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30.08.2008

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Revue de Presse | 05.08.2008

 

À LA UNE

Terreur avant les Jeux

Terreur avant les Jeux

 

A quelques jours de l'ouverture des jeux olympiques de Pékin, seize policiers ont été tués dans un attentat survenu dans la région du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine. Les autorités chinoises en font porter la responsabilité aux séparatistes Ouïgours. La presse européenne débat des répercussions de cet événement sur les Jeux.

Extraits des publications suivantes:
Die Presse - Autriche, El País - Espagne, Financial Times Deutschland - Allemagne

Die Presse - Autriche

Après l'attentat dans la province du Xinjiang, le quotidien Die Presse craint un nouveau durcissement des mesures de sécurité déjà très strictes qui entourent les Jeux olympiques : "En effet, avec l'attentat sur un groupe de policiers dans la province de Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, les pires craintes des forces de sécurité chinoises deviennent réalité. Elles mettent en garde depuis des semaines sur les menaces 'sans commune mesure' que le terrorisme fait peser sur les Jeux de Pékin. Depuis des mois, les mesures préventives de sécurité ont été renforcées : 100 000 soldats ont été déployés sur Pékin, des postes de contrôle ont été mis en place. … Après le massacre, les mesures préventives de sécurité, qui frisent déjà la répression, pourraient être encore renforcées. Les chances d'assister à des Jeux paisibles et heureux s'évanouissent." (05.08.2008)

El País - Espagne

Le quotidien El País attend de la communauté internationale qu'elle porte un regard critique sur la réaction chinoise à l'attentat : "Que l'attentat terroriste, conçu comme un grand porte-voix face à l'imminence de l'évènement sportif, ait eu lieu à 4 000 kilomètres de la capitale ..., n'en diminue pas moins le caractère cauchemardesque de cet événement pour un gouvernement qui tente à tout prix d'éviter ce qui pourrait détourner l'attention des jeux. … Même s'il est compréhensible et légitime que la Chine souhaite faire état de sa puissance et de son progrès grâce à la vitrine que représentent les Jeux, les défaillances brutales du pays rendent impossible la neutralité bienpensante de la communauté internationale réclamée par les dirigeants [chinois]. … Dès vendredi, la Chine sera observée à la loupe [par l'étranger]. On ne peut exiger des observateurs que de l'objectivité et de la bonne volonté, mais pas qu'ils ferment les yeux sur la réalité." (05.08.2008)

Financial Times Deutschland - Allemagne

Dans le cas de la Chine, le quotidien Financial Times Deutschland recommande de ne pas faire deux poids deux mesures en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme: "Un Etat ne peut que réagir par la force face aux terroristes, qui plus est quand ils agissent juste avant un événement de grande ampleur. Le gouvernement chinois doit tout faire pour garantir la sécurité des Jeux et de nombreux signes portent à croire que des séparatistes prêts à faire usage de la violence tentent d'utiliser la scène olympique pour servir leurs propres intérêts. Les autorités ont plusieurs fois mentionné de possibles attentats et ont indiqué qu'elles avaient déjà déjoué des actions plus importantes. De telles déclarations sont difficiles à prouver mais elles ne peuvent pas non plus être niées. Comme dans d'autres pays autoritaires, la gestion des minorités est un problème sérieux en Chine. … [C'est pourquoi] il est important, de porter notre attention sur la situation des minorités et de demander à la Chine d'accorder plus de liberté. Quoi qu'il en soit, Pékin a aussi le droit de combattre le terrorisme." (05.08.2008)

POLITIQUE

Financial Times - Royaume-Uni

Lutte contre la criminalité en Italie

Après la décision du gouvernement italien de faire patrouiller 3 000 soldats dans certaines grandes ville italiennes, le quotidien Financial Times commente les statistiques sur la criminalité ainsi que les omissions du gouvernement italien dans la lutte contre la corruption : "Des études de l'ONU et de l'UE établissent que les taux de criminalité en Italie se situent en dessous de la moyenne européenne. Les habitants de Rome seront surpris d'entendre que leur ville est plus sûre que Londres, Copenhague ou Amsterdam. Mais comme tout politicien le sait, seule compte la perception. … Bien que l'Italie se distingue nettement des autres Etats européens en matière de criminalité, … elle fait partie des pires malfaiteurs sur le plan de la corruption. … De ce point de vue, les deux actions remarquables du gouvernement Berlusconi au cours de ses deux premiers mois ont été le vote d'une loi garantissant l'immunité du chef du gouvernement et de trois autres hauts serviteurs de l'Etat, ainsi que la dissolution des autorités du haut-commissariat de lutte contre la corruption." (05.08.2008)

Kristeligt Dagblad - Danemark

Loi et réalité

La Cour européenne de Justice a récemment décidé que les citoyen(ne)s extracommunautaires marié(e)s à des citoyen(ne)s de l'UE étaient autorisé(e)s à se déplacer et à s'établir dans l'UE sans entrave avec leur partenaire. Ce jugement est considéré comme un coup dur pour une politique d'immigration danoise restrictive qui souhaite empêcher les regroupements familiaux. Le quotidien Kristeligt Dagblad critique cette décision : "Autant la l'idée de la libre circulation de la main-d'œuvre en Europe est bonne et juste, autant le concept est lui irréaliste sur plusieurs points. Quand il a été imaginé la première fois, on ne savait [encore] rien de la mondialisation et … du processus d'immigration. Un conflit fondamental oppose les bonnes intentions de la législation européenne et la réalité sociale des Etats-nations. Si les règles de la libre circulation de la main-d'œuvre sont utilisées pour relancer l'immigration vers l'Europe, le modèle social européen s'effondrera. Le modèle social scandinave notamment, qui garantit les mêmes droits aux prestations sociales, ne résistera pas à une immigration massive." (05.08.2008)

La Repubblica - Italie

Les problèmes automobiles germano-italiens

L'auteur allemand Peter Schneider est invité à s'exprimer dans le quotidien La Repubblica sur un problème qui concerne tous les propriétaires d'une voiture immatriculée en Allemagne mais domiciliés en Italie ou ayant deux domiciles : l'absence d'un accord européen pour un contrôle technique régulier. "Les problèmes commencent quand approche la date du contrôle : comment obtenir la vignette rapidement et à moindre frais ? La Suisse économise le trajet à ses citoyens et aux propriétaires de véhicules, car elle reconnaît la vignette italienne. L'Allemand n'a pas d'autre moyen que de franchir la frontière. Hormis le fait que cela coûte du temps et de l'argent, je pense aussi au problème de pollution et de consommation d'énergie. Je réfléchis aux effets de mon trajet en ce qui concerne le rejet de dioxyde de carbone. … Comment est-il possible que deux pays qui comptent parmi les Etats fondateurs de l'EU ne concluent pas un accord pour une vignette de contrôle alors que des millions de voitures allemandes circulent sur les routes italiennes et inversement ?" (05.08.2008)

Eleftherotypia - Grèce

Bruxelles, la capitale divisée

Fanos Kakuriotis, professeur à l'Université Aristote de Thessalonique, commente la crise politique en Belgique et évoque l'avenir de Bruxelles : "Si les Flamands et les Wallons décidaient de se séparer, Bruxelles serait un point de discorde. Une des idées évoquées était de donner à la ville un statut spécial, indépendant, dans le cadre de l'UE, … ce que rejettent Wallons et Flamands. La garantie du statu quo en Belgique est une question de prestige pour l'UE, puisque la Belgique et l'UE elle-même, constituent une 'nation' expérimentale et une 'union' en construction. … Les Européens sont pourtant convaincus que Bruxelles doit rester comme elle est, la ville des contraires, multilingue, avec des habitants bien habillés et des mendiants en guenille, … avec un système de transport parfait … et sans le corridor d'accès que les Flamands exigent." (04.08.2008)

RÉFLEXIONS

Revista 22 - Roumanie

Les limites de l'intégration

L'hebdomadaire Revista 22 se pose la question de l'intégration des Roms en Roumanie et en Europe : "Si nous sommes honnêtes et que nous étudions un peu l'histoire, il nous apparaît que l'intégration des Roms dans une société réglementée est une idée très nouvelle. Durant des siècles, les Roms ont vécu en marge de la société, que ce soit en Perse, dans l'Empire byzantin ou ottoman, que ce soit en Grande-Bretagne ou en Europe centrale et orientale. Ils ont tiré profit des faiblesses et des machinations corrompues de la majorité, comme c'est actuellement le cas en Roumanie où les clans roms ne pourraient pas devenir riches sans la corruption des administrations publiques ou de la police. Ils ne peuvent pas être intégrés du jour au lendemain, ils ne peuvent pas non plus être intégrés sous la pression, et surtout ils ne peuvent pas l'être dans un Etat faible et corrompu, dans lequel il est plus rentable de transgresser la loi que de la respecter. C'est ce que nous enseigne l'intégration des Roms en Espagne qui a mieux réussi qu'en Europe centrale et orientale. … Malheureusement, les organisations non gouvernementales, de même que le gouvernement roumain et l'UE sont dépassés par une question : quel sens y aurait-il à investir des milliards d'euros dans des programmes destinés aux Roms s'ils étaient utilisés par une administration incompétente et corrompue ?" (05.08.2008)

Les Echos - France

Paradoxes turcs

Les Echos se penche sur les contradictions de la société turque entre religion et progrès économique au lendemain de la décision sur l'interdiction du parti au pouvoir, l'AKP: "Hommage de la finance occidentale à une demi-victoire de l'islam. Il n'est de paradoxe qui ne s'explique. Au moment où les terroristes s'acharnent contre tout ce qui marche au nom du Coran, cet islam politique-là a réussi, au contraire, depuis cinq ans à faire marcher son pays en assurant une certaine stabilité politique. C'est ce qu'apprécient les investisseurs. … Le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, il faut le dire, a su appliquer avec efficacité une politique de développement économique et de discipline budgétaire qui a mis fin aux crises répétées du passé. Le paradoxe apparent est que, ce faisant, il a provoqué l'émergence d'une nouvelle classe moyenne industrieuse qui vote pour son parti, tout islamique qu'il soit. … Miroir de tous ces paradoxes, la Turquie est l'exemple méritoire de la difficulté à concilier islam, laïcité, démocratie, développement et ouverture." (05.08.2008)

ÉCONOMIE

Népszabadság - Hongrie

Faible croissance économique dans l'UE

Le quotidien libéral de gauche Népszabadság revient sur la faible croissance économique dans l'UE : "Si les prévisions sont exactes, la croissance dans la zone euro devrait s'élever cette année à 1,7 pour cent du PIB en moyenne. … Y a-t-il une crise ? Non. Ce n'est du moins pas le cas au niveau de l'économie mondiale. Les économies nationales de Chine, d'Inde, de Russie et de pays émergents comme le Brésil et l'Argentine continueront de croître à un rythme effréné. … Les raisons expliquant la lente croissance de l'UE correspondent à son manque de capacité concurrentielle dans l'économie mondiale. … Au sein de l'UE, s'opposent actuellement économie et inflation : tandis que l'économie faiblit, l'inflation augmente. Le problème, c'est que les pays les plus importants de la zone euro (Allemagne, France, Italie) n'ont pas les moyens monétaires pour relancer la croissance économique. Et la Banque centrale européenne craint plus l'inflation que la récession." (05.08.2008)

The Irish Times - Irlande

La récession en Espagne

Le quotidien The Irish Times consacre un article à la récession en Espagne et aux possibilités limitées dont dispose le chef du gouvernement, José Luis Rodríguez Zapatero, pour y remédier. "Après des mois de dénégation délibérée, il est contraint de reconnaître qu'une récession menace l'économie espagnole, avec le plus haut taux de chômage depuis une décennie. Les rouages de l'administration financière espagnole, particulièrement complexes en raison de la décentralisation du pouvoir en 17 régions autonomes, grincent sous la pression. Le problème de Zapatero, c'est que son gouvernement minoritaire nécessite l'appui des plus petits partis pour approuver le budget annuel, mais les rivalités régionales rendent ce soutien extrêmement illusoire. … La réussite du chef de gouvernement dans le processus de détente réalisé avec le parti d'opposition (PP), pourrait lui apporter peu de réconfort. Le PP a abandonné la rhétorique d'extrême droite qu'il utilisait lors de son premier mandat, et coopère avec le gouvernement dans des domaines critiques comme le terrorisme et le système judiciaire. L'opposition ne lui accordera toutefois aucun pardon dans l'arène de l'économie." (05.08.2008)

CULTURE

Polska - Pologne

Une compréhension de l'histoire divisée

Dans la presse britannique, il a été affirmé qu'au cours de la Seconde Guerre mondiale, le régime allemand nazi aurait choisi de bâtir des camps d'extermination en Pologne en raison de l'antisémitisme qui y régnait. Après que l'ambassadrice polonaise à Londres ait déjà critiqué cette thèse, l'historien Andrzej Przewoźnik a à son tour réfuté les reproches britanniques dans un entretien accordé au quotidien Polska : "C'est un truisme que de devoir rappeler qu'en Pologne, ceux qui venaient en aide aux Juifs risquaient la peine de mort. Lors de rencontres publiques aux Etats-Unis, voire même en Europe de l'Ouest, j'entends des questions et des affirmations totalement infantiles à notre sujet. … Ces questions chargées de reproches sont par exemple : 'Pourquoi les polonais n'ont-ils pas protesté contre les camps de concentration ?' Je réponds toujours par cette question : 'Pourquoi les Français, par exemple, n'ont-ils pas protesté ?' … L'Europe s'unit sur le plan économique et financier. En ce qui concerne les expériences historiques et la sensibilité qui en découle, le vieux contient reste malheureusement toujours divisé. Ce qui est grave c'est que souvent l'Ouest ne tente même pas de comprendre notre point de vue." (04.08.2008)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Le vieux bric-à-brac italien

Sur fond de privatisation croissante des biens culturels, le quotidien Süddeutsche Zeitung critique l'attitude de l'Italie envers son patrimoine culturel. "L'Italie possède plus de trésors archéologiques et artistiques, de merveilles d'architecture et de paysages, que tout autre pays sur cette planète. … Depuis le début de l'ère de l'habile Cavaliere, Silvio Berlusconi, qui est désormais au gouvernement pour la quatrième fois et dont les mesures ont infligé des dommages irréparables aux institutions et à la politique culturelle du pays, la qualité de la conservation et de la restauration des monuments historiques a fortement régressé, au point que les biens culturels sont menacés de liquidation. Berlusconi s'était présenté comme un modernisateur : le pays devait se séparer de la plus grande quantité possible de bric-à-brac. Celui-ci ne comprenait pas seulement les valeurs culturelles transmises et les merveilles des paysages italiens, abandonnées à la commercialisation progressive et à la privatisation, mais aussi les monuments et les biens culturels matériels : surtout où ceux-ci peuvent se transformer en sources de revenus lucratifs pour l'Etat, lequel comble ses déficits budgétaires avec les bénéfices réalisés ou récompense l'électorat de façon lucrative." (05.08.2008)

MÉDIAS

Flensborg Avis - Allemagne

Un voisin méconnu

Dans le paysage de la presse danoise, le voisin allemand a droit à de moins en moins d'égards. Ces dernières années, plusieurs médias, dont l'agence de presse Ritzau et Danmarks Radio, ont rappelé leurs correspondants permanents de Berlin pour des motifs financiers. Flensborg Avis, le quotidien de la minorité danoise en Allemagne, écrit : "[Il est difficile] de trouver de bonnes excuses à la couverture catastrophique de l'actualité allemande par les médias danois. L'Allemagne est le principal partenaire commercial du Danemark, un partenaire de l'alliance très proche et à plusieurs égards notre voisin le plus important. … Il est possible que [ceci] soit une conséquence de la tendance des médias danois importants à se mouvoir dans le sillage des grands médias d'information électroniques mondiaux comme CNN. … Mais nous sommes plutôt d'avis que cela reflète l'absence d'imagination et la chasse aux solutions faciles qui laisse tomber les lecteurs, les auditeurs et les spectateurs. Le début d'une rupture avec cette absence d'imagination rédactionnelle pourrait avoir lieu si les médias danois compétents commençaient à se réintéresser au territoire de ce pays voisin qui entretient des relations étroites avec le Danemark et qui est par conséquent intéressant pour les clients : l'Allemagne." (05.08.2008)

COULEURS LOCALES

La Repubblica - Italie

La vérité nue

L'équipe du Premier ministre italien, Silvio Berlusconi, a fait retoucher une peinture du maître Giambattista Tiepolo qui est accrochée dans la salle de presse du gouvernement : la poitrine dégagée d'une femme légèrement vêtue qui symbolise la vérité, a été recouverte de peinture. Le quotidien La Repubblica exprime sa stupéfaction : "La lingerie qui recouvre la nudité provoque l'émoi dans le monde des historiens de l'art. Elle rappelle l'épisode célèbre de la censure pour la chasteté, quand [le peintre] Daniele da Volterra a fait enfiler des sous-vêtements aux âmes nues de Michel-Ange dans la chapelle Sixtine. Le directeur du Musée du Vatican secoue la tête, décontenancé. Les musées papaux ont aujourd'hui la primauté des figures nues tandis que le gouvernement dissimule la vérité nue. … Le voile de chasteté va-t-il être de nouveau décroché ? On reste silencieux dans les rangs de Berlusconi, mais le symbole que s'est choisi le ministère de la Culture est un nouvel espoir : la Daphnée nue du Bernini." (05.08.2008)

 

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