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07.09.2008

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Magazine / Actualité / Chine I / Article | 06.08.2008

Rhétorique amicale

de Axel Berkofsky


L'UE ne trouve pas de dénominateur commun pour poursuivre ses relations avec la Chine. Par conséquent, les politiques Chine-UE sont de en plus en plus dominées par la Chine qui, elle, sait ce qu'elle veut. Une perspective européenne.


La rhétorique politique correspond rarement à la réalité politique. Celle de l'état des relations entre l'UE et la Chine ne fait pas exception, et après des années au cours desquelles Bruxelles et Pékin se sont mutuellement qualifiées de 'partenaires stratégiques', peu de choses peuvent être mises en avant, à l'exception d'une liste toujours plus longue de problèmes bilatéraux avec un déficit commercial en faveur de la Chine.

Photo: AP


Alors que le commerce bilatéral s'élevait à 300 milliards en 2007, le commerce de l'UE avec la Chine atteignait 160 milliards d'euros la même année. Comme le rappelle régulièrement la Commission, cela se traduit par un déficit qui augmente de 15 millions par heure. A cela s'ajoute ce que Bruxelles qualifie de refus de Pékin de faire respecter les droits de propriété intellectuelle, des 'aides excessives de l'Etat' et des obstacles à l'accès au marché limitant les investissements en Chine, et l'état actuel des relations bilatérales apparaît résolument moins reluisant que la rhétorique amicale de la Commission ne le laisserait penser.

Politique défectueuse

Pour être sûr, le mandat et l'autorité de la Commission pour mettre en place les politiques de la Chine au nom des 27 Etats membres de l'Union sont relativement limités et dépendent dans différents domaines de la capacité des Etats membres à accepter unanimement les recommandations et les politiques de la Commission. Souvent au cours dernières années, cela a mené dans le meilleur des cas à des politiques de l'UE envers la Chine sans influence, et a entraîné des erreurs dans le pire des cas (la mise en place provisoire de tarifs sur les chaussures fabriquées en Chine et sur les ampoules il y a quelques années en est le meilleur exemple), et l'UE n'a jamais été aussi loin de pouvoir parler 'd'une seule voix' à la Chine ( de même que le reste du monde).
Pendant ce temps, l'UE continuera à lutter pour expliquer à ses détracteurs comment un 'partenariat stratégique' est possible entre un ensemble de nations démocratiques et un pays autoritaire non-démocratique avec des priorités de politiques sécuritaires et étrangères fondamentalement différentes.

Plus d'études chinoises en Europe

En parlant de priorités. Ces dernières années, la Commission a plusieurs fois annoncé son intention d'investir de l'argent et des ressources dans des études sur la Chine contemporaine menées en Europe. Ces mesures visent à aider les académies européennes à rattraper leur retard sur leurs collègues dans le reste du monde, notamment aux Etats-Unis. Cela semblait prometteur sur le papier. Mais il est apparu que Bruxelles devait donner de l'argent là où il est nécessaire et fournir aux universités européennes et aux groupes de réflexion des fonds pour produire un travail et une recherche sur la Chine contemporaine liés aux académies et à ceux qui décident des politiques. A la place, la Commission accorde une aide occasionnelle à la recherche à des consortiums en Europe et en Chine pour travailler sur un thème relatif à la Chine strictement défini, sur une courte durée, ce qui est exactement à l'opposé d'un soutien aux études chinoises en Europe sur une base efficace et durable.

Les mêmes vieilles politiques

En réalité, l'Accord de partenariat et de coopération entre la Chine et l'UE sera le prochain 'big bang' dans l'agenda bilatéral pour Bruxelles. Mais la plupart des observateurs européens et des relations Chine–UE s'entendent toutefois pour dire que cet accord ne sera probablement qu'une mise à jour de l'accord de coopération entre le Chine et l'UE, n'ajoutant sur le fond que très peu de choses aux liens institutionnels existants. En dehors des déclarations indiquant que l'accord de partenariat et de coopération va faire passer les relations entre l'UE et la Chine au 'niveau supérieur', il n'y a presque pas d'informations disponibles quant au changement qualitatif apporté aux relations bilatérales avec ce nouvel accord.

Préoccupations des droits de l'homme

Alors que l'UE est encline à signer l'accord le plus tôt possible, Pékin semble moins pressée d'apposer sa signature sur cet accord, en raison probablement de la critique franche et relativement tardive de l'approche de la Chine et de sa protection (ou plutôt de l'absence de protection) des droits de l'homme en général et au Tibet en particulier. Le 12 juin 2008, la Commission européenne a en effet mis en ligne sur son site Internet une déclaration virulente sur la politique de la Chine au Tibet, après avoir reçu un certain nombre de pétitions d'ONG, d'exilés tibétains et d'autres, appelant l'UE à prendre position sur les récents troubles au Tibet.

Définir des priorités

Dans tous les cas, avec ou sans l'accord de partenariat et de coopération, la Chine sait au moins ce qu'elle veut de ses partenaires stratégiques à Bruxelles : des transferts de technologie, une assistance technique et une aide au développement pour maintenir une croissance chinoise à deux chiffres dans les années à venir. Contrairement à l'UE, la Chine a défini ses priorités.

 
Axel Berkofsky
Axel Berkofsky est né en 1969, est allemand, et est un commentateur régulier des relations entre l'UE et la Chine pour les médias européens, américains ...
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