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À la une de lundi, 3. mai 2010


Le sauvetage de la Grèce approche


Les ministres des Finances des 16 pays de la zone euro ont décidé dimanche de débloquer 80 milliards d'euros pour la Grèce. Le Fonds monétaire international y ajoutera 30 milliards supplémentaires. Cette entente est pour certains commentateurs une nouvelle preuve de la force des pays de la zone euro. D'autres redoutent des coûts trop élevés et demandent des mécanismes fiables pour exclure de telles crises à l'avenir.


De Tijd - Belgique

Avec la décision d'aider la Grèce, les pays de la zone euro ont remis à leur place tous les défaitistes, estime le journal économique De Tijd : "Même aujourd'hui, le cours de l'euro est un peu plus élevé que celui du dollar, comme on l'avait prévu il y a quelques années. La zone euro est un groupe de pays hétérogènes. L'harmonisation de la politique n'est certes pas ce qu'elle devrait être. Il n'existe pas encore tous les instruments dignes d'une Union monétaire. Mais on y travaille. … Se prononcer de manière cynique et sarcastique sur l'Union européenne et l'euro est devenu une tradition. On reconnaît certes généralement que c'est un modèle exceptionnel de collaboration multilatérale, mais on ne cesse dans la pratique quotidienne d'évoquer les problèmes et les échecs. Sans être euphorique - la Grèce n'est pas encore sauvée - on a pu constater ces dernières semaines que l'Europe et l'euro sont plus forts que ce qu'estimaient une ribambelle de défaitistes instruits. Même si la voie vers la solution a été hésitante." (03.05.2010)


Der Standard - Autriche

La décision d'intervenir prise dimanche par les pays de la zone euro en raison de la crise grecque est irresponsable, estime le quotidien Der Standard : "La Grèce n'est qu'un petit avant-goût de ce que l'on prépare aux contribuables européens. Depuis que la crise a éclaté, on a d'abord soutenu les banques, ficelé ensuite des paquets conjoncturels et l'on vient désormais au secours d'Etats entiers. Cela aura un prix. Dans l'agitation générale, personne ne s'est vraiment demandé qui devra payer pour tout cela. Le plus important c'est que les pompiers interviennent, comme disait la devise. Quant à savoir ce qui devait réellement être éteint, c'était secondaire. Sous les applaudissements de quelques économistes qui, en agitant le spectre de la Grande dépression, demandaient des interventions toujours plus massives, on a salué les politiques pour leur disposition à agir. On loue le retour de l'Etat sans réfléchir aux conséquences de son intervention. Celles-ci sont difficiles à évaluer aujourd'hui, mais ce qu'on peut au moins dire avec certitude, c'est que les dettes astronomiques ne pourront être supprimées qu'avec des augmentations massives d'impôt et/ou des coupes draconiennes." (03.05.2010)


Delo - Slovénie

Suite aux aides accordées à la Grèce, le quotidien Delo demande des mécanismes fiables pour éviter à l'avenir de tels scénarios : "Le paquet d'aides attribuées au pays membre constitue également la mise en garde la plus sévère qui ait jamais été présentée : le pacte de stabilité et de croissance de 1997 ne constitue en aucun cas une protection suffisante contre des déficits budgétaires trop importants et contre une augmentation du surendettement. Avec les difficultés de la Grèce, qui pourraient également bientôt apparaître dans d'autres Etats de la zone euro, on peut se demander comment garantir que de tels cas ne se reproduisent plus. Après cette première expérience amère, ne serait-il pas temps que la zone euro réfléchisse à un système de sécurité pour protéger ses pays membres et sa propre monnaie ? Par exemple à un Fonds monétaire européen qui pourrait aider les pays endettés à surmonter leurs difficultés budgétaires et qui renforce les procédures contre des déficits extrêmes, qui n'ont encore jamais été punis par les sanctions financières normalement prévues contre les pays qui persistent à ne pas respecter la discipline budgétaire." (03.05.2010)


Expansión - Espagne

De nombreux citoyens protestent en Grèce contre les sévères mesures d'austérité imposées au pays pour que celui-ci puisse recevoir l'aide internationale. Il ne leur reste pas vraiment d'autre choix que de les accepter, estime le journal économique Expansión : "Le Premier ministre grec Giorgos Papandreou a parfaitement résumé le sérieux de la situation de son pays et la nécessité d'entreprendre des adaptations rigoureuses pour obtenir l'aide internationale : 'Les Grecs doivent choisir entre la catastrophe ou le sacrifice.' … De leur côté, les citoyens grecs se soulèvent contre cela, mais ils doivent prendre conscience de l'ampleur d'une action de sauvetage jusque-là sans précédent, qui demande à leurs partenaires de la zone euro et au FMI des efforts considérables. Jusqu'à 110 milliards d'euros ont été débloqués, dont 9,8 milliards par l'Espagne." (03.05.2010)


Welt am Sonntag - Allemagne

L'endettement dramatique de la Grèce ébranle toute la zone euro et réveille les vieilles animosités européennes, écrit le journal dominical libéral-conservateur Welt am Sonntag. Toute crise comporte toutefois une opportunité : "Si l'on veut continuer avec l'Europe, il faut des politiques qui s'enthousiasment pour l'Europe et qui parviennent à impliquer leurs collègues et les peuples. Mais ce type de politiques fait justement défaut et le remède n'est pas en vue. Avec David Cameron en Grande-Bretagne, ce serait un eurosceptique déclaré qui arriverait au pouvoir. Avec Geert Wilders aux Pays-Bas, c'est un imprévisible qui pourrait déterminer la politique. Par colère contre le FMI, la Hongrie a élu un parti antisémite au gouvernement. En Espagne sévit un conflit culturel tandis qu'un clown gouverne l'Italie. Quant au 'moteur' de l'Europe, le partenariat franco-allemand, un héritier de Hugo et de Lacroix, le philosophe français Glucksmann, donne son verdict : 'ce couple est mort'. L'idée selon laquelle on pourrait se passer de tels politiques et que l'Europe se fait d'elle-même - voilà probablement la cause la plus profonde de la crise du continent." (02.05.2010)


» Ensemble de la revue de presse de lundi, 3. mai 2010

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