Menu secondaire: Magazine
Magazine / Politique / Slovénie / Eclairages | 21.01.2008
D'ici dix à quinze ans dans le club des plus riches
de Iztok Sori
La Slovénie - Depuis qu'il préside au Conseil de l'UE, ce petit pays nouveau venu dans l'UE, jusqu'ici plutôt inconnu, est sous les feux de la rampe. Au cours du prochain semestre, on va beaucoup écrire sur les tâches et les objectifs de la Slovénie. Dans ce contexte, on ne va cesser non plus de mettre en lumière son succès économique. Mais comment le pays est-il parvenu à tant de réussite ? Une perspective intérieure du journaliste slovène Iztok Sori.
Il n'y a pas si longtemps de cela que la Slovénie et le Kosovo faisaient partie d'un seul et même État. Mais beaucoup d'eau a coulé sous les ponts au cours des 16 dernières années dans la région « entre Vardar et Triglav », comme le dit la chanson dans le sens de la maxime de Tito « Fraternité et unité » à propos de l'ancienne Yougoslavie. Le nationalisme a fait des milliers de victimes et le chant d'alors ne résonne plus aujourd'hui que lors de rencontres « yougonostalgiques ».

Photo: iStockphoto
L'ancien fragment de la république yougoslave va assurer les six prochains mois la présidence du Conseil de l'UE et l'ancien territoire autonome yougoslave prévoit de déclarer son autonomie à ce moment-là. C'est pourquoi la question du Kosovo est prioritaire dans l'agenda de la présidence slovène du Conseil. Chacun veut bien sûr savoir maintenant ce que ce petit pays a à dire ou pas sur les tensions permanentes dans les Balkans. Sur le plan de la réalpolitique, la position des hommes politiques (les femmes sont très peu représentées en politique dans le pays) sur la question du Kosovo n'intéresse pratiquement personne.
Il ne semble pas connu de tous que la Slovénie est indépendante depuis 1992, et il arrive encore parfois que l'hymne slovaque soit joué lors d'une remise de médaille de sportifs slovènes. Après s'en être offusquée dans un premier temps, la population slovène prend les choses avec humour aujourd'hui. Car le pays est considéré comme un élève modèle de l'UE. Et pourtant – qui sait que Poutine et Bush se sont rencontrés pour la première fois en 2001 justement en Slovénie ? Qui sait que la Slovénie il y a tout juste un an a été le premier « nouveau » membre de l'Union européenne à adopter l'euro ? Ou encore que la Slovénie, mesurée à son PIB, a déjà dépassé le Portugal dans son pouvoir d'achat ? Si performante, et pourtant si méconnue. Et les slogans publicitaires comme le dernier en date « I feel Slovenia » n'y peuvent rien changer ou presque.
Les riches vont-ils à nouveau aider les pauvres ?
Mais il pourrait être intéressant de savoir ce que l'on pense du Kosovo dans le pays. Les Slovènes exploitent eux-mêmes leur capital de connaissances d'antan avec habileté et le pays est le plus grand investisseur dans les Balkans après l'Autriche. C'est pourquoi il est aujourd'hui beaucoup plus délicat de prendre une position claire sur les tensions politiques. Contrairement à la situation dans les années quatre-vingt, lorsque non seulement la société civile slovène en forte croissante, mais aussi l'élite communiste, protestaient contre les violations des droits de l'Homme au Kosovo, se plaçant clairement dans le camp des Albanais. Les plus riches ont pris position en faveur des plus pauvres, pouvait-on contaster avec fierté.
Étant donné que les Slovènes veulent jouer un rôle économique autant au Kosovo qu'en Serbie, la dernière prise de position de la politique extérieure slovène a cependant surpris. Dimitrij Rupel, l'« éternel ministre des Affaires étrangères », il occupe cette fonction pour la troisième fois déjà, pense, d'un commun accord avec les gouvernements italien et grec, que la Serbie devrait pouvoir entrer plus vite dans l'UE. Évidemment, au plus tôt les États balkaniques (ré)intègrent la Communauté, au mieux cela est pour la situation de la Slovénie. Mais les familles des victimes des dernières guerres doivent être indignées du fait que Ratko Mladić et Radovan Karadžić sont toujours en liberté.
Des relations aimablement tendues entre voisins
Ceux qui s'étonnent le plus sont les voisins au Sud de la Slovénie, les Croates qui, sans conditions, ont dû faire preuve d'une coopération totale avec le tribunal de La Haye pour les crimes de guerre dans l'ancienne Yougoslavie. Ensuite seulement, les chefs d'Etat de l'UE se sont déclarés prêts à entamer des négociations d'adhésion à l'UE. En outre, les relations entre la Croatie et la Slovénie sont déjà « aimablement tendues », même sans ce jugement à deux poids et deux mesures. La délimitation de la frontière entre les États, qui n'a eu de valeur que sur le papier pendant quelques décennies et qui est soumise depuis peu aux dispositions de Schengen, n'est toujours pas entièrement fixée. Pour la Slovénie, avec ses 40 kilomètres de côtes sur l'Adriatique, il en va de l'accès aux eaux internationales. C'est pourquoi la « Zone de protection de la pêche écologique » lancée par les Croates est appréhendée dans le pays comme un acte de préjugement de la frontière. Parce que les hommes politiques croates n'ont pas tenu leur promesse de ne pas faire valoir la zone pour les États de l'UE, l'Union européenne planche désormais aussi sur ce sujet. Malgré tout, presque un million de Slovènes passent ses vacances d'été en Croatie. Et en hiver, des milliers de Croates viennent faire du ski en Slovénie.
Un président qui a préféré se rendre en Inde plutôt qu'à New York
Une fois encore tout récemment, on aurait dit que la solution du conflit était imminente. Les anciens Premiers ministres Janez Drnovšek, Slovénie, et Ivica Račan, Croatie, ont décidé d'un compromis qui s'est cependant heurté à une vive résistance au Parlement croate. C'était aussi Drnovšek qui avait dit clairement en 2005 – cette fois en qualité de président – qu'il était insensé d'ajourner la question du Kosovo, plaidant ouvertement pour l'indépendance. Il irrita non seulement les Serbes, mais aussi le chef du gouvernement conservateur Janez Janša, car il n'avait pas convenu de cette déclaration avec lui. Le président est certes élu directement en Slovénie, mais la fonction est plutôt d'ordre représentatif. En tant que président, Drnovšek est quelqu'un qui a suscité partout beaucoup d'attention. Depuis qu'il a un cancer, il a changé de vie : il est devenu végétarien, il vit dans une petite maison en forêt et fait lui-même son pain. Il a créé le « Mouvement pour la justice et le développement » et a prêché sur l'Internet pour une vie en harmonie avec la nature. Il a préféré se rendre en Inde ou à l'investiture du président indigène Evo Morales en Bolivie plutôt qu'à New York.
1 . 2 . suivante »
né en 1977, est associé scientifique à l'université de Ljubljana. Il travaille aussi en tant que journaliste indépendant pour la presse écrite slovène.
» vers l'index des auteurs
Langue originale Allemand
![]()
Le text est licencié sous Creative Commons license by-nc-nd/2.0/de.
Des articles supplémentaires sur les thèmes » Élargissement UE / Politique de voisinage de l´UE, » Histoire, » Politique Economique, » Slovénie, » Europe
Pour en savoir plus sur les thèmes de la revue de presse » Élargissement UE / Politique de voisinage de l´UE, » Histoire, » Politique Economique, » Slovénie, » Europe


