Menu secondaire: Magazine
Magazine / Société / Football / Eclairages | 04.06.2008
Une fable consumériste
de Felix Ehlert
"L'émotion au rendez-vous" dit le slogan de l'Euro organisé cette année en Suisse et en Autriche. Mais le commerce des émotions des supporters représente-t-il un réel facteur économique ? Que reste-t-il de toute cette effervescence ?
On trouve des petits drapeaux de l'Allemagne en cadeau dans les boîtes de céréales, les pharmacies locales proposent des programmes de l'Euro et des télévisions moins chères sont proposées sur le marché électronique dans des cages de l'Euro 2008 : A l'occasion de chaque grand événement sportif la volonté de profiter de l'attention accrue se reflète dans l'économie. Souvent à tort.
Plus d'emplois et de réservations
Qu'est-ce que cela implique pour l'Euro qui commence samedi ? Les pays concernés ont de toute façon déjà fait chauffer leurs calculettes.

Grâce à l'Euro, l'Autriche s'attend à une augmentation de 0,15 pour cent de son produit intérieur brut. La Suisse a calculé que le sien devrait enregistrer une progression de l'ordre de 0,14 à 0,18 pour cent, et que des milliers d'emplois supplémentaires seraient créés – au moins le temps des trois semaines du tournoi. Les hôtels des deux pays prévoient plus d'un million de réservations supplémentaires qu'à l'ordinaire.
Prévenir toute euphorie
Le spécialiste en économie du sport, Gregor Hovemann, met toutefois en garde contre cette trop grande euphorie : "Le fait que deux pays organisent conjointement l'événement disperse les retombées", déclare-t-il. D'après lui, la portée économique des événements sportifs est de toute façon surévaluée. "On omet souvent de comptabiliser les investissements dans les stades et les diverses infrastructures. "Lors de la Coupe du monde de football en Allemagne, on a fait des prévisions extravagantes, suite auxquelles on s'attendait à une énorme création de richesses. Au final, les commerçants ont plutôt essuyé une douche froide. D'après une analyse de l'Institut allemand pour la recherche économique (Deutsches Institut für Wirtschaftsforschung - DIW), le tournoi n'a eu "aucun effet positif notoire sur l'économie dans son ensemble".
Qui peut faire sa pub ?
Selon Hovemann, ce sont surtout les publicitaires et les experts marketing qui profitent de l'Euro, utilisé comme prétendue stratégie commerciale. Ils doivent trouver le créneau légal que l'instance organisatrice, l'UEFA, essaye constamment de refermer : associer un produit à l'Euro sans pour autant disposer de la licence d'exploitation. C'est difficile et coûteux en cas d'échec, car l'UEFA n'hésite pas à porter plainte. Une présence dans les médias en tant que sponsor officiel de l'Euro est par contre inabordable pour des entreprises de taille moyenne. D'après des estimations, elle coûterait dans les 26 millions d'euros. Globalement, la valeur publicitaire de l'Euro est de l'ordre de 400 millions d'euros. C'est ce que devraient payer les entreprises pour obtenir une attention médiatique équivalente à celle générée par l'Euro.
Les Suisses au moins ne se laissent pas emballer par la commercialisation du football. Une enquête réalisée par l'Institut de sondage suisse Isopublic indique que seuls 41 pour cent de la population s'intéressent au championnat d'Europe. Ils agiteront juste un peu moins leurs drapeaux.
Felix Ehlert, né en 1980 à Recklinghausen, collabore avec le Westdeutsche Allgemeine Zeitung à Essen et travaille comme journaliste indépendant, pour le Spiegel Online entre ...
» vers l'index des auteurs
Langue originale Allemand
![]()
Le text est licencié sous Creative Commons license by-nc-nd/2.0/de.
Des articles supplémentaires sur les thèmes » Infrastructures / Transports, » Culture Populaire, » Commerce, » Sport, » Tourisme, » Autriche, » Suisse
Pour en savoir plus sur les thèmes de la revue de presse » Infrastructures / Transports, » Culture Populaire, » Commerce, » Sport, » Tourisme, » Autriche, » Suisse


