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Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne | 15.05.2013

Suggestions diffamatoires : la responsabilité de Google

En Allemagne, dans une décision rendue mardi, la Cour fédérale de justice a obligé le groupe Internet Google à effacer les suggestions automatiques de son moteur de recherche lorsque les individus se sentent calomniés par celles-ci. Le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung salue ce verdict : "La Cour fédérale de justice a une nouvelle fois fait passer un message : Internet n'est pas un espace de non-droit, et Google ne peut agir à sa guise. … On ne pourra pas non plus exiger désormais de Google, avec son modèle économique génial et international, de reconnaître préalablement et d'éliminer toutes les violations possibles du droit. Mais lorsqu'une remarque convaincante aura été présentée, le moteur de recherche devra enlever toutes les suggestions diffamatoires concernées - une décision tout à fait justifiée de la Cour fédérale de justice. Car sinon, les offenses et les fausses accusations continueront de faire le tour de la planète. Il y a aussi une responsabilité sur la Toile. Si l'on ouvre une entreprise qui présente une source de risques, il faut en assumer la responsabilité. Cela vaut dans la vie réelle comme dans le monde numérique." (15.05.2013)

Diena - Lettonie | 15.05.2013

Elections lettones : des duels télévisés soporifiques

Dans la perspective des élections municipales du 1er juin en Lettonie, les premiers duels télévisés ont eu lieu lundi. Ceux-ci remplacent les spots de campagne, dont la diffusion a été interdite dans le mois précédant le scrutin. Le quotidien Diena critique la vacuité de débats qui n'abordent même pas les questions pertinentes : "Interrogés sur leurs promesses de campagne, les candidats ont répondu de manière impassible. Ils ne sont animés que lorsqu'a été abordée la 'question primordiale' portant sur la nécessité de bannir ou non la Gay Pride du centre-ville de Riga. … Les candidats ont paru distants et absents quand il s'est agi de l'économie, des chiffres et des faits. Leurs visages se sont éclairés en revanche lorsqu'on les a interrogés sur le projet de Riga capitale européenne de la culture 2014." (15.05.2013)

Heti Világgazdaság - Hongrie | 09.05.2013

Amende pour diffamation des Roms, une forme de censure

L'instance de supervision des médias à infligé mercredi au quotidien ultraconservateur Magyar Hírlap une amende de 250.000 forint (environ 850 euros). Zsolt Bayer, chroniqueur de ce journal, avait publié en janvier un article aux accents antisémites, qualifiant entre autres les Roms d'animaux. Elek Tokfalvi, chroniqueur au journal de centre-gauche Heti Világgazdaság, ne voit pas l'intérêt de cette amende, qui viole selon lui la liberté de la presse : "21 ans après la fin de la censure communiste, un journal est puni pour une opinion qu'il diffuse. Zsolt Bayer et Magyar Hírlap se sont-ils rendus coupables d'un quelconque délit ? Non. L'article a-t-il poussé qui que ce soit à commettre un acte répréhensible ? Non. Et si c'était le cas, pourquoi le parquet n'a-t-il pas agi ? ... L'amende n'améliore en rien la situation. La cote de Bayer n'a pas baissé dans le camp de droite, bien au contraire. ... La censure de la presse a été réintroduite en Hongrie." (09.05.2013)

Neatkarīgā - Lettonie | 08.05.2013

Lettonie : une loi électorale qui n'aide pas l'opposition

Des élections municipales auront lieu le 1er juin en Lettonie. Le Parlement letton a adopté l'année dernière une loi interdisant la diffusion à la télévision de spots de campagne dans les 30 jours précédant le scrutin. Cela n'empêche pas le parti au pouvoir d'être avantagé vis-à-vis de l'opposition, estime le quotidien national-conservateur Tageszeitung Neatkarīgā : "Il n'y avait pas de spots télévisés en 1933, ce qui n'a pas empêché Hitler d'arriver au pouvoir. La loi électorale adoptée l'année dernière, qui interdit les spots télévisés dans les 30 jours avant le scrutin, a privé les partis d'un de leurs outils de lavage de cerveau parmi tant d'autres. Mais ils disposent toujours d'un vaste arsenal pour manipuler les électeurs. Le parti au pouvoir a d'autres moyens d'exploiter sa position, par exemple en faisant intervenir à la télévision Premier ministre, ministres, députés ou maires." (08.05.2013)

Novi List - Croatie | 03.05.2013

Un jeu télévisé pour rapprocher les Croates de l'UE

Avant l'adhésion de la Croatie à l'UE le 1er juillet, l'euphorie manque à l'appel dans le pays. Avec son nouveau jeu télévisé EUnigma, censé faire la promotion de l'UE, la chaîne publique HTV entend rectifier le tir. La chaîne est même particulièrement fière d'avoir touché 190.000 euros de subventions européennes. Or le résultat est affligeant, commente le quotidien de gauche Novi List : "Sur le plan technique, ce quiz est au niveau d'une mauvaise émission pour enfants des années 70. Les plaques en contreplaqué des coulisses ont été assemblées à la va-vite, on voit même les clous. ... L'équipe des auteurs, après des années interminables de non-créativité, de recopiage d'autres émissions, a enfin eu une idée de son cru, mais celle-ci n'aide pas beaucoup. ... Pressé par le temps, tout a été bricolé au dernier moment. Si toute l'équipe de l'émission s'était investie dans le projet au lieu de se tourner les pouces, le résultat aurait été plus acceptable. Il faudra se contenter d'une Tour Eiffel en papier." (03.05.2013)

Helsingin Sanomat - Finlande | 03.05.2013

La liberté de la presse, partout menacée

D'après le dernier rapport de l'organisation américaine Freedom House, seule une personne sur sept dans le monde vit dans un pays jouissant de médias libres. Mais même dans des pays comme la Finlande, la liberté de la presse n'est pas une évidence, écrit le journal libéral Helsingin Sanomat à l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse : "Selon la définition du rapport, liberté signifie contrôle public perpétuel des décideurs politiques,  garantie de la sécurité des journalistes, influence la plus faible possible de l'Etat sur le travail des médias, et aucune pression exercée sur les médias, que celle-ci soit de nature juridique ou économique. La liste est longue. Une lecture approfondie révèle que même les pays comme la Finlande, qui figurent aux avant-postes de ce classement international, doivent veiller au respect de la liberté d'expression. La mission de la presse est de contrôler les puissants et de dévoiler les erreurs des autorités. Malheureusement, même chez nous, on réagit trop souvent en posant l'exigence de lever la protection des sources." (03.05.2013)

Politiken - Danemark | 02.05.2013

Les médias danois, complices des pirates somaliens

Après 838 jours de captivité, les pirates somaliens ont libéré mardi deux otages danois après le versement d'une rançon. Plusieurs médias danois se sont rendus complices des pirates en décidant d'interviewer les otages, critique le quotidien de centre-gauche Politiken : "Les médias se trouvent devant un dilemme difficile quand des criminels cyniques tentent d'exploiter notre obligation journalistique à raconter ce qui se passe. Les otages ont été contraints à jouer le jeu. Nous pouvons décider nous-mêmes de nous laisser instrumentaliser ou non par des criminels. Même Politiken a été contacté par les ravisseurs, et nous avons eu la possibilité de parler avec les otages. Nous avons décidé de notre côté de ne rien écrire sur le sujet. … Maintenant que les otages sont en sécurité, il faut parler de ce qui s'est déroulé. … Les médias sont au cœur des critiques, tout particulièrement [le journal à sensation] Ekstra Bladet, qui est devenu l'attaché de presse danois des pirates somaliens." (02.05.2013)

Deutschlandfunk - Allemagne | 30.04.2013

Places au procès du NSU : clore la polémique

Le tribunal de Munich a procédé lundi à une lotterie pour réattribuer les 50 places réservées aux journalistes pour le procès du groupuscule néonazi NSU. Les médias turcs, dont certains avaient porté plainte contre l'attribution initiale, pourront assister au procès. De grands journaux allemands n'ont par contre pas pu obtenir de places.La radio publique allemande Deutschlandfunk, qui a elle-même obtenu une place, appelle à clore le débat : "Il n'y avait qu'une seule raison valable pour que tout le pays se préoccupe pendant trois semaines de la composition d'une tribune de presse : le fait que neuf des dix victimes du NSU soient d'origine étrangère. Et le risque qu'aucun journaliste turc ou grec ne puisse obtenir de place dans un tribunal trop petit. Ce problème est désormais résolu. … Si nous, journalistes, continuons à nous moquer, à polémiquer et à nous plaindre, nous détournons l'attention des victimes et des malfaiteurs pour la porter sur nous, les observateurs. … Désormais, le tribunal peut et doit se concentrer sur l'essentiel : les coupables présumés et les actes dont ils sont accusés." (30.04.2013)


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