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À la une de mardi, 11. mai 2010


Brown appâte les libéraux-démocrates


A la surprise générale, le Premier ministre britannique Gordon Brown a annoncé lundi qu'il démissionnait de son poste de chef du parti afin de permettre des négociations de coalition avec les libéraux-démocrates. La presse doute toutefois dans sa globalité que le parti Labour pourra continuer à gouverner grâce à cette manœuvre.


The Guardian - Royaume-Uni

Le renoncement de Gordon Brown au poste le plus élevé du parti ne maintiendra pas le Labour au gouvernement, estime le quotidien de centre-gauche The Guardian : "Le nouvel homme ou la nouvelle femme à la barre portera le poids du passé du parti mais ne sera pas en mesure d'offrir les compétences nécessaires pour faire face à l'avenir. En cherchant à maintenir la compétitivité des coûts salariaux de la Grande-Bretagne, Brown n'est pas parvenu à comprendre les conséquences sociales de l'immigration excessive. Il n'est pas parvenu à fournir à l'armée l'équipement dont elle avait besoin. Il a permis [au ministre de l'Enseignement] Ed Balls de centraliser le système scolaire de telle sorte que les enseignants ne sont plus que des marionnettes qui dansent au bout des ficelles tirées par le gouvernement. … Mais Brown n'a pas agi seul. Il avait des complices au sein du parti : tous les membres envisagés maintenant comme possible successeur ont soutenu cette politique de l'échec. Les électeurs le savent et s'en souviendront." (11.05.2010)


Corriere del Ticino - Suisse

La démission annoncée de Gordon Brown de son poste de chef du Labour pourrait lui causer, ainsi qu'au parti, des dommages considérables, estime le quotidien progressiste Corriere del Ticino : "Cette démission est d'une part l'aveu de sa défaite électorale et d'autre part une tentative de saboter les négociations de coalition entre les conservateurs et les libéraux démocrates. D'un seul coup, le chef du Labour affaiblit la position de négociation des conservateurs et présente son parti comme une alternative plus attrayante. … Mais ce calcul pourrait toutefois s'avérer mauvais et ce sacrifice devenir ainsi un suicide politique. Si l'on devait parvenir à une coalition arc-en-ciel, celle-ci se trouverait jusqu'en septembre sous la direction de Gordon Brown, qui serait rapidement la cible de critiques virulentes s'il se proclamait personnellement de perdant des élections à sauveur dans la détresse. Son sacrifice reviendrait alors cher à Brown si les conservateurs reprenaient le rôle de véritable sauveur, comme gouvernement minoritaire sans le soutien des libéraux-démocrates." (11.05.2010)


Aftonbladet - Suède

La démission de Gordon Brown ouvrira de nouvelles possibilités au Labour pour prendre un nouveau cap après l'ère du New Labour, estime le quotidien social-démocrate Aftonbladet : "Brown a désormais libéré la voie et le Labour, contrairement à la sociale-démocratie suédoise, dispose d'une nouvelle génération mature dont la réflexion est tournée vers l'avenir. Cela aide. Le programme du parti comporte une politique économique active et un soutien de l'industrie. La discussion sur l'égalité des droits a été très vivante l'année dernière. Le New Labour a introduit de grandes réformes pour la lutte contre la pauvreté mais n'a pas réellement osé l'évoquer pour ne pas faire fuir les électeurs du centre. Aujourd'hui l'esprit du temps est tout autre." (11.05.2010)


» Ensemble de la revue de presse de mardi, 11. mai 2010

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