À la une de mardi, 7. septembre 2010
Les réacteurs allemands jouent les prolongations
Le gouvernement allemand a décidé lundi de prolonger la durée de vie des 17 centrales nucléaires allemandes d'environ douze ans de plus que prévu. Certains commentateurs saluent le caractère raisonnable de cette décision sur le plan économique et écologique, d'autres critiquent ce qu'ils perçoivent comme une politique clientéliste rétrograde.
Lidové noviny - République tchèqueRetour à la raison
L'accord de la coalition noire-jaune en Allemagne sur l'allongement de la durée de vie des centrales nucléaires est une révolution, estime le quotidien conservateur Lidové noviny : "Une révolution contre la conviction que nous - électeurs et citoyens - pouvons tout avoir d'un coup : une électricité propre, sûre et en outre peu coûteuse. C'est une révolution contre l'habitude d'une clique politique qui se cramponne aux acquis obtenus précédemment par une autre. C'est une révolution contre la loi de sortie du nucléaire imposée il y a huit ans par le gouvernement rouge-vert. Mais ce qui s'apparente à une révolution n'est en réalité qu'un retour à la raison. Le gouvernement n'a pas prolongé la durée de vie des réacteurs nucléaires pour le plaisir et prouver à ses prédécesseurs qu'il pouvait araser ses règles, il a plutôt agi avec la conviction que les craintes de l'augmentation des prix de l'électricité alternative sont plus importantes que celles de l'électricité issue du nucléaire. Le mouvement de protestation nous montreront si c'est vraiment le cas." (07.09.2010)
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El País - EspagneUn tournant dans la politique nucléaire internationale
En retardant l'abandon de l'énergie nucléaire, l'Allemagne suit l'exemple des Etats-Unis, écrit le quotidien de centre-gauche El País: "Cette mesure … est un tournant significatif dans l'histoire européenne du nucléaire. Berlin a joué un rôle décisif dans la formation d'une opinion publique contre l'énergie nucléaire et a montré le chemin aux autres pays, notamment au gouvernement espagnol. Berlin se rallie donc à la nouvelle politique pro-nucléaire outre-Atlantique. Barack Obama, qui défend les énergies renouvelables avec cohérence, soutient la construction de nouvelles centrales nucléaires après 30 ans d'interdiction de construction. Cela vient du fait qu'il est important pour notre planète de réduire les émissions de CO2 résultant de l'utilisation de combustibles fossiles. Pour obtenir une réduction significative de ces combustibles, il faut investir avec détermination dans les énergies renouvelables et parallèlement maintenir, voire même renforcer la production issue du nucléaire." (07.09.2010)
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Frankfurter Rundschau - AllemagneMerkel enfreint le principe d'équité
La chancelière Angela Merkel vante l'allongement de la durée de vie des centrales nucléaires comme une révolution énergétique. Le quotidien de centre-gauche Frankfurter Rundschau juge pour sa part cette décision inopportune et économiquement rétrograde : "Au final, les énergies renouvelables ne sont pas le passe-temps des écolos optimistes. Elles sont devenues un facteur économique de croissance dont il est impossible de se passer. … Merkel n'aurait jamais dû donner son accord à la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires, qui demande peu ou rien à l'industrie nucléaire. Elle n'aurait jamais dû dire oui à des bénéfices supplémentaires aussi énormes sans contrepartie majeure. Elle enfreint ainsi le principe d'équité qui s'était largement et profondément établi au sein de la société. Un mode de pensée équitable qui se fraie des voix bien distinctes : la protestation contre la gare gigantesque Stuttgart 21, l'approbation de la description de Sarrazin en matière d'intégration échouée, la résistance contre une école d'élite, et, nous allons le voir, l'indignation contre l'augmentation des déchets nucléaires et la question non résolue de leur stockage." (07.09.2010)
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Tous les textes disponibles de » Brigitte Fehrle
» Ensemble de la revue de presse de mardi, 7. septembre 2010