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À la une de jeudi, 3. novembre 2011


La Grèce ne recevra plus d'argent


Athènes ne recevra pas d'aides financières supplémentaires avant le référendum de début décembre. C'est ce qu'ont annoncé la chancelière allemande Angela Merkel, le président Nicolas Sarkozy et la directrice du FMI Christine Lagarde après le sommet de crise de mercredi soir à Cannes. Pour la presse, c'est un bon moyen de pression pour que les Grecs approuvent le maintien dans la zone euro.


El Mundo - Espagne

Suspendre les aides financières à la Grèce est une mesure draconienne mais constitue la réponse appropriée au référendum, estime le quotidien conservateur El Mundo : "Papandreou et les Grecs savent désormais qu'ils devront rester dans la zone euro s'ils veulent obtenir des crédits. Le Premier ministre grec a été suffisamment imprudent pour oublier ses responsabilités en se rangeant derrière l'opinion des citoyens moyens. Papandreou a besoin ce mois-ci de huit milliards d'euros juste pour pouvoir payer le salaire de ses fonctionnaires. Il est vrai que les conditions prescrites par l'Europe sont dures, mais les conséquences qui attendent le pays si celui-ci ne respectait pas ses engagements seraient catastrophiques." (03.11.2011)


De Telegraaf - Pays-Bas

Fermer les vannes des aides financières à la Grèce est la seule bonne réponse au chantage du référendum, estime le journal à sensation conservateur De Telegraaf : "Les Américains, les Chinois et les Russes en ont assez depuis déjà plusieurs mois de la gabegie européenne. Mais Sarkozy, Merkel et d'autres dirigeants européens en ont aussi ras-le-bol des escrocs grecs, lesquels provoquent eux-mêmes tous les problèmes mais rejettent la bouée de sauvetage de Bruxelles. Une forte pression s'exerce désormais, à juste titre, sur Papandreou. Il ne reste plus aux autres pays qu'à fermer les vannes financières même si en procédant ainsi, des pays comme l'Italie et le secteur bancaire seront inévitablement emportés par le tourbillon de la faillite grecque. On ne doit pas céder au chantage grec. On ne peut plus dire aux Néerlandais et aux autres citoyens européens que l'on transfère davantage d'argent à ces Grecs récalcitrants." (03.11.2011)


Diário de Notícias - Portugal

Si le référendum grec a suscité l'émoi sur le plan international, le Premier ministre Giorgos Papandreou y a recours en Grèce précisément pour apaiser les esprits, estime le quotidien Diário de Notícias : "La décision énigmatique qui a provoqué un véritable chaos sur les marchés financiers ne peut avoir qu'une explication : Papandreou joue avec les avis contradictoires des Grecs dans les sondages. Il est vrai que près de 60 pour cent d'entre eux se sont prononcés contre la politique d'austérité du programme de stabilisation imposé. Mais il est tout aussi vrai qu'ils sont 76 pour cent à déclarer qu'ils souhaitent rester dans la zone euro. Il est convenable de descendre manifester dans les rues, pas de tourner le dos à l'Europe. En d'autres termes, le Premier ministre grec a décidé - implicitement ou explicitement - de transformer le référendum sur l'accord avec la troïka en référendum en faveur du maintien de la Grèce dans la zone euro - afin de légitimer la politique des mesures d'austérité durables qu'implique ce maintien. Et il espère gagner." (03.11.2011)


Hospodářské noviny - République tchèque

Le Premier ministre grec Giorgos Papandreou a provoqué une sorte de scène de ménage européenne qui sera difficile à régler, analyse le journal économique Hospodářské noviny : "Le principal problème s'avère être l'égo offensé du tandem Merkel et Sarkozy. Toutes leurs réactions peuvent être réduites à un dénominateur : 'Comment Papandreou peut-il nous faire ça alors que nous n'avons que de bonnes intentions à son égard'. Ils ont convoqué le Premier ministre grec afin qu'il leur explique quelles étaient ses intentions et ce qu'il comptait faire par la suite. … On peut comprendre la réaction. On siège au dernier sommet jusqu'à quatre heures du matin, on se prive de sommeil, on trouve quelque chose qui semble réalisable, et puis ça. Il y a de quoi être en rogne. On peut toutefois aussi comprendre le Premier ministre grec, lequel doit lutter quotidiennement contre une révolution dont il aimerait bien se débarrasser. Cela rappelle une scène de ménage sur l'infidélité et la grande question du 'Pourquoi'. Ce n'est pas une bonne base pour un compromis raisonnable." (03.11.2011)


Naftemporiki - Grèce

Si les Grecs se prononcent lors du référendum de début décembre contre les mesures d'austérité et donc contre le maintien dans la zone euro, le gouvernement aura alors un véritable problème, écrit le journal économique Naftemporiki : "Il n'y a vraisemblablement pas de plan alternatif car les affirmations des membres du gouvernement, selon lesquelles il faudra dans ce cas renégocier l'accord du sommet européen, ne sont pas sérieuses. L'annonce du référendum retardera certainement l'accord sur la décote. Le plan initial était que celui-ci entre en vigueur début 2012 après les négociations avec les banques. Dans les conditions actuelles, une banque étrangère peut-elle prendre au sérieux les négociations avec le gouvernement grec pour l'annulation de 50 pour cent de la valeur des emprunts grecs, tout en sachant que l'accord peut s'évanouir à tout moment ? Avant le oui ou le non, notre seule certitude, c'est que nous nous trouvons dans une phase très critique et, une fois de plus, dépourvus de plan." (03.11.2011)


» Ensemble de la revue de presse de jeudi, 3. novembre 2011

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