À la une de mercredi, 16. mai 2012
Vers de nouvelles élections en Grèce

Selon les sondages, Alexis Tsipras pourrait obtenir 25 pour cent des voix. (© AP/dapd)
La formation d'un gouvernement d'experts a échoué mardi en Grèce, entraînant l'annonce par le président Karolos Papoulias de nouvelles élections pour le mois de juin. Pour les analystes, ce scrutin s'apparentera à un référendum sur le maintien de la Grèce dans la zone euro si Alexis Tsipras, leader du Syriza et opposé à l'austérité, n'accepte pas enfin de faire des compromis.
Neue Zürcher Zeitung - SuisseSyriza doit être honnête avec les électeurs
D'après les sondages, l'alliance de gauche Syriza menée par Alexis Tsipras pourrait devenir la principale force politique du pays à l'issue des nouvelles élections. Les propos de Syriza sont toutefois irréalistes et ne changent rien à la nécessité de la cure d'austérité, estime le journal libéral-conservateur Neue Zürcher Zeitung : "Si le tribun populaire de gauche annonce que la Grèce pourrait interrompre ses efforts d'austérité tout en restant dans la zone euro, estimant que l'Occident ne fait que bluffer, il pourrait se fourvoyer complètement. La marge de manœuvre n'est certainement pas aussi importante que Tsipras veut bien le faire croire à la population. Il doit lui aussi comprendre que les coupes et les réformes structurelles douloureuses sont indispensables, que le pays reste dans la zone euro ou revienne à la drachme. Ce serait un message honnête. Mais si les Grecs veulent croire les propos trompeurs de Tsipras, c'est aussi une décision qui doit être respectée." (16.05.2012)
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Süddeutsche Zeitung - AllemagneImpossible sans compromis
Avec les nouvelles élections prévues en juin, les politiques grecs et les représentants de la troïka devront impérativement être conciliants, estime le quotidien de centre-gauche Süddeutsche Zeitung : "Pour cela, il faudrait que l'alliance de gauche Syriza soit prête à ouvrir les yeux. Le parti fait comme si la crise de la dette n'existait pas. … Syriza rejette le 'diktat d'austérité' et s'appuie dans cet argument sur la volonté du peuple. Mais ce n'est qu'une partie de la vérité. 80 pour cent refusent l'austérité, mais troublés comme le sont les Grecs aujourd'hui, ils sont également 80 pour cent à vouloir rester dans la zone euro. Pour Syriza, les deux sont possibles. La réalité lui prouvera le contraire. D'ici là, le parti doit faire du mouvement de protestation un parti apte à agir sur le plan politique. … Peu importe qui sera élu en juin, l'UE et le FMI devront faire quelques compromis envers Athènes, sans quoi le nouveau gouvernement ne tiendra pas non plus longtemps. On ne peut pas mener la politique en permanence contre la volonté de la majorité du peuple. Sauf si l'on est prêt à remettre la démocratie en question." (16.05.2012)
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Naftemporiki - GrèceComme un référendum sur le maintien de l'euro
Les électeurs devraient considérer les élections anticipées comme un référendum sur le maintien de la Grèce dans la zone euro, estime le journal économique conservateur Naftemporiki : "C'est l'unique moyen d'empêcher les politiques d'interpréter le résultat électoral à leur façon. … Aussi bien avant qu'après les élections du 6 mai, tous n'ont fait que parler du programme d'austérité et non de l'euro. Tous les sondages montrent par ailleurs que plus de 80 pour cent des Grecs souhaitent conserver l'euro. … Deux années de dure austérité, de récession, d'erreurs grecques et d'expérimentations européennes n'ont pas donné envie aux individus de quitter la zone euro. … Car nous savons ou supposons tous que nous ne pourrons obtenir aucun crédit sans les créanciers internationaux. Et nous ne pouvons malheureusement pas vivre sans crédits." (16.05.2012)
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Duma - BulgarieDes élections préférables à un gouvernement d'experts
Le fait qu'un gouvernement d'experts ait été évité en Grèce réjouit le quotidien communiste Douma : "Les technocrates ne sont jamais aux côtés du simple individu car ils sont les gardiens du grand capital. Les responsables de la crise tentent de dissimuler leur faute et leur responsabilité en ayant recours à leurs experts. … L'idée selon laquelle la politique devrait être menée par des technocrates revient à confier la direction d'un hôpital au commandant d'un camp de concentration. Dieu merci, l'Europe dispose encore d'un instinct politique et social qui fonctionne. Les Grecs se sont ainsi décidés pour des élections anticipées plutôt que pour la formation d'un cabinet d'experts. … C'est une bonne chose que cela soit encore possible de nos jours. Dans un autre monde, on négocierait les actions du gouvernement en bourse, les courtiers seraient des stratèges politiques et Goldman Sachs pourrait même racheter le Vatican." (16.05.2012)
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» Ensemble de la revue de presse de mercredi, 16. mai 2012