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À la une de jeudi, 3. juin 2010


Le Japon perd son porteur d'espoir


Après environ neuf mois de mandat, le chef du gouvernement japonais Yukio Hatoyama a annoncé mercredi sa démission. Pour les commentateurs, ce Premier ministre initialement porteur d'espoir s'est heurté à la stratégie de sécurité régionale des Etats-Unis, et laisse derrière lui un pays en stagnation politique.


Il Sole 24 Ore - Italie

La raison de la démission du Premier ministre japonais Yukio Hatoyama est une promesse de campagne non tenue, écrit le journal économique Il Sole 24 Ore : "Yukio Hatoyama brise un record après l'autre. Son Parti Démocratique (DPJ) était parvenu en août dernier à reprendre les rênes du pouvoir des mains des libéraux-démocrates (LPJ), après 50 années de domination illimitée. L'acteur principal de cette entreprise restera pourtant dans l'histoire comme le Premier ministre ayant effectué le mandat le plus court depuis 1994. Les gouvernements de Tokyo ne se distinguent vraiment pas par leur longévité. … Okinawa est devenu un désastre personnel [pour le Premier ministre]. Dans la campagne électorale, Hatoyama avait promis de transférer la base militaire américaine qui est stationnée sur cette île depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il a toutefois fait machine arrière après les élections, et la semaine dernière, il a confirmé l'ancien accord entre les libéraux-démocrates et Washington, établissant le maintien de la base sur l'île." (03.06.2010)


The Irish Times - Irlande

Suite à la démission du Premier ministre japonais Yukia Hatoyama, le quotidien The Irish Times redoute une stagnation politique : "Cela devient une coutume nationale. Lorsque le Premier ministre japonais Yukio Hatoyama a démissionné hier, il a imité le départ rapide de ses trois prédécesseurs, qui avaient tous quitté leurs postes en moins d'un an. Il est ironique que l'homme qui semblait avoir mis fin à 50 ans de domination sclérosée de la politique japonaise par le Parti libéral-démocrate (LDP), démissionne aujourd'hui d'une façon qui rappelle tant les usages de ce parti. … Cette démission suscitera certainement la crainte que la paralysie politique du Japon empêche d'inverser un déclin économique qui dure depuis deux décennies. Et ce, bien que la nomination du [ministre des Finances Naoto] Kan soit vraisemblablement accueillie favorablement par les marchés." (03.06.2010)


Dnevnik - Slovénie

La démission du Premier ministre japonais Yukio Hatoyama pourrait être liée à la stratégie américaine de sécurité régionale en Extrême-Orient, estime le quotidien Dnevnik : "Même si tout semble indiquer que c'est Okinawa qui a scellé le sort du Premier ministre japonais, on peut conclure des reportages japonais que c'est autre chose qui a dérangé les Etats-Unis en Hatoyama. Celui-ci avait en effet œuvré pour une variante asiatique de l'UE et une monnaie commune, pour une croissance accélérée et une collaboration économique des pays asiatiques dans la région. … Le Japon mise plutôt sur une résolution de sa stagnation économique que sur le renforcement de son système de défense de sécurité. Mais il semble que Washington et Obama tiennent à la stratégie américaine de sécurité dans cette région. Et pour le moment, celle-ci ne prévoit que deux interlocuteurs en Extrême-Orient : les Etats-Unis et la Chine." (03.06.2010)


» Ensemble de la revue de presse de jeudi, 3. juin 2010

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