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À la une de mercredi, 18. janvier 2012


L'UE ouvre une procédure contre la Hongrie

Le Premier ministre, Orbán, a un mois pour corriger les lois dans le sens de l'UE. (© dapd)

La Commission européenne a ouvert mardi une triple procédure contre la Hongrie, estimant que plusieurs modifications législatives entreprises par le gouvernement ultraconservateur enfreignent le droit communautaire. Si certains analystes se réjouissent de voir l'UE enfin unie, d'autres craignent que la pression de Bruxelles ne fasse que renforcer l'extrême droite.


La Repubblica - Italie

L'Europe unie pour une fois

En décidant d'engager trois procédures, Bruxelles déplore la baisse de l'âge de départ à la retraite des juges, la nouvelle loi sur la banque centrale et le manque d'indépendance des autorités chargées du contrôle des données. La Hongrie a désormais un mois pour revoir ces lois. Pour une fois l'UE est unie, se réjouit le quotidien de centre-gauche La Repubblica : "Alors que l'UE se déchire sur l'euro, qu'elle voit peser sur elle la menace d'une récession et scelle son insignifiance sur la scène internationale, elle fait pour une fois preuve de caractère et d'union en opposant une réponse claire au tournant autoritaire hongrois. L'ultimatum de la Commission européenne intervient quelques jours seulement après la demande par Christine Lagarde, directrice du Fonds monétaire international, de prendre des mesures concrètes. Si Orbán ne revient pas d'ici un mois sur ses lois controversées, le pays risque, en plus d'une plainte devant la Cour de justice de l'UE, de se voir priver de 15 à 20 milliards d'euros d'aides de l'UE et du FMI. Sans ce crédit, la faillite du pays est garantie." (18.01.2012)


El País - Espagne

Priver la Hongrie de sa voix dans l'UE

Les quelques procédures juridiques engagées par l'UE contre la Hongrie sont loin de suffire, estime le quotidien de centre-gauche El País, qui appelle à priver le pays de sa voix au Conseil de l'UE :  "Pour beaucoup moins que ça - la participation du xénophobe Jörg Haider au gouvernement - l'UE avait pris en 2000 des sanctions diplomatiques contre l'Autriche, même si celles-ci étaient superficielles. Les transformations introduites par Orbán auraient mérité de recourir à l'article 7 du traité de Lisbonne, article renforcé après le précédent autrichien et prévoyant la possibilité que les Etats privent un pays de sa voix au Conseil de l'UE s'il viole les droits de l'homme ou restreint les libertés fondamentales. Si l'avenir de la Hongrie est en jeu, c'est aussi le cas de la crédibilité de l'UE et de la défense de la démocratie. Mais en pleine crise économique et financière, les institutions européennes pas plus que leurs politiques ne sont prêts à s'investir pour de telles choses." (18.01.2012)


Magyar Nemzet - Hongrie

Bruxelles renforce l'extrême droite

La triple procédure d'infraction ouverte contre la Hongrie renforce surtout l'extrême droite, critique le quotidien ultraconservateur Magyar Nemzet : "Les accusations mutuelles peuvent se poursuivre éternellement. Mais ce dont il s'agit essentiellement aujourd'hui, c'est du manque de confiance de l'Union européenne dans la Hongrie. Elle ne croit pas que cette dernière saura sortir de la profonde crise économique et remet en question notre fidélité aux valeurs démocratiques. Si l'on peut bien sûr s'en irriter, il est toutefois préférable de clarifier ces réserves. Ce n'est en outre vraiment pas le moment de bouder. … Il ne peut pas être dans l'intérêt de l'UE de faire plier la Hongrie et d'infliger une correction au pays devant tout le monde. … Le ton moralisateur de Bruxelles ne fait en effet que donner du grain à moudre aux radicaux désireux de brûler publiquement la bannière européenne. Est-ce vraiment ce que vous voulez, Messieurs ?" (18.01.2012)


Die Presse - Autriche

Le nationalisme d'Orbán n'est pas une solution

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, est prêt à céder face à la Commission européenne dans le litige relatif aux procédures d'infraction initiées par Bruxelles. Il ne lui reste pas vraiment d'autre alternative, estime le quotidien libéral-conservateur Die Presse : "La Hongrie devient le laboratoire d'une politique simplifiée où les réalités de l'imbrication économique internationale sont tout autant diluées que les règles fondamentales nécessaires à l'autoépuration des institutions publiques. … Il n'y a pas de chemin facile pour sortir ce pays de la crise, pas plus que l'on peut se passer de l'aide des partenaires européens. L'Autriche doit aussi en être consciente. Notre voisin hongrois est notre 'Grèce'. La Hongrie vient contredire tous ceux qui voient dans le retour au nationalisme une réponse aux défis économiques actuels. La Hongrie n'a pas l'euro et dispose de sa propre monnaie ; elle peut donc la dévaluer et stimuler au moins temporairement sa compétitivité. Mais on ne peut rien créer à partir du néant. La base, l'ouverture et la dimension internationale sont inexistantes." (18.01.2012)


» Ensemble de la revue de presse de mercredi, 18. janvier 2012

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