À la une de jeudi, 22. décembre 2011
La BCE prête à foison

La BCE dirigée par Draghi a accordé le crédit le plus élevé de son histoire. (©AP)
Les crédits proposés par la Banque centrale européenne au taux préférentiel de un pour cent ont suscité un fort engouement auprès de plus de 500 banques d'affaires. Elles sont censées employer ces liquidités pour racheter entre autres des emprunts publics de pays en crise. Pour les commentateurs, ces crédits de 500 milliards d'euros ne seront toutefois pas investis dans les obligations souveraines et ne résoudront donc pas la crise européenne.
Neue Zürcher Zeitung - Suisse
Les crédits à taux préférentiels proposés par la Banque centrale européenne ont été fortement sollicités mercredi. Le quotidien libéral-conservateur Neue Zürcher Zeitung doute que les banques investissent ces liquidités dans des emprunts d'Etat : "Cela peut au premier abord sembler positif de prêter désormais des liquidités à un taux de un pour cent et d'investir dans des titres avec des rendements de plusieurs pour cent. Mais les banques ont depuis longtemps abandonné l'illusion qui voulait que les emprunts d'Etat soient des titres sans risque. Plus d'un établissement financier européen serait heureux de pouvoir se débarrasser de ses grosses réserves de bons du trésor italiens ou espagnols, et quasiment aucun ne songe à investir dans ceux-ci actuellement. Les banques savent en outre qu'aura lieu bientôt le prochain test de résistance des banques mené par l'Autorité bancaire européenne (ABE). … Il est donc plus probable que les banques aient recours aux prêts sur le long terme de la BCE pour leurs opérations quotidiennes, dont fait aussi partie l'octroi de crédits, et s'en servent pour montrer patte blanche au régulateur." (22.12.2011)
» informations complémentaires (lien externe, allemand)
Pour en savoir plus sur les thèmes de la revue de presse » Banques, » Europe
Suivre les débats » Des solutions à la crise de la dette
Corriere della Sera - Italie
Il n'est pas certain que les prêts à faible taux proposés par la BCE désamorcent la menace de paralysie du crédit et restaurent la confiance dans la gestion de crise européenne, estime le quotidien libéral-conservateur Corriere delle Sera : "Quand un seul spectacle est donné dans une ville, la salle est assurément pleine. Ainsi, les banques se sont pressées hier au comptoir de la BCE. … Les tickets se sont vendus comme des petits pains. Mais il n'est pas dit que les banques se serviront de ces 500 milliards d'euros pour soulager l'étranglement des crédits ou racheter des emprunts d'Etat. Les banques administreront ces liquidités à l'image de citoyens qui n'ont plus confiance. Elles redoutent que les autorités leur imposent de nouvelles contraintes entraînant la dévalorisation de leurs titres, ou commettent de nouvelles erreurs dans la gestion politique de la crise. Les acteurs publics et privés en Europe ne se font plus confiance mutuellement, même si les ordinateurs de la BCE ont (électroniquement) émis 500 milliards. La réaction négative des marchés l'a clairement montré hier." (22.12.2011)
» informations complémentaires (lien externe, italien)
Pour en savoir plus sur les thèmes de la revue de presse » Budget, » Banques, » Europe
Tous les textes disponibles de » Federico Fubini
Suivre les débats » Des solutions à la crise de la dette
Die Welt - Allemagne
En injectant des liquidités, la BCE aide indirectement les pays européens endettés, lesquels bénéficient ainsi de plus de temps pour résoudre la crise, estime le quotidien conservateur Die Welt : "On pouvait observer ces derniers jours où s'oriente une partie des fonds : par exemple dans des emprunts d'Etat espagnols. Les taux d'intérêts pour ces titres ont donc fortement chuté provisoirement. La BCE aide ainsi non seulement les banques, mais aussi indirectement et consciemment les pays en difficulté de la zone euro, qui peuvent alors accéder plus facilement aux liquidités. Mais ceux qui s'imaginent qu'en inondant les marchés, la banque centrale pourrait offrir une véritable solution à la crise, ne saisissent pas encore toute l'ampleur du problème. … Car l'Europe dans son ensemble ne se trouve pas dans un équilibre stable. Dans des pays tels que la Grèce et le Portugal, les salaires sont beaucoup trop élevés par rapport à la faible compétitivité de leur économie. … La BCE leur a laissé une nouvelle fois un peu de temps, qu'ils doivent enfin utiliser pour clarifier ces questions." (22.12.2011)
» informations complémentaires (lien externe, allemand)
Pour en savoir plus sur les thèmes de la revue de presse » Politique Européenne, » Budget, » Europe
Tous les textes disponibles de » Jan Dams
Suivre les débats » Des solutions à la crise de la dette
Rzeczpospolita - Pologne
L'énorme offre de crédits débloquée par la Banque centrale européenne peut apaiser les marchés et contribuer à sauver l'euro, estime le quotidien conservateur Rzeczpospolita : "On ignore juste si les banques joueront le jeu et décideront par exemple de racheter des obligations souveraines italiennes ou espagnoles, ou bien si elles s'efforceront de limiter leur prise de risques. Si elles investissent dans les pays endettés, cela pourrait apaiser la situation sur les marchés, ce qui à son tour améliorerait assurément la confiance des investisseurs. Dans le cas contraire, les anciens problèmes resurgiraient. L'actuel soutien des établissements financiers par la BCE est spectaculaire car le volume des prêts s'est avéré deux fois plus élevé que la prévision initiale. En outre, porter le délai de remboursement à trois ans donne le temps nécessaire aux banques comme aux investisseurs." (22.12.2011)
» article intégral (lien externe, polonais)
Pour en savoir plus sur les thèmes de la revue de presse » Marchés Financiers, » Banques, » Europe
Tous les textes disponibles de » Cezary Adamczyk
Suivre les débats » Des solutions à la crise de la dette
» Ensemble de la revue de presse de jeudi, 22. décembre 2011