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08.01.2009

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Magazine / Actualité / Une aide plus efficace / Interview | 10.09.2008

« Les développements mondiaux nous touchent tous »


La Suède est le pays donateur européen le plus généreux. La ministre suédoise de la Coopération pour le développement international, Gunilla Carlsson, explique les raisons de cette générosité et aussi pourquoi il est nécessaire que l'UE soit plus active en Géorgie et en Afrique.


euro|topics : Le gouvernement suédois semble attacher une grande importance à l'aide au développement, plus que les gouvernements des autres pays de l'Union européenne puisqu'il dépense le pourcentage le plus élevé de son revenu national dans ce domaine. Pourquoi ?

Nous croyons à l'ouverture. Les gens sont liés aux développements mondiaux, qu'il s'agisse de la faim en Afrique ou de la violence en Afghanistan. Ce gouvernement estime que l'aide et la coopération au développement peuvent faire une différence si nous faisons les choses bien.

Gunilla Carlsson est née en 1963 à Vadstena au Sud de la Suède. Depuis 2003, elle est vice-présidente du Parti modéré suèdois.

Photo : Pawel Flato


Bien sûr, lutter contre la pauvreté ne dépend pas uniquement du montant de l'aide au développement mais aussi des réglementations en matière de commerce, de la politique environnementale et des relations internationales.

euro|topics : Encourager l'égalité des sexes, particulièrement en Afrique, est un objectif prioritaire pour la Suède. Pourquoi est-ce si important ?

L'égalité des sexes est l'une des trois priorités de la Suède en matière de coopération au développement. Les femmes et les enfants sont particulièrement vulnérables mais ils peuvent devenir de rapides instruments de changement, par exemple sur les questions de partage de pouvoir. Les deux autres priorités sont « les droits de l'homme, la démocratie et la nécessité d'un Etat de droit » et « les changements environnementaux et climatiques ». Lorsque je suis arrivée à mon poste il y a deux ans, nous avions environ dix priorités. J'ai trouvé qu'il y avait une grande marge d'amélioration dans la politique de la Suède.

euro|topics : Comment évaluez-vous la coopération au niveau de l'Union européenne ?

L'UE devrait concentrer tous ses efforts sur des politiques de cohérence plus rigoureuses en ce qui concerne les niveaux de l'aide pour le développement (APD), du commerce, de l'agriculture et de la politique étrangère et de sécurité. De nouveaux pays donateurs apparaissent et d'anciens pays donateurs essaient maintenant d'obtenir plus de résultats, notamment l'Espagne. Il y a toujours l'ancienne équipe que forment les Pays-Bas, le Danemark, le Luxembourg et la Suède, qui assurent ensemble un excellent travail de coopération.

euro|topics : Vous avez fait allusion au fait que chaque pays de l'UE avait ses propres priorités en matière de développement, ce qui peut parfois se révéler contreproductif dans la distribution de l'aide.

C'est également vrai en matière de politique étrangère. Il est plus facile de faire plaisir à vos citoyens en brandissant le drapeau suédois plutôt que le drapeau européen.

euro|topics : Que faudrait-il faire pour améliorer la coopération entre les pays de l'Union européenne ?

Beaucoup de choses. J'aimerais qu'il y ait un nouveau traité garantissant une politique étrangère plus cohérente. Celui-ci devrait analyser puis établir les liens entre la coopération au développement et le rôle global que l'Union européenne devrait jouer. Cela pourrait aider à surmonter ces disparités qui sont parfois contreproductives.

euro|topics : Au vu des récents événements, votre politique d'aide au développement à l'égard de la Géorgie va-t-elle changer ou cela dépend-il plus d'une politique ou d'une perspective européenne commune ?

La Géorgie est l'un de ces pays où nous avons décidé de rester et pour lequel nous essayons de faire plus. Nous étions parmi les premiers à répondre à l'appel humanitaire lancé par la Géorgie et nous suivons la situation là-bas sérieusement et de très près, avec notamment notre ministre des Affaires étrangères, Carl Bildt.

euro|topics : Cela ne dépend donc pas d'une politique européenne commune ?

Même s'il existe des réticences ou des changements d'attitude au sein de l'UE, nous devrions vraiment soutenir la Géorgie. L'UE devrait renforcer ses efforts pour faire preuve de solidarité et favoriser la possibilité de voir la Géorgie devenir un Etat viable et un bon partenaire. Nous devrions également continuer à plus nous engager avec la Russie. La Suède vient juste de renoncer à la Russie comme pays partenaire mais nous faisons encore beaucoup en ce qui concerne notre mer Baltique commune et l'environnement.

euro|topics : Pensez-vous que l'aide risque de diminuer en raison de la crise alimentaire mondiale et de la récession économique annoncée dans l'UE ?

Oui. Jusqu'à l'année dernière, l'ensemble du niveau des APD augmentait dans le monde mais il stagne aujourd'hui. La tendance é été positive d'une certaine façon mais elle n'a pas été suffisamment rapide pour pouvoir répondre aux objectifs du Millénaire pour le développement et pour satisfaire les promesses effectuées. Si nous, pays riches, ne tenons pas nos engagements, comment pouvons-nous aider, ou plus ou moins encourager les pays en développement à être plus attentifs à nos expériences afin d'éviter de reproduire les mêmes erreurs en matière d'environnement, et à leur faire sentir que nous sommes partenaires ? Je crois que les niveaux d'APD sont un test pour notre engagement général et c'est pour cette raison que je suis frustrée par la progression de nos niveaux, mais en partie aussi par rapport à l'efficacité de l'aide.

euro|topics : Quels sont les principaux défis auxquels la coopération européenne pour le développement sera confrontée à l'avenir ?

En ce qui concerne les régions, c'est l'Afrique. J'aimerais vraiment insister clairement sur ce point. C'est le continent le plus proche du notre et ce n'est pas bon pour l'Union européenne qu'il y ait des différences importantes entre ces deux continents. Nous pourrions faire plus pour favoriser les droits des femmes, la démocratie et l'Etat de droit dans les pays voisins, notamment au Proche-Orient. Et notre principale préoccupation devrait être le changement climatique.

Interview : Morgan Ashenfelter

 

Langue originale Anglais

© Bundeszentrale für politische Bildung

 

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