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07.10.2008

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Revue de Presse | 31.07.2008

 

À LA UNE

Décision en Turquie

Décision en Turquie

 

La Cour constitutionnelle turque a rejeté la demande d'interdiction du parti au pouvoir, l'AKP. La décision a été prise de justesse : six juges sur onze ont approuvé la demande alors que sept voix suffisaient pour prononcer l'interdiction. La moitié de l'aide du Trésor public accordé au Parti à tendance islamique du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdoğan, lui a toutefois été retirée. La presse européenne débat de l'importance de cette décision pour la Turquie et pour l'Europe.

Extraits des publications suivantes:
The Times - Royaume-Uni, Die Presse - Autriche, Frankfurter Rundschau - Allemagne, La Repubblica - Italie

The Times - Royaume-Uni

D'après le quotidien The Times, l'issue de la procédure d'interdiction à l'encontre du parti au pouvoir, l'AKP, est "la victoire remarquable d'un gouvernement populaire et compétent, une décision importante quant au rôle de l'Islam dans un Etat séculier moderne et un triomphe pour la démocratie turque. … L'Union européenne a exprimé son soulagement de voir que la menace d'interdiction, perçue comme antidémocratique, a été levée, et que les négociations d'adhésion en cours avec la Turquie ne sont plus compromises. Seule l'institution militaire renfrognée et puissante, considérée comme la force motrice derrière la tentative d'éviction de l'AKP du pouvoir, est restée étrangement silencieuse. … Cette décision est … très importante dans le but d'apaiser une atmosphère politique fiévreuse, de rassurer les investisseurs étrangers et de renforcer le principe démocratique en Turquie. Ses répercussions vont bien au-delà. Elle va montrer aux Islamistes modérés d'autres pays que l'Islam est compatible avec la démocratie et qu'ils peuvent et doivent avancer dans un cadre juridique séculier pour atteindre leurs objectifs spirituels. C'est un message d'une importance cruciale et bénéfique pour le monde musulman." (31.07.2008)

Die Presse - Autriche

Le quotidien Die Presse juge positive la décision de la Cour constitutionnelle turque de ne pas interdire le parti AKP : "C'est une décision qui s'est jouée à peu de chose, mais une bonne décision. Suite à celle-ci, le parti turc au pouvoir, l'AKP, peut poursuivre son exercice périlleux entre Islam et réformes occidentales. La lueur d'espoir pour l'avènement d'une Turquie moderne n'a pas été éteinte par les juges. … Il faut espérer qu'à l'avenir, le Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan … se dispensera d'essayer de renforcer la religion. La Turquie ne peut réussir que si elle conserve son orientation séculaire. Si les juges avaient interdit l'AKP, le pays serait en crise. Une crise dont on ne pourrait pas voir l'issue. Une telle interdiction aurait contribué à radicaliser la politique. Elle aurait renforcé une armée douteuse et avec elle l'ensemble des forces nationalistes rétrogrades. Elle aurait enfin attribué un nouveau rôle de martyr à l'Islam." (31.07.2008)

Frankfurter Rundschau - Allemagne

Après la décision de la Cour constitutionnelle turque, le quotidien Frankfurter Rundschau demande une réorientation de la politique du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdoğan. "Le Premier ministre turc le sait : il ne peut pas passer tout simplement au chapitre suivant. En tout cas, il ne peut pas revenir à son agenda religieux auquel il s'est presque exclusivement consacré au cours de l'année dernière, après que sa réélection triomphale lui est probablement montée à la tête. … Erdoğan n'a jamais pris au sérieux les craintes de nombreux Turcs pro-occidentaux d'une islamisation du pays, et ce, malgré son intention maintes fois répétée d'être 'le Premier ministre de tous les Turcs'. Ou d'écouter également ses détracteurs, de décider avec eux : c'est ce qu'Erdoğan doit encore apprendre. Le Premier ministre turc devrait également enfin veiller à combler le déficit démocratique considérable de son pays, au lieu de prendre unilatéralement fait et cause pour les intérêts de pieux Musulmans. La liberté religieuse et les droits civiques doivent être garantis pour tous en Turquie, pour les Chrétiens et les Kurdes également. Il n'y à rien à attendre sinon d'une perspective européenne." (31.07.2008)

La Repubblica - Italie

Suite au verdict de la Cour constitutionnelle turque, le quotidien La Repubblica estime que beaucoup de travail attend le gouvernement du pays : Malgré l'aspect positif de la décision "qui met fin au climat d'insécurité, Erdoğan se rend compte que la Turquie a perdu un temps précieux, surtout en ce qui concerne son intention affichée depuis 2005 d'adhérer à l'UE. La réaction des responsables à Bruxelles est positive, le verdict permet à Ankara de poursuivre sur la voie engagée. Huit des 35 chapitres nécessaires à une adhésion à l'UE sont déjà sur la table des négociations et la présidence française souhaite en ouvrir deux autres afin la fin de son mandat. La Turquie retient son souffle." (31.07.2008)

POLITIQUE

Der Standard - Autriche

Une tâche difficile pour le Tribunal de La Haye

Le criminel de guerre présumé Radovan Karadžić a été transféré hier à La Haye et remis au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie. Selon le quotidien Der Standard, le Tribunal de La Haye aurait besoin de preuves concluantes dans le procès de Karadžić pour ne pas perdre de sa crédibilité. "Dès que Karadžić a été transféré, des voix se sont fait entendre en Europe, annonçant que l'on allait enfin pouvoir rendre justice aux les victimes de Srebrenica. La cour pénale du Tribunal doit-elle être la dernière instance de la justice ou du droit ? Ce n'est que si Karadžić est condamné sur la base de preuves solides que ce jugement aura des vertus réconciliantes sur les peuples ennemis de Bosnie. C'est là que l'accusation devra dépasser les attentes. Dans le cas Milošević, elle voulait traiter toutes les guerres de l'ex-Yougoslavie - jusqu'à ce que l'ex-président meure. Dans le procès contre le chef des radicaux, Vojislav Šešelj, l'accusation se ridiculise quotidiennement avec la faiblesse des témoins et des preuves. Dans l'affaire Karadžić, il ne faut pas que cela se déroule de la sorte. Sinon le procès n'aura pas l'effet cathartique escompté, mais sera la source de rancœurs." (31.07.2008)

Diário de Notícias - Portugal

Attaques contre Brown

Dans un article paru mardi dernier dans le quotidien The Guardian, le ministre travailliste des Affaires étrangères, David Miliband, a appelé son parti en pleine crise à un changement radical de politique. Selon le quotidien Diário de Notícias, l'article d'opinion de Miliband aurait ébranlé l'autorité battue en brèche du Premier ministre britannique, Gordon Brown : "Dans son article de près de mille mots, le jeune Miliband n'a pas écrit une seule fois le nom de Gordon Brown et n'a exercé aucune critique à son encontre. Pourtant, il écrit qu'une réforme du système de santé national est nécessaire depuis longtemps et que l'Etat devrait laisser plus de pouvoir au peuple. L'opposition avait déjà critiqué le Premier ministre sur ce point. … En pleine crise du Parti Labour, l'attitude de Miliband ne peut être perçue autrement que comme une candidature au poste de chef dans une course qui est de plus en plus probable et dans laquelle les candidats sont toujours plus nombreux. … Septembre sera un mois décisif. Soit Brown réussit à remanier le gouvernement … soit il cède à d'autres ses fonctions à la tête du parti et du gouvernement et essaie de sauver ce qui peut encore l'être." (31.07.2008)

Týždeň - Slovaquie

Une partition de la Belgique selon le modèle tchécoslovaque ?

Le président tchèque, Václav Klaus, a conseillé aux Belges divisés de se séparer si nécessaire selon le modèle des Tchèques et des Slovaques. L'hebdomadaire libéral Týždeň considère que c'est une mauvaise idée : "Le temps a montré que la séparation n'a aidé ni les Tchèques ni les Slovaques. En République tchèque, le miracle économique auquel beaucoup croyaient puisque Prague n'était plus tenue d'aider financièrement les Slovaques, n'a pas eu lieu. Si l'on compare les résultats économiques, les Slovaques ont nettement plus progressé que les Tchèques. Par contre, les Slovaques ont souffert du meciarisme (pendant le mandat du Premier ministre autocratique Vladimir Mečiar) et assistent aujourd'hui avec le ficoisme (du nom de l'actuel Premier ministre Robert Fico), à une combinaison à peine plus civilisée de provincialisme, de nationalisme et de vues communistes. Sans la Tchécoslovaquie, les Tchèques et les Slovaques ont perdu de leur importance sur la scène internationale et sont devenus insignifiants." (31.07.2008)

La Repubblica - Italie

Olmert se retire

Après la l'annonce faite par le Premier ministre israélien, Ehoud Olmert, de sa démission en raison de soupçons de corruption, le quotidien La Repubblica revient sur les problèmes liés à ce départ : "Outre la question du sort personnel du Premier ministre qui est aujourd'hui entre les mains des juges, le risque demeure que les négociations avec l'Autorité palestinienne (AP) soient mises de côté et que la probabilité d'une attaque contre l'Iran augmente. Ce n'est pas un hasard si le possible successeur d'Olmert, Shaul Mofaz, l'un des faucons du Parti Kadima [au gouvernement], a immédiatement déclaré vouloir refuser toute hypothèse d'entente avec les Palestiniens. Mofaz est également critique à l'égard de l'armistice avec le Hamas. Le choix de l'actuelle ministre des Affaires étrangères, Tizpi Livni, pourrait en revanche impliquer la formation d'un gouvernement majoritaire avec le Parti travailliste et le Likoud. Une solution qui se profile toujours en Israël lorsque l'instabilité intérieure ou un conflit armé menacent le système politique. Autant le Likoud qu'Israel Beytenou, le Parti russe, se présentent en effet comme les partisans de la ligne dure vis-à-vis de Ramallah, Gaza et Téhéran. Tout dépendra de l'issue des élections primaires et des décisions du Parti travailliste." (31.07.2008)

RÉFLEXIONS

Helsingin Sanomat - Finlande

L'Europe a besoin de plus de tolérance

Dans une tribune adressée au quotidien Helsingin Sanomat, la ministre finlandaise de la Justice, Tuija Brax, se dit préoccupée par l'intolérance croissante à l'égard des homosexuels et des autres minorités en Europe. "Les crimes haineux commis en Europe semblent augmenter considérablement. Ce n'est pas le fruit du hasard, mais le résultat d'influences notamment religieuses, racistes ou extrémistes toujours plus importantes. … Trop de gens vivent dans la crainte d'agressions du fait de la couleur de leur peau, de leur religion ou de leur orientation sexuelle. … Il manque une protection essentielle contre les crimes haineux dans de nombreux pays - surtout ceux d'Europe centrale et orientale. L'homophobie est même utilisée comme arme politique. … Il y a des raisons de s'inquiéter du manque d'attention accordée aux crimes homophobes dans certains pays. … La discrimination et l'intolérance sont un défi pour les autorités nationales mais aussi pour [les institutions] au niveau européen. … L'homophobie ne doit pas être tacitement tolérée par les politiques. … Aucun des pays européens ne disposent d'une protection suffisante en matière de délits haineux. Même en Suède, le pays de l'Europride, et en Finlande, il existe une grande marge d'améliorations dans ce domaine. Il va encore falloir du temps … avant que les membres de minorités … n'osent dénoncer un délit et exiger la défense de leurs droits." (31.07.2008)

Prospect - Royaume-Uni

Une question de caractère

Dans un essai paru dans le magazine mensuel Prospect, le directeur de l'usine à concepts Demos, Richard Reeves, réfléchit à la question du "bon caractère", un thème qui occupe une place de plus en plus importante également dans le monde politique britannique. "Des penseurs et des politiciens dans tout le spectre politique essaient désormais de relancer la 'discussion sur le caractère'. … Le caractère se forge, il n'est pas inné. … La droite politique n'a cessé de répéter que la pauvreté était le résultat d'une faiblesse de caractère ; la gauche réalise aujourd'hui que c'est peut-être justement l'inverse. … [La question du] caractère est une question actuelle. Nombre de problèmes sociaux urgents tels que l'obésité, la réforme sociale, les retraites, le désordre public, l'échec scolaire, l'immobilité sociale sont tous, en partie, des questions de caractère. Ce terrain politique insidieux est un de ceux dans lesquels les gouvernements sont de plus en plus empêtrés. Quiconque souhaite ériger une société libérale efficace doit également s'intéresser à la question du caractère. … Les bonnes sociétés ont besoins de bonnes personnes." (31.07.2008)

ÉCONOMIE

El País - Espagne

Une nouvelle lutte des classes

Après l'échec des négociations du cycle de Doha, le quotidien espagnol El País voit se profiler une nouvelle "lutte des classes" dans le commerce mondial. "La belle [époque de la] mondialisation est révolue. Les temps favorables où les accords multilatéraux faisaient tomber les frontières du commerce appartiennent au passé. Les pessimistes donnent une image plus sombre du retour au protectionnisme et aux blocus commerciaux. L'échec du cycle de Doha … est un mauvais signe à l'heure où l'économie est chancelante. Et quand soufflent des vents défavorables, même les libéraux préfèrent recourir à des interventions de l'Etat et rentrer leurs blancs moutons. Seule une surprise électorale à Washington peut amener un changement l'année prochaine qui pourrait sortir les négociations de Doha de l'impasse. La surprise ne serait pas que Barack Obama devienne président mais qu'il ne se révèle pas être un protectionniste." (31.07.2008)

The Independent - Royaume-Uni

Le miracle économique chinois

La Banque d'investissement Goldman Sachs a prédit que la Chine allait devenir la puissance économique la plus importante du monde d'ici 2050. "Nous ne devrions pas avoir peur de la croissance de la Chine, nous devrions la saluer", affirme Stuart Simpson du Forum des débats à l'Institut des idées pour le quotidien The Independent. "Nous devons garder la tête froide pour voir ce qui est réellement passionnant dans le miracle économique de la Chine. … La Chine peut surpasser les taux de croissance du monde occidental non pas parce qu'elle est un leader économique mais justement parce qu'elle n'en est pas un. La Chine et d'autres pays émergents entament une phase de remontée spectaculaire historique par rapport aux pays développés. C'est cet effet de rattrapage qui permet d'atteindre des taux de croissance aussi élevés. … La peur et le respect que ressent l'Occident face à la rapide croissance économique de la Chine ne devraient pas devenir un autre obstacle superflu qui viendrait entraver les efforts de la Chine pour devenir une économie moderne. … Au contraire, nous devrions célébrer la rapide croissance économique de la Chine." (31.07.2008)

MÉDIAS

Cotidianul - Roumanie

La fin de Radio Free Europe

En 1951, la radio américaine Radio Free Europe commençait à diffuser ses programmes en Roumanie. A l'époque de Ceausescu, elle est devenue l'ennemi public numéro un. Demain, l'antenne roumaine devra cesser d'émettre. Pour Emil Hurezeanu, arrivé à la rédaction internationale roumaine dans les années 1980, la disparition de cette radio est prématurée : "Chacun des rédacteurs aimait à sa façon une Roumanie disparue à bien des égards, un pays qu'ils avaient pourtant conservé dans leurs paroles communes, qu'ils retransmettaient soir après soir à leurs compatriotes languissants à travers le Rideau de fer. … Radio Free Europe a eu une existence suffisamment longue et intéressante, même après 1989. Tandis le communisme s'effondrait en Europe de l'Est, nous avons nerveusement attendu, jour après jour, l'annonce de notre propre nécrologie. Cela n'a pas eu lieu car la chute annoncée du communisme a été remise à plus tard – en particulier dans les esprits des gens jusqu'à aujourd'hui. La nouvelle Radio Free Europe … est restée une voix sérieuse et précieuse dans la confusion du paysage roumain. Elle disparaît alors qu'elle pourrait vivre, car il reste encore à faire." (31.07.2008)

COULEURS LOCALES

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Autorisation de fumer

En rendant une décision de principe, la Cour constitutionnelle fédérale allemande a levé l'interdiction de fumer pour les petits bistrots. L'avenir de l'interdiction de fumer est de nouveau ouvert en Allemagne contrairement à d'autres pays européens. "La politique qui se conçoit comme une force formatrice vient d'essuyer … une défaite", commente le quotidien Süddeutsche Zeitung. "Le fouillis allemand de régimes dérogatoires … a conduit récemment à une législation inconséquente qui transgresse la décision de principe. … Même si cela peut parfois être difficile, il faudrait être juste un peu reconnaissant du fait que des cours constitutionnelles existent dans ce pays pour, en principe, peser soigneusement le pour et le contre lorsque des lois fondamentales se contredisent. … Avec cette interdiction de fumer dans les restaurants, les Allemands se donnent déjà du mal pour qu'il n'y ait pas de déchets dans les rues et la chancelière n'a pas d'empire commercial qui profite de son travail au gouvernement." (31.07.2008)

Lidové noviny - République tchèque

Bières tchèques : escroquerie à l'étiquette

L'UE a autorisé la marque déposée "bière tchèque". Pour les grandes brasseries tchèques, ce n'est pas forcement une bonne nouvelle. Ils effectuent en effet une partie de leur production à l'étranger, à l'insu du consommateur. "Si certaines brasseries élaborent leur bière ailleurs, on trompe le consommateur. L'indication 'Bière Pilsner de la brasserie de Pilsen' est mensongère si cette bière a été produite quelque part dans la région de Timişoara (Roumanie). Les brasseries savent pertinemment que la majorité des Tchèques n'achèteraient pas une telle bière. C'est pourquoi ils préfèrent en taire l'origine." (31.07.2008)

 

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