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Réflexions

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RÉFLEXIONS

El País - Espagne | 17.05.2013

Un Brexit réduirait la souveraineté britannique, par Ulrich Beck

Les Britanniques ne pourraient exister sans l'UE à l'ère de la mondialisation, affirme le sociologue Ulrich Beck dans le quotidien de centre-gauche El País : "Admettons que les eurosceptiques s'imposent au Royaume-Uni et que le pays quitte l'UE. Les Britanniques pourraient-ils alors mieux vivre leur identité ? Auraient-il plus de souveraineté pour décider de leurs propres affaires ? Non ! Il est même presque certain que les Ecossais et les Gallois resteraient dans l'UE. Cela entraînerait un morcellement du Royaume-Uni. Et la Grande-Bretagne - pardon, l'Angleterre ! - perdrait alors une part significative de sa souveraineté, si l'on entend par souveraineté la capacité à exercer une influence sur ses propres affaires et sur les décisions des autres. A mon sens, la situation historique est particulièrement claire : l'Union européenne est bien plus à même de défendre les intérêts nationaux que ne sauraient le faire des pays isolés. Il convient de se battre pour que cette façon de voir s'impose en Europe." (17.05.2013)

Jutarnji List - Croatie | 15.05.2013

Pour réconcilier les Serbes et les Croates, par Nenad Miščević

Une réconciliation entre Serbes et Croates ne sera possible que lorsque l'on évoquera ouvertenemnt les crimes commis des deux côtés et que les bourreaux respectifs auront rendu des comptes, écrit le philosophe Nenad Miščević dans le quotidien libéral Jutarnji List : "A l'époque du siège de Vukovar par les Serbes, les Serbes de la région s'en sont violemment pris aux Croates. Aujourd'hui, ces victimes et leurs descendants refusent aux Serbes le droit constitutionnel d'utiliser l'écriture cyrillique. La minorité serbe serait-elle la nouvelle victime aujourd'hui ? … Sans véritable expiation, il ne peut y avoir de justice d'après-guerre. … Que faut-il donc faire pour mettre fin au litige et faire en sorte que les victimes cessent leurs généralisations et leurs revendications a posteriori ? Premièrement, les bourreaux des deux camps doivent être sanctionnés, quel que soit globalement le bon droit ou le tort de tel ou tel camp. Deuxièmement, un dialogue est nécessaire, même s'il peut être long, ennuyeux et coûteux. Mais seul le dialogue peut satisfaire les deux camps. Troisièmement, la solution définitive ne peut être que la réconciliation. Car celle-ci permet d'apaiser les victimes, empêche les nouvelles revendications et met un terme à la chasse aux sorcières." (15.05.2013)

Vasárnapi Hírek - Hongrie | 12.05.2013

Le besoin de soumission des Hongrois, par Krisztián Grecsó

Depuis toujours, les Hongrois ont tendance à vouloir se soumettre, estime l'écrivain Krisztián Grecsó dans le journal dominical de gauche Vasárnapi Hírek. Une attitude dont tire parti selon lui le gouvernement ultraconservateur de Viktor Orbán : "Nous sommes tout simplement incapables de supporter les individus en marge de la société : moines, sans-abris, hippies. Ceux-ci ne témoignent aucune compréhension ni aucun sens de ceux qui sont importants dans la société et de ceux qui ont le pouvoir. C'est la raison pour laquelle nous éprouvons une haine aussi irrépressible à leur égard, car le système repose sur la peur, et non pas sur l'amour. La peur domine tout. C'est la peur de l'autorité, des saignées, de l'éventualité qu'on nous prive aussi des possibilités qui nous restent, que l'on perde nos emplois, nos retraites, notre logement, nos cigarettes ou notre vin. Le peuple hongrois est terriblement soumis. S'il ne subit aucun joug, il en cherchera un. … Il a besoin d'un leader qui le commande, d'un pouvoir auquel se fier et auquel témoigner un respect transi. Le gouvernement Orbán, qui se qualifie de national, satisfait pleinement ce besoin." (12.05.2013)

The Irish Times - Irlande | 10.05.2013

John Waters déplore le libéralisme des médias irlandais

En Irlande, l'avortement, l'euthanasie et le mariage homosexuel font l'objet d'un débat public houleux. John Waters, auteur et éditorialiste du journal de centre-gauche Irish Times, critique la couverture médiatique de ces débats : "Les médias se prêtent à une agitation idéologique prétentieuse pour amener des changements sociaux radicaux. Ils seraient mieux inspirés, par exemple, de se faire les vecteurs d'informations et d'évaluations sur des questions d'une importance sociale authentique. Les journaux traitent l'information tout au plus au sens large. On y trouvera certes des articles sur des événements de la veille. Mais en majorité, ces histoires se rapportent à un agenda implicite dont le but est 'l'amélioration' de la société. ... Avortement, euthanasie et mariage homosexuel ont comme dénominateur commun le rejet des représentations et des systèmes de valeurs existants. Les médias s'entêtent à conclure que ces propositions, en plus d'être des changements indispensables et souhaitables, nous rapprocheront, une fois instaurés, de la société idéale." (10.05.2013)

Novosti - Croatie | 06.05.2013

Serbie et Croatie échangent les rôles, par Marinko Čulić

Après les excuses du président serbe Tomislav Nikolić pour le massacre de Srebrenica et la reprise d'un discours nationaliste virulent dans l'opinion publique croate, un grand changement de rôle s'opère entre les deux pays, écrit le chroniqueur Marinko Čulić, dans l'hebdomadaire de gauche Novosti, journal de la minorité serbe de Croatie : "Le rituel de reconnaissance symbolique de la culpabilité pour les crimes de guerre de son pays et de son peuple est oublié depuis longtemps. … Il ne sert à rien d'éliminer la haine à ce sujet, il faut plutôt la contrôler. … Un échange de rôles intéressant s'opère entre la Croatie et la Serbie. La Serbie s'extrait de la fange du passé de la guerre en appliquant la méthode croate, qui consiste à le laisser aux nationalistes, tandis que c'est précisément l'inverse qui se produit en Croatie. On semble y suivre le modèle serbe de l'époque de Boris Tadić [président serbe de 2004 à 2012]. A l'époque, les politiques de centre-gauche, craignant de s'attaquer aux pires problèmes du pays, notamment la corruption, avaient permis l'accession des nationalistes au pouvoir." (06.05.2013)

The Times - Royaume-Uni | 06.05.2013

Oui au Brexit, par Nigel Lawson

Le succès du parti eurosceptique UKIP aux élections municipales de jeudi a relancé le débat sur la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE. Dans le quotidien conservateur The Times, Nigel Lawson, ministre des Finances du gouvernement Thatcher de 1983 à 1989, explique pourquoi il voterait oui au Brexit en cas de référendum : "Nous n'avons jamais été 'au cœur de l'Europe', même si nos dirigeants politiques l'ont parfois stupidement affirmé. Nous sommes aujourd'hui de plus en plus marginalisés, car nous sommes condamnés à être écartés en permanence par le bloc de la zone euro. L'argument en faveur d'une sortie est donc évident. Y aurait-il toutefois des coûts économiques importants, qui pourraient rendre cette perspective peu judicieuse ? Il y aurait bien sûr certains coûts, en partie transitoires, car nous perdrions les modestes avantages que nous apporte le marché unique. Mais selon moi, les gains économiques seraient nettement supérieurs. … C'est un fait établi en Europe que l'UE est devenue une monstruosité bureaucratique, dépourvue de tout contrôle démocratique efficace. Cela impose de grosses contraintes économiques sur tous les Etats membres." (06.05.2013)

Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung - Allemagne | 05.05.2013

Un axe franco-allemand primordial, par Günther Nonnenmacher

Le projet européen a été jusqu'à aujourd'hui le ciment de l'axe franco-allemand analyse le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung : "Les partis allemands ... préconisaient jusque dans les années 80 une Europe fédérale. Les politiques français pour leur part … ne se sont jamais départis de leur vision d'une 'Europe d'Etats souverains'. Le litige actuel, qui oppose en gros l'austérité prônée par l'Allemagne à la volonté de la France de relancer la croissance par des fonds publics, n'est autre que le prolongement de cette dichotomie … La France a besoin de l'Europe (et d'une coopération privilégiée avec l'Allemagne), faute de quoi son ambition de jouer un rôle international sera privée de toute base matérielle, en dépit de son statut de puissance nucléaire et de membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU. L'Allemagne a besoin de l'Europe (et de la France comme partenaire privilégié) parce qu'elle occupe de facto la position désagréable de puissance centrale européenne, contre son gré … Une entente politique entre Paris et Berlin rime toujours avec un équilibre entre le Nord et le Sud, entre l'Est et l'Ouest de l'UE ; entre une organisation centralisée et une organisation fédérale." (05.05.2013)

The Irish Times - Irlande | 05.05.2013

L'Allemagne cherche toujours le compromis, par Derek Scally

L'Allemagne se voit reprocher par beaucoup de chercher à obtenir une nouvelle hégémonie en Europe en imposant sa politique austéritaire aux Etats en crise. Une thèse que rejette le chroniqueur Derek Scally dans le quotidien de centre-gauche Irish Times : "Ceux qui avancent l'argument de l'hégémonie allemande oublient un peu trop vite le nombre de fois où Berlin a déjà cédé. Le refus initial d'avaliser des actions de sauvetage a laissé place à une aide sous conditions. Il y a ensuite eu l'accord prévoyant que les dettes publiques ne soient plus attachées à des particuliers et que les banques puissent être recapitalisées par les fonds issus du MES. De même que les concessions précédentes, cet accord a également été édulcoré, se voyant doté de conditions particulières. Mais la concession d'une responsabilité mutuelle en Europe n'a plus rien à voir avec la zone euro que les politiques allemands avaient laissé entrevoir autrefois à leurs électeurs. … La thèse de l'hégémonie allemande occulte par ailleurs le soutien obtenu par Berlin, à des degrés divers, par la Finlande, les Pays-Bas et l'Autriche. La Suède, la Pologne et le Danemark lui apportent aussi régulièrement leur appui, même si ceux-ci, bien sûr, ne font pas partie de la zone euro." (05.05.2013)

The Times - Royaume-Uni | 01.05.2013

Pour David Aaronovitch, la reine Elisabeth doit abdiquer

Aux Pays-Bas, la reine Beatrix a abdiqué mardi, remettant sa couronne à son fils Willem-Alexander. Le pape Benoît XVI a également décidé de céder sa place. La reine Elizabeth devrait faire de même vis-à-vis des Britanniques, estime le chroniqueur David Aaronovitch dans le quotidien conservateur The Times : "Attendons-nous et voulons-nous vraiment que la reine continue à saluer, faire des visites et tenir des discours royaux, littéralement jusqu'à ce que mort s'ensuive ? Devra-t-elle continuer à demander 'Et vous, que faites-vous dans la vie?', si elle souffre une jour d'une maladie chronique ou de sénilité ? Un âge très avancé mène inévitablement à la sénilité, l'épuisement et la souffrance. Elizabeth ne doit pas se sentir obligée d'avoir à subir tout cela. … Le prochain petit-enfant de la reine devrait naître à la mi-juillet, soit l'héritier au trône de l'héritier de l'héritier. Ce serait peut-être un bon moment pour nous annoncer qu'elle préfère passer plus de temps - ce qui serait mérité - avec ses chevaux, ses chiens et ses petits-enfants. Vraisemblablement dans cet ordre." (01.05.2013)

lrytas.lt - Lituanie | 28.04.2013

Pour Paulius Gritėnas, l'Europe devra débattre du mariage pour tous

Le Parlement français a adopté la semaine dernière la loi très controversée sur le mariage pour tous. L'Europe entière devra bientôt se pencher sur la question, estime le chroniqueur Paulius Gritėnas sur le portail d'information lrytas.lt : "Il est clair que la question des droits des couples homosexuels s'étendra bientôt à d'autres pays européens qui disposent de bien moins d'expérience sur la garantie des droits de l'homme et du citoyen. Cela laisse présager une résistance sérieuse de la part des gardiens de la morale et des traditions. … On peut trop bien s'imaginer quelle tempête déclenchera un débat sur une telle loi en Pologne ou d'autres pays avec une forte tradition chrétienne. … Mais retarder davantage le débat n'est pas une thèse défendable. Il suffit de dresser une analogie avec l'esclavage. On a du mal à imaginer aujourd'hui que le travail des esclaves a été considéré pendant des siècles comme la base du progrès économique, et que l'on était convaincu que son abolition serait nuisible, injustifiée et causerait de graves problèmes sociétaux." (28.04.2013)


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