À la une de lundi, 18. janvier 2010
L'Ukraine vote contre l'Occident
Les résultats des élections présidentielles en Ukraine donnent, d'après les estimations, le candidat de l'opposition pro-russe Viktor Ianoukovitch clairement en tête, suivi de près par la chef actuelle du gouvernement, Ioulia Timochenko. Quel que soit le vainqueur du second tour le 7 février, la presse européenne estime que l'Ukraine se tournera plus vers la Russie mais qu'elle le fera comme un Etat démocratique souverain.
Delfi - Lettonie
Contrairement aux scrutins précédents, un véritable vote a cette fois eu lieu en Ukraine, estime le portail d'information Delfi : "La Russie a réalisé que c'était une erreur de s'immiscer dans les affaires de l'Ukraine, comme elle l'a fait en 2004, c'est pourquoi elle n'a pris parti pour aucun des candidats à la présidentielle. Il y a six ans, le Kremlin avait soutenu Viktor Ianoukovitch, mais cette fois-ci, le chef du Parti des régions n'a pas été mieux traité que sa principale concurrente, Ioulia Timochenko. … L'Union européenne ne s'est pas non plus prononcée en faveur d'un candidat, aucun des favoris ne suscitant en effet de véritable sympathie à Bruxelles. Les politiques européens ont du mal à s'entendre avec Ianoukovitch, associé aux fraudes électorales de 2004, et Timochenko en a heurté plus d'un en ignorant constamment les obligations imposées par l'UE. Quoi qu'il en soit, ce n'est pas un président pro-russe qui sera élu en Ukraine, mais le chef d'Etat d'un pays souverain. La question déterminante ne concerne donc pas l'identité du futur président, mais ce qui se passera dans le pays après le deuxième tour." (18.01.2010)
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Dagens Nyheter - Suède
L'UE est en partie responsable du net rapprochement de l'Ukraine avec la Russie, écrit le quotidien Dagens Nyheter : "L'élection présidentielle qui a eu lieu hier en Ukraine montre comment les rêves politiques s'effondrent et comment les capacités d'adaptation s'orientent en fonction. L'UE ne veut réaliser qu'un partenariat économique avec l'Ukraine, pas une communauté à part entière. Les espoirs de la révolution orange d'une adhésion à l'UE sont brisés, c'est pourquoi l'un des thèmes de la campagne électorale a été le moyen de renforcer et d'améliorer les relations avec la Russie. L'Ukraine a besoin de s'ouvrir au monde, mais l'UE lui a malheureusement fermé la porte au nez." (18.01.2010)
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Süddeutsche Zeitung - Allemagne
Le président actuel, porteur des espoirs du mouvement démocratique en Ukraine, Viktor Iouchtchenko, n'a plus aucune chance d'être réélu. Tous les succès remportés par la révolution orange ne se sont toutefois pas évaporés, écrit le quotidien progressiste de gauche Süddeutsche Zeitung : "Cela montre déjà que le résultat du second tour dans trois semaines reste incertain. Il existe en outre une véritable opposition au sein du Parlement et le paysage médiatique est varié. Et une autre raison porteuse d'espoir pour la démocratie ukrainienne instable se retrouve dans le fait que tous les politiques de haut rang, même le candidat à la présidentielle originaire de l'est russophone, Viktor Ianoukovitch, veulent éviter que Moscou reprenne le contrôle du pays. Ils sont en cela d'accord avec la plupart des magnats de l'industrie. La tendance au rapprochement vers l'Union européenne fait l'unanimité. Tout dépend bien entendu du renforcement des institutions démocratiques." (18.01.2010)
» informations complémentaires (lien externe, allemand)
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Tous les textes disponibles de » Thomas Urban
» Ensemble de la revue de presse de lundi, 18. janvier 2010