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08.01.2009

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Magazine / Société / Mobilité / Commentaires | 07.05.2008

Le cliché Erasmus

de Gernot Wolfram


Pourquoi il est parfois bon de rompre l'harmonie. Un commentaire critiquant de Gernot Wolfram.


Je regrette encore aujourd'hui de ne pas avoir lors de mes études déposé ma candidature pour le programme Erasmus. Pourquoi ? J'étais à l'époque sceptique sur ce rendez-vous agréable que de nombreux étudiants Erasmus me racontaient lors des fameuses fêtes Erasmus. Il y avait là ce sentiment doux du nous-sommes-tous-amis.

Photo: photocase


D'un côté cela me plaisait beaucoup, d'un autre cela ne semblait refléter qu'une harmonie trompeuse. J'étais un partisan très critique du cliché Erasmus : "nous sommes tous ensembles et nous nous comprenons parfaitement ".

Je pense d'ailleurs toujours que la crainte liée à des perspectives différentes, aux expériences de l'Histoire ou aux préjugés sur d'autres cultures est rarement exprimée, même dans des programmes d'échange aussi transnationaux qu'Erasmus. Pourtant de tels programmes offrent précisément la possibilité d'aborder ouvertement ces problèmes. En se réclamant uniquement d'une entente harmonieuse, on ne fait pas avancer les choses. Ce n'est qu'en abordant les sujets difficiles qu'on se fait vraiment comprendre.

Un exemple : il y a peu, un jeune homme de République de Macédoine participait à l'un de mes séminaires pour les étudiants étrangers. Il a écrit à côté de son nom, sur la publication à laquelle nous travaillons, le mot "Macédoine". Je n'y avais pas prêté attention une seule fois. Personne n'a émis la moindre objection lors des discussions au sujet des premières épreuves. Par la suite, j'ai pourtant appris fortuitement que quelques participants grecs au séminaire étaient très en colère. Selon eux, seule la région du nord de la Grèce peut être appelée Macédoine, leur camarade aurait donc dû réserver à son pays l'usage de la dénomination officielle FYROM (ex-République Yougoslave de Macédoine).

Pourquoi n'avaient-ils rien dit et traité le problème en coulisses ? Car c'est plus poli, ça ne perturbe pas l'harmonie. En termes de compréhension réciproque, cela ne fait avancer personne.

 
Gernot Wolfram
Gernot Wolfram, né en 1975 à Zittau, est essayiste, chercheur en sciences humaines, vit et travaille à Berlin. Il a publié de nombreux ouvrages, dont ...
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Langue originale Allemand

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