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Magazine / Politique / Les lois anti-terroriste / Article | 27.07.2007
» Counterinsurgency « – de nouvelles formes d'intervention de l'OTAN?
de Jochen Hippler
Depuis la fin de la Guerre froide, les formes d'intervention de l'OTAN se sont transformées : aide humanitaire, lutte contre le terrorisme et protection de l'Etat-Nation font désormais parties de ses engagements. Quelles stratégies les pays membres de l'OTAN ont-ils développées afin de répondre à ces nouvelles exigences ?
Les temps du conflit Est-Ouest où l'OTAN se concentrait sur l'Europe et misait moins sur l'action militaire à proprement parler que sur la « dissuasion » relèvent depuis longtemps du passé. À l'époque de la bipolarité, un guerre entre les deux blocs militaires comportait des risques extrêmes, jusqu'à l'anéantissement réciproque ; la politique de défense continuait nécessairement à viser l'adversaire mutuel, mais elle ne pouvait s'orienter que de façon limitée vers l'intervention militaire au sens strict. En somme : la politique de défense préparait des guerres qui ne pouvaient, dans l'intérêt des deux puissances, avoir lieu.

Photo:AP
Un schéma qui s'est radicalement transformé depuis la fin de la guerre froide. Les gouvernements occidentaux (et l'OTAN) attribuent beaucoup plus d'importance aux conflits régionaux, alors que la défense du territoire et le respect des alliances, tout comme la dissuasion, ont nettement perdu de leur signification. Même la Bundeswehr, auparavant troupe de dissuasion, est devenue « force d'intervention ». Les armées occidentales interviennent plus facilement, plus vite et plus souvent que pendant la guerre froide ; les raisons alléguées officiellement (« nouvelles menaces », « exigences humanitaires ») entrant ici moins en ligne de compte que l'abaissement du seuil de tolérance à l'emploi de la violence parce qu'il n'y a pratiquement plus de risque d'escalade au plan stratégique. Non qu'il n'y ait pas eu, autrefois, de conflits ethniques et de situations de détresse humanitaire. Mais le fait est qu'on réagit aujourd'hui différemment. Une évolution qui s'est ancrée dans les formes d'intervention et d'opération des alliés comme de l'OTAN elle-même, ainsi que dans la version du « Concept stratégique de l'Alliance » d'avril 1999, considérablement modifiée par rapport à la stratégie élaborée en 1991[1].
Le paragraphe 20 du « Concept Stratégique » stipule : « La sécurité de l'Alliance reste exposée à des risques militaires et non militaires très divers , qui viennent de plusieurs directions et qui sont souvent difficiles à prévoir. Ces risques comprennent l'incertitude et l'instabilité dans la région euro-atlantique alentour, et la possibilité de voir se produire à la périphérie de l'Alliance des crises régionales, susceptibles d'évoluer rapidement. Certains pays de la région euro-atlantique et alentour sont confrontés à de graves difficultés économiques, sociales et politiques. Des rivalités ethniques et religieuses, des litiges territoriaux, l'inadéquation ou l'échec des efforts de réforme, des violations des droits de l'homme et la dissolution d'États peuvent conduire à une instabilité locale et même régionale. Les tensions qui en résulteraient pourraient déboucher sur des crises mettant en cause la stabilité euro-atlantique, engendrer des souffrances humaines et provoquer des conflits armés. De tels conflits pourraient affecter la sécurité de l'Alliance par exemple en s'étendant à des pays voisins, y compris à des pays de l'OTAN, et pourraient également affecter la sécurité d'autres États ».
Pour parler par euphémisme, une telle conception de la défense reste hautement flexible ; rien de consistant n'est déterminé et cela laisse ouvert l'ensemble du champ des possibles out-of-area en termes militaires et de défense. Constat possible : le programme reste dans une large mesure vague et obscur avec son luxe de subjonctifs (« d'éventuels développements pourraient avoir lieu »). C'est en définitive une compétence globale qui est revendiquée devant des risques vagues, encore inconnus et « difficiles à prévoir ». De même que l'OTAN se donne à elle-même mandat de traiter de tout ce qui pourrait menacer (concept à signification variable) la « stabilité » et « affecter la sécurité de l'Alliance et d'autres États ». Or, semblable conception de la sécurité englobe toute les évolutions possibles. Pour schématiser : l'OTAN ne s'engage à rien, mais s'arroge tous les droits en fonction de la situation. Passent sous compétence de l'Alliance jusqu'au « crime organisé », jusqu'à la « rupture des approvisionnements en ressources vitales », jusqu'aux « grands mouvements incontrôlés de population ».
[1] NATO, Das Strategische Konzept des Bündnisses, avril 1999, http://www.nato.int/germany/docu/p99-065d.htm. Cité ici dans la version officielle allemande.
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Dr. sc. pol., né en 1955, Senior Research Fellow à l'université de Duisburg-Essen, Institut für Entwicklung und Frieden (INEF), Geibelstr. 41, 47057 Duisburg.
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Traduction
Théodore Hartleben
Langue originale Allemand
Publié le 23.10.2006
Source originale Aus Politik und Zeitgechichte 43/2006
© Bundeszentrale für politische Bildung


