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À la une de mercredi, 7. janvier 2009


Il fait froid à l'Est


Le conflit gazier persistant entre la Russie et l'Ukraine touche les ex-pays socialistes de plein fouet. Avec l'arrivée de la vague de froid, la presse de l'Europe de l'est déplore avant tout la dépendance grandissante vis-à-vis de la Russie.


Sme - Slovaquie

La Slovaquie, qui dépend complètement des livraisons de gaz russe, a proclamé l'état d'urgence. Elle n'en a plus que pour 10 jours de réserve. Le quotidien libéral Sme rend Moscou et Kiev responsables de la crise: "L'Ukraine prend en otage les pays situés à l'ouest de ses frontières. La Russie fait de même. Gazprom, [le fournisseur en gaz] ne donne pas de lui-même une image d'exportateur sérieux. Mais l'Europe n'a pas d'alternative. Prise en otage des deux côtés, elle ne peut rien faire de plus que d'insister sur la reprise de des livraisons au plus vite. Dépendre ainsi du Kremlin et de Kiev est une honte." (07.01.2009)


Postimees - Estonie

Le quotidien Postimees note que le gaz a des valeurs différentes en Europe orientale et Europe occidentale et constate que les réactions à l'Est et à l'Ouest sont par conséquent différentes: "Le conflit relatif au gaz ne promet rien de bon pour les pays de l'Est de l'UE car il leur rappelle une nouvelle fois leur dépendance de Moscou. Ainsi, la Bulgarie tire 100 pour cent de ses livraisons de gaz de la Russie et devra désormais annoncer à ses citoyens qu'en raison de l'interruption des livraisons, les réserves sont quasiment épuisées. En fin de compte, ce sont tous les pays livrés via l'Ukraine qui sont concernés, allant de la Pologne à la Grèce. Cette dépendance ne se résout pas si rapidement, elle divise la nouvelle Europe de l'ancienne. Tandis que les anciens pays de l'UE exigent de l'Europe de l'Est qu'elle réagisse à sa dépendance de la Russie, les nouveaux membres de l'UE demandent de resserrer les rangs et d'agir de façon unie face à la Russie." (07.01.2009)


Rzeczpospolita - Pologne

Le quotidien conservateur Rzeczpospolita critique l'absence de politique énergétique européenne commune : "La Russie a déclaré la guerre du gaz à l'Occident, et teste les limites de ses capacités de chantage sur les autres pays avec cette matière première. … En temps de crise, les pays de l'UE se souviennent habituellement de leurs partenaires, mais plutôt selon la maxime du 'sauve qui peut .' [La chancelière allemande] Angela Merkel se demande aujourd'hui comment elle peut assurer l'approvisionnement des clients allemands et non comment elle peut aider la Bulgarie. [Le Premier ministre polonais] Donald Tusk se soucie de nos réserves de gaz, et non de savoir si les gazinières de Bratislava [en Slovaquie] fonctionnent. Bien sûr, le Premier ministre tchèque [Mirek Topolanek] a demandé la reprise des livraisons de l'Est au nom de l'UE. Mais une simple déclaration ne signifie nullement qu'il existe une politique énergétique commune." (07.01.2009)


Delo - Slovénie

Le conflit gazier a une nouvelle fois montré la puissance dont dispose la Russie grâce à ses ressources en gaz, écrit le quotidien Delo: "D'un côté, la Russie gêne l'Ukraine dans sa volonté de se défaire de l'influence de l'ancienne mère patrie (par exemple dans l'adhésion à l'OTAN ou dans la collaboration plus étroite avec l'UE). De l'autre, la Russie fait savoir à l'Europe que l'on ne peut s'attendre à un approvisionnement en gaz fiable que si on laisse la Russie tranquille. … L'UE le sait bien mais ne fait pas preuve d'une habileté extraordinaire dans ses tentatives pour briser ce cercle vicieux." Les divers pays européens misent sur différentes cartes dans le jeu lié à l'approvisionnement en gaz. "Il est donc impossible de mener une politique énergétique unie au sein de l'Union européenne. On voit donc clairement qui a tous les atouts en main concernant le gaz, et les joue à son avantage en cas de besoin. Quand règnent par exemple des températures de moins dix degrés dehors." (07.01.2009)


Revista 22 - Roumanie

L'hebdomadaire Revista 22 pense que le fournisseur énergétique Gazprom veut faire avancer la construction du projet de gazoduc North Stream, grâce auquel le gaz russe pourra être livré directement en Allemagne via la mer Baltique. Pour des raisons environnementales, ce projet est pour l'instant suspendu. "La crise du gaz doit mettre en évidence la dépendance de nombreux Etats de l'UE au gaz russe et la crainte de voir les livraisons via l'Ukraine perturbées. Seul le contournement de ce voisin lunatique de la Russie peut apporter la sécurité aux consommateurs européens. De quelle autre manière peut-on mieux contourner l'Ukraine qu'en passant par la Baltique? Avec le conflit ukrainien, Gazprom veut donc durcir ses positions dans les discussions relatives à l'avenir du gazoduc North Stream." (07.01.2009)


Magyar Nemzet - Hongrie

Le quotidien conservateur Magyar Nemzet redoute que l'Ukraine ne soit la grande perdante du conflit gazier. "Il faudrait que l'Ukraine comprenne petit à petit la logique suivante : elle ne peut pas en même temps s'ouvrir à l'Occident et être aux crochets de la Russie en matière de prix du gaz – comme à l'époque soviétique. … Pour sa part, l'Europe ne peut tout bonnement pas abandonner à son sort un pays, l'Ukraine, au bord de la faillite. Mais l'UE constate de plus en plus que pour assurer son approvisionnement énergétique, en plus du projet de gazoduc 'Nabucco', elle a besoin des gazoducs russes 'North Stream' et 'South Stream' dont la construction est prévue. Kiev risque donc beaucoup : si ces projets de gazoducs sont mis en œuvre, elle ne perdra pas seulement ses recettes de transit. Elle perdra aussi probablement le soutien actif de son grand frère américain." (07.01.2009)


» Ensemble de la revue de presse de mercredi, 7. janvier 2009

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