Navigation

 

À la une de jeudi, 17. juin 2010


La marée noire menace Obama


Le président américain Barack Obama a fait pression pour que le groupe pétrolier BP accepte de débloquer au moins 20 milliards de dollars pour les victimes de la marée noire dans le Golfe du Mexique. D'après la presse européenne, Obama tente ainsi de s'octroyer une bouffée d'oxygène car la catastrophe environnementale menace sa présidence.


Der Standard - Autriche

En raison de la catastrophe écologique dans le Golfe du Mexique, le président américain Barack Obama risque de connaître un destin semblable à celui de Jimmy Carter ou de George W. Bush, écrit le quotidien Der Standard. Le premier avait été mis à rude épreuve par la prise d'otages qui avait duré plus d'un an à l'ambassade américaine de Téhéran, le second par l'ouragan Katrina : "Mais contrairement à Carter et à Bush, Obama a très peu d'options d'action dans la situation actuelle. Le président est totalement dépendant de BP et de sa technologie. … Quel que soit le moment où l'on parviendra enfin à colmater le puits de forage - et il semble bien que ce ne sera pas avant le mois d'août - les conséquences politiques du désastre seront aussi visqueuses et difficiles à nettoyer que le pétrole brut qui se répand sur les plages des Etats du Sud. Après les succès de la réforme de la santé et du traité Start avec la Russie, le gouvernement Obama a de nouveau perdu le rythme. Aucune des questions qui pourraient mettre en difficulté l'opposition fondamentale républicaine, comme la réforme de l'immigration ou la régulation des marchés financiers, n'a de chance d'être défendue - même dans de grandes lignes - par l'opinion publique au cours des prochains mois." (17.06.2010)


Expansión - Espagne

Le président américain Barack Obama a contraint le groupe pétrolier British Petroleum (BP) à payer 20 milliards de dollars (environ 16 milliards d'euros) pour dédommager les victimes de la marée noire dans le Golfe du Mexique. Le journal économique Expansión voit dans la manière d'agir d'Obama une stratégie d'autodéfense contre les critiques les plus virulentes : "Barack Obama ne veut pas que la nappe de pétrole dans le Golfe du Mexique détruise son mandat. Afin d'éviter ceci, le président américain a pris la décision de résoudre la plus grande catastrophe environnementale de l'histoire du pays en précisant clairement que le coupable est bien BP. … L'intransigeance du président inquiète désormais le gouvernement britannique. Le Premier ministre David Cameron a déclaré hier lors d'une interview à la BBC que le groupe devrait disposer d'une 'sécurité' à la hauteur des dédommagements." (17.06.2010)


Jyllands-Posten - Danemark

Chercher uniquement à faire endosser la responsabilité des catastrophes comme celle du Golfe du Mexique aux entreprises mises en cause, c'est rechercher la facilité, estime le quotidien libéral-conservateur Jyllands-Posten : "Si on voulait, on pourrait presque être tenté de croire … que BP n'attendait qu'une occasion de polluer le Golfe du Mexique en répandant des quantités infinies de pétrole brut. C'est en tout cas l'impression que le président Obama a transmise lors de son premier discours télévisé à la nation. … Il est intéressant de se demander si les Nord-Américains ont bien compris que la catastrophe pétrolière du Golfe du Mexique est le prix à payer pour l'indépendance vis-à-vis des importations pétrolières du Proche-Orient et pour pouvoir considérer un combustible bon marché comme un droit humain. Peu importent les progrès technologiques effectués, le pétrole restera le carburant dominant de cette décennie et de la prochaine. Que 307 millions Nord-Américains consomment quotidiennement 18,7 millions de tonnes de pétrole brut, alors que les 500 millions de citoyens européens se contentent de 'seulement' 14 millions de tonnes, en dit déjà beaucoup sur la politique énergétique ratée des Etats-Unis ces dix dernières années." (17.06.2010)


» Ensemble de la revue de presse de jeudi, 17. juin 2010

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

D'autre contenu