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À la une de vendredi, 7. novembre 2008


Manœuvres d'intimidation de la Russie


Dans son premier discours sur l'état de la nation, le président russe, Dmitri Medvedev, a annoncé qu'il avait l'intention de stationner des missiles à courte portée à Kaliningrad. Les missiles Iskander doivent "neutraliser" le bouclier antimissile prévu par les Etats-Unis en Pologne et en République tchèque. La presse européenne discute des manœuvres d'intimidation russes et de leurs conséquences politiques.


Postimees - Estonie

Le quotidien estonien Postimees se montre peu surpris par l'annonce de Medvedev : "Imaginons que des missiles Iskander soient réellement stationnés dans la région de Kaliningrad. Et alors ? Le discours de Medvedev a également été précédé par l'allocution annuelle de Vladimir Poutine, dans laquelle celui-ci annonçait le renforcement de l'armement russe. ... Par ailleurs, Moscou avait déjà menacé de diriger ses armes nucléaires vers la Pologne et la République tchèque, lorsque celles-ci ont signé leurs traités avec les Etats-Unis. Et pourquoi pas aussi vers l'Ukraine, si elle continue à vouloir se rapprocher de l'OTAN ? L'attitude de la Russie est dictée par des intérêts nationalistes et celle-ci est disposée à des entreprises hasardeuses, avec un ton agressif et expansionniste, même si cette image s'apparente presque déjà à un cliché." (07.11.2008)


Latvijas Avīze - Lettonie

Le quotidien Latvijas Avize critique la rhétorique militaire de Medvedev mais invite à la circonspection : "La chose la plus stupide que les politiques américains, polonais, tchèques, lettons ou autres des Etats membres de l'OTAN peuvent faire maintenant, est de tenter de faire comprendre à la Russie que notre système de protection ne représente aucune menace pour la Russie, mais qu'il est plutôt conçu pour se défendre contre les attaques de régimes terroristes. Se justifier serait une humiliation pour l'alliance militaire la plus puissante du monde. ... Nous devrions simplement attendre tranquillement de voir ce qui se passera réellement en fin de compte avec le stationnement annoncé de missiles Iskander. Dans la guerre de Géorgie, il est apparu clairement que l'armement russe était en grande partie vieux et défectueux. Les seuls à souffrir des menaces de Medvedev seront finalement les habitants de Kaliningrad eux-mêmes quand leur région sera remilitarisée." (07.11.2008)


Delo - Slovénie

Les Etats baltes mais aussi la Pologne et la République tchèque sont inquiets, écrit le quotidien Delo. C'est la raison pour laquelle la politique de l'UE à l'égard de la Russie doit être plus cohérente et plus conséquente : "La commissaire européenne aux Relations étrangères, Benita Ferrero-Waldner, s'est prononcée pour le début des négociations pour un partenariat et une collaboration entre l'UE et la Russie, et ce malgré la menace russe d'établir un bouclier antimissile à Kaliningrad. ... La politique de l'UE est moins cohérente que celle de la Russie : d'un côté l'Europe critique la Russie, d'un autre elle la flatte en raison de sa dépendance énergétique. … La nouvelle Europe ne doute pas que les Etats-Unis feront aussi preuve à l'avenir de plus de compréhension à l'égard de ses craintes - et ce malgré le changement de gouvernement. ... Il ne faut pas s'attendre à des grands bouleversements dans les relations entre la Russie et les Etats-Unis. Mais en ce qui concerne les relations entre l'UE et la Russie, les pays de l'ex-Pacte de Varsovie attendent un peu plus de cohérence, si ce n'est un peu plus d'insistance." (07.11.2008)


The Irish Times - Irlande

Le quotidien The Irish Times estime que le futur président démocrate des Etats-Unis, Barack Obama, devra prendre une série de décisions stratégiques : "La menace claire de [Dmitri Medvedev], imposant au nouveau gouvernement américain 'de se décider pour une relation valable avec la Russie', ... peut être considérée comme la salve inaugurale d'une nouvelle guerre froide ou - de manière peut-être plus convaincante- une déclaration claire rappelant que les intérêts russes ne doivent pas être oubliés dans l'inventaire politique dressé après la victoire d'Obama. Les démocrates sont beaucoup plus sceptiques au sujet du bouclier antimissile car ils estiment que celui-ci est non-prouvé techniquement et trop cher. ... Obama ne peut pas se permettre d'être contraint à la défensive par l'annonce russe, mais il ne veut pas non plus avoir une position trop hostile avant sa prise de fonctions. Cette transition politique promet d'être plus active et plus concrète que les précédentes." (07.11.2008)


» Ensemble de la revue de presse de vendredi, 7. novembre 2008

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