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À la une de jeudi, 8. janvier 2009


Fermé


Le groupe énergétique russe Gazprom a fermé le robinet de gaz mercredi. Tandis que Moscou et Kiev se rejettent mutuellement la faute concernant l'arrêt des livraisons, l'Union européenne doit adopter une nouvelle position dans le conflit.


Magyar Hírlap - Hongrie

Le quotidien conservateur Magyar Hírlap compare la fermeture du robinet du gazoduc par les Russes à la tactique guerrière médiévale consistant à encercler et affamer l'ennemi. "L'Europe encerclée souffre aujourd'hui d'un blocus et l'ennemi attend qu'elle meurt de froid. … Personne ne croit sérieusement que l'arrêt actuel de l'approvisionnement en gaz est dû à une simple dispute relative au prix du gaz entre la Russie et l'Ukraine. D'un côté, on indique à Kiev et à l'Europe que l'Ukraine n'a rien à faire ni dans l'UE ni dans l'OTAN. De l'autre, on fait savoir à l'Europe que le confort et le bien-être de l'Occident sont des acquis fragiles." (08.01.2009)


Delo - Slovénie

Le quotidien Delo regrette qu'il manque une stratégie européenne commune dans le conflit gazier, d'autant plus qu'il y a déjà eu une crise en 2006: "Les réactions nerveuses qu'a déclenché la fermeture du robinet en Ukraine ont révélé de grandes lacunes de la politique énergétique européenne. ... Les différents pays membres de l'UE dépendent à des degrés différents des livraisons particulièrement précaires du gaz russe. Tandis que les Etats de l'ancien bloc de l'Est tirent quasiment la totalité de leur gaz de Russie, les membres plus importants peuvent compter sur leurs confortables réserves en période de crise." L'UE doit adopter en mars une stratégie détaillée alliant différentes énergies. En cas de sérieuses défaillances dans l'approvisionnement en gaz, la Commission européenne prévoit toute une palette de mesures d'urgence. "Or d'ici le printemps, le risque d'une pénurie énergétique sera passé et il est par conséquent fort probable que la réalisation de ces grands objectifs concernant l'approvisionnement en énergie soit retardée. Du moins jusqu'à la prochaine 'guerre du gaz'." (08.01.2009)


Elsevier - Pays-Bas

En raison du nombre croissant de pays européens touchés par le conflit gazier, l'UE devrait faire front commun face à la Russie, estime l'hebdomadaire conservateur Elsevier: "La Russie dépend d'ailleurs autant de l'Europe que l'Europe dépend des Russes. Le pays a un besoin pressant des recettes de ses ventes de gaz. En effet, plus de 60 pour cent de l'économie russe repose sur l'argent provenant de l'énergie. … Sans les revenus du gaz, l'administration russe ne peut maintenir l'économie à son niveau, et cela nuit à sa position de force. … Il est grand temps que l'Union européenne formule une politique gazière commune, instaure une réserve de secours stratégique et cherche des alternatives au gaz russe. Il en existe bien. Le Canada et la Norvège exportent ensemble plus de gaz que la Russie. L'Europe doit former un front uni contre la Russie. [Le Premier ministre russe Vladimir] Poutine comprendra vite qu'il doit relativiser sa position de force géopolitique." (08.01.2009)


Le Temps - Suisse

Le quotidien Le Temps évoque le rôle d'invité surprise de la Suisse dans le conflit gazier: "Dans cette crise majeure qui oppose désormais Moscou, Kiev et l'Union européenne, la Suisse vient brusquement de jouer les invités surprise. Et si la Confédération allait contribuer à résoudre le conflit gazier qui fait trembler l'Europe? ... Une première demande émane de la société RosUkrEnergo [fournisseur de gaz créé par des actionnaires russes et ukrainiens]. ... Formellement, c'est elle – et non la Russie – qui livre le gaz à l'Ukraine et c'est à elle aussi, et non à Gazprom, que Kiev doit les 3,2 milliards de dollars de dette impayée. … Une seconde demande, émanant cette fois d'un représentant de la diplomatie ukrainienne, a alors été déposée auprès de l'Office fédéral de l'énergie et du Secrétariat d'Etat à l'économie pour exposer la situation de l'Ukraine. Et réclamer l'intervention helvétique. ... Des raisons politiques jouent également un rôle. ... L'approvisionnement énergétique [de la Suisse] ne dépend que très peu du gaz, contrairement à la majorité des pays européens. Par ailleurs, Russes et Ukrainiens semblent prendre grand soin d'éviter que l'Union européenne ... ne joue les arbitres." (08.01.2009)


» Ensemble de la revue de presse de jeudi, 8. janvier 2009

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