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À la une de mercredi, 25. avril 2012


L'austérité européenne divise les Pays-Bas

La reine Béatrix a accepté la démission du Premier ministre Rutte. (© AP/dapd)

Des élections anticipés ont été fixés pour le 12 septembre aux Pays-Bas. L'extrême droite avait auparavant retiré son soutien au gouvernement minoritaire, refusant de cautionner les coupes de plusieurs milliards qu'impose le pacte budgétaire de l'UE. Si même les élèves modèles de la zone euro ne respectent pas les traités, alors les règles budgétaires rigoureuses et les strictes mesures d'austérité ne sont plus susceptibles d'obtenir un soutien majoritaire, estiment les commentateurs.


Le Monde - France

Des signes clairs contre l'austérité allemande

Aux Pays-Bas, le gouvernement s'est effondré car l'extrême droite a refusé de soutenir les mesures d'austérité exigées par l'UE, et aux élections présidentielles françaises, le Front National de Marine Le Pen a obtenu près d'un cinquième des voix. Des signaux clairs à l'encontre de la politique d'austérité allemande, estime le quotidien de centre-gauche Le Monde : "Alors, s'inquiète-t-on un peu partout en Europe, si même ce bon élève (les Pays-Bas) n'arrive pas à appliquer les critères budgétaires de la zone euro sans faire exploser son gouvernement, qui donc va y parvenir ? ... L'Europe vit ces jours-ci un moment crucial. Un moment où la frustration et la peur des sacrifices imposés par les inévitables restrictions budgétaires s'expriment de la manière pourtant la plus sage qui soit : par la voie politique et institutionnelle. D'une certaine façon, Mme Merkel a raison : l'Europe est devenue de la politique intérieure. Mais le message que lui envoient ses 'concitoyens' européens, Français en tête, n'est certainement pas celui qu'elle voudrait entendre. Ce message est un signal de rejet du modèle allemand de gestion de la crise de l'euro, qui pose l'austérité comme condition préalable à la reprise de la croissance." (25.04.2012)


Lidové noviny - République tchèque

Le gouvernement bute sur le pacte budgétaire

La chute du gouvernement néerlandais était inutile, selon le quotidien conservateur Lidové noviny : "La pression allemande sur la discipline budgétaire a fait une nouvelle victime : le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, le plus proche allié de la chancelière Merkel dans la mise en œuvre de la politique d'austérité. L'exemple des Pays-Bas montre bien que le pacte budgétaire ne résout pas les problèmes de la zone euro mais au contraire les amplifie et peut déclencher des crises politiques inutiles. … Même si le déficit budgétaire a augmenté au cours des deux dernières années de stagnation économique et tourne autour de cinq pour cent du PIB, les agences de notation ont conservé au pays sa note maximale. … Ce sont les Allemands et les Néerlandais qui ont demandé des plafonds de déficit plus bas. Et la Commission européenne semble déterminée à les imposer - peu importe qui cela concerne." (25.04.2012)


Knack - Belgique

L'Europe se cramponne aux règles budgétaires

La crise gouvernementale aux Pays-Bas ainsi que le résultat électoral en France sont les signes d'une grogne grandissante contre les strictes règles budgétaires européennes, estime l'hebdomadaire de centre-gauche Knack : "D'après les sondages, il est possible que les élections anticipées consacrent le SP [socialiste], un parti qui, à l'instar du PVV de Wilders, rejette les strictes directives budgétaires européennes. Le 6 mai, les Grecs se rendront également aux urnes. D'après les instituts de sondage grecs, les partis qui exécutent aujourd'hui les consignes de rigueur européennes n'y obtiendront pas de majorité. … L'Europe n'a toutefois pas de réponse et se cramponne à la refonte du Pacte de stabilité et autres traités budgétaires. L'intégration européenne a atteint ses limites et se trouve désormais touchée en plein cœur. … L'Union européenne s'est enlisée et menace désormais de perdre le contrôle des banques, lesquelles ne parviennent plus à augmenter leur capital propre en raison de la reprise de la crise de l'euro." (25.04.2012)


Der Standard - Autriche

On ne peut gouverner avec l'extrême droite

La politique destructrice des populistes d'extrême droite rend impossible un gouvernement commun, estime le quotidien de centre-gauche Der Standard suite au rejet par Geert Wilders de l'austérité prescrite par l'UE : "Voilà ce qui se passe quand on fait participer l'extrême droite ou des populistes au pouvoir, ne serait-ce que de manière indirecte. A court ou long terme se déploie leur potentiel destructeur et agressif. On ne peut pas gouverner avec eux, car en règle générale ils ne sont pas pour quelque chose, mais contre quelque chose : contre l'islam, contre les Juifs, contre les étrangers, contre les immigrés, etc. Mais tous sont 'contre l'UE telle qu'elle est.' Cela réunit le FPÖ de Haider et Strache à la Lega Nord en Italie, en passant par le Front national en France et le Vlaams Belang en Belgique. Il est juste étonnant qu'il y ait encore et toujours des conservateurs qui s'engagent pour cela." (25.04.2012)


» Ensemble de la revue de presse de mercredi, 25. avril 2012

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