À la une de lundi, 21. septembre 2009
Le renoncement au bouclier antimissile inquiète l'Europe centrale et orientale
La décision prise par le président américain Barack Obama à l'encontre de la construction du bouclier antimissile en Pologne et en République tchèque, prévu par le gouvernement de son prédécesseur, échauffe les esprits en Europe centrale et orientale notamment. Selon la presse locale, c'est avant tout l'incertitude et la méfiance envers la Russie qui s'y répandent désormais.
Postimees - Estonie
Le quotidien Postimees commente le renoncement du président américain Barack Obama au bouclier antimissile en Europe centrale et orientale : "En Estonie, Obama a ainsi déclenché un séisme de force sept sur l'échelle de Richter de la politique étrangère. Le refus de l'OTAN d'un plan d'adhésion pour la Géorgie était de force cinq, la guerre en Géorgie de force six. … L'Europe de l'Est a tout simplement une autre perspective à ce sujet. La Russie flaire de nouvelles possibilités suite au repli des Etats-Unis et c'est pour nous un problème, malgré toutes les promesses de ces derniers. Il est à craindre que la Russie sente un nouveau vent favorable lui permettant de nous provoquer. Car elle peut désormais en venir à la conclusion que les intérêts des membres de l'OTAN issus de l'Est revêtent une importance relative et non absolue pour les Etats-Unis. De nombreux militaires occidentaux placés à un niveau élevé pensent de toute façon que l'adhésion des pays baltes à l'OTAN était prématurée car l'alliance n'était pas préparée à leur défense. Et c'est exactement dans le même sens que va désormais Obama." (21.09.2009)
» article intégral (lien externe, estonien)
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Delo - Slovénie
Le quotidien Delo déplore que personne, lors des débats autour du bouclier antimissile, ne parle des coûts ou de sa réelle utilité : "Il ne s'agit que de déterminer si la décision de [Barack] Obama a été un coup ingénieux ou une erreur stratégique. Pour l'Europe, sa décision est la bonne. … [George W.] Bush a déclenché par ce projet un conflit avec les Russes. Obama n'a fait que stopper la guerre froide que Bush avait initiée, tout d'abord par le retrait du traité ABM [anti-missiles balistiques] et ensuite par le projet de bouclier que la Russie considérait comme une menace. A Washington on disait constamment que les craintes de Moscou étaient injustifiées. Toutefois les réactions actuelles des cercles conservateurs qui affirment qu'Obama aurait trahi ses alliés est-européens et qu'il offre une victoire à la Russie, laissent planer des doutes sur la sincérité des garanties formulées voilà quelques temps." (21.09.2009)
» article intégral (lien externe, slovène)
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Tous les textes disponibles de » Boris Cibej
Hospodářské noviny - République tchèque
Après que le président américain Barack Obama a abandonné la construction prévue d'un bouclier antimissile en Europe centrale et orientale, des voix s'élèvent, d'après des informations du journal économique de Prague Hospodářské Noviny, pour demander en contrepartie un retrait coordonné des troupes polonaises et tchèques d'Afghanistan. Le journal commente : "'Ce n'est pas notre guerre, nous sommes allés là-bas à cause des Américains, même s'il s'agit d'une opération de l'OTAN,' dit une de ces voix. Finalement, en abandonnant le bouclier antimissile, Barack Obama a remis en question de manière dramatique les bases de l'alliance stratégique. Des élections auront lieu l'année prochaine dans les deux pays, législatives en République tchèque et présidentielles en Pologne. L'opinion publique accueillerait certainement avec joie le retrait des soldats. D'un point de vue politique, cela serait attrayant. Néanmoins, en ce qui concerne les relations avec les Etats-Unis, cela serait aussi similaire à une porte que l'on claque trop violemment et qu'il est difficile de rouvrir par la suite." (21.09.2009)
» article intégral (lien externe, tchèque)
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Tous les textes disponibles de » Martin Ehl
Diena - Lettonie
La Russie célèbre le renoncement du président américain Barack Obama au bouclier antimissile en Europe centrale et orientale comme une victoire sur les Etats-Unis. En Europe de l'Est, cela suffit à renforcer le sentiment de menace qui plane et qui est basé sur d'éventuelles attaques de missiles provenant d'Iran, estime le quotidien Diena : "La manière dont cette décision a été rendue publique n'est pas une réussite : Obama a téléphoné à minuit au Premier ministre tchèque le jour du 70e anniversaire de l'attaque de la Pologne par l'Union soviétique suite au pacte germano-soviétique et quelques jours seulement avant la rencontre prévue à New York entre le président russe et les Etats-Unis. Et Moscou met évidemment tout en œuvre pour donner l'illusion qu'il aurait conclu un accord secret. … Il serait idiot cependant de céder à la panique et de reprocher aux Etats-Unis une trahison ou même la vente de l'Europe de l'Est. La sécurité de l'Europe fait partie intégrante de la politique de sécurité transatlantique. Les Etats-Unis ne se tireront pas une balle dans le pied en laissant la Russie néo-impérialiste décider du sort de l'Europe de l'Est." (21.09.2009)
» article intégral (lien externe, letton)
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Tous les textes disponibles de » Aivars Ozolins
Magyar Nemzet - Hongrie
Le quotidien conservateur Magyar Nemzet peut comprendre la récente décision de politique étrangère des Etats-Unis mais reconnaît également l'inquiétude qui règne en Europe centrale et orientale : "Une partie de l'Europe centrale et orientale commence à nourrir une aversion vis-à-vis du président américain Barack Obama. On parle d'une dévalorisation, voire même d'une trahison envers la région d'Europe centrale et orientale, dans le dos de laquelle on passe des accords. … Le célèbre expert américain en sécurité Zbigniew Brzezinski a raison lorsqu'il écrit qu'un bouclier antimissile en Europe centrale et orientale aurait eu peu de sens. Car d'une part il n'y aurait pas de menace entraînant la nécessité d'un bouclier antimissile et d'autre part le bouclier aurait protégé des pays qui n'avaient absolument pas demandé une telle protection. … En rejetant le bouclier antimissile, Obama a rompu avec la politique étrangère idéologique de l'ère Bush. Les Etats-Unis poursuivent désormais leurs propres intérêts. Ce qui signifie qu'ils vont concentrer leur attention sur le Proche-Orient et l'Asie." (21.09.2009)
» informations complémentaires (lien externe, hongrois)
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Tous les textes disponibles de » Gábor Stier
» Ensemble de la revue de presse de lundi, 21. septembre 2009