Menu secondaire: Magazine
Magazine / Politique / Les lois anti-terroriste / Article | 27.07.2007
La connexion en réseau, nouveau mythe pour la sécurité intérieure, de Peter Stegmaier, Thomas Feltes
Résultats et perspectives
On associe couramment le « travail en réseau » ou le « réseau » tant avec l'innovation productrice (l'économie) qu'avec la sécurité (l'État social et la sûreté). Semblable représentation doit être complétée par une dimension « négative » : celle du réseau terroriste, dangereux et criminel. Et puis l'idée, dans un tout autre registre, que les individus, une fois sortis du cocon de l'État providence, seraient seuls exposés à la tendance néolibérale de la désocialisation, pourrait se révéler illusoire.
Les institutions pourraient elles aussi courir le risque fatal d'une accentuation grandissante de leur potentiel en tant qu'agents de leur propre destin ; de même que pourrait être attendue ici de l'initiative quasi entrepreneuriale, ainsi qu'une disponibilité à la coopération orientée sur le marché. Voilà à quoi vont être confrontés aussi bien les institutions sécuritaires que les détenteurs de la commande politique. Sans qu'il apparaisse toujours clairement si les conséquences de cet affranchissement relatif et de la réticularisation ont été absolument délibérés.
Le concept de « policisation transinstitutionnelle » nous a permis de définir la tendance à une coopération coordonnée relativement durable, chapeautant plusieurs institutions, englobant prévention et répression, pouvoirs exécutif et législatif, l'État comme l'économie et jusqu'à la société civile, et qui a pour objectif d'atteindre à la « sécurité » et de la maintenir.
En fonction des modalités et des effets de la coopération, l'objectif peut le cas échéant ne plus être la « sécurité intérieure » au sens traditionnel, mais se rapporter à d'autres critères. Il peut en l'occurrence s'agir aussi bien d'influencer le « sentiment de sécurité » au sein de certains groupes sociaux que de dissuader par un énorme déploiement de moyens (comme lors de la Coupe du monde), ou encore de déplacer le rapport entre les libertés publiques et la « sécurité intérieure » par le biais de la police, de l'armée et des services secrets (exemple du « Terrorismusbekämpfungsergänzungsgesetz », loi complémentaire sur la lutte antiterroriste). Modifier les critères, cela peut aussi vouloir dire se confronter aux craintes et risques nouveaux de telle façon que l'attente à l'égard de l'État s'en trouve réduite .
Tant les arguments d'ordre économique que les diagnostics sociaux sont mobilisés pour légitimer une ré-organisation de la « sécurité » dans le sens du travail en réseau : efficience et efficacité, société à risque et dépassement des frontières. Réticulariser, cela veut dire combiner structures et action d'une manière particulière : ajuster les premières à la seconde. Comme il fallait s'y attendre, le champ de la « sécurité intérieure » au sens strict n'est jusqu'ici réticularisé que de façon embryonnaire. Le travail en réseau s'affirmera-t-il en tant que la structure organisationnelle de l'avenir ? La question reste entière.
Des articles supplémentaires sur les thèmes » Relations Internationales, » Défense / Crises / Guerres, » Politique Européenne, » Europe, » Mondial
Pour en savoir plus sur les thèmes de la revue de presse » Relations Internationales, » Défense / Crises / Guerres, » Politique Européenne, » Europe, » Mondial


