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À la une de vendredi, 3. août 2012


Draghi déçoit les pays en crise

Les bourses européennes ont réagi négativement aux déclarations de Draghi. (© AP/dapd)

La BCE rachètera à l'avenir des emprunts publics des pays en crise, à condition que ces derniers sollicitent cette aide auprès du fonds de sauvetage de l'euro et satisfassent les exigences qui sont liées. C'est ce qu'a déclaré jeudi le président de la BCE Mario Draghi. Pour certains commentateurs, il ne respecte pas sa promesse de sauver l'euro et sape la crédibilité de la BCE. Pour d'autres, il est normal que les pays en crise soient davantage responsables.


Diário Económico - Portugal

Les déclarations d'intention ne suffisent pas

Il est malvenu que Draghi n'honore pas la promesse qu'il a faite la semaine dernière, juge le journal économique libéral Diário Económico : "Il a commencé en faisant la promesse qu'il ferait tout le nécessaire pour sauver l'euro, mais il n'a rien fait . … C'est déjà devenu tellement habituel au sein des institutions européennes : on étudie d'abord le problème et l'on voit ensuite. … Les marchés n'apprécient ni les nouvelles cryptées, ni les individus qui font le contraire de ce qu'ils déclarent. … C'est pourtant précisément la pratique quotidienne des politiques de l'UE : des déclarations d'amour pour l'euro qui ne vont pas plus loin. … La crédibilité des institutions européennes est en ruine. Cette décision de la BCE a été clairement influencée par les pressions de l'Allemagne et l'orthodoxie financière allemande s'est une nouvelle fois imposée. … Pour l'Allemagne, le rachat d'emprunts publics par la BCE est un sacrilège. Draghi voulait emprunter cette voie, mais il a dû battre en retraite. Dorénavant, on n'interviendra que lorsque les pays en crise solliciteront les fonds de soutien." (03.08.2012)


De Tijd - Belgique

La contre-annonce de choc de Draghi

Avec sa politique de communication catastrophique, Draghi galvaude la crédibilité de la BCE, critique le journal économique libéral De Tijd : "Qu'est-il donc passé par la tête de Draghi ? Croit-il vraiment que l'on peut promettre, telle semaine, aux investisseurs - de la City de Londres, rappelons-le - de faire 'tout le nécessaire' pour soutenir l'euro, et capituler la semaine d'après ? Quelqu'un doit faire comprendre à l'Italien que les investisseurs forment un groupe d'individus surexcités. En faisant à Londres des promesses qu'il n'a pas pu réaliser, Draghi a dilapidé la crédibilité de la BCE. C'est regrettable. … La contre-annonce de Draghi a fait grimper hier les taux espagnols à 7,17 pour cent. La plus forte hausse dans la même journée depuis 18 ans, a évalué Reuters. Draghi trouvera tout cela certainement très irrationnel. Mais avec une communication aussi mauvaise, il est tout à fait rationnel que les investisseurs décampent." (03.08.2012)


Corriere della Sera - Italie

La politique doit assurer le sauvetage de l'euro

Le président de la BCE Draghi a raison de responsabiliser les pays, estime le quotidien libéral-conservateur Corriere della Sera : "Avec leurs régressions, les bourses accusent le président de la BCE de ne pas transformer ses paroles en actes. Mais ici les marchés ont tort. … Un programme de soutien illimité de la BCE en faveur de l'Italie et de l'Espagne, comme le souhaitent le prix Nobel Paul Krugman et de nombreux autres experts dans le monde, est en opposition avec les traités européens. … [Il] saborderait en outre la règle d'or budgétaire, à laquelle les pays souffrants de la pression de l'augmentation des primes de risque se sont engagés. L'Europe politique refusant obstinément de collaborer pour s'attaquer à la crise, la marge de manœuvre que Draghi se réserve a des avantages qui pourraient être honorés par des marchés financiers moins nerveux. D'abord, elle laisse à la BCE toutes les portes ouvertes et ensuite, elle rappelle la politique à une vérité déterminante : le sauvetage de l'euro ne dépend pas de la BCE mais des gouvernements et de leurs électeurs." (03.08.2012)


El País - Espagne

Le BCE pousse l'Espagne vers le fonds de secours

La BCE a indiqué qu'elle ne procédera à un rachat massif d'emprunts d'Etat des pays en crise que si ces derniers sollicitent officiellement des mesures de soutien. Cette perspective implique de graves conséquences pour la société espagnole, redoute le quotidien de centre-gauche El País : "Pour l'Espagne, les conséquences sont plutôt claires. La possibilité d'une intervention directe de la BCE étant exclue, le gouvernement doit réfléchir à l'option de solliciter des aides du fonds de secours de l'euro et décider du meilleur moment pour le faire. … Depuis le sauvetage des banques, le gouvernement a souligné avec insistance que l'économie espagnole n'avait pas besoin de nouveaux fonds. Aujourd'hui, les conditions pour le financement des obligations publiques espagnoles montrent qu'il devra à nouveau rompre l'une de ses grandes promesses annoncées. … Mais on a l'impression que la monnaie unique ne se maintiendra qu'avec des mesures draconiennes en Espagne et en Italie, avec des conséquences imprévisibles pour la société." (03.08.2012)


Financial Times Deutschland - Allemagne

Weidmann sape le plan de Draghi

Il est sage de la part du président de la BCE Mario Draghi de présenter un plan qui dessine les contours du rachat par la BCE d'emprunts d'Etat européens, écrit le journal économique libéral Financial Times Deutschland, qui espère que la Bundesbank ne contrariera pas sa stratégie : "Seulement l'harmonie donc ? Cela aurait été appréciable, pour ne pas porter préjudice à l'annonce de Draghi. Mais l'Allemagne a apporté la contradiction, une nouvelle fois par la voix du président de la Banque centrale, Jens Weidmann, qui a manifestement été le seul membre du Conseil des gouverneurs de la BCE à voter contre le plan de Draghi. Ce dernier n'est pas le seul à être mécontent. Il est en effet malvenu de briser les rangs du Conseil de la BCE dans cette situation. Le gouverneur de la Banque centrale allemande attise la défiance là où il devrait s'efforcer de générer la confiance - c'est précisément ce à quoi veut parvenir la BCE avant la pause estivale. … Cela dépendra désormais du mode d'action de Weidmann ces prochaines semaines. S'il torpille le plan, il sapera la crédibilité de toute l'initiative. Et l'espoir d'une fin d'été à peu près tranquille sur les marchés s'évanouirait." (03.08.2012)


» Ensemble de la revue de presse de vendredi, 3. août 2012

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