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Magazine / Actualité / Une aide plus efficace / Article | 10.09.2008
Activité à champs multiples
de Sven Grimm
L'Union européenne cherche à améliorer la politique d'aide au développement qu'elle a initiée il y a quinze ans. La rationalisation des efforts des pays membres ainsi que le partage de leurs connaissances sont maintenant à l'ordre du jour pour que l'entreprise soit couronnée de succès.
Alors que l'Union européenne définit le cadre de la politique extérieure pour de nombreux pays donateurs, notamment l'Espagne et l'Allemagne, d'autres Etats membres s'organisent en outre sur la base d'objectifs alternatifs ou parallèles : la Grande-Bretagne est membre du Commonwealth ; la France a des partenaires privilégiés en Afrique ; les pays du Nord coopèrent avec les Nations unies ou entre eux.

La politique d'aide au développement est établie par les relations bilatérales des 27 pays donateurs et par les programmes de la Commission. Depuis la mise en place d'une coopération européenne de développement en 1993, la coordination fait partie des traités de l'UE. Pendant des années, on a beaucoup espéré mais peu a été fait – désormais, la coordination de la coopération figure en haut de la liste des priorités de l'agenda européen. Si le système européen des pays donateurs n'est au final pas établi raisonnablement selon les résolutions de la déclaration de Paris, les frais de gestion des pays partenaires vont vraisemblablement d'abord augmenter.
La division du travail
Au niveau de l'Union européenne, un contrat cadre important a été mis en place en mai 2007 avec le code de conduite sur la division du travail visant à améliorer la coopération. Tous les Etats membres se sont mis d'accord sur onze principes de la division du travail. Les Etats ainsi que la Commission entendent limiter leur domaine de travail par pays partenaire à trois domaines, établir ou renforcer le projet de pays donateur leaders ou améliorer la coopération entre les autres pays donateurs dans les pays respectifs. Chaque pays donateur ainsi que la Commission est habilité à prendre la direction des opérations dans un domaine précis dans un pays. Idéalement, le pays partenaire concerné se charge de la coordination pour pouvoir choisir les domaines et les pays donateurs adaptés à l'ordre du jour politique du pays. Cela se fait déjà dans certains pays – dans une certaine mesure au Ghana, au Mozambique et en Ouganda – mais pour d'autres, il ne s'agit là que d'une simple théorie car ils manquent de capacités.
Connaissances complémentaires
Les pays donateurs poursuivent jusqu'à présent des intérêts différents dans les mêmes pays partenaires – les Etats membres de l'UE ne sont par conséquent pas informés de la même façon. Pour donner un exemple : combien de connaissances complémentaires la France peut-elle réellement obtenir lorsqu'elle partage ses informations sur le Burkina Faso ou le Sénégal avec d'autres pays donateurs proches ? Qu'est-ce que cela apporte au Service pour le développement international britannique (Department for International Development) www.dfid.gov.uk de communiquer ses information sur l'Ouganda, disons, aux Pays-Bas ? Il faudrait également réfléchir au fait que l'importance et la portée du mandat des représentations locales des pays donateurs européens dans les pays partenaires diffèrent. Cela complique encore plus la coordination – sans tenir compte des objectifs politiques.
Donateur sans arrière-pensée ?
Enfin, en 2005, tous les Etats membres ont trouvé un accord sur les normes et objectifs européens communs un consensus sur la politique de développement. Ils ne peuvent toutefois apporter qu'une aide limitée dans les activités quotidiennes. L'objectif visant à aider financièrement le pays partenaire à atteindre les objectifs du Millénaire ne répond pas à la question de savoir ce qui doit être fait. Les gouvernements des pays partenaires le savent très bien. C'est pourquoi, la coopération devrait se baser sur les priorités des pays partenaires. Mais les pays donateurs considèrent-ils ces priorités comme judicieuses ? Quels autres intérêts servent-ils – selon toute vraisemblance des intérêts qui ne sont pas vraiment en adéquation avec leurs objectifs de politique de développement ?
Un choix catégorique de partenaire
Si l'on prend au sérieux le consensus adopté en mai 2007, il en résulte des décisions douloureuses au niveau national des Etats membres de l'UE. Interrompre certains domaines de coopération pour le développement dans des régions spécifiques n'est pas facile, et tous les acteurs ne sont pas non plus convaincus que le choix a été fait dans les bons domaines et pour les bonnes activités. Comment les organisations sur place ou la population réagissent-elles lorsqu'un pays donateur décide de se retirer du secteur de l'eau car un autre pays donateur en reprend la charge – alors que les experts sur place bénéficient de plus de 30 ans d'expérience ? La nette préférence d'un partenaire est la clé de la réussite. L'autorité dans la conduite des affaires politiques des pays donateurs et des pays bénéficiaires est la condition de base pour la modernisation de la politique d'aide au développement.

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