À la une de jeudi, 15. mars 2012
Un premier verdict qui renforce la CPI

La CPI a eu besoin de six ans pour juger Lubanga. (© AP/dapd)
La Cour pénale internationale (CPI) de La Haye a jugé coupable mercredi le chef rebelle congolais Thomas Lubanga d'avoir enrôlé des enfants soldats. Le premier verdict de la CPI depuis sa fondation il y a dix ans renforce le tribunal mais illustre aussi la lourdeur de la justice internationale, estiment les analystes.
The Daily Telegraph - Royaume-UniUn jugement qui dévoile les faiblesses de la CPI
Si le jugement prononcé contre le criminel de guerre Thomas Lubanga est justifié, il dévoile aussi les faiblesses de la Cour pénale internationale, estime le quotidien conservateur The Daily Telegraph : "La CPI, qui existe depuis presque dix ans et a coûté jusque-là 900 millions d'euros, a prononcé hier son premier verdict depuis l'arrivée de Lubanga à La Haye il y a près de six ans. Cela fait de cette affaire un exemple révélateur de la lourdeur de la justice internationale. Les pires criminels de la planète peuvent donc continuer à dormir sur leurs deux oreilles. Joseph Kony, le dirigeant criminel de 'l'Armée de résistance du Seigneur' [en Ouganda] est toujours en cavale, bien qu'il figure en tête de la liste des accusés de la CPI et fasse l'objet d'une grande campagne Internet. … Les critiques attirent l'attention sur le fait qu'un tribunal qui dépend du Conseil de sécurité quant au transfert des criminels est vulnérable à l'accusation de mener la 'justice des vainqueurs'. … Mais il est préférable d'arriver à condamner quelques individus plutôt que de n'en condamner aucun." (15.03.2012)
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NRC Handelsblad - Pays-BasUn verdict qui renforce le droit international
Le premier verdict de la Cour pénale internationale, énoncé mercredi à l'encontre du chef rebelle congolais Thomas Lubanga, était depuis longtemps attendu, estime le quotidien libéral NRC Handelsblad : "Le verdict est une avancée également pour l'image de la Cour pénale. Trop de temps s'est écoulé jusqu'à ce jugement. … En Afrique notamment, la CPI est seulement perçue comme une arme de l'Occident. … Mais même les grandes puissances (nucléaires) s'en tiennent à l'écart. Les Etats-Unis, la Russie, Israël et près de 30 autres Etats n'y sont contractuellement pas associés. … La condamnation de Lubanga peut convaincre ces pays de la nécessité d'une participation. Le premier verdict de la CPI est équilibré et n'est pas dicté par des motifs politiques. La Cour a de l'avenir, le droit international également. C'est dans l'intérêt de tous les Etats civilisés, même des grandes puissances." (15.03.2012)
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Frankfurter Rundschau - AllemagneIl n'y a pas de despotes qu'en Afrique
Si les critiques reprochent à la Cour pénale internationale (CPI) de trop se concentrer sur les Etats africains, l'histoire de cette institution est pourtant une réussite, estime le quotidien de centre-gauche Frankfurter Rundschau : "Les procureurs de la CPI se défendent en rappelant qu'ils se sont rarement personnellement efforcés de lancer des procédures. Dans quatre cas (Ouganda, Congo, République Centrafricaine et Côte d'Ivoire), ce sont plutôt les gouvernements africains eux-mêmes qui voulaient voir leurs opposants déférés devant les cadis. … Il faut donc plutôt reprocher le côté hypocrite des chefs d'Etat africains que celui des procureurs de La Haye. Ils font appel à la CPI quand cela leur convient et la dénoncent haut et fort ou l'ignorent tout bonnement quand cela les dérange. … De plus en plus de gouvernements, à l'image de ceux de l'Egypte, de la Tunisie ou de la Libye, sont disposés à se joindre a posteriori aux 120 Etats qui ont ratifié le statut de Rome de la CPI. Pour obtenir un véritable triomphe international, il faut toutefois que d'autres régions du monde entrent dans le collimateur des chasseurs de despotes. La Syrie pourrait être un début." (14.03.2012)
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