la démocratie grecque, estime le quotidien libéral Sme, mais  l'indisposition à gagner moins d'argent : "Il existe dans la politique grecque des courants extrêmement polarisés à gauche et à droite, prêts à lutter violemment pour leurs objectifs. Mais ce qui est plus préoccupant aujourd'hui, c'est que les intérêts des extrémistes coïncident avec ceux des puissants syndicats de la fonction publique. Dans les rues se trouvent aujourd'hui ceux qui ont jusqu'à maintenant le plus profité de subventions européennes, d'un marché déformé et d'une économie inefficace. On peut comprendre l'irritation de ces individus, dont les revenus vont probablement baisser de moitié, voire plus s'ils sont contraints de payer des impôts. Mais ces revenus correspondront alors à la performance économique réelle du pays. Le risque réside dans l'indisposition à se contenter de moins d'argent." (14.02.2012)


Le Figaro - France

L'Europe a clairement sa part de responsabilité dans la situation de la Grèce, estime le politologue Giorgos Prevelakis dans le quotidien conservateur Le Figaro : "N'est-il pas pour autant imprudent d'opposer l'europe à la Grèce, comme s'il s'agissait de deux entités clairement séparées ? Ce serait oublier que trente ans de vie commune au sein de l'union européenne et soixante ans au sein de l'otan ont tissé des liens étroits entre les acteurs grecs et l'ensemble euro-atlantique. Entre l'état surdimensionné, le clientélisme, la corruption, l'incompétence de l'administration et le manque de compétitivité, on découvre aujourd'hui les faiblesses de la société grecque. Est-ce seulement la faute des Grecs ? N'a-t-on pas toléré, voire encouragé, le clientélisme et la distribution de la rente européenne pour éviter des débordements politiques qui auraient pu menacer le rôle de la Grèce dans le dispositif militaire occidental ?" (14.02.2012)


Svenska Dagbladet - Suède

L'arrogance n'est pas de mise vis-à-vis des Grecs, estime le quotidien conservateur Svenska Dagbladet, même si l'exaspération est tentante devant les rues en flammes : "Ne comprennent-ils donc rien ? Les caisses sont vides. Les revenus de l'Etat sont faibles, les dépenses trop élevées. Sans crédit d'urgence, le pays sera confronté à un défaut de paiement chaotique. … Il faut en même temps se garder de toute arrogance. La Suède est un pays différent, ce qui n'exclut toutefois ni la mauvaise gestion ni les protestations contre l'austérité. En même temps, les difficultés que nous avons connues pendant la crise suédoise des années 1990 ont été une brise légère comparée à la tempête qui attend la Grèce pendant de nombreuses années encore. Salaires, retraites, impôts : rien ne sera épargné. Pas étonnant que les individus voient l'avenir avec désespoir (il est malheureusement caractéristique que les gauchistes incendiaires exploitent la situation à leur propre avantage). Mais les Grecs méritent aussi notre compassion." (14.02.2012)


Blog Coulisses de Bruxelles - France

L'ex-Premier ministre grec Giorgos Papandreou s'est excusé pour la corruption dans son pays lors d'un discours prononcé dimanche soir devant le Parlement à Athènes. Jean Quatremer salue cette autocritique dans son blog Coulisses de Bruxelles : "'Notre système politique est responsable collectivement de tous les fonctionnaires que nous avons embauchés par favoritisme, des privilèges que nous avons accordés par la loi, des demandes scandaleuses que nous avons satisfaites, des syndicalistes et des hommes d'affaires que nous avons favorisés et des voleurs que nous n'avons pas mis en prison'. Ces quelques extraits de son discours nous ont été fournis par des internautes grecs. Il y a sans doute plus, mais, curieusement, on n'en trouve pas trace dans les dépêches des agences, ce qui est regrettable. Car ce n'est pas tous les jours qu'un ancien chef de gouvernement reconnait solennellement la responsabilité collective de l'élite politique dans la faillite de son pays et la corruption généralisée des mœurs politiques. ... Pauvre Grèce !" (14.02.2012)


» Ensemble de la revue de presse de mardi, 14. février 2012

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