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Magazine / Histoire / Narrating the Nation / Article | 06.05.2008
L'holocauste et les valeurs européennes
de Uffe Østergård
Une mémoire européenne de l'holocauste a été érigée en tâche importante au cours des vingt dernières années par presque tous les pays de l'UE.
Au cours des quinze à vingt dernières années, presque tous les pays de l'Union Européenne (UE) se sont engagés à préserver la mémoire de l'Holocauste [1]. Même les petits États nordiques supposément innocents se sont ralliés à l'effort général de commémoration des assassinats systématiques des Juifs perpétrés par les Nazis pendant la Deuxième guerre mondiale.

La Norvège, par exemple, a versé des indemnités pour chaque Juif exproprié ou ayant été arrêté et déporté en novembre 1942. Si le descendant en question était introuvable, les versements étaient en partie canalisés pour créer un centre de « recherches sur l'Holocauste et les minorités religieuses », inauguré en août 2006. La vengeance presque poétique de l'histoire est que ce centre a précisément pris ses quartiers sur la presqu'île des musées, à Oslo, dans la villa luxueuse et rénovée à coup de fortes sommes de Vidkun Quisling, collaborateur et Ministre président norvégien entre 1942 et 1945.
Même le Danemark, dont la bonne réputation à ce sujet veut qu'en octobre 1943, le pays aurait protégé les Juifs danois de la mort, a, en 2000, commandé une enquête officielle sur la politique danoise à l'égard des réfugiés dans les années qui ont précédé l'occupation allemande, de même que pendant la dite occupation (entre 1940 et 1945). Les résultats décrivent en quatre gros volumes la posture restrictive vis-à-vis des réfugiés ainsi que la déportation de nombreux Juifs non allemands sous l'occupation allemande [2]. Par ailleurs la Copenhagen Business School mène une étude sur la collaboration économique de l'industrie et l'agriculture danoises, qui va bientôt être publiée. La Suède, pays de la neutralité, a elle aussi reconnu sa complicité, lancé de grandes campagnes d'information sur l'Holocauste et autres formes de génocide et créé l'institution permanente « Histoire vivante » (Levande Historia) [3].
[1] Quelques idées à ce sujet peuvent être trouvées dans les premiers mémoires de l'auteur, comme dans : Uffe Østergård, Holocaust, Genocide and European Values, dans : Steven Jansen 5édit.), Genocide : Cases, Comparisons and Contemporary Debates, The Danish Center for Holocaust and Genocide Studies, Kopenhagen 2003, PP 175 – 192 ; ders., Denmark and the New International Politics of Morality and Remembrance, Danish Foreign Policy Yearbook 2005, Kopenhagen 2005, PP 65 – 101.
[2] Cf . Hans Kirchhoff, Et menneske uden pas er ikke noget menneske. Danmark i den internationale flygtningespørgsmåler 1933 – 1939, Odense 2005 ; Lone Rünitz, Af hensyn til konsekvenserne. Danmark og flygtningespørgsmåler 1933 – 1940, Odense 2005; Cecilie Felicia Stokholm Banke, Demokratiets skyggeside. Flygtninge og menneskerettigheder I Danmark før Holocaust, Odense 2005; Hans Kirchhoff/Lone Rünitz, Udsendt til Tykland. Dansk flygtningepolitik under besættelsen, Odense 2007.
[3] www.levandehistoria.org.
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Titulaire d'une maîtrise, né en 1945 ; ancien Directeur du Danish Center for Holocaust and Genocide Studies, Danish Institute for International Studies, Copenhague ; Professeur ...
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Traduction
Tiny Domingos
Langue originale Anglais
Publié le 31.12.2007
Source originale Aus Politik und Zeitgreschichte APuZ 1-2/2008
© Bundeszentrale für politische Bildung
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