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Réflexions

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RÉFLEXIONS

Público - Portugal | 09.02.2012

Joseph Nye sur le style de direction des hommes et des femmes

La qualité d'un dirigeant ne dépend en aucune façon de son sexe, analyse le politologue américain Joseph Nye dans le quotidien Público, mais le monde serait plus pacifique si davantage de femmes étaient aux commandes : "C'est moins en terme de commandement héroïque qu'en terme d'un encouragement à la participation dans l'ensemble d'une organisation, d'un groupe, d'un pays ou d'un réseau que doivent être considérés les dirigeants. La question de la pertinence du style - savoir quand utiliser les compétences dures ou souples - s'applique autant aux hommes qu'aux femmes, et ne devrait pas être occultée par les stéréotypes classiques liés au genre. Dans certaines circonstances, il serait bon que les hommes agissent d'une manière 'plus féminine' ; dans d'autres, les femmes devraient adopter une position 'plus masculine'. Ce ne sera pas la question du genre qui déterminera nos choix cruciaux entre guerre et paix pour notre avenir, mais bien la capacité des dirigeants à combiner les éléments de pouvoir dur et souple afin de produire des stratégies intelligentes. Ces décisions seront prises tant par les hommes que par les femmes. Mais Pinker [psychologue de Harvard] a probablement raison lorsqu'il note que les parties du monde qui sont en retard en matière de maîtrise de la violence sont aussi celles qui sont en retard en matière de renforcement des capacités des femmes." (09.02.2012)

Ta Nea - Grèce | 08.02.2012

Giannis Politis sur l'autre solution allemande à la crise grecque

L'Allemagne est partagée sur la question grecque, analyse dans le quotidien de centre-gauche Ta Nea le chroniqueur Giannis Politis : "Il y a deux Allemagne et deux écoles de pensée pour sauver la Grèce. La première, nous la connaissons tous. C'est celle promue par Angela Merkel, son entourage au gouvernement et les banques. Ils se comportent à notre égard comme des moines protestants : d'abord le châtiment et l'humiliation, la rédemption vient ensuite. … Mais même l'ardeur religieuse avec laquelle la chancelière poursuit sa rigoureuse stratégie s'est révélée infructueuse. Heureusement, il y a aussi l'autre Allemagne - celle de Helmut Schmidt et de ses sympathisants, fidèles partisans de l'idée européenne. Aux côtés de grands médias, cette Allemagne demande que cesse la farce du sauvetage présumé de la Grèce et propose de reconstruire le pays à l'aide d'un nouveau plan Marshall. … L'actuel leadership ne détient manifestement pas la seule vérité en Allemagne." (08.02.2012)

Neue Zürcher Zeitung - Suisse | 08.02.2012

Arié Malz appelle à un ordre mondial multipolaire et viable

Le nouveau monde multipolaire n'est pas viable dans sa forme actuelle, estime l'expert en questions de défense Arié Malz dans le quotidien libéral-conservateur Neue Zürcher Zeitung : "L'évolution vers un monde multipolaire demandée par la Russie, la Chine et l'Inde est devenue réalité sans pour autant constituer un système viable. Cela a des répercussions sur les marchés financiers, lesquels sombrent à intervalles de plus en plus courts d'une crise à une autre. Jusque-là, l'action pragmatique des participants dans toutes les crises imminentes a permis d'éviter la catastrophe. On s'est par contre sciemment accommodé de risques pernicieux comme la question climatique ou l'alimentation dans le monde, et la résolution de ces problèmes a été remise à plus tard. Il serait donc peu clairvoyant de faire de la réalité du pragmatisme une méthode à succès. Il faut poursuivre la lutte pour établir une structure supranationale satisfaisante pour le XXIe siècle. Mais pour le moment, on ne parvient pas même à entrevoir les contours d'un tel système." (08.02.2012)

Jornal de Negócios - Portugal | 05.02.2012

Pour Stephen Roach, la crise de l'euro touchera la Chine et l'Inde

La Chine et l'Inde seront les prochaines victimes de la crise de l'euro si elles ne réorientent pas leur politique économique, estime l'économiste Stephen Roach dans le journal économique Jornal de Negócios : "Mais aucune des deux économies n'implosera d'elle-même. Il faudrait une déstabilisation supplémentaire pour provoquer un tremblement de terre. Une possibilité évidente serait un effondrement problématique de l'Union monétaire européenne. Si cela devait se produire, la Chine et l'Inde (tout comme la plupart des économies dans le monde) se trouveraient face à de graves difficultés. … L'Occident s'est laissé séduire par l'économie politique d'une fausse prospérité et a galvaudé son pouvoir. L'Asie - poussée par la stratégie et la stabilité - a construit sur la base des forces qu'elle s'est découvertes. Mais elle doit désormais se réinventer. La stagnation sur le mode japonais qui sévit dans le monde développé oblige l'Asie jusqu'à présent dépendante de l'étranger à se concentrer sur la demande intérieure. La pression à laquelle sont actuellement soumises la Chine et l'Inde renforce cette nécessité." (05.02.2012)

Welt am Sonntag - Allemagne | 05.02.2012

Richard Herzinger croit encore dans le printemps arabe

Depuis le réveil des mouvements de libération l'année dernière, le Proche-Orient ne connaît pas de trêve. Les démocraties européennes ont mis près de 200 ans pour se stabiliser, se console le journaliste Richard Herzinger dans l'hebdomadaire conservateur Welt am Sonntag :  "Car il vaut la peine de se remémorer que les bouleversements révolutionnaires, tels ceux qui se produisent actuellement au Proche-Orient, suscitent des décennies de troubles sanglants, d'égarements affreux et de guerres cruelles. Le problème central des révolutions était de savoir comment capter et limiter par la voie des institutions la violence qui se déchaînait en leur sein. La révolution américaine y est parvenue de manière assez exemplaire, la révolution française a d'abord connu une dérive terroriste, sans parler de la révolution russe. En tout, il a fallu attendre près de 200 ans avant que la démocratie occidentale ne soit complètement établie. Se souvenir des grandes lignes de l'histoire permet en tout cas de ne pas désespérer devant les horreurs actuellement commises au Proche-Orient et, plutôt que se bercer de visions d'un avenir démocratique idéal, de se concentrer sur le combat constant contre la pire inhumanité." (05.02.2012)

Trends Tendances - Belgique | 03.02.2012

Bruno Colmant sur la jeunesse européenne sacrifiée

Lors des négociations sur la résolution de la crise de la dette, les chefs d'Etat et de gouvernement européens oublient qu'à long terme, ce sont les jeunes Européens qui paieront la facture, critique le professeur d'économie Bruno Colmant dans le journal économique Trends Tendances : "La dette est, en effet, une hypothèque sur la prospérité des générations futures, ce qui constitue un incontestable déni de démocratie. Nos communautés européennes seront donc immanquablement confrontées à de robustes débats idéologiques qu'une conjoncture bienveillante avait permis de camoufler depuis 30 ans. Les prochaines années seront affectées d'une tension croissante entre le capitalisme individuel et des forces collectivistes caractérisées par une répression financière, fiscale et inflationniste. Ces frictions seront accentuées par des tensions sociales, elles-mêmes alimentées par des dislocations générationnelles, qu'on constate déjà dans de nombreux pays. Car, dans tous les scénarios envisagés, la jeunesse est sacrifiée." (03.02.2012)

Hospodářské noviny - République tchèque | 02.02.2012

Tomáš Sedláček sur l'étrange isolationnisme tchèque

Le "non" de la République tchèque au nouveau pacte budgétaire de l'UE isolera davantage le pays, craint l'économiste Tomáš Sedláček dans le journal économique libéral Hospodářské noviny : "Notre politique, que ce soit celle du président ou de plus en plus celle du gouvernement, s'oppose par principe au moindre terme qui, comme l'Europe, commence par la lettre E. Le rejet du pacte budgétaire en est le triste exemple. Si celui-ci tombait à point nommé pour le gouvernement, il avait pourtant le défaut d'avoir été proposé par l'UE. Pour les économistes et les politiques, il y a de quoi s'arracher les cheveux. Il est vraiment très courageux de gâcher une chance d'empêcher le surendettement de notre pays. … Croyons-nous vraiment que nous prouvons notre souveraineté en disant non ? Même le président américain, la puissante Allemagne ou la France orgueilleuse doivent faire des compromis, trouver des alliés. Combien en avons-nous encore ? De moins en moins. De plus en plus d'Etats nous désapprouvent." (02.02.2012)

ABC - Espagne | 01.02.2012

L'Espagne doit appliquer la politique de Merkel

L'Espagne fait bien de se soumettre à l'austérité dictée par l'Allemagne, juge le quotidien conservateur ABC : "L'Europe a interdit Keynes par décret et les opposants à l'austérité font la tête. Comme Margaret Thatcher il y a 30 ans, Angela Merkel s'est imposée avec son austérité fondamentaliste, contre le gène dépensier de la social-démocratie qui cherche sans cesse une excuse pour dépenser plus : en période de prospérité parce qu'il y a de l'argent en masse, en période de récession parce qu'il faut encourager la croissance. Mais la chancelière allemande est une femme prudente, élevée dans la peur de l'inflation couvée pendant la République de Weimar, le stade préliminaire du nazisme. Et le credo de son leadership est implacable : commencer par équilibrer le budget, voir ce qui se passera ensuite. … L'Espagne fait bien de s'adapter à cette politique, et elle n'a pas d'autre choix. Réforme ou faillite, il n'y a pas d'autre possibilité. … C'est elle seule, et donc l'Allemagne, qui continue de faire tourner le moteur de l'Europe et est en position de décider. … C'est celui qui paye qui fixe les règles. Il y a peut-être un plan B, mais on n'y touchera pas tant que le plan A n'est pas exécuté." (01.02.2012)

Financial Times Deutschland - Allemagne | 31.01.2012

Pour Alan Greenspan, le capitalisme est injustement discrédité

La libre économie de marché a amélioré la vie des gens depuis qu'elle existe, estime Alan Greenspan, ex-directeur de la Réserve fédérale américaine dans le journal économique libéral Financial Times Deutschland. En outre, la cupidité et l'inégalité ne sont pas des particularités capitalistes : "Au siècle dernier, la croissance économique provoquée par la concurrence entre les marchés a généré des ressources qui ont largement dépassé le minimum nécessaire pour survivre. Même au sein d'économies nationales très orientées sur la concurrence comme l'économie américaine, cet excédent a été principalement utilisé pour améliorer la qualité de vie : progrès dans le domaine de la santé, espérance de vie plus élevée doublée de systèmes de retraite, un système général d'éducation et des conditions de travail largement améliorées. Nous avons utilisé une grande part de cette augmentation de richesse considérable, générée par nos économies de marché, pour nous acheter ce que beaucoup qualifieraient de niveau supérieur de civilité. … Avidité et cupidité sont associées au capitalisme et souvent attaquées. Elles font en réalité partie de la nature humaine et apparaissent dans tous les systèmes économiques." (31.01.2012)

Basler Zeitung - Suisse | 31.01.2012

Rolf Weder sur les boucs émissaires en économie

Lors du Forum économique mondial à Davos, les participants se sont demandé si les sciences économiques jouaient un rôle dans la crise économique qui perdure. Au lieu de chercher la responsabilité des analyses manquées auprès des scientifiques, la politique devrait d'abord balayer devant sa porte, estime l'économiste bâlois Rolf Weder, dans le journal conservateur Basler Zeitung : "Les sciences économiques montrent depuis des décennies que le marché ne peut pas fonctionner correctement si les droits de propriété sont inexistants comme c'est le cas pour les biens internationaux communs (par exemple les mers ou le climat). Pour cette raison, la discipline requiert constamment de la politique qu'elle introduise les projets de réglementation au niveau mondial. Mais chacun préfère leur tourner le dos. Ainsi, on subventionne les industries halieutiques dans le monde entier à hauteur de plusieurs milliards au lieu de les taxer et de réduire la surpêche. A mon avis, les participants au Forum de Davos feraient mieux de se pencher sur de tels sujets plutôt que de débattre de notre discipline et d'un mouvement perpétuel dans la crise de la dette et de l'euro." (31.01.2012)


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