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À la une de mardi, 16. février 2010


Le bouclier antimissile américain sert Moscou


Les Etats-Unis ont désormais rallié la Bulgarie et la Roumanie à leur projet de construction d'un système de défense antimissile en Europe. Pour la presse, Washington se rapproche ainsi de son aspiration à la sécurité et Moscou se sert de ce sujet de litige pour poursuivre de tout autres objectifs.


Sme - Slovaquie

Après la fin du projet de bouclier antimissile américain en République tchèque et en Pologne, il est désormais envisagé d'installer un système de ce genre dans les Balkans. Le quotidien progressiste Sme fait part de ses considérations : "Les négociations avec la Roumanie et la Bulgarie, traditionnellement pro-russe, promettent d'être relativement compliquées, et leur réussite dépendra de la situation politique dans les deux pays. Le seul 'avantage' par rapport à la République tchèque et à la Pologne, c'est la moins bonne qualité des démocraties roumaine et bulgare. Une décision du gouvernement sur l'aménagement des bases militaires pourrait ainsi être imposée plus facilement. Après les avancées du programme nucléaire iranien, l'opposition de certaines parties d'Europe occidentale contre le bouclier antimissile pourrait être moins vive qu'il y a un an. Pour le reste, les choses restent telles qu'elles sont. L'opposition de la Russie devrait même être encore plus forte, d'autant que personne ne peut expliquer pourquoi il serait préférable d'installer des missiles dans l'est des Balkans plutôt qu'en Europe centrale." (16.02.2010)


Corriere del Ticino - Suisse

La Russie continue de prétendre que le système de défense antimissile américain en Europe ne constitue pas une protection du continent, mais une menace directe pour la Russie. Ce n'est toutefois qu'un des coups d'une partie dans laquelle la Russie joue pour son rôle de grande puissance, écrit le quotidien progressiste suisse Corriere del Ticino : "Le jeu d'échecs jouit d'une longue tradition en Russie. Mais on ne peut comprendre l'actuelle partie sur le bouclier antimissile que si l'on réfléchit à un point essentiel. Les Etats-Unis font campagne contre la collaboration nucléaire entre Moscou et Téhéran, contre le veto russe à des sanctions contre l'Iran et contre le projet de Moscou de vendre des missiles à Téhéran. Mais en même temps, Washington a désespérément besoin de Moscou pour mettre un terme à la politique nucléaire iranienne et espère admettre Moscou dans le cercle des pays en faveur de la résolution de l'ONU pour de nouvelles sanctions contre l'Iran. La voix de Moscou est importante, car la Russie est membre du Conseil de sécurité des Nations unies. … Moscou sait bien tout cela et avance ses 16 pions sur l'échiquier, coup après coup." (16.02.2010)


România Liberă - Roumanie

La Roumanie doit être intégrée d'ici 2015 dans le système de bouclier antimissile américain et déployer des missiles de défense SM-3. Après l'adhésion du pays à l'OTAN en 2004, les relations avec la Russie en pâtiront davantage. Le quotidien România Liberă remet la Russie à sa place : "Aujourd'hui encore la Russie n'est pas un allié de l'OTAN, notamment parce qu'elle ne sait pas s'exprimer de manière diplomatique. Elle ne devrait pas s'irriter du fait que les pays voisins installent un système de défense avec l'aide des Etats-Unis, car ces pays ne peuvent absolument pas se comporter autrement. Il est étonnant de voir le nombre de formes de protestation, soi-disant diplomatiques mais en réalité politiques, que cela a engendré en Russie. Mais revenons à nous : le déploiement du système antimissile est un événement qui fait date dans l'histoire de la Roumanie et dont nos ancêtres déjà avaient rêvé. Un point doit toutefois être évoqué : un bouclier antimissile ne protège pas contre les attaques provenant du pays même, contre les manipulations politiques intérieures, … contre l'injustice du système judiciaire. En d'autres termes, les Américains peuvent nous donner le bouclier antimissile, mais rien de plus." (16.02.2010)


» Ensemble de la revue de presse de mardi, 16. février 2010

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