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À la une de jeudi, 4. juin 2009


L'Europe se rend aux urnes


Ce jeudi, les élections européennes débutent en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas. Jusqu'à dimanche, les citoyens des 27 pays membres de l'UE se rendent aux urnes. Toutefois, leur enthousiasme reste mesuré.


The Independent - Royaume-Uni

A l'occasion des élections européennes qui débutent ce jeudi en Grande-Bretagne, le quotidien progressiste The Independent critique l'euroscepticisme britannique. L'objectif de l'ex-Premier ministre Tony Blair de mettre fin au rapport confus de la Grande-Bretagne à l'Europe n'a jamais été atteint : "Les relations [avec l'Europe] sont toujours aussi ambiguës … . Les ministres ont parfois été constructifs et énergiquement engagés, notamment lors de l'effondrement des marchés financiers l'année dernière. Mais [le Premier ministre] Gordon Brown et d'autres ont trop souvent fait preuve d'une amertume opportuniste vis-à-vis de l'Europe, renforçant ainsi les doutes des électeurs au lieu de les remettre en question. Ils sont aussi responsables de la montée de l'hostilité populaire [contre l'Europe]. Seuls les libéraux-démocrates se sont vraiment engagés pour l'Europe. … Comme ses prédécesseurs, [le chef du parti] Nick Clegg soutient clairement l'Europe. Un vote notable pour son parti montrerait que des parties de l'électorat reconnaissent combien il est important que la Grande-Bretagne joue un rôle positif au cœur de l'Europe." (04.06.2009)


NRC Handelsblad - Pays-Bas

Au début des élections aux Pays-Bas, c'est l'euroscepticisme qui prévaut ici aussi. Le NRC Handelsblad estime qu'en raison de la crise économique, il faut s'attendre à un réflexe national négatif des électeurs dans toute l'Europe : "[Avec toutes ces critiques] les côtés positifs passent inaperçus. L'électeur est entouré par l'Europe. Grâce à la meilleure répartition du travail, conséquence de l'intégration, le bien-être s'est largement accru. … Les frontières ont en grande partie disparu. Et la plupart des Européens paient à l'aide d'une devise neuve, européenne et couronnée de succès. Beaucoup de ces avantages sont devenus entre-temps si normaux qu'ils ont disparu du champ de vision et donc aussi des cœurs. C'est injuste. Les Européens auront rapidement besoin les uns des autres dans un monde où les rapports de pouvoir économiques évoluent vite. Cela vaut pour l'approvisionnement en énergie, l'environnement, ainsi que pour le maintien de ce mélange de libre marché et de solidarité. … Pour cela, l'Europe ne peut trouver toutes les recettes du jour au lendemain. Mais c'est bien la seule réponse au final. … Il est désormais temps de voir l'Europe comme lors de son baptême avec le traité de Rome en 1957 : une communauté." (04.06.2009)


Correio da Manhã - Portugal

Domingos Amaral explique dans le quotidien Correio da Manhã pourquoi il s'abstiendra aux élections européennes : "Après une longue réflexion, je suis parvenu à la conclusion qu'il n'y a que deux choses réellement importantes entre moi et l'Europe : l'euro et le taux directeur. … Ceux-ci ne sont toutefois pas déterminés par le Parlement européen, pas même par la Commission européenne, mais par la Banque centrale européenne - une institution respectée qui n'a rien à voir avec les politiques européens qui seront élus ce dimanche. … C'est pourquoi je me demande : pourquoi devrais-je voter ? Dans quelle mesure ma voix aux élections européennes aura-t-elle une influence sur mon avenir ? Elle n'en aura malheureusement aucune. C'est le problème de l'Europe. … Contrairement aux Etats-Unis, où le président élu et le Congrès décident de nombreux éléments de la vie quotidienne, l'Europe dispose d'un président non-élu, d'un gouvernement non-élu et d'un Parlement élu qui ne décide de rien d'important. … Comme l'Europe ne me permet pas de voter pour les choses importantes, je ne voterai pas pour les choses qui ne le sont pas. L'Europe et moi, nous nous entendons bien." (03.06.2009)


Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Dans un entretien accordé au quotidien progressiste de gauche Süddeutsche Zeitung au sujet des élections européennes, l'écrivain néerlandais Geert Mak indique qu'à son avis, l'Europe manque d'hommes politiques charismatiques : "L'Europe a besoin de plus d'histoires, de plus de têtes contre lesquelles pester, contre lesquelles se défouler. C'est ce que nous avons pu voir pendant la présidence française de l'UE. Même si les Allemands se sont justement énervés contre le président Nicolas Sarkozy - celui-ci a non seulement réalisé des choses, mais avec ses gesticulations théâtrales, il a pour la première fois donné aux gens, de Copenhague à Barcelone, le sentiment suivant : lui, nous le connaissons, nous sommes représentés au niveau européen. L'Europe a besoin de personnages charismatiques. Autre chose : pourquoi n'y a-t- il pas de candidats européens ? Pourquoi ne puis-je pas, en tant que Hollandais, voter pour Daniel Cohn-Bendit, qui se présente en France?" (04.06.2009)


» Ensemble de la revue de presse de jeudi, 4. juin 2009

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